Rédacteur :
Christine CHEN Yu
Nouveau Siècle publié le 5 septembre, No. 35 2011
Couverture : la Mer de Bohai, personne ne s’en occupe
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- Couverture Nouveau Siècle
L’importante fuite de pétrole dans le champ pétrolifère de Penglai, qui dure depuis trois mois, a fait de l’environnement de la Mer de Bohai un sujet brûlant. Selon la branche chinoise de l’entreprise américaine ConocoPhillips, responsable de ce champ, environ 700 barils de pétrole ont fuit en surface et 2500 barils se sont déposés au fond de la mer. L’Administration d’Etat des Ressources océaniques indique que la marée noire a pollué plus de 5500 kilomètres carrés, soit 7% de la superficie de la Mer de Bohai. Des impacts très sensibles sur l’environnement à la Mer de Bohai surgissent déjà et vont continuer à s’aggraver. Mais jusqu’aujourd’hui, de l’Administration d’Etat des Ressources océaniques, en charge du contrôle, à ConocoPhillips China, responsable direct de cet accident, en passant par China National Offshore Oil Corporation (CNOOC), actionnaire majoritaire du champ pétrolifère, aucune partie n’a pris l’initiative d’en assumer la responsabilité.
Un expert anonyme estime que la gravité de la pollution causée par cet accident est liée à la réaction tardive. L’accident grave n’a été dévoilé au public qu’au bout d’un mois. Outre les lacunes du système judiciaire qui garantit l’impunité malgré la communication tardive sur l’accident, l’inertie administrative des services gouvernementaux chinois, qui tendent à n’annoncer que les bonnes nouvelles au public, semble affecter aussi certaines entreprises étrangères en Chine.
A l’avenir, les demandes d’indemnisation effectuées par les pêcheurs se heurteront à deux obstacles importants : la charge de la preuve, difficile, et l’intervention des gouvernements locaux soucieux de maintenir la stabilité, voire la création d’obstacles à l’ouverture du dossier par les tribunaux.
In fine, la Chine doit réévaluer les risques de fuite de pétrole et réviser la stratégie d’exploitation de pétrole et de gaz en mer, avec un ralentissement de l’exploitation et un souci accru pour la sécurité.
Caijing Magazine publié le 5 septembre, No.21 2011
Euro : la vie ou la mort ?
En tant que monnaie de réserve supra-souveraine, l’Euro fonctionne depuis 10 ans. Mais avec l’expansion de la zone Euro, le cycle économique sensiblement modifié et les crises extérieures ont transformé l’écart de développement entre les différents pays membres en une crise des dettes de plus en plus difficile à surmonter. Cette tempête économique sans précédent a provoqué un marasme économique en Europe et a fortement frappé la confiance du peuple en l’Euro : la notion et le système de cette monnaie ne sont pas aussi parfaits qu’on l’imaginait, l’époque de l’Euro fort s’éloigne petit à petit.
Les pays membres de la zone euro avaient l’intention de combler par le temps le défaut de l’alliance monétaire ainsi que l’absence d’alliances financière et politique, mais le dessein n’a pas réussi : la transition brutale de l’échiquier de la concurrence internationale démotive le char de combat européen ; la crise financière perturbe le réajustement des politiques en matière d’intégration européenne.
Une réalité plus cruelle est que l’Euro se trouve dans une situation embarrassante entre avancement et recul : il est difficile de réaliser une finance souveraine unifiée des pays membres de la zone Euro ; mais le retrait de certains pays membres est une décision encore plus difficile à prendre. Y aura-t-il assez de temps pour régler les problèmes dans la zone Euro ? C’est une question inquiétante. Les éventuels problèmes sociaux ou la situation agitée en Europe conduiront probablement à une différenciation entre le Nord et le Sud de l’Europe, les petits pays de l’Europe du Sud risquant d’être gagnés par l’extrême droite tandis que l’Allemagne devra prendre des précautions contre le regain de xénophobie.
Dans le contexte où l’économie d’envergure de la zone Euro est étroitement liée à l’économie mondiale, tout grand changement structurel de l’Euro ou d’un pays membre de la zone Euro influencera profondément, voire modifiera, l’architecture politique et économique du monde.
L’avenir de l’Euro et l’évolution de la crise des dettes européennes sont aussi très importants pour l’économie chinoise en transition. D’une part, l’Europe est un partenaire commercial et d’investissement très important de la Chine, d’autre part, la Chine, qui se trouve dans une période clé de restructuration, doit s’en inspirer pour savoir comment garantir la croissance économique durable, la stabilité financière, la santé de la circulation monétaire et la coordination entre les différentes régions. Il faut respecter le marché et poursuivre résolument la réforme en équilibrant l’efficacité et l’équité.
Phoenix Weekly publié le 25 août, 2011
Couverture : La politique chinoise en Mer de Chine méridionale
Le magazine fait une analyse très précise sur les sujets controversés des litiges territoriaux en Mer de Chine méridionale en évoquant l’historique de cette question. Beaucoup estiment que la question de la Mer de Chine méridionale est une contradiction entre la Chine et les Etats-Unis. En fait, les contradictions en Mer de Chine méridionale se divisent en trois parties : premièrement, c’est la question de la souveraineté territoriale et des ressources qui touche toutes les parties impliquées. Ensuite, ce sont les contradictions entre la Chine et les Etats-Unis dans cette région. Enfin, ces sont les contradictions entre les parties prenantes, tels que le Japon, l’Australie et l’Indonésie.
Actuellement, il est nécessaire de régler prioritairement les contradictions du premier niveau en profitant des supériorités chinoises dans quatre domaines : la jurisprudence, le commerce, la diplomatie et la force militaire. La Chine insiste sur le règlement pacifique du problème, mais la force militaire peut quand même avoir un effet de garantie. Sur la question de la Mer de Chine méridionale, il faut prendre en considération non seulement l’aspect économique, mais aussi l’aspect politique, parce que l’exploitation dans cette région est aussi un outil pour manifester la souveraineté et l’existence de la Chine.
Dans le futur, la stratégie maritime de la Chine doit viser trois objectifs principaux : sauvegarder l’intégrité de la souveraineté, sauvegarder un voisinage de paix et de stabilité, et maintenir le statut maritime dans le monde. Il est nécessaire d’être plus actif dans la solution de cette question tout en évitant le nationalisme radical car la Chine ne cherche pas du tout l’hégémonie maritime.
Phoenix Weekly publié le 25 août, 2011
Edito : à l’ère informatique, le gouvernement ne peut pas faire taire les critiques
En juin 2011, la Chine comptait 900 millions d’utilisateurs de téléphones portables, 485 millions d’internautes, plusieurs millions de sites internet, 250 millions de bloggeurs et 195 millions d’utilisateurs des micro-blogs. Le public est aujourd’hui le principal acteur de la communication. Une nouvelle se répand auprès de millions d’internautes en quelques secondes seulement. La révolution technologique a profondément modifié l’échiquier de la prise de parole, et aucun système n’arrive à freiner la libre circulation des informations dans le cyberespace ni à faire taire les voix dissidentes. Les critiques correctes ou fausses sur le gouvernement, la révélation des complots de certaines entreprises immorales ainsi que les points de vue différents de ceux du gouvernement ne peuvent plus être complètement éliminés. Dans un contexte où l’on ne peut plus cacher la vérité ni interdire les critiques, si le gouvernement continue à contrôler l’opinion publique et à monopoliser la vérité, il sombrera dans une passivité de plus en plus grave en multipliant le mécontentement du peuple et en accumulant les contradictions sociales. Le fer de lance du mécontentement du peuple risque de se diriger contre les instances supérieures, voire finalement contre le gouvernement central et le système politique fondamental.
Afin de maintenir véritablement la stabilité globale et l’image du gouvernement, le Conseil des affaires d’Etat a récemment publié un document visant à renforcer la transparence des activités du gouvernement : il faut, d’une part, ne pas tarder à rendre public les grands évènements imprévus et les sujets brûlants, et, d’autre part, faire jouer pleinement le rôle de surveillance des médias pour renforcer le contrôle par le public.
Grâce au développement informatique, les individus ont enfin la possibilité de s’exprimer librement, une force capable de guider et de stimuler le changement de la société réelle a ainsi pris forme et les droits du peuple à l’information, à la participation, à l’expression et au contrôle sont aussi améliorés. Cela permet aux individus de s’unir pour lutter contre tout « trou noir » d’information et contre les pouvoirs publics violant les droits des citoyens.
Phoenix Weekly publié le 25 août, 2011
Le casse-tête des déchets de construction à Beijing
Chaque année, Beijing produit plus de 40 millions de tonnes de déchets de construction, mais le taux de recyclage est inférieur à 40% et il n’existe pas d’installations destinées à traiter ce genre de déchets. Actuellement, 99% des déchets de chantiers sont transportés, déversés et vendus librement par les petits entrepreneurs privés. Zhang Mingdong, petit commerçant travaillant dans ce domaine depuis dix ans, estime qu’il existe plus de 10000 fossés à déchets illégaux entre le 6ème et le 7ème périphérique de Beijing. Avec l’expansion de la ville, les 6ème et 7ème périphériques seront mis en exploitation bientôt par les promoteurs immobiliers. Mais la construction sur les terres recouvertes de déchets coûtera beaucoup plus chère. La forte demande de traiter les déchets de construction exige une gestion efficace du gouvernement pour garantir un fonctionnement sain. Cela lance un grand défi aux services compétents de la municipalité de Pékin, surtout le bureau de contrôle des déchets. Mais il est évident que ce bureau de cinq personnes est incapable de gérer un marché de cette taille.
La municipalité de Pékin a annoncé, le 18 juillet, que quatre centres de traitement des déchets seront construits dans des quartiers différents de la capitale dont la capacité totale de traitement atteindra 4 millions de tonnes. Cela signifie que dès 2012, chaque année, Pékin parviendra à traiter 10% de nouveaux déchets de construction. Ce que les petits entrepreneurs attendent n’est qu’un droit à entreprendre légalement les affaires.



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