Depuis les années 1980, dans les pays occidentaux, le défi des différent(e)s actrices et acteurs de l’égalité entre les femmes et les hommes – des mouvements féministes aux pouvoirs publics, en passant par les entreprises et le monde académique – n’est plus d’atteindre l’égalité juridique entre les sexes, mais l’égalité dans les faits, en s’attaquant aux discriminations (directes et indirectes, conjoncturelles et structurelles) par des politiques dites d’égalité. Cette évolution a eu lieu sous la double influence de la dynamique des conférences internationales et européennes, et de l’exemplarité de modèles nationaux, tels que ceux des pays nordiques pour la question de l’articulation des temps de vie et le partage du pouvoir.
L’objectif de cette présentation en deux temps est d’éclairer le passage du constat des inégalités socioéconomiques entre les sexes aux politiques d’égalité à la lumière d’une approche transversale des différentes sphères sociales (de l’emploi au pouvoir politique). L’analyse se situe dans une perspective comparative européenne, mais le cas particulier de la France fait l’objet d’une attention particulière. Une première partie analyse la dimension sexuée et genrée du marché du travail européen. Le fonctionnement des marchés du travail est en général défavorable aux femmes. Les économies capitalistes et la protection sociale qui les accompagne ont été construites sur le modèle de l’homme qui travaille et de la femme au foyer. Bien que déclinante, cette vision sexuée des rôles de chacun est encore aujourd’hui un frein à l’égalité professionnelle. La seconde partie s’appuie sur une comparaison entre les différentes stratégies mises en place pour répondre à la revendication paritaire, au sens de partages à égalité du pouvoir aussi bien professionnel que politique.


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