Revue des hebdos chinois (6 au 10 septembre 2010)

Le service de presse de l’ambassade vous propose chaque semaine une synthèse en français des principaux sujets d’actualité traités par une sélection de magazines chinois. Cette semaine : les relations sino-américaines, sino-russes et sino-européennes.

Article

Revue des hebdos chinois (6 au 10 septembre 2010)

Paru le : 14 septembre 2010

Le service de presse de l’ambassade vous propose chaque semaine une synthèse en français des principaux sujets d’actualité traités par une sélection de magazines chinois. Cette semaine : les relations sino-américaines, sino-russes et sino-européennes.

Rédacteurs :
Yo-Jung Chen, Christine CHEN Yu

 Relations sino-américaines

Caijing Magazine publié le 30 août, No. 18 2010
Choix raisonnable sur les litiges en Mer de Chine méridionale
Par Zheng Yongnian, Directeur de l’Institut d’Etudes sur l’Asie de l’Est à l’Université nationale de Singapour

Pour la Chine, la Mer de Chine méridionale est non seulement une question de souveraineté, mais aussi une ligne vitale. La meilleure approche pour traiter et contrôler les litiges en Mer de Chine méridionale consiste avant tout à mener une bonne coordination des relations sino-américaines, dont la clé est la responsabilité internationale de la Chine. Si la Chine parvient à bien accomplir sa responsabilité de grande puissance, les relations sino-américaines seront stables et le calme reviendra en Mer de Chine méridionale.

Ceci dit, la complexité historique de cette région est telle qu’il n’est pas possible de résoudre complètement la question de la Mer de Chine méridionale même s’il est possible de la contrôler et de tenter de la gérer.


Outlook Weekly publié le 6 septembre, No. 36 2010
Reportage spécial : analyser les relations sino-américaines d’un point de vue stratégique

La Chine et les Etats-Unis sont certainement les deux plus grands bénéficiaires de la mondialisation économique. Celle-ci apporte des intérêts communs sans précédents et constitue le plus important stabilisateur des relations sino-américaines. Conformément à cette logique, les mesures déployées par chacun des deux gouvernements visant à garantir la sécurité internationale et la stabilité, la répartition des ressources diplomatiques et sécuritaires au fur et à mesures de l’évolution des forces mondiales, voire des recherches sur les systèmes de coordination bilatérale ou multilatérale, ne doivent pas viser l’autre partie et il ne faut pas considérer toutes ces actions comme un simple « jeu à somme nulle ».

Récemment, la question de la sécurité maritime occupe une place très importante dans les relations bilatérales, mais cela ne signifie pas un changement qualificatif, car si la question de la sécurité maritime prédomine actuellement, c’est parce que les Etats-Unis sont à la recherche d’une nouvelle carte pour freiner la Chine ou pour lui trouver un contrepoids. C’est aussi un ballon d’essai stratégique de la partie américaine à cause du « manque de confiance stratégique ».

Malgré tout, il faut être bien conscient de la tendance principale des relations sino-américaines, c’est-à-dire que les coopérations sont plus importantes que la confrontation et le maintien de la stabilité est prioritaire. Il est nécessaire pour ces deux pays d’émettre des signaux actifs et clairs, l’un et l’autre, afin d’éviter que les communications et les consultations nécessaires ne soient entravées à cause des soupçons mutuels.

Quant aux échanges militaires, point chaud des relations sino-américaines, il faut d’abord reconnaître deux réalités :

  • D’abord, même les « faucons » chinois aux yeux de la partie américaine ont souligné, à plusieurs reprises, l’importance des relations militaires bilatérales et tous espèrent établir des relations saines, mures et stables entre les deux armées.
  • deuxièmement, en remontant l’histoire, à l’exception des guerres du Viêt Nam et de Corée, les deux armées chinoise et américaine ont beaucoup contribué à l’établissement et la stabilisation des relations amicales entre les deux pays.

Afin de sortir du cercle vicieux des relations militaires sino-américaines où surgissent de temps en temps des pré-crises, il faut avoir une vision d’ensemble et apprendre l’art de la coexistence afin de surmonter ensemble et activement les obstacles du développement des relations entre les deux Armées.

Aux yeux des experts américains, les vives disputes sur le taux de change du Yuan et les sanctions contre l’Iran se calment progressivement, mais une série de nouveaux divergences ou litiges sont en train d’aggraver les relations tendues entre la Chine et les Etats-Unis - la question de la Corée du Nord et les litiges territoriaux en Mer de Chine méridionale. Au sens large, les différends diplomatiques entre la Chine et les Etats-Unis reflètent la tension inhérente entre l’actuelle grande puissance et le grand pays émergent menaçant l’hégémonie du premier.


Nan Feng Chuang du 8 au 21 septembre, No. 19 2010
Pourquoi les relations sino-américaines se trouvent au bord d’une nouvelle « guerre froide » ?

Au cours de l’année passée, les relations sino-américaines ont évolué du meilleur moment historique à une confrontation faisant penser à une nouvelle « guerre froide ». Honnêtement, Obama a fait beaucoup d’efforts pour améliorer les relations sino-américaines, mais cette diplomatie discrète et souple n’a pas obtenu les résultats attendus et a provoqué de vives réactions des durs et des conservateurs aux Etats-Unis.

Cela exige une profonde réflexion sur les politiques chinoises :

  • La responsabilité internationale de la Chine. Avec son important développement économique, la Chine a réussi à s’intégrer dans le système international dominé par les Etats-Unis et à en tirer profit. Mais en même temps, les dividendes de la paix, qui n’est pas toujours gratuite, exigent d’assumer une responsabilité internationale correspondante, ce qui constitue aussi une divergence importante entre la Chine et les Etats-Unis. Evidemment, la Chine doit abandonner l’ancien mode de pensée pour répondre aux questions actuelles.
  • Quels que soient le développement et l’évolution de la situation internationale, les relations avec les Etats-Unis demeurent la priorité des priorités. Les relations harmonieuses avec les Etats-Unis favorisent énormément la Chine.
  • Est-ce que la Chine a raté l’occasion de saisir la bonne volonté de la partie américaine ? Il est regrettable que la Chine n’ait pas bien profité de la bonne volonté du gouvernement d’Obama pour améliorer les relations sino-américaine ou obtenir des avances diplomatique ou stratégique. En traitant les relations sino-américaines, la Chine estime toujours que, comme d’habitude, il suffit de satisfaire les exigences économiques des Etats-Unis.

A cause de l’attitude discrète de la partie américaine, elle n’a pas pris une connaissance lucide du rapport des forces entre la Chine et les Etats-Unis. De plus, la réforme du système monétaire internationale proposée par la Chine touche directement le noyau de l’hégémonie américaine. Plus précisément, la raison essentielle est que la Chine manque d’initiatives, de souplesse et d’une réflexion stratégique active. Au contraire, la Russie a beaucoup renforcé les relations avec les Etats-Unis en saisissant le moment propice. Malgré l’affaire d’espionnage, les relations russo-américaines sont toujours étroites. Quant à la Chine, avec l’aggravation des contradictions sino-américaines, il est devenu quasiment impossible pour le Président Hu Jintao de se rendre aux Etats-Unis avant la fin de l’année.


Phoenix Weekly publié le 5 septembre, No. 25 2010
La coopération nucléaire entre les Etats-Unis et le Viêt Nam met à l’épreuve la sécurité de la Chine

Lors des négociations sur la coopération nucléaire entre les Etats-Unis et le Viêt Nam, la partie américaine a tenté d’autoriser les opérations d’enrichissement d’uranium par le Viêt Nam et, selon les analystes, ce droit nucléaire privilégié vise à contenir la Chine.

Ceci dit, la coopération nucléaire entre ces deux pays se trouve dans l’impasse : d’une part, les Etats-Unis espèrent en profiter pour exercer une certaine pression sur la Chine, dont la puissance militaire et politique est en pleine croissance ; d’autre part, ils ont peur que cette exception accordée au Viêt Nam détruise davantage l’image américaine sur la question nucléaire et défavorise la solution des questions nucléaires sud-coréenne et iranienne.

En réalité, les coopérations nucléaires entre les Etats-Unis et le Viêt Nam, qui ne datent pas d’hier, visaient à répondre à la pression de concurrences en provenance de la Russie. Mais elles vont de mieux en mieux au fur et à mesure que se développe la Chine et que son influence se fait sentir de plus en plus dans l’Asie du Sud-est. Le Viêt Nam pourrait se transformer discrètement en « Indo-américaine » (en référence à l’Indochine).

Pour la Chine, sa situation sécuritaire environnante sera gravement affectée par une coopération trop poussée entre les Etats-Unis et le Viêt-Nam. Le plus grand danger serait une série de réactions en chaîne, puisque d’autres pays, tels que l’Indonésie ou la Thaïlande, attendent leur tour pour une coopération nucléaire avec les Etats-Unis. Ceci dit, certains observateurs optimistes, qui ne sont pas sûrs que le Viêt-Nam ait vraiment envie de suivre les Etats-Unis, pensent que le meilleur choix sera pour Hanoi de rester neutre entre la Chine et les Etats-Unis.

 Relations sino-russes

Phoenix Weekly publié le 5 septembre, No. 25 2010
Blocus russe en direction de la Chine sur les technologies d’armement

Selon les médias britanniques, le gouvernement russe a décidé d’acheter une usine de torpilles kirghize. Cette action est considérée comme une mesure visant à empêcher l’acquisition des techniques avancées de torpilles par la Chine, car le développement rapide chinois en matière de technologies militaires préoccupe vivement la Russie. C’est pour la même raison que les Etats-Unis ont gardé le silence sur cette affaire.

D’autre part, la Russie cherche aussi à influencer les anciens pays-membres de la Communauté des Etats indépendants qui vendent des armes à la Chine, afin de dominer complètement les ventes d’armes vers la Chine.

Mais ayant elle-même une industrie militaire relativement puissante, la Chine cherche toujours à produire des armes haut de gamme par elle-même, ce qui réduit sensiblement l’effet des chantages russes. Et actuellement, beaucoup d’entreprises militaires des anciens pays-membres de la Communauté des Etats indépendants préfèrent faire des affaires avec la Chine, puisqu’elles trouvent en général les entreprises chinoises plus fiables.

 Relations sino-européennes

Outlook Weekly publié le 6 septembre, No. 36 2010
Chine-Europe : à la recherche d’un nouveau consensus stratégique

A l’issue du dialogue stratégique sino-européen, qui a eu lieu le 1er septembre, le magazine en a fait un bilan et signale que dans la période post-crise, la Chine et l’UE rencontreront respectivement de nombreux problèmes pour leur développement économique et social. Le meilleur choix pour développer davantage le partenariat stratégique et constructif sino-européen sera d’élargir le consensus stratégique, renforcer les coopérations dans tous les domaines dans un nouveau contexte pour parvenir à des avantages réciproques et à une situation gagnant-gagnant.


Nouveau siècle publié le 6 septembre, No. 36 2010
Une nouvelle situation diplomatique pour la Chine et l’Union européenne

Suite à l’entrée en fonction de Catherine Ashton, de facto ministre des Affaires étrangères européennes, le pouvoir diplomatique de l’UE se concentre davantage, et la Chine doit faire face à une Europe plus unifiée. Suite à une série de difficultés avec la Chine, l’Europe a engagé une réflexion profonde sur sa politique envers la Chine.

Premièrement, il faut coordonner les avis des pays membres sur les relations avec la Chine afin de renforcer la voix diplomatique de l’UE. Deuxièmement, dans le passé, les exigences excessives des pays européens envers la Chine manquaient d’un ordre de priorité et la partie chinoise avait du mal à comprendre les véritables souhaits de l’Europe. La Chine attend donc beaucoup du rôle que va jouer Catherine Ashton qui pourrait, au moins, servir d’intermédiaire entre la Chine et l’UE en clarifiant les grandes lignes de la diplomatie sino-européenne. Bien sûr, il lui faut prêter une oreille attentive aux voix des pays membres de l’UE, surtout celles des pays les plus importants.

Maintenant, une nouvelle pensée européenne est en train de se créer sur la politique envers la Chine : les pays membres se coordonnent plus sur les questions importantes concernant le changement climatique, la sécurité et l’alliance stratégique, en cédant plus de pouvoir aux établissements diplomatiques au niveau de l’UE, pour que cette dernière puisse s’exprimer d’une seule voix sur ces questions.

Effectivement, avec la réorganisation des établissements européens de diplomatie et de prise de décision, ainsi que l’intégration successive des sujets internationaux dans les relations bilatérales, cette relation se dirige vers une nouvelle étape. Mais, si l’Europe introduit une nouvelle pensée dans sa politique envers la Chine, est-ce que la partie chinoise sera prête à y répondre ?

 Chine

Nan Feng Chuang du 25 août au 7 septembre, No. 18 2010
La Chine se dirige vers une économie de marché en faveur des hommes influents ?
Interview spéciale de Xu Xiaonian, prof. de sciences économiques et financières à l’EIBS (China Europe International Business School) et défenseur fidèle de l’économie de marché, luttant contre le plan de sauvetage lancé par le gouvernement dès le début de la crise financière depuis 2008

D’après lui, le système financier chinois est dans l’ensemble sain et loin de l’effondrement, le vrai problème étant le déséquilibre de la structure économique et l’inutilité des stimulations financières et de la politique monétaire appliquées actuellement par le gouvernement. Le keynésianisme ne s’adapte pas à la situation chinoise.

Afin de modifier le modèle de croissance, il faut s’employer à pousser les réformes dans le but de réaliser de véritables percées dans les systèmes économique et politique. Mais ces dernières années, les réformes marquent le pas et montrent même des signes de recul. Dans cette impasse, le gouvernement doit continuer à stimuler les réformes qui sont, après tout, dans son intérêt.

Par rapport à il y a 30 ans, la réforme actuelle du système économique touche de plus en plus le système politique, car la force civile n’est plus suffisante pour stimuler la réforme. Une impulsion gouvernementale est donc indispensable. Cependant, tout changement institutionnel touchera les intérêts acquis du gouvernement, qui s’est déjà profondément impliqué dans l’économie et le marché. La réforme exige le retrait du gouvernement de l’économie, mais les intérêts acquis au sein du gouvernement constituent un grand obstacle.

Dans l’économie de marché, les entreprises d’Etat jouent un rôle dominant en monopolisant des actifs. Aujourd’hui on retourne rapidement vers l’économie planifiée et un capitalisme qui sert les intérêts des hommes influents. C’est-à-dire que 30 ans après la réforme, le gouvernement est déjà devenu un groupe « d’intérêts spéciaux » qui a intérêt à maintenir l’actuel mode de fonctionnement de marché contrôlé partiellement par l’administration. Mais en fait cette situation a mis en danger l’économie de marché, étouffant les droits du peuple et des entreprises et allant à l’encontre des principes du marché conçu par Deng Xiaoping.


Cette revue de la presse hebdomadaire chinoise est une synthèse d’articles publiés dans les magazines en Chine. Les articles présentés dans cette revue sont sélectionnés pour leur représentativité des courants et tendances dans ce pays. Ils reflètent l’avis de leurs auteurs et n’engagent en rien la position ni le point de vue de l’Ambassade de France en Chine.
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