Rédacteur :
Christine, Yu CHEN
Phoenix Weekly publié le 5 janvier, No. 1 2012
Couverture : les écoles primaires à Pékin
Pékin est non seulement le centre politique de la Chine, mais aussi le centre des fortunes. La grande force du pouvoir et de l’argent a distordu violemment la répartition des ressources éducatives et a fait naître des relations complexes entre le pouvoir, l’argent et les écoles reconnues, notamment les écoles primaires. La conséquence est que dans l’enseignement gratuit et obligatoire, la répartition inégale des ressources éducatives a formé une « pyramide des écoles », les couches sociales et le statut d’enfants issus de familles différentes sont déterminés dès l’enfance.
Selon les enquêtes du magazine, pour entrer dans les meilleures écoles primaires de Pékin, une donation de plus de 100 000 yuans est tout à fait normale. En outre, après l’école primaire, se présente la difficulté d’entrer dans un bon lycée. Les parents sont obligés de déployer tous leurs efforts. Et si vous ne bénéficiez pas d’un soutien assez puissant, le seul moyen relativement impartial est de participer aux olympiades de mathématiques organisées par les lycées reconnus.
A Pékin, pour obtenir le droit d’inscription dans certains lycées « idéaux », une « bataille » sociale mobilisant toutes sortes de ressources se déploie chaque mois de décembre, la dépense préparatoire moyenne est de 87 000 yuans, alors que le montant moyen en Chine n’est « que » de 44000 yuans. Cela représente une source de revenu annuel de 1,5 milliard de yuans pour les écoles de Pékin.
Sanlian Lifeweek publié le 2 janvier, No. 1 2012
Couverture : le rôle international de Kim Jong-Il
Deux semaine après le décès du dirigeant nord-coréen Kim Jong-Il, le magazine a fait un reportage spécial d’une trentaine de pages pour faire connaître cet homme mystérieux, évoquant son règne de 17 ans.
Kim Jong-il jouit d’appréciations aussi différentes que le jour et la nuit à l’intérieur et à l’extérieur du pays. Mais il faut reconnaître que c’est lui qui a fait de son pays étroit et indépendant une force attirant l’attention des grandes puissances mondiales, voire leur inspirant de la peur.
Les relations entre les deux Corées consistent en réalité en confrontations et coopérations difficilement envisageables entre grands pays. Quelle priorité : la nation coréenne ou les pays alliés ? La réponse à cette question constitue une condition décisive dans les relations bilatérales, surtout lors de la prise de décision en Corée du Sud.
Dans la période post-guerre-froide, la Corée du Nord a été obligée de faire face au nouvel échiquier politique international, les relations entre les différents pays ne cessent de se réajuster. Les Etats-Unis cherchent toujours un statut dominant dans le monde. Mais est-ce que la Corée du Nord l’acceptera ? Actuellement, on considère qu’il existe une diplomatie hyper-dangereuse entre la Corée du Nord et les Etats-Unis, dont les contrepoids sont les armes nucléaires et les NMD (système national de défense anti-missile).
Quant au Japon, ce pays joue un rôle délicat dans la situation politique de la péninsule coréenne : il ne faut pas provoquer le vif mécontentement des Etats-Unis, plus important pays allié du Japon, dont ils assurent la protection militaire, ni porter atteinte aux intérêts de la Corée du Sud, plus grand partenaire commercial et proche voisin du Japon. De plus, il est nécessaire de maintenir de bonnes relations avec Pyongyang la mystérieuse.
Après l’établissement des relations diplomatiques entre l’URSS et la Corée du Sud en 1990, les relations traditionnelles entre l’URSS et la Corée du Nord sont arrivées à leur fin. 10 ans plus tard, le président Poutine espérait rétablir ces relations traditionnelles avec la Corée du Nord, Kim Jong-Il a aussi donné aussi des réponses très actives, mais il est regrettable qu’aujourd’hui, les circonstances aient déjà changé et que Moscou soit plus pragmatique et réaliste.
Phoenix Weekly publié le 5 janvier, No. 1 2012
Le modèle de l’assistance à l’étranger de la Chine est mis en question par l’Occident
A l’occasion du 10ème anniversaire de l’adhésion de la Chine à l’OMC, le Président chinois Hu Jintao a souligné les brillants succès de l’assistance chinoise à l’étranger. Mais il y a 10 jours, lors du 4ème forum de haut niveau sur l’efficacité de l’aide, le modèle chinois d’aide à l’étranger a été contesté par certains pays.
Deux raisons principales motivent ces reproches.
- l’aide à l’étranger des autres pays exige souvent la réforme politique des pays bénéficiaires, mais Pékin poursuit le principe de non intervention dans les affaires intérieures d’un autre pays et accorde une assistance importante aux régimes non-démocratiques. La Chine est considérée comme un fournisseur de nourriture pour les dictateurs.
- Actuellement, 80% de l’aide chinoise à l’étranger est accordée aux pays asiatiques et africains dotés d’abondantes ressources. Selon les pays étrangers, l’aide chinoise est en fait un « appât visant à garantir l’approvisionnement dans ces ressources ».
Par rapport aux modèles des Etats-Unis, du Japon ou des pays membre de l’Union européenne, l’aide de la Chine a des caractères particuliers dont l’idée directrice est « égalité et avantages réciproques et non-intervention mutuelles dans les affaires intérieures » :
- Pékin fournit principalement une aide bilatérale et rarement multilatérale ;
- les bénéficiaires ne sont que des gouvernements, pas les ONG ;
- l’aide de Pékin se concentre principalement sur le plan matériel ;
- Pékin ne demande jamais aux bénéficiaires d’améliorer leur gouvernance politique.
Selon le livre blanc sur l’aide chinoise à l’étranger publié en avril dernier, jusqu’à fin 2009, cette aide s’élevait à 256 milliards de yuans, dont 106 milliards d’aide sans contrepartie, 76,5 milliards de prêts sans intérêts et 73,5 milliards de prêts bonifiés. Mais à cause de raisons complexes, les chiffres exacts sont difficiles à obtenir.
Un expert américain précise qu’aux Etats-Unis, les donations privées à l’étranger sont trois fois plus élevées que l’aide du gouvernement. Il indique aussi que l’aide à l’étranger n’est pas un jeu de chiffres. Il est nécessaire de savoir si le pays bénéficiaire est en train de construire une société transparente et de bonne gouvernance ? S’il est en train d’établir un environnement d’état de droit et de liberté favorisant la croissance et l’investissement. Parce que ce sont des mesures nécessaires pour réduire la pauvreté, sans ces conditions préalables, toute assistance ne permet pas de réaliser nécessairement la prospérité des pays.
De l’époque de Mao à nos jours, la mentalité et le modèle de l’aide à l’étranger de la Chine ont beaucoup changé, outre l’objectif d’obtenir plus de soutien au sein de l’ONU, les intérêts économiques « gagnant-gagnants » jouent un rôle très important.
Nouveau siècle publié le 2 janvier, No. 1 2012
Boom des études de cycle normal à l’étranger
Depuis 2006, de plus en plus de lycéens chinois choisissent de passer les concours d’admission d’universités étrangères. En 2006, parmi les Chinois allant faire leurs études aux Etats-Unis, il y avait 9988 lycéens, soit 14.7% du total, en 2010, le nombre des lycéens atteignait 56976 personnes, soit 36.2%. Les Etats-Unis sont le plus grand pays d’accueil des étudiants chinois. Parmi les étudiants chinois à l’étranger, 45% d’entre eux vont aux Etats-Unis. Depuis 2010, parmi les étudiants étrangers aux Etats-Unis, les Chinois sont les plus nombreux. Le nombre des lycéens chinois admis par les universités américaines en 2011 a dépassé le total des lycéens sud-coréens et indiens.
Parmi les lycéens faisant leurs études à l’étranger, de plus en plus d’entre eux sont issus de familles de la classe moyenne. Et suite à la progression des capacités de paiement des Chinois, de plus en plus d’étudiants chinois proviennent de villes de seconde catégorie. La dépense moyenne pour faire des études de cycle normal à l’étranger s’élève entre un et deux millions de yuans.
Auparavant, les élèves faisant leurs études de cycle normal à l’étranger étaient principalement des lycéens incapables de réussir le Gaokao (concours national chinois d’admission à l’université), aujourd’hui, de plus en plus de lycéens ayant une bonne note sont prêts à partir pour l’étranger. Parce que par rapport à l’éducation chinoise accentuant les connaissances élémentaires, les universités étrangères s’attachent plus à la création, principalement à la capacité créative et au développement harmonieux des qualités des élèves.
Selon des experts, la mauvaise qualité de l’enseignement supérieur est due au fait que les universités chinoises ne sont pas autonomes. Bien qu’on ait appelé la réforme éducative depuis plus de dix ans, l’origine du problème n’a jamais été réglée. Par rapport au développement social et économique, l’enseignement supérieur de la Chine est gravement en retard. Cela conduit directement à la fuite à l’étranger des élèves de bonne qualité. Et la compétitivité des universités chinoises continue de s’affaiblir.
Nouveau siècle publié le 2 janvier, No. 1 2012
L’évaluation des impacts environnementaux en Chine
Le mécanisme d’évaluation des impacts environnementaux est « l’arme blanche » de la protection de l’environnement, mondialement reconnue. Mais après 32 ans de mise en application en Chine, ce mécanisme n’est qu’un pavillon en l’air – respecter la loi coûte plus cher que l’enfreindre.
Au fond, le mécanisme d’évaluation des impacts environnementaux chinois est rendu impuissant par les gouvernements locaux et les grandes ou moyennes entreprises d’Etat.
En réalité, l’actuelle loi sur l’évaluation des impacts environnementaux promulguée en 2003 est un « fœtus anormal » résultant des compromis entre le Ministère de la Protection de l’Environnement, le corps législatif national et les gouvernements locaux. Pour toucher le moindre intérêt des ministères concernés ou des gouvernements locaux, l’administration générale de la Protection de l’Environnement a fait une grande concession : tout projet de construction sans autorisation préalable du Ministère de la protection de l’environnement peut remplir les formalités après la construction en payant une contravention très modeste. De plus, certains contenus clés des systèmes d’évaluation occidentaux ont été supprimés.
Vue la situation embarrassante de l’évaluation des impacts environnementaux en Chine, on cherche toujours à trouver une solution. Mais après des années d’efforts, certains intellectuels sont pessimistes à l’égard des révisions très limitées de la loi. Au niveau politique, les gouvernements locaux négligent tout le temps le système d’évaluation des impacts environnementaux parce que la protection de l’environnement ne figure pas dans les critères destinés à évaluer les tâches accomplies par les dirigeants locaux. Le PIB occupe toujours la place prioritaire. Mais dans plusieurs années, la protection de l’environnement sera inscrite dans le système d’évaluation des gouvernements locaux.
Nouveau siècle publié le 2 janvier, No. 1 2012
Interview de Zhou Xiaochuan
Début 2012, Zhou Xiaochuan, gouverneur de la Banque centrale de Chine, a accordé une interview spéciale à Nouveau Siècle en parlant de toutes sortes de questions sur le yuan : l’inflation, la régulation de la politique monétaire, la libéralisation des taux d’intérêt, la marge de fluctuation du taux de change, la libre convertibilité des opérations en capital et l’internationalisation du Yuan.



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