Rhône-Alpes à Shanghai : une coopération universitaire très active !

Avec ses nombreuses universités de premier rang, Shanghai est une ville privilégiée pour les échanges universitaires. Parmi les acteurs de ces échanges, les établissements lyonnais se distinguent tout particulièrement. Le Pôle de Recherche et d’Enseignement Supérieur (PRES) de Lyon dispose en effet à Shanghai, au sein de l’université normale de la Chine de l’Est (ECNU) d’un bureau de représentation dont l’objectif est de renforcer son positionnement dans les réseaux internationaux.

JPEGLa région accorde en particulier un soutien important à la mobilité internationale des étudiants, autant entrante (grâce au programme de bourses Explo’ra SUP) que sortante (500 bourses par an attribuées aux étudiants chinois à partir du niveau master). Ce sont au total 22 millions d’euros qui sont consacrés par la région chaque année à la mobilité internationale étudiante de près de 240.000 étudiants. Notons également que deux PRES (Pôles de recherche et d’enseignement supérieur) se sont constitués sur le territoire rhône-alpin : le PRES université de Lyon qui regroupe 18 universités, grandes écoles et instituts de Lyon et Saint-Etienne (120 000 étudiants), et le PRES Grenoble universités qui regroupe 6 universités et instituts grenoblois (60 000 étudiants). Ces deux grandes fédérations ont entre autre pour objectif d’accroître la visibilité internationale des établissements rhône-alpins. Nous revenons dans cet article plus particulièrement sur les coopérations et partenariats tissés entre les établissements shanghaïens et lyonnais.

Lyon 1 Claude Bernard, fort de sa filière médicale, possède une coopération avec le centre d’urgences chirurgicales de l’hôpital Ruijin. L’université a également une coopération en chimie avec l’université des Sciences et de la technologie de la Chine de l’est, un laboratoire conjoint franco-chinois en physique (LIA) avec l’université de la Chine de l’Est, ainsi qu’un laboratoire international en physique avec l’université de Fudan. Lyon 2 Lumière, qui avait participé à l’édition 2009 du salon des écoles doctorales en Chine, vient quant à elle de signer une convention avec le département de français de l’université de Fudan pour un échange d’étudiants au niveau licence et master. Lyon 3, enfin, envoie chaque année à l’Université de Shanghai plusieurs étudiants en LLCE chinois et LEA anglais-chinois niveau licence et master, et souhaite intensifier durablement les échanges (doubles diplômes dans plusieurs disciplines).

L’INSA Lyon, depuis sa création en 1957, fait de l’international un axe de développement prioritaire, au travers de nombreux partenariats en formation et en recherche. L’école d’ingénieurs a 75% de mobilité étudiante et 30% d’étudiants étrangers. L’INSA de Lyon a ouvert dès 1998 un bureau de représentation à Shanghai. Initialement dédié au recrutement ASINSA (filière au niveau bachelor destinée à préparer les étudiants français et asiatiques à l’internationalisation du métier d’ingénieur), son champ d’action s’élargit aujourd’hui au développement des activités de formation en Chine à tous les niveaux (master et doctorat). La convention entre le Chinese Scholarship Council et le consortium UT-INSA octroie 30 bourses par an d’une durée de 42 mois, pour des doctorants chinois accueillis dans les laboratoires de l’INSA.

JPEGL’EM Lyon a également placé l’internationalisation au cœur de sa stratégie. L’école de commerce a lancé son premier programme de coopération avec la Chine dès 1997. Elle a créé son bureau de représentation à Shanghai en 2001, et son campus EM Lyon Asia Campus en 2007 sur le site de l’ECNU (Université normale de la Chine de l’Est). A ce jour, l’EM Lyon Asia Campus accueille chaque année deux sessions d’étudiants du programme grandes écoles au printemps et à l’automne, chaque session durant 4 mois avec 130 participants. L’école organise également près de 10 voyages d’études d’autres programmes de l’EM Lyon (Mastère spécialisé, EMBA, Executive Programs, etc.). L’objectif de l’établissement est désormais de créer une institution d’éducation suffisamment autonome pour recruter et former des étudiants chinois (cliquez ici pour en savoir plus).

Le restaurant école de l’institut Paul Bocuse à Shanghai est également une très belle initiative, née d’un partenariat entre l’Institut lyonnais et l’institut de tourisme de l’Université normale de Shanghai à l’occasion de l’Exposition universelle. Elle permet de partager une expérience pédagogique originale mettant en valeur le patrimoine gastronomique de Rhône-Alpes grâce au soutien de la Région Rhône-Alpes, d’Erai et des autorités shanghaïennes. La formation se déroule par groupe de 24 étudiants chinois novices dans ces domaines, épaulés par 24 étudiants français en deuxième année à l’Institut Paul Bocuse.

L’Ecole centrale de Lyon a accueilli 282 étudiants depuis 1984 en double diplôme, en thèse ou en master. Elle a développé au sein du groupe des écoles centrales (de Lille, Lyon, Nantes, Marseille et Paris) des coopérations en ingénierie avec quatre établissements chinois, dont celui de Jiaotong à Shanghai. Signés en 1996, ces accords de partenariat universitaire dits « 4+4 » ont déjà bénéficié à plus de 350 étudiants français et chinois. Par ailleurs, en 2005, un accord a été signé entre le groupe des écoles centrales et le Chinese Scholarship Council, qui finance chaque année 15 thèses dans les laboratoires des écoles.

L’Institut d’études politiques de Lyon a développé à Shanghai des coopérations avec les universités de SISU (Université des études internationales de Shanghai) ainsi que de l’Université de la Chine de l’est. Une dizaine d’étudiants chinois sont ainsi accueillis chaque année en France et y suivent des cours durant une année en vue de l’obtention du CEP (Certificat d’études politiques). Une dizaine d’étudiants français se rendent également chaque année en Chine (étudiants de 3ème année) afin de suivre des cours de master et de spécialité.

La coopération entre le groupe des ENS (Ulm, Cachan et Lyon) et l’Université normale de la Chine de l’est comporte un volet formation (doctorats en co-tutelle) et un volet recherche (création d’un « Joint Institute »). Le programme de formation, qui aura bientôt 10 ans d’ancienneté, permet chaque année à une vingtaine d’étudiants, moitié sciences, moitié SHS, d’être formés au FLE à l’ECNU et de suivre un certain nombre de séminaires donnés par de professeurs de l’ENS (une dizaine environ), avant de partir dans l’une des ENS suivre leur doctorat en cotutelle. Sur le plan de la recherche, la plateforme de coopération JoRISS réunit l’ENS Lyon, le CNRS et l’ECNU. La plate-forme dispose d’un site internet : http://joriss.ens-lyon.fr

Cette présentation des principales coopérations entre les établissements lyonnais et shanghaïens est loin d’être exhaustive tant les échanges sont nombreux. Mais il va sans dire que la force des établissements lyonnais provient de leur engagement à l’international, de l’articulation entre la formation et la recherche, et d’un soutien important de la région Rhône-Alpes à la mobilité. A l’image de l’école restaurant Paul Bocuse, la recette lyonnaise fait ses émules en Chine !

Siegfried FAU,
Attaché adjoint de coopération universitaire

Dernière modification : 22/12/2011

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