Soirée "Nuit de Chine" au Grand Palais à Paris [中文]

Présentation de la grande soirée de célébration du Cinquantenaire des relations franco-chinoises, qui s’est déroulée le 27 janvier 2014 au Grand Palais à Paris.

Discours du Premier ministre pour l’ouverture officielle de la soirée "Nuit de Chine" au Grand Palais

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Yves Malenfer / Matignon

Monsieur le ministre chinois de la Culture,
Mesdames et messieurs les ministres,
Monsieur l’ambassadeur,
Mesdames et messieurs,

Il y a cinquante ans, jour pour jour, la Chine et la France annonçaient leur décision d’établir entre elles des relations diplomatiques. Comme le rappelle le président de la République, le général de Gaulle y voyait "le choix de l’évidence et de la raison".

C’est à cette intuition visionnaire, qui partait de la reconnaissance du caractère millénaire de la civilisation chinoise, mais aussi de la conviction que la Chine ne pouvait durablement rester à l’écart du monde, que nous devons d’être réunis ce soir.

Depuis lors, ce geste historique est le fondement de l’amitié profonde et singulière qui unit nos deux pays et nos deux peuples. Cette amitié mérite d’être célébrée, comme cet anniversaire d’être fêté.

Il l’a été, il y a quelques heures, à Pékin, avec un concert de la Garde républicaine. A notre tour d’ouvrir, sous la nef majestueuse du Grand Palais, une année consacrée à la relation franco-chinoise.

Avec vous, je m’apprête à participer à un moment d’audace, un moment de mouvement, un moment de rencontre.

L’audace, il en fallait pour reconnaître la République populaire de Chine dans le monde divisé de la Guerre froide. Nous savons tous que le général de Gaulle n’en manquait pas et nos amis chinois s’en souviennent.

La solennité, le prestige et l’immensité de cet espace sont à la mesure de la célébration d’une telle inflexion de l’histoire et de tous ses fruits, qui vont bien au-delà du chemin que nous avons parcouru ensemble.

En effet, l’audace doit inspirer sans cesse notre recherche commune de nouveaux horizons pour la coopération franco-chinoise. Dans cet esprit pionnier, n’hésitons pas à écrire de nouveaux chapitres de notre histoire commune, comme y incitait le général de Gaulle en recevant les lettres de créance de l’ambassadeur de Chine, le 6 juin 1964.

Permettez-moi de le citer : "entre votre pays et le mien, il y a, nous semble-t-il, et depuis toujours, les meilleurs raisons de se connaître, de se comprendre et de coopérer dans tout ce que les hommes sur la terre ont à réaliser pour leur progrès et pour leur développement".

L’amitié franco-chinoise s’inscrit dans cette dynamique dont rendra compte, dans quelques instants, le mouvement transmis, avec force et maîtrise, par les chevaux de Bartabas.

On dit souvent que l’amitié permet de déplacer les montagnes. Nous verrons qu’elle peut aussi réanimer les montures de l’armée pétrifiée de l’Empereur Qin que l’on admire, encore aujourd’hui, à Xian.

En cette année du cheval qui s’annonce, le caractère "ma", qui désigne le cheval, est utilisé dans l’expression "Ma dao cheng gong" pour souhaiter une bonne année. Sa traduction en français, "succès fulgurant", me semble constituer, aujourd’hui, un joli présage.

C’est l’augure que je vous propose, en 2014, pour la Chine et pour la France, comme pour leur action en faveur de la paix, de la prospérité et des valeurs universelles dans le monde. C’est ainsi que nous assumerons ensemble les responsabilités qui sont les nôtres sur la scène internationale.

Il nous faut donc faire mouvement, nous tourner vers l’avenir, porter notre regard sur tout ce que nous pouvons encore faire ensemble.

Cet élan, François Hollande l’a imprimé, lorsqu’il est allé en Chine en avril dernier. Ce sera, j’en suis sûr, aussi l’objectif du Président Xi Jinping, lorsque nous aurons le plaisir de le recevoir en France, en mars prochain.

Enfin, cette soirée est conçue comme une rencontre. Une rencontre entre deux pays, deux cultures. Une rencontre entre des artistes éminents de France et de Chine. Un croisement entre les images de notre histoire commune et les formes les plus variées de l’expression artistique qui rendent hommage à la richesse de la création dans nos deux pays.

Mais, une rencontre aussi entre nous, les femmes et les hommes, qui faisons vivre la relation franco-chinoise, dans tout son foisonnement et sa diversité. Et, parmi ces femmes et ces hommes, je me réjouis de voir de nombreux étudiantes et étudiants chinois qui représentent la jeunesse et qui incarnent l’avenir de notre partenariat.

Au fond, qu’était l’ambition du général de Gaulle, si ce n’est de tendre la main à la Chine et à son peuple ? Qu’en est-il advenu, si ce n’est la rencontre de deux destins, ceux de deux grands pays qui ont décidé, chacun dans le respect de ses traditions ancestrales, de poursuivre leur chemin ensemble.

Mesdames et messieurs,

Ce soir, je suis fier de ce que nous sommes capables, la France et la Chine, Français et Chinois, de faire ensemble. Je suis fier de participer à cette soirée qui en est une parfaite illustration. J’en remercie tous ceux qui l’ont rendu possible, à commencer par l’hôte de ces lieux, Jean-Paul Cluzel, et par Renaud Donnedieu de Vabres.

Mais, encore une fois, rien n’incarnera mieux, n’exprimera plus exactement toute l’ampleur de ce qui nous réunit que le spectacle qui nous attend.

Vive l’amitié franco-chinoise !

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Dernière modification : 11/06/2014

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