Revue des hebdos chinois ( 27 juin au 1er juillet 2011)

Le service de presse de l’ambassade vous propose chaque semaine une synthèse en français des principaux sujets d’actualité traités par une sélection de magazines chinois. Cette semaine, le 90ème anniversaire du Parti communiste chinois, les nouvelles idées pour maintenir la stabilité sociale ainsi que la crédibilité de la société...

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Revue des hebdos chinois ( 27 juin au 1er juillet 2011)

Paru le : 4 juillet 2011 / Dernière mise à jour : 5 juillet 2011
Le service de presse de l’ambassade vous propose chaque semaine une synthèse en français des principaux sujets d’actualité traités par une sélection de magazines chinois. Cette semaine, le 90ème anniversaire du Parti communiste chinois, les nouvelles idées pour maintenir la stabilité sociale ainsi que la crédibilité de la société chinoise.

Rédacteur :
Christine Chen Yu

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Nombre de reportages spéciaux consacrés au 90ème anniversaire du parti communiste chinois.

Phoenix Weekly publié le 25 juin, No. 2011 considère que le soi-disant « modèle chinois » est en fait un modèle spécifique dû à la particularité du parti communiste chinois (PCC). Le magazine analyse de manière détaillée le parcours du plus grand parti politique du monde. Jusqu’à la fin 2008, le PCC était responsable de plus de 20% de la population mondiale et comptait 75,931 millions de membres, 3,718 millions d’organisations de base, 179 000 comités de base, 229 000 cellules générales et 3,31 millions de cellules du Parti. Fin 2010, il comptait plus de 80 millions de membres.

Il y a 90 ans, l’idéologie du PCC ne représentait qu’une minime partie de la population chinoise. Mais grâce à la stratégie de gagner et d’unir les forces politiques et les différentes couches sociales, le Parti communiste chinois, s’est agrandi malgré les difficultés et a enfin pris le pouvoir par les armes il y a un peu plus de 60 ans.

Depuis 60 ans, l’idéologie et la conviction du PCC ont évolué de façon violente : le Parti s’est transformé d’un parti politique radical s’attachant à la théorie de la « révolution permanente » et à la lutte des classes, vers un parti au pouvoir donnant la priorité au développement économique garanti par des mesures souples mais puissantes.

Depuis 30 ans, sous la direction du PCC, la Chine a maintenu le record de vitesse du développement économique avec le plus brillant succès parmi les pays en développement. Les caractères spécifiques du PCC en font une machine politique très puissante, disposant d’une capacité incomparable à mobiliser toute la société et optimiser les ressources. Mais en même temps, le système juridique actuel, notamment la protection des droits de propriété est loin d’être parfait.

Aujourd’hui, bien que l’Occident critique souvent le PCC pour son manque de limite et de contrôle du pouvoir, le taux de corruption en Chine n’est pas très élevé parmi les pays du tiers monde. Le PCC détient le monopole de la distribution des ressources et son pouvoir est totalement hors de toute surveillance externe. Comme le PCC n’introduit ni le pluralisme ni la séparation des pouvoirs, comment faire pour éviter la corruption absolue provoquée par un pouvoir absolu ?

Dans une société très développée et complexe, afin de bien coordonner les bénéfices matériels et les idéologies diversifiées, l’important est d’établir un Etat de droit, mais l’aménagement juridique est un casse-tête actuel pour le développement politique de la Chine.


Nan Feng Chuang du 29 juin au 12 juillet, No. 14 2011
La nouvelle pensée sur les relations entre le PCC et le peuple

Depuis l’époque de Mao, le gouvernement central accorde une très grande importance aux relations entre le Parti et le peuple. Mais actuellement, certains problèmes surgissent dans les relations entre le Parti et le peuple de même qu’entre les cadres et les masses. Par exemple, les rivalités d’intérêts avec le peuple, la corruption de plus en plus fréquente chez les cadres du Parti, ou la distance croissante entre les cadres et les masses. Comment créer de nouvelles relations harmonieuses entre le Parti et le peuple ? Comment rétablir à nouveau l’esprit de « servir le peuple » parmi les membres du Parti ? Le parti au pouvoir fait face à un défi important.

D’après le magazine, les nouvelles relations entre le Parti et le peuple doivent inclure au moins les éléments suivants : une prise de conscience de ses droits par le peuple qui progresse de jour en jour ; des droits politiques, économiques et sociaux inviolables ; faire progresser effectivement la mise en œuvre de la notion que "les droits sont conférés par le peuple". Il faut faire en temps opportun un bilan des expériences de lutte contre la corruption depuis l’établissement du PCC et surtout depuis la fondation de la République populaire de Chine. Afin de remonter à l’origine de la corruption, il est nécessaire de traiter sérieusement le problème de la centralisation excessive du pouvoir pour faire avancer effectivement la réforme de la structure des pouvoirs à l’intérieur du Parti et mettre en place un système de contrôle et de contrepoids du pouvoir en son sein. On doit aussi changer la pensée régissant la gestion sociale en passant de l’idée de contrôle à une gestion conjointe avec l’aliénation d’une partie du pouvoir pour libérer au maximum la vitalité d’autogestion de la société.

Et avant tout, il faut bien prendre conscience de ce que les masses populaires ne sont plus les couches misérables du passé, elles sont aujourd’hui le maître du pays, l’origine du pouvoir de l’Etat et l’objectif définitif du développement. Il faut partir de cette nouvelle pensée pour vaincre enfin les "groupes d’intérêts acquis" grandissant basés sur un pouvoir immense dont ils abusent.


China Newsweek publié le 27 juin, No. 23 2011 souligne aussi l’importance de l’esprit de réforme et d’innovation du PCC. Outlook Weekly publié le 27 juin, No. 26 2011 a évoqué les 90 ans d’histoire du Parti communiste chinois en soulignant l’importance de sa popularité.


Nouveau siècle publié le 27 juin, No. 25 2011
Il faut rétablir sans délai la crédibilité en Chine
Par Huang Yiping, économiste en chef de Caixin Média et professeur à l’Université de Pékin

Le problème des actions chinoises à Wall Street n’est qu’une pointe de l’iceberg car la perte de crédibilité est déjà un phénomène très général en Chine. Dans la vie quotidienne, les Chinois profitent souvent des lacunes du système ou des politiques, allant jusqu’à tricher ou frauder sans honte. Outre le problème de la sécurité sanitaire des aliments, la fraude académique dans les « tours d’ivoire » et les statistiques économiques truquées des gouvernements locaux ont cours partout.

La crédibilité constitue une base indispensable de l’économie de marché, sans laquelle la Chine ne peut pas accomplir la réforme vers la « marchéisation » de l’économie, et encore moins devenir une grande puissance économique dans le monde. De plus, on paiera très cher le manque de loyauté et, outre la fluctuation des valeurs boursières, l’efficacité économique actuelle ainsi que la santé d’une génération entière seront aussi profondément influencées. A cause de l’attitude passive du gouvernement, qui prend même des actions tendant à attiser le feu, la société chinoise perd de jour en jour sa loyauté et sa crédibilité. Aujourd’hui, le système de crédibilité de la Chine est détruit de manière sans précédent dans l’histoire et rien n’indique que la situation s’améliorera.

Au lieu de l’éducation morale, le rétablissement de la loyauté et de la crédibilité dépend principalement de l’aménagement d’un système parfait ayant trois aspects indispensables : prévenir la perte de crédibilité par le renforcement de la transparence des informations et de la vérification des comptes ; punir avec sévérité toute action sapant la crédibilité en renchérissant le prix à payer pour des irrégularités ; établir un mécanisme de contrôle des départements chargés de la supervision en accordant un droit de supervision au public, aux médias et aux assemblées populaires.


Nan Feng Chuang du 29 juin au 12 juillet, No. 14 2011
Stabiliser la société chinoise face aux grandes migrations d’individus

La Chine connaît actuellement une aggravation des contradictions sociales. La répartition inégale des richesses, la démolition et la réquisition des terres, l’exécution violente de la loi dans la gestion urbaine ainsi que les discriminations visibles ou invisibles contre certains groupes sociaux existant dans certaines mesures politiques ou dans l’esprit des masses, risquent de se transformer en émeutes de masse suscitées par des incidents ponctuels.

La situation grave de la stabilité sociale signifie que l’ancien modèle de gestion sociale, la structure des intérêts provoquant des inégalités ainsi que le système conduisant aux dérapages de certaines autorités de base, contiennent de graves défauts et ne sont plus durables. Il est temps de les abandonner, modifier ou rénover sans délai.

La Chine en transition connaît aussi une grande migration de personnes. Selon le dernier recensement national effectué fin 2010, la population flottante a dépassé 220 millions. Il est nécessaire de rénover le modèle de gestion sociale dans ce nouveau contexte en franchissant de nombreux obstacles liés au système et aux intérêts, dont l’actuel système de gestion duale distinguant les habitants ayant le « hukou » urbain (registre d’état civil) et la population flottante. Les travailleurs migrants de nouvelle génération espèrent non seulement rester dans les villes, mais aussi jouir d’un traitement national égal ainsi que le respect de leurs droits et intérêts et leur dignité par la société urbaine.

Selon l’auteur, le gouvernement central peut garantir la protection sociale et le traitement national égal des populations flottantes grâce à des moyens financiers et techniques.

De plus, il est nécessaire de réduire les écarts dans le développement entre les différentes régions en renforçant les politiques en faveur du Centre et de l’Ouest de la Chine, pour que la population flottante qui n’arrive pas à se fondre dans la société urbaine puisse encore retourner chez elle.


Phoenix Weekly publié le 25 juin, No. 2011
Rester vigilant face au danger que la Chine soit déchirée par la violence

Deux émeutes impliquant les masses populaires qui se sont produites début juin ont provoqué de vives préoccupations, parce que ces incidents manifestent de nouveaux caractères très inquiétants.

D’abord, les incidents de masse commencent à « perdre raison » et à se diriger vers des représailles violentes. Deuxièmement, les incidents de masse ne visent plus seulement les contradictions entre le peuple et les gouvernements de base ou entre les parties prenantes, mais des contradictions entre groupes sociaux différents surgissent aussi. Et à la fin, la logique derrière les incidents change aussi de nature. On semble penser maintenant que le seul moyen d’attirer l’attention du gouvernement est d’aggraver la situation.

Ces nouveaux caractères ont lancé un défi non seulement à la capacité de gouvernance des gouvernements à tous les échelons, mais aussi à l’intelligence et à la position des élites intellectuelles et de la classe moyenne. Les couches intermédiaires se trouvent entre deux feux : le soutien au contrôle rigoureux de maintien de la stabilité risque d’influencer le développement des droits de l’homme, voire de provoquer une régression de la société. Mais l’opposition au contrôle sévère provoquera probablement un effet dominos, entraînant l’apparition partout de « révoltes ». Il est nécessaire que toute la société parvienne à un nouveau consensus pour résoudre les problèmes et éliminer les terreaux de ces problèmes.

Afin d’éviter que la Chine soit déchirée par la violence, il faut réaliser dans les meilleurs délais l’objectif introduit officiellement par le 12ème plan quinquennal – renforcer la capacité d’autogestion de la société et soutenir le développement des organisations associatives. Il faut aussi réajuster les relations d’intérêts, renforcer l’édification de la légalité et donner plus de liberté aux médias.

Outre la force administrative du gouvernement, les efforts conjoints des organisations associatives, des médias, des intellectuels, des hommes d’affaires et des citoyens ordinaires, jouent aussi un rôle très important. La société civile, la protection économique, l’initiation culturelle ainsi que la formation générale des citoyens sont indispensables.


Caijing Magazine publié le 27 juin, No. 15 2011 a aussi remarqué les nouveaux caractères des récentes émeutes de masse. Le mécontentement révélé est plus abstrait et risque de se transformer en conflits de valeurs. L’influence de ces incidents se répand rapidement à travers l’internet en stimulant le mécontentement des différents groupes d’intérêt. L’éventuelle implication des couches sociales ou des différents groupes politiques risque de modifier radicalement la nature de l’affaire. Des contradictions profondes dans des domaines différents éclatent simultanément et s’étendent à travers toute la Chine. Les incidents de masse intenses ont sonné une fois encore l’alarme de la gestion sociale. Il faut y accorder une grande importance et modifier les anciennes mesures de réaction pour éviter que la nature des incidents ne se transforme.


Cette revue de la presse hebdomadaire chinoise est une synthèse d’articles publiés dans les magazines en Chine. Les articles présentés dans cette revue sont sélectionnés pour leur représentativité des courants et tendances dans ce pays. Ils reflètent l’avis de leurs auteurs et n’engagent en rien la position ni le point de vue de l’Ambassade de France en Chine.
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