Revue des hebdos chinois (2 au 6 août 2010)

Le service de presse de l’ambassade vous propose chaque semaine une synthèse en français des principaux sujets d’actualité traités par une sélection de magazines chinois. Cette semaine, la tension autour des exercices militaires américano-sud-coréens, les relations trilatérales entre la Chine, le Japon et les Etats-Unis, ainsi que la fausse croissance des...

Article

Revue des hebdos chinois (2 au 6 août 2010)

Paru le : 10 août 2010

Le service de presse de l’ambassade vous propose chaque semaine une synthèse en français des principaux sujets d’actualité traités par une sélection de magazines chinois. Cette semaine, la tension autour des exercices militaires américano-sud-coréens, les relations trilatérales entre la Chine, le Japon et les Etats-Unis, ainsi que la fausse croissance des technologies de pointe en Chine.

Rédacteurs :
Yo-Jung Chen, Christine CHEN Yu

Les exercices militaires conjoints de grande ampleur menés par les États-Unis et la Corée du Sud ont débuté le dimanche 25 juillet dans le but d’adresser un « message fort » à la Corée du Nord suite à l’affaire de la corvette Cheonan ; face à l’irritation chinoise, Robert Gates, secrétaire américain à la Défense, assure que ces exercices « ne sont pas du tout de nature agressive à l’encontre de la Chine ».

JPEG - 165.5 ko

China Newsweek publié le 2 août, No. 2010 a interviewé plusieurs experts chinois pour analyser les rivalités concernant la puissance maritime derrière les exercices militaires américano-sud-coréens.

Le Lieutenant-Général Zhu Chenghu, directeur du département stratégique à l’Université de la Défense nationale, estime que ce sont « de mauvaises manœuvres militaires qui se déroulent au mauvais moment et au mauvais endroit ». Ainsi, la situation en Asie du Nord-est, qui est déjà tendue, empirera.

Mais selon certains observateurs, alors que les Etats-Unis s’efforcent de réaliser leurs propres objectifs stratégiques à la faveur du naufrage de la corvette Cheonan, la Chine pourrait aussi en profiter astucieusement pour servir ses propres intérêts nationaux. Si les Etats-Unis sont toujours les plus gros gagnants de cette situation, la Chine pourrait aussi en tirer des bénéfices.

De l’avis de Zhang Yunling, directeur du Département des études internationales de l’Académie chinoise des sciences sociales, ces dernières années, le Japon et la Corée du Sud ont tous deux développé une forte envie de se libérer du contrôle américain. Les manœuvres militaires ont pour effet immédiat de retenir ces deux pays dans l’alliance avec l’Amérique.

A l’intérieur de la Chine, les commentateurs tentent de deviner l’intention américaine dans ces exercices. Certains écartent le point de vue selon lequel ces exercices militaires visent effectivement la Chine, même s’ils jugent naturel que le choix de la Mer Jaune, zone sensible pour la Chine, suscite la vigilance et l’inquiétude de cette dernière. Préconisant la lucidité et la sérénité pour ne pas se laisser entraîner facilement dans « le tourbillon de la Mer Jaune », plusieurs d’entre eux pensent que la Chine doit profiter activement de cette occasion pour montrer sa puissance maritime.

Pour Wang Jisi, Directeur de l’Institut des Relations internationales à l’Université de Beijing, le plus grand danger potentiel dans les relations sino-américaines est l’éventualité d’une confrontation ouverte en mer, confrontation qui risque de se développer en crises politiques dans la mesure où le système de prévention et de gestion des crises entre ces deux armées n’est pas encore établi.

Mais Zhu Chenghu ne partage pas cet avis, estimant que, sur la question maritime, il existe plus d’intérêts communs que de divergences entre la Chine et les Etats-Unis. Zhang Yunling pour sa part pense aussi que l’éventualité d’un conflit naval sino-américain est peu probable. Pour la Chine, les menaces les plus réelles viendraient plutôt d’un dérapage de la situation suivi de chaos sur la péninsule coréenne. Dans ce contexte, les actions conjointes des Etats-Unis et de la Corée du Sud risquent, du point de vue de la Chine, de mettre aux abois la partie nord-coréenne et de provoquer des incidents plus graves.


Nan Feng Chuang du 28 juillet au 10 août, No. 16 2010
Les exercices militaires en Mer Jaune mettent à l’épreuve la sagesse des parties concernées

JPEG - 71.4 ko

Les exercices militaires en Mer Jaune sont en fait une manifestation des rivalités entre grandes puissances, en particulier les rivalités stratégiques opposant la Chine et les Etats-Unis. La racine de ces fortes rivalités qui existent dans cette région entre les Etats-Unis, la Chine, la Russie, le Japon et la Corée du Sud réside dans le transfert du centre de gravité de l’économie mondiale.

Comme le centre de gravité mondial se déplace vers l’Est, les États-Unis ont accéléré ces dernières années le transfert de leur centre stratégique global du Pacifique vers l’Asie. Les exercices militaires de l’armée américaine dans la région Asie-Pacifique se multiplient avec une ampleur de plus en plus grande. Face à ces actions qui risquent de détériorer la situation en Asie du Nord-est, la Chine est tout à fait capable de prendre des mesures suffisantes et efficaces pour dissiper les menaces.

La Chine doit s’employer à avoir une vision très claire de la présence militaire américaine dans la région Asie-Pacifique, afin de savoir comment y faire face. Primo, il ne faut pas en avoir peur. En second lieu, il faut reconnaître que les Etats-Unis ne manifestent ni la détermination ni la volonté d’une confrontation. En troisième lieu, il ne faut pas que la Chine se laisse tromper par le Japon et la Corée du Sud qui, dès le début de cette crise, ont tenté de faire grand cas de l’importance des menaces que pourrait représenter le porte-avions américain participant aux exercices en question.

Enfin, les exercices militaires en mer Jaune ont mis à l’épreuve la sagesse de Pékin et de Washington. D’un côté, la Chine peut profiter de cette occasion pour surveiller de près les exercices et le porte-avions américain en menant ses propres exercices. De l’autre côté, il ne faut pas perdre de vue que la Chine a besoin d’un environnement extérieur pacifique et qu’une confrontation armée entre elle et les Etats-Unis irait à l’encontre des intérêts chinois. La partie chinoise a déjà pris l’initiative en vue de calmer la tension dans les relations militaires entre les deux pays. Quant aux Etats-Unis, alliés traditionnels de la Corée du Sud, ils ont certes la responsabilité de réagir lorsque celle-ci subit une attaque ; mais une réaction trop forte peut susciter les soupçons et l’hostilité de la partie chinoise. De toute évidence, les Etats-Unis n’ont pas l’intention de payer le prix coûteux d’une confrontation directe avec la Chine.


Nouveau siècle publié le 2 août, No. 31 2010
Les rivalités sino-américaines en mer

De l’affaire de la corvette Cheonan aux exercices militaires conjoints, la situation de la péninsule coréenne et l’équilibre stratégique de l’Asie du Nord-est sont en plein bouleversement et la Chine se trouve poussée malgré elle vers le devant de la scène.

A première vue, les exercices militaires conjoints américano-sud-coréens n’ont rien à voir avec les contentieux sino-américains sur la question de la Mer de Chine méridionale. Mais en réalité, les deux questions touchent les « core interests » (intérêts vitaux) de la Chine. La série d’incidents en mer entre la Chine et les Etats-Unis, qui se sont succédés depuis une dizaine d’années, ont pour cause des interprétations différentes de la Convention internationale sur le droit de la mer et une certaine absence de confiance mutuelle stratégique.

Malgré tout, il existe quand même des mécanismes servant de pare-chocs dans les relations bilatérales. Par exemple, la visite du Président Hu Jintao aux Etats-Unis avant la fin de l’année devrait contribuer à améliorer les relations bilatérales ainsi qu’à renforcer les coopérations conformément à la montée de la Chine.

 International

Nan Feng Chuang du 28 juillet au 10 août, No. 16 2010
La nouvelle tendance des relations entre la Chine, les Etats-Unis et le Japon

Les relations trilatérales entre la Chine, le Japon et les Etats-Unis, probablement les plus importantes dans le monde, ne sont ni équilibrées ni stables.

Le premier ministre japonais a souhaité que la Chine et le Japon soient le noyau de la Communauté d’Asie de l’Est. Mais dans la pratique, en l’absence d’une confiance mutuelle stratégique entre la Chine, le Japon et les Etats-Unis, c’est l’ANSEA qui est en train de jouer le rôle dominant. A ce stade, il faut bien coordonner les relations entre les pays d’Asie de l’Est et d’Asie-Pacifique, afin de développer une structure régionale stable excluant toute hégémonie et de promouvoir la démocratisation des relations internationales sur la base de l’intégration régionale.

Dans l’avenir, le développement des relations sino-japonaises dépendra essentiellement de la confiance mutuelle stratégique. Face à l’émergence de la Chine, les relations internationales entre les grands pays du monde ne seront plus les mêmes. Même si l’alliance stratégique nippo-américaine est encore nécessaire pour faire face à cette émergence de la Chine, à longue échéance elle sera remplacée par un système de sécurité multilatéral.

La Chine et les Etats-Unis ne formeront pas le G2, et il n’y aura pas de guerre non plus entre eux. Pour encore assez longtemps, la Chine ne sera pas en mesure d’affronter les Etats-Unis, surtout dans le domaine de la « puissance souple » (soft power). De plus, la réforme politique et la démocratisation de la Chine exigent encore beaucoup d’efforts de celle-ci sans parler des risques bien présents. Il est donc absurde de parler de menaces chinoises.


Outlook Weekly publié le 2 août, No. 31 2010
« Le stress test » des banques européennes visant l’unité

L’Union européenne a rendu public le 23 juillet les résultats du test de résistance du secteur bancaire. La plupart des 91 banques européennes testées ont fait preuve d’une capacité de résistance à un éventuel risque financier. Evidemment, le fait que l’Union européenne ait « embelli » les résultats de ce stress test doté d’une forte tonalité de relations publiques, ne sert pas tout simplement à montrer à l’extérieur que son système bancaire est sain ; le but essentiel est d’envoyer un signal d’unité politique montrant que malgré leurs divergences initiales, tous les pays membres sont enfin prêts à œuvrer ensemble contre la crise. En même temps, l’UE tente de rassembler à nouveau les pays membres vers un consensus sur les mesures politiques visant à lutter contre la crise.

 Chine

Outlook Weekly publié le 2 août, No. 31 2010
Les difficultés de la reconstruction de Yushu dans la province du Qinghai

Quelques mois après le séisme, la reconstruction de Yushu a officiellement démarré le 10 juillet. Malgré des progrès réjouissants, il existe encore beaucoup de difficultés que l’on n’avait pas rencontrées lors de la reconstruction de Wenchuan dans la Province du Sichuan. La plus sensible est la question des droits et intérêts des terres, question dont le règlement nécessite des mesures politiques en cours d’élaboration. Il faut aussi accorder une attention particulière aux questions religieuses et ethniques, étroitement liées à l’unité des ethnies et à la stabilité sociale. Actuellement, les politiques religieuses sont dans l’ensemble satisfaisantes. Les conditions climatique et géographique locales très rigoureuses constituent aussi un obstacle important. Il faut en plus prendre en considération la protection de l’environnement.


Caijing Magazine publié le 2 août, No. 16 2010
Le choix chinois sur la technique nucléaire

Actuellement, La Chine a le plus grand parc de chantiers de construction de centrales nucléaires. En même temps, les centrales nucléaires de la troisième génération se développent rapidement. Adopter - ou non - totalement la nouvelle technologie constitue un dilemme pour la Chine : pendant la période entre l’introduction en Chine de la technique de troisième génération et la maturité de cette technologie, faut-il continuer à développer le parc de deuxième génération ?

De nouveaux problèmes se posent aussi avec le développement nucléaire rapide, notamment ceux concernant la construction de l’usine de retraitement des déchets nucléaires qui accuse un retard important. La France possède une technologie très avancée dans ce domaine. La Chine cherche à coopérer avec elle depuis quelques années, mais les négociations techniques bilatérales n’avancent guère. La partie chinoise ne parvient pas à un consensus sur le mode d’introduction de la technologie, les avis se partageant entre une introduction totale, celle des principales composantes, ou une introduction partielle.

Vue la situation actuelle, le projet de l’usine de retraitement des déchets nucléaires ne sera pas réalisé avant 2025.


Nouveau siècle publié le 2 août, No. 31 2010
La prospérité des fausses technologies de pointe

La politique industrielle visant à orienter le « made in China » vers le « made by China » a engendré des « opportunités commerciales » sans qu’on ne s’en aperçoive. Une multitude d’intermédiaires ont surgi de nulle part, offrant leurs services pour obtenir le statut d’entreprise de technologies de pointe. Selon un fonctionnaire anonyme du Ministère de la science et de la technologie, plus de la moitié des « entreprises de technologies de pointe » ont obtenu ce statut en soumettant de faux documents, dans le seul but de bénéficier des mesures fiscales avantageuses.

Cette fausse statistique concernant les « entreprises des technologies de pointe » met en évidence le fait que les entreprises chinoises sont généralement faibles en capacité et en matière d’innovation.

Suite au développement social et technologique, l’actuel système d’examen et d’approbation par le gouvernement, qui classe les entreprises en plusieurs catégories, est une entrave à l’efficacité et constitue un espace de corruption. Il est donc grand temps de le réformer.

Un responsable de recherche et développement dans une grande entreprise transnationale propose que le gouvernement chinois accorde plus d’importance à la protection des droits de propriété intellectuelle et à l’aménagement d’un environnement de concurrence équitable et transparent.


Cette revue de la presse hebdomadaire chinoise est une synthèse d’articles publiés dans les magazines en Chine. Les articles présentés dans cette revue sont sélectionnés pour leur représentativité des courants et tendances dans ce pays. Ils reflètent l’avis de leurs auteurs et n’engagent en rien la position ni le point de vue de l’Ambassade de France en Chine.
< Art. précédent | Art. suivant >

 Réagir à cet article Cet article en RSS Cet article en RSS Version imprimable Version imprimable
Visites : 623

Liens externes
  • Atout France
  • Radio France International
  • China.com
Auteur

Service de presse de l’ambassade

Courriel
Article envoyé dans
la lettre d'information :

Découvrez-ici nos lettres d'information :