Revue des hebdos chinois (28 juin au 2 juillet 2010)

Le service de presse de l’ambassade vous propose chaque semaine une synthèse en français des principaux sujets d’actualité traités par une sélection de magazines chinois. Cette semaine : les relations sino-nord-coréennes, le G20 ainsi que le la situation du Sida en Chine.

Article

Revue des hebdos chinois (28 juin au 2 juillet 2010)

Paru le : 6 juillet 2010

Le service de presse de l’ambassade vous propose chaque semaine une synthèse en français des principaux sujets d’actualité traités par une sélection de magazines chinois. Cette semaine : les relations sino-nord-coréennes, le G20 ainsi que le la situation du Sida en Chine.

Rédacteurs :
Yo-Jung Chen, Christine CHEN Yu

Corée du Nord

JPEG - 42.9 ko
Couverture Phoenix Weekly

Phoenix Weekly publié le 25 juin, No. 18 2010
Spécial : Le piège de la Corée du Nord

Pour la première fois, la Chine a annoncé la mort de trois ressortissants chinois abattus à la frontière entre la Chine et la Corée du nord. Ce genre d’incidents dramatiques n’est pas rare. Tout au long de la frontière chinoise, il n’y a que celle entre la Chine et la Corée du Nord qui est gardée par des soldats coréens armés de fusils chargés, cela montre exactement les relations tendues entre la Chine et la Corée du Nord.

60 ans après la Guerre de Corée, la Chine accorde toujours une aide importante à la Corée du Nord au point où on peut même dire que l’existence du pouvoir coréen et la vie de son peuple dépendent principalement de l’aide chinoise. Mais en pratique, le gouvernement coréen n’y a jamais accordé une appréciation juste. Alors que depuis la réforme et l’ouverture de la Chine, la Corée du Nord continue à recevoir l’aide chinoise, elle prend aussi la Chine comme un contre-exemple. Dans l’histoire des relations internationales contemporaines, il n’existe pas de relations bilatérales similaires à celles entre la Chine et la Corée du Nord. Cette dernière provoque souvent des incidents tout en dépendant de l’aide, du soutien voire du compromis et de la tolérance de la partie chinoise. De surcroît, à cause de la Corée du Nord, la Chine est obligée de subir une énorme pression morale de la part de la communauté internationale, au détriment même de son image nationale.

En revenant sur l’histoire de la diplomatie chinoise contemporaine, on constate que les relations diplomatiques dominées par l’idéologie ont toutes connu des échecs. La Chine et la Corée du Nord se sont progressivement éloignées depuis que la Chine s’est engagée sur la route de la réforme et de l’ouverture.

Tenant compte de la sécurité nationale, de l’amitié entre les deux peuples ainsi que de la responsabilité morale d’un grand pays responsable, il est temps pour les Chinois de faire face à la réalité des relations entre la Chine et la Corée du Nord et de chercher à savoir comment s’entendre avec ce pays dans un nouvel environnement international.

Depuis le premier essai nucléaire sous-terrain de la Corée du Nord en 2006, les relations sino-coréennes sont devenues instables, même s’il n’y a pas eu d’impact substantiel grâce à la prudence et à la tolérance de la partie chinoise, et la question nord-coréenne a mis la diplomatie chinoise dans une situation embarrassante.


Southern Weekly (Nanfang Zhoumo) publié le 1er juillet, en Une
Enquête sur le trafic frontalier illégal entre la Chine et la Corée du Nord

L’incident des trois ressortissants chinois abattus par des gardes-frontières coréens a révélé au grand jour un trafic frontalier illégal entre la Chine et la Corée du Nord, qui existe depuis des dizaines d’années. Après une enquête complète sur la contrebande frontalière et son évolution depuis les années 60, le journal signale que, si la contrebande est un moyen de réaliser des bénéfices exorbitants pour certains, elle est pour d’autres le seul moyen d’existence. Jusqu’ici, chaque fois que les deux pays se trouvent dans une période de « lune de miel », les commerces inter-gouvernementaux se dynamisent tandis que la contrebande entre dans une période de reflux ; et vice-versa.

 International

G20

Outlook Weekly publié le 28 juin, No. 26 2010
Les propositions chinoises lors du G20

Depuis sa création, le G20 connaît un développement rapide avec de grands succès. Mais il faut reconnaître que ce système n’avancera pas toujours sur une route royale. Conditionné par les contradictions profondément enracinées entre les pays développés et les pays en développement, les premiers n’abandonnant pas facilement leur domination, le G20 doit faire face aux rivalités réelles ou possibles entre les pays développés et les grands pays en développement. La coordination multipartite sera plus difficile et les concurrences venant des autres systèmes multilatéraux sont inévitables. L’utilitarisme poursuivi par quelques pays développés ajoute encore de l’incertitude dans la perspective du G20.

En tant que membre fondateur et participant très actif du G20, la Chine a présenté 5 propositions principales :

  • mettre en œuvre un cadre de croissance puissant, durable et pacifique ; renforcer la coordination entre les politiques macro-économiques, affermir l’élan de la reprise de l’économie mondiale ;
  • réaliser la réforme des quotes-parts du FMI avant le Sommet G20 à Séoul ;
  • continuer à promouvoir la réforme de la surveillance financière, surtout le contrôle des agences de notation ;
  • continuer à lutter contre toutes sortes de protectionnisme ;
  • accorder plus d’attention à la question du développement, fournir des soutiens politiques à la conférence de haut niveau en septembre sur les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) de l’ONU.

Nouveau siècle publié le 28 juin, No. 26 2010
Le G20 est indispensable pour le monde

L’effet et l’importance du G20 sont évidents. Aujourd’hui, les participants du G20 sont un peu nombreux mais très représentatifs. A l’avenir, il faudra améliorer progressivement sa représentativité et son efficacité.

S’agissant d’un nouveau système de coopération économique internationale, le sommet du G20 doit s’avancer avec précaution et sa tâche clé est de coordonner les politiques économiques et financières de tous les pays, afin de parvenir à des consensus et de mieux coordonner les efforts face aux grandes questions économiques et financières internationales. Après tout, l’ONU est toujours l’organisation la plus représentative et ayant le plus d’autorité dans les domaines politique et sécuritaire.

Le G20 n’est pas un système provisoire, il faut en faire un outil pour mieux refléter l’ordre économique international en mutation et élaborer de nouveaux règlements sur l’économie et la finance internationales. Bref, le G20 est indispensable pour le Monde et surtout pour la Chine.


Outlook Weekly publié le 28 juin, No. 26 2010
La stratégie 2020 appréciée par les Européens

Par rapport à la Stratégie de Lisbonne, la stratégie 2020, définissant des objectifs plus clairs, est pragmatique et plus ciblée, le suivi après la mise en œuvre est aussi plus facile à réaliser.

La Stratégie Europe 2020 est une planification à long terme dont le succès dépend des fruits de la restructuration économique de l’UE, du développement du niveau de l’éducation et des technologies ainsi que de la formation d’une industrie innovante verte ou à faible émission de carbone. Mais dans l’immédiat, pour faire le premier pas vers la réalisation de la nouvelle stratégie, il est nécessaire d’équilibrer les finances des pays membres, réaliser la stabilité financière et restaurer la confiance.

 Chine

China Newsweek publié le 28 juin, No. 23 2010
Discussion sur la réutilisation des drogues

Victimes jadis de l’opium, les Chinois gardent encore une forte émotion contre les drogues. Pour garantir une destruction véritable et montrer la détermination du gouvernement, l’autodafé est toujours le seul moyen pour le traitement des drogues saisies.

Craignant la toxicomanie, la Chine consomme très peu d’analgésiques par rapport aux pays développés, il semble que beaucoup de patients souffrant d’une douleur sévère ou moyenne n’ont pas eu de traitement analgésique suffisant. Mais certains estiment qu’outre les raisons psychologiques, l’offre insuffisante est aussi un facteur important, puisqu’il n’existe que 6 champs de pavots légaux dans le monde dont un dans la province du Gansu en Chine, unique fournisseur de matière brute pour les pharmacies chinoises.

Vue la rareté de la matière brute ainsi que la pollution due à l’incinération, un nombre croissant d’experts proposent de refaire des drogues en analgésique pour éviter l’énorme gaspillage. De plus, au sein des départements de lutte contre les drogues du Ministère de la Sécurité publique, le point de vue sur les valeurs des drogues évolue d’une manière subtile. Le Ministère de la Sécurité publique a demandé aux services locaux de réduire la quantité d’autodafés pour éviter le gaspillage, mais il faut alors les conserver en toute sécurité. Actuellement, lors des campagnes d’autodafés, plus de deux tiers des provinces ne brûlent pas de la vraie drogue.

Mais de l’autre côté, la conservation en toute sécurité, le concept de drogue des citoyens, les lois et les mesures de contrôle relatives ainsi que la répartition des intérêts après la mise en application de la technologie de transition sont des obstacles difficiles à surmonter.

De plus, puisqu’il existe beaucoup de fausses drogues en Chine, la distinction avant la réutilisation n’est pas facile non plus.


Outlook Weekly publié le 28 juin, No. 26 2010
Deux ans après la promulgation de la loi contre les drogues

La première loi chinoise luttant contre l’abus et le trafic illicite des drogues a été promulguée le 1er juin 2008. Mais deux ans après sa mise en application dans toute la Chine, il existe encore beaucoup de problèmes à régler.

  • Il faut clarifier et distinguer les compétences et les fonctions des services de la sécurité publiques et de l’autorité judiciaire, surtout quand il s’agit de la cure de désintoxication obligatoire et de la rééducation par le travail ;
  • Puisqu’il n’existe pas de critères concrets et unifiés, l’évaluation après un an de traitement contre la toxicomanie est difficile à réaliser ;
  • La pénurie en personnel soignant dans les centres de traitement contre la toxicomanie influence aussi les résultats des traitements ;
  • La construction des centres de rétablissement rencontre de nombreux obstacles.

Phoenix Weekly publié le 25 juin, No. 18 2010
La situation du Sida en Chine

A l’occasion de la journée internationale contre le Sida, le magazine a interviewé Hao Yang, Directeur adjoint de l’Office de Contrôle et de Prévention des Maladies au Ministère de la Santé.

Après des années d’efforts, la Chine a réalisé quelques progrès dans la lutte contre le sida, mais le résultat n’est pas satisfaisant dans l’ensemble. D’après les statistiques communes réalisées par le Ministère de la Santé chinoise, l’UNAIDS et l’OMC en 2009, 740 000 Chinois sont atteints du virus HIV/AIDS, avec 48000 nouvelles contaminations et 26000 cas mortels. Selon les critères de l’OMC, la prévalence globale du VIH en Chine est basse, mais la situation est très grave dans certaines régions : la prévalence de 5 districts chinois a dépassée 1% dont le plus haut a atteint 7%, même niveau que dans les pays africains. Parmi les personnes infectées, plus de 80% proviennent des provinces du Yunnan, du Guangxi, du Henan, du Xinjiang et du Guangdong.

Pendant longtemps, la propagation de cette maladie s’est principalement effectuée par la transfusion du sang, mais ces dernières années, la transmission par voie sexuelle est désormais la plus importante, et en particulier chez les homosexuels masculins.

Dans la lutte contre le sida, les ONG jouent un rôle très important, le gouvernement central coopère activement avec eux en offrant un fonds de 70 millions de yuans de 2002 à 2008. Mais les coopérations avec les ONG au niveau local ne sont pas satisfaisantes, puisque les gouvernements locaux n’ont pas une connaissance claire sur le rôle des ONG et ne veulent même pas transmettre les fonds du gouvernement central à ces organisations. Le gouvernement chinois mène actuellement des efforts pour régulariser la coopération locale et faciliter la procédure d’inscription pour les ONG.


Southern Weekly (Nanfang Zhoumo) publié le 1er juillet, Une
Panique sur l’énergie nucléaire

Récemment, les médias de Hongkong ont rapporté une fuite radioactive survenue à la centrale nucléaire de Daya Bay, dans le sud de la Chine. Bien que l’exploitant de la centrale ait immédiatement nié cette information, en précisant que ce ne sont que de minuscules fissures dans un des tubes de combustible et que les deux réacteurs de Daya Bay fonctionnent normalement, en toute sûreté, la panique est inévitable dans la population.

Dans le contexte où en Chine, la construction des centrales nucléaires a connu un grand essor, cette panique sur l’énergie nucléaire ne sera pas un cas isolé. Afin de dissiper l’angoisse sur l’énergie nucléaire, il faut développer davantage la vulgarisation scientifique en la matière, réaliser une véritable participation des citoyens et garantir la transparence des informations sur les centrales nucléaires par le gouvernement, les entreprises ainsi que les départements de surveillance.


Southern Weekly (Nanfang Zhoumo) publié le 1er juillet, Page B9
La 4e campagne « Frapper Fort » : similaire aux précédentes ?

Après les trois dernières campagnes « Frapper Fort », campagnes de répression de la criminalité lancées par le Gouvernement chinois en 1983, 1996 et 2001, le Ministère de la Sécurité publique a annoncé, mi-juin, la quatrième édition de la campagne pour une durée de 7 mois. Elle est surtout destinée à calmer la dégradation du sentiment populaire sur la sécurité. A la différence des campagnes précédentes, celle-ci est lancée par le seul Ministère de la sécurité publique, sans la participation des parquets et des tribunaux. On peut dire qu’au lieu d’une action « dictatoriale » effectuée par l’Etat, il s’agit cette fois d’une simple campagne visant à régler les problèmes perturbants l’ordre public. Mais, tout comme pour les précédentes, les experts s’inquiètent des conséquences négatives de cette campagne, surtout quand il s’agit du respect des droits des citoyens et des aspects judicaires.


Cette revue de la presse hebdomadaire chinoise est une synthèse d’articles publiés dans les magazines en Chine. Les articles présentés dans cette revue sont sélectionnés pour leur représentativité des courants et tendances dans ce pays. Ils reflètent l’avis de leurs auteurs et n’engagent en rien la position ni le point de vue de l’Ambassade de France en Chine.
< Art. précédent | Art. suivant >

 Réagir à cet article Cet article en RSS Cet article en RSS Version imprimable Version imprimable
Visites : 499

Liens externes
  • Atout France
  • Radio France International
  • China.com
Auteur

Service de presse de l’ambassade

Courriel
Article envoyé dans
la lettre d'information :

Découvrez-ici nos lettres d'information :