Revue des hebdos chinois (5 au 9 juillet 2010)

Le service de presse de l’ambassade vous propose chaque semaine une synthèse en français des principaux sujets d’actualité traités par une sélection de magazines chinois. Cette semaine : le développement des sites chinois, l’influence des émeutes kirghizes sur la Chine et l’ECFA.

Article

Revue des hebdos chinois (5 au 9 juillet 2010)

Paru le : 12 juillet 2010 / Dernière mise à jour : 19 juillet 2010

Le service de presse de l’ambassade vous propose chaque semaine une synthèse en français des principaux sujets d’actualité traités par une sélection de magazines chinois. Cette semaine : le développement des sites chinois, l’influence des émeutes kirghizes sur la Chine et l’ECFA.

Rédacteurs :
Yo-Jung Chen, Christine CHEN Yu

Nouveau Siècle publié le 28 juin, No. 26 2010
La restructuration du site internet du Quotidien du Peuple

Depuis le 20 juin, people.com.cn, site internet du Quotidien du peuple et important portail d’information appartenant à l’Etat, a enfin terminé sa transformation en société par action et tentera de réaliser son introduction en bourse avant la fin d’année. Parmi les sept actionnaires du site, le Quotidien du Peuple et Global Times (journal affilié au Quotidien du peuple) détiennent respectivement 80% et 15% des actions, l’exploitation du site est contrôlée uniquement par le Quotidien du Peuple.

Actuellement, people.com.cn est en train d’attirer des investisseurs stratégiques afin de faire du site l’acteur principal du marché. Mais selon les règles actuelles, au moins à court terme, les médias appartenant à l’Etat n’ont pas le droit de profiter de capitaux privés. La diversification des actions et la marchéisation constituent enfin un paradoxe.

People.com.cn est actuellement une entreprise internet, mais comme c’est un média d’Etat traditionnel, il est difficile de se séparer tout de suite de son rôle de porte-parole du gouvernement, ce qui le rend unique parmi les sites sur le marché. Le site tente de réunir des personnes compétentes d’autres sociétés internet, mais ni le système de gestion, ni les salaires ne sont attirants. Malgré tous les projets de développement ambitieux, l’essentiel est de changer son image de porte- parole de l’Etat. De plus, un effort est encore nécessaire pour faire connaître le site auprès des internautes.


Nouveau Siècle publié le 28 juin, No. 26 2010
Le MicroBlog de sina cherche son chemin

En 2010, le grand succès de son microBlog a refait de sina.com.cn un pionnier de plus en plus « traditionnel » sur le marché d’internet.

Des 4 grands portails d’informations commerciaux en Chine, Tencent fidélise ses utilisateurs par son outil de communication – QQ, tandis que Sohu et Netease se penchent de plus en plus sur les jeux animés en ligne. Il n’y a que Sina qui continue à gagner de l’argent à travers le service d’information et les publicités, deux voies traditionnelles qui existent depuis une dizaine d’années.

Au début, afin de protéger ce nouveau cyber-produit, Sina était très prudent en appliquant un contrôle très sévère : tout message affichant le moindre irrespect envers le gouvernement était immédiatement supprimé et les ID risquaient d’être bannies. Mais dix mois après, le contrôle est devenu beaucoup plus souple et le nombre de messages supprimés est négligeable.

Est-ce que le succès du microblogging va bouleverser l’ancienne structure lucrative de Sina et le conduira vers un mode centré sur les fonctions interactives et les relations sociales ?

 International

Phoenix Weekly publié le 5 juillet, No. 19 2010
Les émeutes au Kirghizistan menacent la Chine
Par Wang Chong

Selon l’auteur, les émeutes au Kirghizistan sont en réalité une conséquence de la rivalité entre les Etats-Unis et la Russie depuis la « Révolution des Tulipes » en 2005. L’attitude hésitante de Kourmanbek Bakiev, ex-Président Kirghize démissionnaire, entre ces deux puissances a finalement conduit aux scènes dramatiques qui se déroulent aujourd’hui dans ce pays. Mais les médias américains estiment que le drame kirghize offre aussi une opportunité de coopération entre la Russie et les Etats-Unis dans cette région. Un fonctionnaire américain déclare que ces deux grands pays doivent coopérer pour éviter un « jeu à somme nulle ».

Comme pays voisin, la Chine est menacée par les émeutes au Kirghizistan. Tout d’abord, les échanges commerciaux bilatéraux sont gravement affectés. Mais le plus grave pour la Chine est que la coopération secrète entre la Russie et les Etats-Unis l’a mise en marge de la solution politique et militaire du problème kirghize. De plus, dès que la situation kirghize devient incontrôlable, le développement tentaculaire des trois forces (le terrorisme, l’extrémisme et le séparatisme) risque de conduire à l’instabilité de l’Asie centrale et du Xinjiang. La rivalité entre les Etats-Unis et la Russie au Kirghizistan pourrait ne représenter qu’une concurrence stratégique générale, mais pour la Chine, elle met en danger la stabilité de la Province du Xinjiang. Vue la situation kirghize actuelle, le rapatriement des ressortissants chinois au Kirghizistan par des vols spéciaux n’est pas suffisant. Il faut se préparer à l’éventualité d’une aggravation de la situation kirghize et envisager le cas échéant des préparatifs militaires.

 Chine

Nouveau siècle publié le 5 juillet, No. 27 2010
ECFA : une entrée pour les deux rives du Détroit

Le 29 juin, l’Accord-cadre de Coopération économique entre les deux rives du Détroit a enfin été signé à Chongqing. Bien que le continent chinois cède une part de ses profits à court terme, l’Accord permet de réaliser des avantages réciproques à long terme. La coopération allant des services aux marchandises et l’industrie sert de moteur pour la transformation économique taïwanaise, mais elle stimule aussi la montée en gamme des industries du continent. Dans le domaine commercial, la cession d’une part des profits attirera plus d’investissements taïwanais vers le continent. Compte tenu de l’état des investissements et du commerce, les relations économique et commerciale entre les deux rives du Détroit sont dans l’ensemble équilibrées. Pour l’économie taïwanaise, gravement frappée par la crise économique, l’ECFA est non seulement un stimulant cardiaque pour son redressement rapide, mais doit aussi permettre le démarrage de la plus grande réforme économique après l’adhésion de Taiwan à l’OMC en 2001.

China Newsweek publié le 5 juillet, No. 24 2010a pris l’ECFA comme une vitamine pour l’économie taïwanaise. Le magazine estime par ailleurs que la mise en application de cet Accord-cadre précipite l’effondrement du camp indépendantiste à Taïwan ainsi que son idéologie.

Caijing Magazine publié le 5 juillet, No.14 2010 a fait une interview spéciale de M. Jiang Bingkun, président de la Fondation pour les échanges à travers le Détroit de Taiwan, qui a signé l’ECFA avec la partie chinoise, et fournit un bilan très précis sur cet Accord.

Pour Taiwan, l’ECFA est probablement un simple accord commercial, mais pour le Continent chinois, sa signification dépasse de loin les aspects économiques.


China Newsweek publié le 5 juillet, No. 2010
Le recours en responsabilité et l’audit

D’après un rapport annuel d’audit délivré par le Bureau National d’Audit le 24 juin, l’utilisation de factures fausses ou frauduleuses pour se faire rembourser est devenue une pratique commune au sein des départements du gouvernement central, pour un total de 142 millions de Yuans ; les revenus ou les actifs dissimulés par les 14 départements du gouvernement central et leurs institutions affiliées atteignent 591 millions de Yuans et la manipulation de certaines institutions financières concerne 20 milliards de Yuans.

Actuellement, le plus grand problème est le manque d’un système de recours en responsabilité des hautes fonctionnaires. En fait, la question de l’audit est exposée chaque année depuis longtemps, mais n’a jamais été complètement réglée. Actuellement, le public ne s’intéresse plus à cette campagne surnommée « Tempête de l’audit » en cours depuis 1999. Afin de sauvegarder l’image du gouvernement et de restaurer la confiance du peuple, il est impératif de réformer et de perfectionner le système, notamment par l’introduction d’un système de recours en responsabilité par l’Assemblée nationale. Traditionnellement, la surveillance et le contrôle budgétaires sont effectués à l’intérieur des départements, mais puisque les services internes partagent des intérêts communs, ils sont plus généralement enclins à fermer l’œil sur des pratiques douteuses, ce qui affaiblit considérablement les résultats de l’audit.


Nouveau siècle publié le 5 juillet, No. 27 2010
La réforme des statistiques chinoises

Une série d’actions récentes signifie que le gouvernement chinois est en train de déployer une réforme à grande échelle en matière de statistiques, même si cette réforme est un peu tardive. Habitué à une conception et un système surannés, on ne s’était pas rendu compte en Chine depuis longtemps que les statistiques chinoises perdent de plus en plus de leur objectivité. Outre les chiffres bruts et la méthodologie, les statistiques publiées par le gouvernement sont souvent mises en question et font l’objet de plaintes, voire d’ironie. Par exemple, la vérification et l’approbation des statistiques des PIB régionaux par le Bureau national des statistiques sont en fait un processus plein de rivalités et de marchandages. Même à l’issue de vives discussions, le total des PIB régionaux est toujours supérieur au PIB national. Le dédale des statistiques du PIB reflète bien le désordre du système des statistiques chinoises en transition. Pour régler radicalement le problème des statistiques chinoises, outre les réformes sur la conception et les méthodes de travail, il faut aussi s’attacher à reconstruire l’honnêteté sociale.


Outre les doutes sur la fiabilité des données annoncés par le gouvernement, Phoenix Weekly publié le 5 juillet, No. 19 2010 a aussi dévoilé un autre casse-tête du Bureau national des statistiques : la révélation prématurée des statistiques économiques. Il s’avère qu’il existe de nombreuses failles au cours de la transmission des données, puisque ces statistiques concernent d’énormes intérêts. Ce qui est embarrassant est que le Ministère chinois de la Supervision est lui-même impliqué dans la fraude concernant ces statistiques. Or, à cause d’une lacune judiciaire, le Bureau national des Statistiques ne peut faire plus que condamner la pratique de la révélation prématurée des statistiques économiques.


China Newsweek publié le 5 juillet, No. 2010
Spécial : l’indice de satisfaction à propos des universités chinoises

En pleine saison des admissions à l’université, le magazine a fait un reportage sur les universités chinoises.

Emploi : difficile d’être optimiste
Le Ministère de l’Education chinois a annoncé qu’en 2010, le nombre des diplômés atteindra 6.3 millions. Selon les statistiques du Ministère des Ressources humaines et de la Sécurité sociale, jusqu’à la fin 2009, le taux d’emploi parmi les diplômés de 2009 était de 87.4% (à l’exception de ceux qui poursuivent leurs études en Chine ou à l’étranger), c’est-à-dire que plus de 800 000 diplômés sont au chômage. Dans un contexte où le problème de l’emploi des étudiants est devenu structurel, la fin des études est aussi le début du chômage, notamment dans les petites villes ou les districts. Malgré le problème des registres d’état civil ou des prix immobiliers très élevés, les diplômés sont obligés de saisir toutes les occasions possibles pour vivre dans les grandes villes.

Qualité de l’enseignement « diluée » par le recrutement élargi
Le recrutement élargi ressemble à une campagne qui ne cesse de « diluer » la capacité d’enseignement des universités, laquelle est déjà problématique. Même le Quotidien du Peuple, organe du PCC, a commenté les retombées du recrutement élargi sur la qualité de l’enseignement : la baisse de la qualité de l’enseignement supérieur fait naître une chaîne de dépréciation : le doctorat d’aujourd’hui est inférieur à la maîtrise d’il y a 5 ans, la maîtrise d’il y a cinq ans est moins bien que les diplômes « bac + 4 » d’il y a dix ans. Ce phénomène produit aussi l’insatisfaction des étudiants.


Nouveau siècle publié le 5 juillet, No. 27 2010
La situation bizarre des vins nobles en Chine

La Chine est en train d’exercer une influence énorme sur le marché des produits de luxe. Les Chinois enrichis s’entichent de produits de marques. Mais à la différence des Américains, les Chinois, au lieu de la jouissance, préfèrent acheter des articles résistants et durables, par exemple, des sacs.

Depuis la seconde moitié de 2008, stimulé par les acheteurs chinois, le marché des grands vins connait un grand essor. Il est vrai que, dans les rendez-vous d’affaires notamment, les grands vins jouent un rôle de lubrifiant très important, en particulier la marque Château Lafite. Au cours des cinq dernières années, les grands vins de Château Lafite sont le premier choix dans les dîners d’affaires. Le prix du vin monte rapidement avec la demande. Cette passion pour les Château Lafite suscite deux phénomènes décalés : d’un côté, une industrie du vin frelaté est née et certains professionnels estiment que 70% des Château Lafite sur le marché chinois sont des faux ; de l’autre côté, le second vin Carruades de Lafite est dix fois plus cher qu’il y a 5 ans, équivalent au prix des premiers crus, parce que certains consommateurs chinois ne connaissent que la marque. Si la bulle des vins de Carruades de Lafite conduit les producteurs à accorder plus d’attention au marketing qu’à la qualité du vin, la conséquence sera très grave.


Cette revue de la presse hebdomadaire chinoise est une synthèse d’articles publiés dans les magazines en Chine. Les articles présentés dans cette revue sont sélectionnés pour leur représentativité des courants et tendances dans ce pays. Ils reflètent l’avis de leurs auteurs et n’engagent en rien la position ni le point de vue de l’Ambassade de France en Chine.
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