Revue des hebdos chinois (14 au 18 décembre 2009)

Service de Presse et de Communication
Ambassade de France en Chine
Le service de presse de l’ambassade vous propose chaque semaine une synthèse en français des principaux sujets d’actualité traités par une sélection de magazines chinois. Cette semaine : le futur parc Disney à Shanghai, la stratégie diplomatique envers le Japon de Deng Xiaoping ainsi que les problèmes de Chine après le développement.

Rédacteurs :
Yo-Jung CHEN, Xiangying Zhu, Christine CHEN Yu

China Newsweek publié le 14 décembre, No. 46 2009
Reportage spécial : Shanghai vs Disney

Un nouveau parc Disney s’ouvrira à Shanghai en 2014. Cette affaire est tout de suite devenue un sujet économique brûlant en provoquant de vives controverses. Le parc Disney à Shanghai est le plus grand projet d’investissement du gouvernement local, dont le montant total dépassera les 50 milliards de Yuans.

A côté de l’enthousiasme suscité, il soulève aussi beaucoup d’interrogations. Alors que, 4 ans après l’inauguration, le gouvernement hongkongais est toujours embarrassé par les difficultés financières du parc Disney à Hongkong, l’entreprise Disneyland a annoncé que le mode de coopération avec Shanghai serait similaire à celui de Hongkong, ce qui a provoqué de vives préoccupations sur la perspective de bénéfices pour la Municipalité de Shanghai.

De plus, on ne sait pas combien de Chinois ayant grandi avec les bandes dessinées de Disney vont payer pour revivre leurs premiers souvenirs d’enfance ?

 International

Phoenix Weekly publié le 5 décembre, No. 34 2009
Où vont les troupes des « Etats Sandwich ? » (夹心国) entre la Chine et l’Inde

Afin de s’assurer une supériorité militaire absolue contre la Chine dans les régions frontalières, l’Inde a non seulement entrepris une expansion importante de ses effectifs et de son armement depuis des années, mais s’attache également à renforcer son contrôle sur le Bhoutan et le Népal, pays voisins à la fois de la Chine et de l’Inde. Selon les médias indiens, l’Armée indienne sédentaire au Bhoutan a pris en charge tous les frais militaires de l’Armée royale du Bhoutan ainsi que la plupart des équipements et de l’approvisionnement, transformant le Bhoutan en « pays sous protectorat ». Maintenant, l’Inde tente de répéter le même processus vis-à-vis du Népal. Désormais, un front indien incluant le Bhoutan et l’ancien Sikkim est déjà en place.

Face à la politique que l’Inde applique depuis les années 1960 envers les « Etats Sandwich », la Chine ne peut pas relâcher sa vigilance.


Outlook Weekly publié le 14 décembre, No. 50 2009
Conférence de Copenhague : un accouchement difficile

La conférence de Copenhague inaugurée le 7 décembre progresse avec peine dans les méandres des jeux politiques de toutes les parties. M. Zou Ji, membre de l’ancienne délégation sur les négociations climatiques du gouvernement chinois auprès des Nations Unies et professeur de l’Institut de l’Environnement à l’Université du Peuple, estime qu’à cause des positions très différentes de l’ensemble des parties, la Conférence est pleine de difficultés.

Lu Xuedu, membre de la délégation sur les négociations climatiques du gouvernement chinois auprès des Nations Unies et Directeur adjoint du Centre national des climats, indique que les efforts des pays développés pour une réduction efficace des émissions ainsi que les aides financières et techniques accordées aux pays en développement sont des facteurs décisifs du succès de la Conférence de Copenhague.

Bien que la conférence de Copenhague ne soit pas encore terminée, la communauté internationale accorde plus d’importance à la période post-Copenhague où il y aura plus de négociations efficaces. Dans l’avenir, le perfectionnement, l’application et l’innovation sont des mots clés pour lutter contre le changement climatique.


Outlook Weekly publié le 14 décembre, No. 50 2009
Réflexion sur la stratégie diplomatique de Deng Xiaoping envers le Japon

Les relations diplomatiques entre la Chine et le Japon sont les plus sensibles et les plus épineuses parmi toutes les relations extérieures de la Chine. A cause de facteurs géopolitiques, économiques, politiques et culturels, ainsi que du statut stratégique respectif des deux pays et de leurs sentiments nationaux, les relations entre les deux n’avancent jamais sans difficultés.

Mais puisque la diplomatie sert les intérêts nationaux, Deng Xiaoping a souligné qu’il fallait développer les relations extérieures avec le reste du monde en tenant compte des intérêts stratégiques de son propre pays. En tant que pays voisins, les intérêts stratégiques de la Chine et du Japon sont étroitement liés ; l’amitié et la coopération sont bénéfiques aux deux parties alors que les disputes ne provoquent que des pertes de chaque côté.

D’une part, M. Deng a mis en avant l’importance de considérer les relations sino-japonaises sur le long terme, déclarant que l’amitié entre les deux pays devait surmonter tous les autres problèmes et être éternelle. De l’autre côté, face à l’évolution de la situation internationale, notamment de la situation politique japonaise, il faut toujours rester particulièrement vigilants vis-à-vis de l’extrême-droite japonaise qui n’est pas très nombreuse.

La Chine est aujourd’hui dans une période de construction et a plus que jamais besoin d’entretenir de bonnes relations avec les autres pays du monde tel le Japon.

 Chine

Phoenix Weekly publié le 5 décembre, No. 34 2009
La Chine s’embourbe gravement dans l’excédent des industries lourdes

L’influence des cycles économiques ainsi que le grand écart entre la planification du gouvernement et la demande du marché ont remis les industries lourdes, telles que la sidérurgie, dans un cycle infernal où la régularisation et l’expansion apparaissent en même temps.

Après deux années de « traitement » visant à lutter contre la crise économique, la Conférence centrale sur le travail économique de 2009 s’attache à nouveau aux conséquences négatives de cette « cure » : l’économie chinoise s’avance de nouveau vers l’industrialisation lourde. A l’approche de la fin d’année, la « surcapacité de production » est devenue le maître-mot des décideurs au sein du gouvernement ainsi que des entreprises dans les domaines de la sidérurgie, du ciment, des navires et du verre.

Depuis longtemps, l’économie chinoise s’est enfermée dans un cycle historique infernal lors des périodes difficiles, où les industries lourdes sont alors considérées comme le sauveur. Mais une fois l’économie repartie, elles redeviennent tout de suite le principal coupable de la structure économique qui se détériore.

Wu Xichun, ancien Vice-ministre de la Métallurgie de Chine, estime que l’excédent répétitif reflète le problème structurel. A part la politique macro-économique du gouvernement central, les gouvernements locaux trop attachés à la croissance financière constituent aussi une force stimulante.

Au lieu de considérer la seule envergure économique, Il propose d’établir des lois et des règlements du point de vue environnemental et énergétique, afin de résoudre efficacement les problèmes de l’industrialisation lourde et de la surcapacité de production.


China Newsweek publié le 14 décembre, No. 46 2009
La transition du mode de développement économique ne souffre point de retard

La Conférence centrale annuelle sur le travail économique du PCC s’est tenue cette année du samedi 5 au lundi 7 décembre à Beijing, et a établi les principes essentiels de la politique économique de l’année prochaine : la priorité est donnée à la transition du mode de développement économique et à la restructuration économique, afin de garantir le développement durable de l’économie. Abaisser le coût de la vie pour les personnes à faible et moyen revenu en améliorant leurs capacités de gain et leur pouvoir d’achat, cela touche aux relations entre le gouvernement et les masses populaires, les entreprises, les différentes catégories socioprofessionnelles ainsi que la redistribution et la distribution primaire.


China Newsweek publié le 14 décembre, No. 46 2009
Couverture : dix ans de fuite de Lai Changxing

Après dix ans de fuite à l’étranger, plusieurs éléments indiquent les points centraux éventuels de cette affaire : L’ex-femme de Lai Changxing est retournée en Chine avec sa fille en mai 2009, et il semble que les principaux intéressés commencent à changer d’attitude ; la visite dite de « dégel » du Premier Ministre canadien à la fin de l’année suscite l’espoir à l’étranger que cette affaire progresse au niveau gouvernemental.

A cette occasion, le magazine a fait un bilan sur les dix ans de fuite de Lai Changxing et sa famille.

* Lai Changxing, fugitif de 51 ans toujours recherché par la Chine, est le principal criminel d’un cas de contrebande de l’ordre de 10 milliards de dollars qui a été à l’origine d’un scandale de corruption dans la province du Fujian, dans le sud-est de la Chine, à la fin des années 1990. En 1999, M. Lai, sa femme et leurs trois enfants se sont enfuis de Hong Kong vers le Canada où ils ont cherché asile pour échapper aux poursuites judiciaires chinoises.


YanHuangChunQiu Numéro 12
Le problème de l’après-développement de la Chine
Zhou Ruijin (nom de plume Huang Puping), ancien vice rédacteur en chef du Quotidien Libération et du Quotidien du Peuple

La réforme des années 70 aux années 90 était simple. C’était en fait un processus qui consistait à ce que le Parti au pouvoir et le gouvernement délèguent bénéfices et pouvoirs à l’ensemble du peuple chinois. Si la réforme des années 80 était une réforme menée de façon incrémentale pour renforcer les secteurs économiques non publics, on peut dire que la réforme des années 90 était une réforme pour soutenir des secteurs économiques publics, ce qui a eu un impact très profond sur l’économie de l’Etat. Une fois dans le 21ème siècle, selon une nouvelle politique de réforme, certains parmi nous ont pensé qu’il fallait augmenter la part de marché des entreprises d’Etat, et que l’économie d’Etat ne pouvait être assurée que si les entreprises d’Etat étaient renforcées. Par conséquent, de très grandes entreprises d’Etat sont nées dans les domaines de l’énergie électrique, du transport, des télécommunications, des ressources énergétiques et des services financiers, réduisant ainsi largement l’espace des entreprises privées.

Selon des experts, un certain nombre d’entreprises d’Etat, notamment celles du gouvernement central, accaparent les meilleures ressources publiques, monopolisent tous les bénéfices, et transforment en intérêts sectoriels une bonne partie de leurs bénéfices qui devaient être partagés par la société. Tout en s’employant à maximaliser les intérêts sectoriels et personnels, les individus dans ces entreprises « se versent des revenus disproportionnés ». Chaque année, il y a cent milliards de yuans qui ne sont ni versés au Trésor d’Etat, ni budgétisés, et encore moins répartis dans la population, notamment aux habitants les plus démunis.

En alliant conspiration et commerce, « les élites capitalistes et les élites du pouvoir » constituent un « groupe d’intérêts spéciaux » typique qui commande les décisions publiques du gouvernement, partage et abuse des biens nationaux appartenant au peuple tout entier. Ce « groupe spécial » non seulement contrôle les ressources naturelles, comme les ressources minières de l’ensemble du territoire national, mais s’est aussi mis à corrompre les « experts » sans moralité afin de défendre ses monopoles. Ce qui est plus grave, c’est qu’il pénètre aussi le système judiciaire. Selon les statistiques, il n’y avait que 40 juges incriminés aux Etats-Unis au cours des 200 dernières années, et aucun juge jugé criminel à Singapour depuis son indépendance jusqu’à l’année 1994. Mais en Chine, 5 juges et plusieurs dizaines d’avocats ont été jugés criminels rien qu’en 2006. Un autre signe dangereux est que le « groupe » cherche son « porte-parole politique » au sein du gouvernement. Grâce à son extension, le « groupe d’intérêts spéciaux » a pu se munir d’une couverture idéologique légitime. Ceci en jouant deux cartes : celle de la« défense de la sécurité de l’économie d’Etat et de l’industrie » auprès du gouvernement pour solliciter l’adoption de politiques favorables ; et celle de la promotion de « l’usage international » et de la « couleur chinoise » auprès de la population pour exploiter les consommateurs. Ce « groupe », au détriment de la population et de l’équité sociale, foulant au pied le principe du Parti au pouvoir et déshonorant la crédibilité du gouvernement, est en train de provoquer de graves conséquences.

Selon les statistiques, 0,4% des familles riches disposent de 70% de la richesse nationale. En face de ce « groupe spécial », des groupes vulnérables vivent dans une pauvreté absolue ou relative. La proportion du salaire brut dans le PIB baisse d’année en année alors qu’une très grande partie de la population ne bénéficie pas des gains de la croissance. La construction du système de protection sociale marche à un rythme très lent et les habitants ordinaires souffrent de quatre grands problèmes : logement, soins médicaux, éducation et vieillesse. Selon un Rapport de la Banque Mondiale sur l’évaluation de la pauvreté en Chine, la vitesse moyenne de la croissance entre 2001 et 2003 est proche de 10%, mais le revenu réel des 10% de la population la plus pauvre parmi les 1,3 milliards a baissé de 2,4%. Au début de la réforme, c’était dans les régions rurales que se concentraient les plus pauvres ; aujourd’hui, dans toutes les régions développées et toutes les villes prospères, il y a un grand nombre de pauvres qui luttent pour leur survie.

A présent, il est urgent d’approfondir la réforme du régime économique et de faire progresser la réforme du régime politique. Il faudrait promouvoir énergiquement la redistribution des ressources par un mécanisme de marché, développer l’économie privée, réduire l’espace des secteurs à monopole, bloquer et attaquer sévèrement la collusion entre l’élite capitaliste et l’élite du pouvoir.



 

Désabonnement : Cliquez ici pour vous désabonner

La France en Chine