Revue des hebdos chinois ( 30 janvier au 3 février 2012)

Le service de presse de l’ambassade vous propose chaque semaine une synthèse en français des principaux sujets d’actualité traités par une sélection de magazines chinois. Cette semaine, le dossier sur les affaires chinoises, les pénuries d’eau à Pékin ainsi que la réflexion sur la nouvelle diplomatie périphérique de la...

Article

Revue des hebdos chinois ( 30 janvier au 3 février 2012)

Paru le : 6 février 2012
Le service de presse de l’ambassade vous propose chaque semaine une synthèse en français des principaux sujets d’actualité traités par une sélection de magazines chinois. Cette semaine, le dossier sur les affaires chinoises, les pénuries d’eau à Pékin ainsi que la réflexion sur la nouvelle diplomatie périphérique de la Chine.

Rédacteur :
ZHU Xiangying

Phoenix Weekly N° 3 du 25 janvier 2012
Dossier sur les affaires chinoises

JPEG - 17.6 ko
Couverture Phoenix Weekly

Ce numéro a consacré près de 100 pages à un grand dossier sur la situation de la Chine. Il est divisé en cinq chapitres : 1) Les neuf membres du Comité permanant du Bureau politique du PCC ; 2) les huit grands problèmes qui ont eu un impact sur la Chine en 2011 ; 3) propositions des experts ; 4) la Chine et le monde ; 5) dossier sur Hongkong, Macao et Taiwan.

P. 56-59 (chapitre 3) : Pour M. Zheng Yongnian, la Chine fait face à un choix difficile en matière de réforme : mettre l’accent prioritairement sur la résolution du problème de bien-être de la population ou sur la réforme politique pour une démocratie basée principalement sur des élections ouvertes. Pour lui, il faudrait régler le problème du bien-être, celui étant très grave ; c’est la condition préalable pour garantir une démocratie de ‘’ bonne qualité’’.

« Il parait que plus le développement économique est rapide, plus le problème du bien-être est grave, et la vie de la majorité de la population devient de plus en plus difficile. Autour de ce problème, deux sources d’instabilité surgissent dans la société chinoise : mécontentement général issu des inégalités de répartition, de la stratification sociale et du manque d’équité et de justice ; mécontentement des jeunes qui ‘’attendent une révolution ‘‘. A long terme, une politique démocratique sans garanties matérielles n’est pas durable. Ce qui se passe dans les pays arabes montre suffisamment l’importance du bien-être pour la société et la stabilité politique, c’est la base matérielle de la démocratie. Pour suivre bel et bien la voie de ‘’l’enrichissement commun’’ soulignée par Deng Xiaoping, il est très important d’augmenter la rémunération des travailleurs. Au début de l’ouverture et de la réforme, la main d’œuvre bon marché était prépondérante pour le développement économique, mais aujourd’hui, elle devient la plus grande faiblesse qui, de fait, empêche le développement de la Chine. La Corée du Sud constitue un modèle exemplaire de développement en Asie orientale ».

P. 80-87(chapitre 5) : Situation critique dans les régions voisines de la Chine

En ce qui concerne la question de la mer de Chine méridionale, les pays d’Asie du Sud-est commencent à s’unir de plus en plus, avec les Etats-Unis à leurs côtés comme protecteurs, ce qui constitue une situation d’encerclement autour de la Chine. Même des pays qui n’ont pas d’affaires directes avec ladite mer, comme l’Inde, la Corée, le Japon ou encore l’Europe, sont susceptibles d’y prendre part en prenant le prétexte de la ‘’liberté de navigation’’. Cela montre une dégradation de la situation dans la région périphérique de la Chine.

Parallèlement, il existe un paradoxe dans les relations étatiques entre la Chine et ces pays : 1) globalement, plus la puissance nationale chinoise se renforce, plus la situation périphérique devient critique ; 2) depuis dix ans, la Chine pratique une politique de bon voisinage et de partenariat à l’égard des pays voisins, mais sans retour ; 3) sur le plan économique, des pays voisins reçoivent des aides de la part de la Chine, mais au niveau stratégique, ils pratiquent des contraintes politiques à l’égard de la Chine. C’est donc une stratégie dualiste, soit une grande dépendance économique à l’égard de la Chine, et une grande dépendance sécuritaire et politique à l’égard des Etats-Unis.

Dans sa politique extérieure, la Chine n’a pas pu se faire de ‘’vrai ami’’, son comportement avec l’extérieur est contradictoire : arrogant et fragile. Cette fragilité se manifeste par une interprétation ou réaction disproportionnée à l’égard des actions des autres pays, par exemple des exercices militaires entre tel ou tel pays, ce n’est pas la peine de ‘’danser au gré du vent’’ (se laisser emporter).

Une autre raison importante qui génère une situation critique aux abords de la Chine est que les affaires internes sont de plus en plus liées à la diplomatie. La priorité à la stabilité et un sentiment d’anxiété dans les affaires intérieures sont maîtres de la diplomatie chinoise. La Chine doit apprendre de façon modeste les expériences des autres pays et faire des efforts pour éviter un ‘’nouveau paysage de guerre froide ».


Century Weekly n° 4 du 30 janvier 2012
Pénuries d’eau à Pékin, une ville qui meurt de soif

Selon le 12ème Plan quinquennal du gouvernement pékinois, la sécurité de l’alimentation en eau devient une priorité majeure des infrastructures de la municipalité. On voit dans ce plan que la capitale de la Chine, pour assurer son approvisionnement en eau, propose le dessalement de l’eau de mer, l’exploitation de l’eau karstique, outre des « ouvrages d’adduction d’eau du Sud au Nord » en cours. Durant le 12ème Plan quinquennal, Pékin disposera d’un milliard de mètres cubes d’eau venant du Sud, et d’un milliard de mètres cubes d’eau récupérée. Avec cette perspective, Pékin deviendra une ville riche en eau.

Or, depuis 60 ans, une guerre de l’eau invisible fait rage dans la capitale. L’eau de surface est quasiment épuisée. Au cours des cinq dernières années, l’utilisation totale de l’eau a été de 3,5 milliards de m3, dont 600 millions alimentés par le réservoir de Miyun, le reste provenant du sous-sol. Une réalité incontournable est que la ville capitale ayant une superficie de 1040 km2 connait un affaissement souterrain d’environ 2650 km2 à cause de la surexploitation de l’eau. Grâce à sa position politique, la ville capitale fait transférer de l’eau de partout avec des contreparties faibles ou nulles, générant une zone de pauvreté hydrique autour d’elle qui concerne 2,726 millions de personnes appartenant aux 32 districts du Hebei et de Tianjin, les provinces du Hebei et du Henan payent donc un coût économique et écologique très lourd.

Plusieurs experts ont proposé de « réduire la taille de la ville », c’est-à-dire de transférer certaines fonctions économiques de la capitale vers les villes voisines, développer une industrie intensive en technologie et réduire la proportion de l’industrie intensive en main d’œuvre.


Century Weekly n° 4 du 30 janvier 2012
Immigrés chinois en Suède

Le magazine consacre plusieurs pages pour raconter l’histoire des Chinois qui ont payé des commissions énormes à des agences chinoises (210 000 yuans par personne pour le service, 50 000 yuans pour une société) pour obtenir un visa de travail en Suède. Actuellement, près de 200 familles s’étant installées en Suède sont devenues la cible d’une enquête faite par le Bureau suédois de l’immigration. Elles sont accusées de « fraude en matière d’immigration ». Une majorité d’entre elles ont fait inscrire une société sans avoir d’activité. Souvent un conjoint gagne de l’argent en Chine et paye les impôts et un « salaire » en Suède pour son épouse et leur enfant, mais ils rencontrent beaucoup de problèmes juridiques et fiscaux. Les autorités suédoises estiment que ces immigrés chinois ne fournissent pas de vraies informations dans leur demande de visa, ce qui constitue une raison de rapatriement. Parmi 9 familles/sociétés rapatriées, 5 ont réalisé leur installation en Suède avec l’aide de l’Agence suédoise pour les investissements (Invest Sweden).

« Notre impression est que beaucoup de Chinois estiment qu’ils sont conformes à la loi, mais ils sont mal informés et exploités par des intermédiaires », a déclaré Alejandro Firpo, expert du Bureau d’immigration suédois.


Caijing N° 3 du 30 janvier 2012
Réflexion sur la nouvelle diplomatie périphérique de la Chine

Une politique de bon voisinage et de bonne entente avec les pays qui entourent la Chine est appliquée depuis dix ans, mais la situation autour d’elle tend à se compliquer, ce qui suscite des préoccupations considérables aux niveaux diplomatique et intellectuel. « Depuis presque 20 ans, le frontière du Sud de la Chine a été tranquille, mais maintenant, c’est là que règne la plus profonde hostilité », selon Zhu Feng, professeur à l’université de Pékin. C’est un sujet sérieux auquel nous devons faire face et pour lequel nous devons trouver une nouvelle voie diplomatique. Les frictions surgissant dans les régions périphériques de la Chine montrent en un certain sens le contraste entre l’élargissement de l’espace commercial et un rayonnement politique et social insuffisant.

Plusieurs professeurs des Universités de Pékin et de Tsinghua remettent en question certaines actions de la Chine. Zhu Feng fait remarquer que la Chine doit penser à mieux assumer les responsabilités d’un grand pays pour l’exploitation des eaux du bassin du Mékong, afin de réaliser une situation gagnant-gagnant pour toutes les parties. Pour Zhu Zhenming, chercheur du Yunnan sur les affaires du sud-est, le gouvernement chinois n’est pas assez sensible à la nécessité d’une gouvernance environnementale transnationale. En fait, il n’a pas mis en avant la notion de bien public dans la mise en place d’une telle gouvernance avec les pays concernés. Jin Canrong, professeur de l’Université du peuple, estime que la coopération en Asie orientale se trouve dans une phase critique, il y a besoin de renforcer la coopération économique avec les voisins, mais aussi d’assumer plus de responsabilités en matière de gouvernance environnementale, et il propose de sauvegarder la coopération régionale conduite par l’ASEAN pour rivaliser avec le « TPP » (Trans-Pacific Partnership Agreement), et en même temps d’établir de nouveaux mécanismes et règlementations.

He Maochun, professeur de l’Université Tsinghua, souligne l’importance du renforcement des aides économiques à l’étranger : « c’est aussi une condition majeure pour accélérer le développement de la Chine elle-même ». D’après lui, l’aide de la Chine à l’étranger représente moins d’un tiers de celle du Japon et un sixième de celle des Etats-Unis. C’est en aidant les autres que nous obtiendrons des opportunités, dit-il.

Face à une situation complexe, ces experts estiment que les échanges entre la Chine et ses voisins ne doivent pas se limiter au niveau des dirigeants et aux investissements, mais qu’il faut aussi encourager toutes sortes de communications et de liens par le biais des ONG, fondations, Think tanks, des établissement d’éducation etc.


Nanfengchuang n° 3 du 25 janvier 2012
Le dilemme des assemblées locales

A la rentrée 2012, les assemblées locales des divers échelons se sont réunies. Alors que la Chine se transforme de manière graduelle, ces assemblées constituent le meilleur canal par lequel la population exprime sa voix et contrôle son gouvernement. Cependant, elles restent peu familières du grand public.

Comment se tiennent les assemblées ? Par le passé, pour éviter un silence embarrassant et pour décider à l’avance du ton de la réunion, afin d’« orienter au mieux l’opinion publique », l’organisateur désignait à l’avance quelques députés qui prendraient la parole lors des discussions. Depuis que Qin Qianhong, professeur de l’Institut de droit de l’Université de Wuhan, a été élu député de l’assemblée de Wuhan, il ne cesse de chercher à rompre avec cette tradition. Dans une réunion du comité permanent de l’assemblée, un assistant du maire avait ainsi présenté le rapport des activités au nom de la mairie. Qin Qianhong avait alors directement remis en cause la légitimité de ce dernier ; au cours d’un examen du rapport budgétaire du gouvernement de sa ville, qui n’était jusqu’alors qu’une simple formalité, Qin avait exigé une explication claire du directeur financier sur l’utilisation des budgets indiqués dans le rapport sous la section « dépenses diverses »…

Comment élaborer les lois et règlements ? En tant qu’organe législatif, il manque de personnes qui comprennent le droit au sein des assemblées locales, qui sont alors incapables de rédiger des règlements, et donc très souvent la rédaction des lois est assumée par des institutions sectorielles, ce qui permet à ces dernières d’y intégrer leur propre volonté, conduisant ainsi à la légalisation d’intérêts sectoriels.

Nomination et révocation intouchables. En tant qu’organe du pouvoir suprême, la nomination et la révocation constituent l’un des thèmes de travail les plus importants de l’assemblée. C’est un pouvoir théoriquement important, mais aussi un travail terriblement difficile, car aucun comité local du Parti ne souhaite rencontrer de problème à propos des candidats qu’il a recommandés. Actuellement, dans la majorité des provinces, le président de l’assemblée cumule aussi la fonction de secrétaire du Parti, ce qui mène évidemment le vice président à tout faire pour que les nominations proposées par le Parti ne soient pas rejetées. Le cumul est présenté comme une façon d’élever le pouvoir de l’assemblée en y associant le Parti, mais en réalité, « le secrétaire peut à la fois contrôler le gouvernement local en tant que chef du Parti et commander l’assemblée comme président de l’assemblée. « Dans ce cas là, ce n’est ni le résultat voulu, ni l’esprit du système conçu », disent certains intellectuels.


Phoenix Weekly N° 4 du 4 février 2012

Kim Jong-un, un membre de la génération des années 80, le plus jeune dirigeant d’Etat du monde entier. Selon des experts, 27 ans est un âge auquel le cerveau n’est pas encore mûr, un âge de création et de subversion. Avec les mêmes tenues et coiffures, Kim Jong-un fait tout pour imiter son grand-père, et cherche à ressembler à un successeur de la pensée de Kim Il Song, mais malgré tout ses efforts, cela ne change pas sa nature. Alors qu’il est profondément imprégné de culture étrangère, il s’élève contre le capitalisme. S’il n’arrive pas à relever le défi de l’innovation, c’est-à-dire celui des réformes et ouvertures que son père n’osait pas faire, il ferait mieux tout simplement de laisser les cinquantenaires et sexagénaires assumer cette responsabilité.

< Art. précédent | Art. suivant >

 Réagir à cet article Cet article en RSS Cet article en RSS Version imprimable Version imprimable
Visites : 213

Liens externes
  • Atout France
  • Radio France International
  • China.com
Auteur

Service de presse de l’ambassade

Courriel
Article envoyé dans
la lettre d'information :

Découvrez-ici nos lettres d'information :