Revue des hebdos chinois (6 au 10 avril 2009)

Le service de presse de l’ambassade vous propose chaque semaine une synthèse en français des principaux sujets d’actualité traités par une sélection de magazines chinois. Cette semaine la Mer du Sud, La France et l’OTAN ainsi que l’internationalisation du renminbi.

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Revue des hebdos chinois (6 au 10 avril 2009)

Paru le : 13 avril 2009

Le service de presse de l’ambassade vous propose chaque semaine une synthèse en français des principaux sujets d’actualité traités par une sélection de magazines chinois. Cette semaine la Mer du Sud, La France et l’OTAN ainsi que l’internationalisation du renminbi.

Rédacteurs :
François LEGUE, Christine CHEN

Xinmin weekly du 30 mars au 5 avril, No.12 2009
Couverture : protéger la Mer de Chine du Sud

Juste après la première mission du Navire 311, M. Liang Guanglie, Ministre de la défense chinois a dit à son homologue japonais lors d’un entretien : il n’est pas possible que la Chine ne possède jamais de porte-avion.

C’est la première fois que l’APL déclare publiquement et officiellement cette information. Pendant les deux assemblées, plusieurs représentants de l’APL ont parlé de l’avenir des porte-avions chinois. Le feuilleton chinois pour résoudre les différends en Mer de Chine du Sud commence à être clair : en dehors des consultations diplomatiques, on envoie d’abord les bateaux de pêche, les porte-avions ensuite. Bref, avant de recourir à la force, la Chine préfère régler les différends par la voie diplomatique.

« La politique directive de la Chine sur les différends territoriaux en Mer de Chine du Sud est que la Chine possède la souveraineté mais met de côté les différends pour effectuer une exploitation commune avec les pays voisins. Cela est bien une manifestation concrète de la politique étrangère chinoise de paix et d’amitié, mais rien à voir avec la faiblesse de la Chine » a dit, Le lieutenant général Luo Yuan, Chercheur de l’Académie des Sciences militaires.

Les patrouilles en Mer de Chine du Sud visent à protéger efficacement les droits et intérêts légitimes des pêcheurs chinois et à sauvegarder la souveraineté et le droit maritime de la Chine.

Selon M. Zhou Zhenhe, Professeur de l’Institut des Recherches historiques et géographiques de l’Université de Fudan, les Chinois accordent beaucoup plus d’attention au continent qu’à la mer depuis l’antiquité. Mais aujourd’hui, il est urgent de changer cette idéologie et de revendiquer ses droits maritimes. Pour régler les différends des îles, M. Zhou partage le même avis avec d’autres experts : régler les problèmes par la voie diplomatique en gardant une force militaire nécessaire.

Selon M. Ni Lexiong, Professeur du Département des Sciences politiques de l’Université du Droit et des Sciences politiques de Shanghai, les intérêts chinois en Mer de Chine du Sud sont centraux et étroitement liés avec sa structure économique ouverte sur l’étranger. La mission de la marine chinoise est de protéger une voie maritime vitale : de la Mer de Chine du Sud au golfe d’Aden, en passant par l’Océan indiens. Toutes les zones touchant cette voie sont très sensibles pour la Chine, et le seront de plus en plus.

L’affrontement des navires chinois et américains en Mer de Chine du Sud début mars a bien montré la concurrence violente entre le Département d’Etat et le Pentagone pour la domination diplomatique. On peut dire que cet affrontement est un complot diplomatique tramé par les faucons du Pentagone. Mais de toute façon, les conflits entre la Chine et les Etats-Unis défavorisent les bénéfices et intérêts à long terme des deux côtés.

La « cordialité » est d’autant plus nécessaire que les problèmes de la Mer de Chine du Sud sont relativement compliqués, touchant beaucoup de pays.

 Monde

China Newsweek publié le 6 avril, No. 12 2009
Reportage spécial : Le Yuan n’est pas content ?

Bien que le sommet du G20 ait eu lieu à Londres, le Yuan se trouve toujours dans une situation un peu difficile – les énormes réserves en devises de la Chine manquent de sécurité et la Chine ne jouit pas de suffisamment de « respect » dans le système économique international. Le 23 mars, M. Zhou Xiaochuan a publié un article qui propose de créer une autre monnaie internationale dont la valeur serait stable à long terme. Face à la dangereuse décision américaine de racheter leur dette nationale, cette proposition chinoise vise à défendre ses propres intérêts. La dépréciation du dollar représente la deuxième étape de la crise financière internationale, avec une influence plus profonde et plus étendue.

L’attrait pour la Chine se renforcera probablement dans un contexte de croissance négative aux Etats-Unis, dans la zone d’euro et au Japon. L’effort chinois pour avoir des règles du jeu plus justes vient de commencer.

Dans ce contexte, certains pays de l’Europe de l’Est connaîtront probablement à leur la crise asiatique de 1997, mais cela n’est pas provoqué directement par la crise américaine, la raison principale est que les pays de l’Europe de l’Ouest ont retiré leurs investissements d’Europe de l’Est. En Europe s’élève un nouveau rideau de fer économique dont le Président Sarkozy a pris l’initiative. Quant aux secours à l’Europe de l’Est, l’UE se trouve dans une situation embarrassée face à un choix difficile.


Phoenix Weekly publié le 4 avril, No.10 2009
Retour de la France à l’OTAN

La diplomatie « indépendante » depuis plus de 40 ans est terminée, et le pavillon du Gaullisme est abaissé.

Le retour de la France dans le commandement militaire intégré de l’OTAN a plus de signification symbolique que réelle. Ce « remariage » n’est qu’une excuse pour les deux côtés, l’OTAN peut déclarer qu’elle a eu un gain sur la France et vice versa. En fait, Sarkozy n’est pas le premier à avoir proposé l’idée de retour et, dans un sens plus strict, la France ne s’est jamais retirée complètement de l’OTAN, donc le mot « retour » n’est pas exact. Malgré cela, le Gaullisme avait pénétré profondément dans l’esprit des Français, aussi les controverses autour de cette décision continueront-elles dans le futur.


Outlook weekly publié le 6 avril, No.14 2009
La rencontre entre Hu et Obama repositionne la relation sino-américaine dans une nouvelle ère

La première rencontre entre le président chinois Hu Jintao et le président américain Barack Obama a attiré l’attention du monde entier, parce que : 1. En attendant de reconstitution de l’ordre financier mondial sans encore connaitre les pires effets de la crise économique mondiale, le futur de la relation sino-américaine donnera un grand impact à la structure mondiale ; 2. La nouvelle théorie du « G2 » suscite beaucoup d’imaginations politiques à travers le monde.

La rencontre a permis de réaliser deux œuvres dans la relation bilatérale : 1. Elle a repositionné la relation sino-américaine, c’est-à-dire « un partenariat global pour la construction commune du 21ème siècle » ; 2. Elle a défini un nouveau système, approfondissant la relation bilatérale, soit le système du « dialogue stratégique et économique ».

La relation sino-américaine rencontrera certainement des difficultés malgré une rencontre bien réussie au niveau présidentiel : les Etats-Unis vont continuer à provoquer la Chine sur les problèmes du Tibet et de Taiwan ; les groupes « anti-Chine » se concentrent pour poser des pièges au commerce et utilisent la question des taux de change avec la Chine.

 Chine

Xinmin weekly du 30 mars au 5 avril, No.12 2009
La Chine doit éviter de se battre elle-même Interview spécial de M. Zheng Yongnian, Directeur de l’Institut des Recherches sur l’Asie de l’Est de l’Université nationale du Singapour.

En Chine, les crises jouent un rôle de moteur des réformes. Depuis 30 ans, l’urbanisation chinoise se développe à une très grande vitesse, mais en fait le succès se limite domaine architectural ; d’un point de vue social, elle a connu un échec important. Le système binaire - ville et campagne – ne s’est pas amélioré, bien au contraire, il est devenu un système ternaire composé par les citadins, les paysans et les ouvriers-paysans. L’échec de la gestion par la Chine de la sécurité de la production et de l’alimentation a montré le fait que la Chine est battue par elle-même. Pour avoir une solution de fonds, il ne faut pas se soucier de l’émergence des forces sociales et accorder certains droits à la société, y compris les médias et les ONG.


Outlook weekly publié le 6 avril, No.14 2009
Il faut réaliser l’internationalisation du RMB avec prudence

Bien que de plus en plus de voix appellent l’internationalisation du RMB, qui accordera à la Chine un statut de grande puissance, il faut bien savoir qu’en réalité la Chine ne possède pas encore une puissance effective suffisante pour assumer les responsabilités politiques et économiques sur la scène internationale. Actuellement les conditions essentielles de l’internationalisation du RMB ne sont pas encore mures ; en même temps, il faut tirer la leçon de l’internationalisation du Yen japonais.


Phoenix Weekly publié le 4 avril, No.10 2009
Il est très difficile de stimuler la reprise de l’économie chinoise par des investissements massifs Interview de M. Xie Guozhong, économiste indépendant

Sous de multiples pressions, telles que l’atterrissage dur de la macroéconomie, la baisse des exportations et de l’immobilier, le gouvernement chinois doit stimuler davantage la consommation et rendre le peuple plus riche afin de réaliser la croissance de la demande intérieure, et puis, stimuler la reprise totale du développement économique. Beaucoup de gens accordent une importance trop grande à la bourse, mais en fait la clé est le problème de la vie du peuple. Cela n’a rien voir avec la bourse. Pour sortir de cette situation difficile, une réforme structurelle est indispensable.


China Digital Times
La plus grande menace pour la Chine n’est pas l’agitation sociale mais la déliquescence de la société

Pour Sun Liping, professeur à Tsinghua et ancien directeur de thèse de Xi Jinping, le gouvernement se trompe quand il craint les troubles sociaux. Le plus dangereux est ce que Fei Xiaotong aurait appelé "l"érosion sociale", et Samuel Huntington "le déclin politique", et qui se caractérise par une sorte de nécrose de la société. Les symptomes en sont surtout la corruption, mais le centre du problème est l’abus de pouvoir. Cet abus de pouvoir détruit tout, et jusqu’au pouvoir lui-même, puisqu’il induit une distortion de la réalité qui empêche la bonne gouvernance (par la falsification des statistiques à tous les niveaux, par exemple.

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