Revue des hebdos chinois ( 1er au 5 août 2011)

Le service de presse de l’ambassade vous propose chaque semaine une synthèse en français des principaux sujets d’actualité traités par une sélection de magazines chinois. Cette semaine, l’accident du TGV à Wenzhou, la Chine en Afrique et l’influence de l’inflation en Chine.

Article

Revue des hebdos chinois ( 1er au 5 août 2011)

Paru le : 8 août 2011
Le service de presse de l’ambassade vous propose chaque semaine une synthèse en français des principaux sujets d’actualité traités par une sélection de magazines chinois. Cette semaine, l’accident du TGV à Wenzhou, la Chine en Afrique et l’influence de l’inflation en Chine.

Rédacteur :
Christine CHEN Yu

Une semaine après l’accident de train de Wenzhou qui a fait 40 morts selon les bilans officiels, les magazines font tous des reportages spéciaux pour analyser cette tragédie en signalant l’importance d’une réforme radicale du système ferroviaire.

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Couverture China Newsweek

China Newsweek publié le 1er août, No. 28 2011 considère que, plus que la technologie immature de TGV, qui fait l’objet de nombreuses critiques, c’est le niveau de gestion arriéré qui pose plus de problèmes.

Vu le rôle très important du chemin de fer dans le développement économique, les gouvernements locaux se rivalisent d’avoir plus de gares dans leurs provinces. A cause de fréquentes confrontations entre les facteurs artificiels et l’esprit scientifique, la construction des réseaux ferroviaires dégénère souvent dans une certaine mesure en champs de bataille où se heurtent des rivalités diverses.

En contraste frappant avec les faits mentionnés ci-dessus, le développement du TGV en Chine connaît un grand bond en avant. Selon le plan du Ministère des Chemin de Fer, jusqu’à 2020, un vaste réseau de TGV totalisant plus de 16000 kilomètres sera construit en Chine. Jusqu’à juin 2010, le total des lignes ferroviaires à grande vitesse (plus de 200 kilomètres à l’heure) n’était que de 6000 kilomètres.

D’après Wang Mengshu, professeur à l’Université des Communications de Pékin et académicien d’ingénierie, la raison principale de l’accident du 23 juillet est probablement le grand écart entre le niveau de la gestion globale et le développement des chemins de fer.

On appelle depuis les années 1980 à séparer les fonctions administratives et les droits à l’opération commerciale du Ministère des Chemin de Fer, mais, trente ans après, aucun changement n’a eu lieu. Sera-t-il possible que ce grave accident à Wenzhou redémarre la réforme au sein du Ministère des Chemins de Fer ? La réponse n’est pas évidente du tout.


Outlook Weekly publié le 1er août, No. 31 2011 suit de près cet accident en mettant en évidence cinq sujets pressants mis en question par l’opinion publique. Selon le magazine, il est nécessaire de garantir la transparence d’informations sur les enquêtes et sur le règlement des problèmes consécutifs à l’accident. Une chose est claire : par rapport au développement de la construction d’infrastructures, le niveau de gestion générale des chemins de fer demeure très en retard.

De plus, selon les enquêtes faites par les médias, la plupart des fournisseurs d’équipements ferroviaires, qui bénéficient tous de relations privilégiées avec l’administration des Chemins de Fer, sont soupçonnés de monopoliser le marché ferroviaire.

Mme. Ye Tan, commentatrice financière connue, indique que lors de la construction de TGV, on réunie des fonds et des ressources sociaux selon le principe du marché sans laisser un champ de concurrences équitables à tous les acteurs principaux du marché, ni céder au marché les droits de répartition des dividendes ou de gestion. Tous les intérêts sont distribués au sein du système.

Outre la vérité sur l’accident, il faut peut-être dévoiler aussi la vérité sur la distribution d’intérêts.


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Couverture Nouveau Siècle

Nouveau siècle publié le 1er août, No. 30 2011 a consacré une grande place à cet accident en faisant des enquêtes très précises.

Dans l’édito, le magazine signale qu’en tant que département du Conseil des Affaires d’Etat, et qu’étant à la fois opérateur et administrateur public du transport ferroviaire, les enquêtes et l’approche du problème entrepris par le Ministère des Chemins de Fer ne sont pas assez crédibles aux yeux du public. Certains experts proposent de créer un comité spécial au sein de l’Assemblée populaire nationale ou du comité permanant de l’APN pour effectuer des enquêtes indépendantes et neutres. En pratique, la légitimité de cette proposition est garantie par le 71ème article de la Constitution chinoise.

Dans une chronique, l’avocat Tao Jingzhou indique que depuis la révolution culturelle, la Chine a pris l’habitude de lancer de grands chantiers en célébration des grands évènements politiques importants. Aujourd’hui, cette pratique existe encore et va même plus loin. La mise en service de la ligne du TGV Pékin-Shanghai à la veille du 90ème anniversaire du Parti communiste chinoise en est un cas typique. Il est temps pour les chemins de fer chinois d’examiner sérieusement ses défauts en matière de système, d’administration et de technologie. D’après l’auteur, afin de garantir la sécurité, l’interruption temporaire des lignes de TGV n’est pas tout à fait infaisable.

De plus, la Chine doit aussi abandonner l’obsession selon laquelle elle doit toujours être le premier.

Sur la chaîne industrielle du TGV en Chine, les premiers bénéficiaires sont des entreprises d’Etat, en particulier celles qui appartenaient au Ministère des Chemin de Fer auparavant. Et derrières elles existent de nombreuses petites entreprises bénéficiant des commandes pour le TGV. Formé dans le système de monopole des chemins de fer, cette chaîne industrielle ne connaît pas de règles de concurrences transparentes, et l’existence de toutes les entreprises dépend des relations spécifiques. Un tel système qui s’agrandit en faisant jouer des relations, fait face aussi à de grands risques.


Caijing Magazine publié le 1er août, No. 18 2011 estime aussi que si l’on ne change pas radicalement la structure de monopole administratif et le système de contrôle bureaucratique, les chemins de fer en Chine seront toujours le point mort de la réforme et le foyer de graves accidents.


Phoenix Weekly publié le 5 août, No. 22 2011
Le « projet de l’espoir » chinois s’installe en Afrique

Récemment, le « projet de l’Espoir », programme chinois destiné à aider les enfants pauvres à poursuivre leurs études se développe rapidement en Afrique. Après la construction de la première école d’Espoir africaine en Tanzanie en mars, la deuxième s’installent en Namibie en mai, et les autres sont en construction au Kenya, au Burundi et au Rwanda. Le « projet de l’espoir en Afrique » initié conjointement par China Youth Development Fondation et World Eminence Chinese business Association, envisage de construire 1000 écoles d’Espoir en 10 ans, chaque école coûtant environs 1.5 millions de yuans.

De plus, un hôpital financé par China Fondation for Poverty Alleviation est aussi mis en service au Soudan fin juin.

Tous ces changements signifient qu’encouragé par le gouvernement chinois, les ONG chinoises commencent à jouer leur rôle à l’étranger.

Depuis des dizaines d’années, l’aide chinoise en Afrique s’est limitée au sein du gouvernement central, et il n’existe pas un organe au niveau ministériel destiné spécialement à l’aide à l’étranger, ni divers ONG comme ceux des pays occidentaux, et ni un système d’évaluation indépendante et neutre d’une partie tierce. Tous les projets d’assistance de la Chine sont réalisés par des ministères différents. Ce modèle d’assistance, très à la chinoise, fusionnant l’aide, l’investissement et le commerce, conduit facilement à l’incompréhension et aux reproches des pays occidentaux. Parfois, ils donnent à la Chine une étiquette de néo-colonialisme. Surtout depuis 2003, en tant que plus grand investisseur au Soudan, la Chine s’est impliqué dans les conflits armés du Darfour, conduisant même certains pays à considérer la Chine comme un complice du massacre du Darfour.

Cette fois-ci, la Chine accorde une grande importance à l’aide montée par des ONG au Soudan, ce qui pourrait améliorer son image sur la question du Darfour.


Phoenix Weekly publié le 5 août, No. 22 2011
Les formations à la manière « fast-food » des fonctionnaires africains en Chine

Depuis le premier Forum sur la coopération sino-africaine qui a eu lieu en 2000, la Chine et les pays africains ont signé une série d’accords visant à développer les coopérations aussi bien financière et commerciale qu’éducative et technologique. Un grand réseau favorisant la formation des fonctionnaires africains fonctionnent activement en Chine. Selon les statistiques disponibles, pendant 12 ans, plus de 20 000 fonctionnaires africains ont participé aux formations de courte durée organisés par le Ministère du Commerce en collaboration avec une dizaine d’organes gouvernementaux et touchant des dizaines de domaines. Et outre certaines formations spécifiques, la plupart de stages sont plus ou moins liés à des contrats.

Malgré l’ambition de la partie chinoise, l’efficacité de ces stages est mise en question par les participants. Car les programmes de formation qui ne durent que deux semaines au maximum ressemblent plutôt à du « fast-food ». En l’absence d’un mécanisme d’évaluation, l’efficacité de ce genre de formation est difficile à savoir.

D’autre part cependant, certaines grandes entreprises chinoises s’attachent à former des personnes spécialisées en Afrique. Huawei Technologie en est un exemple remarquable. Et parmi les projets de coopération et d’assistance, certains plans de formation technique sont aussi inclus.

Peut-être l’actuelle formation à la manière fast-food n’est un phénomène périodique, avec le développement de la stratégie dite « sortir des frontières », le mode de formation sera plus pragmatique et utile.


Outlook Weekly publié le 1er août, No. 31 2011
La vie d’inflation des « cols blancs »

Depuis 2009, les prix augmentent sans cesse en Chine, l’indice des prix à la consommation (CPI) du mois de juin atteint un nouveau record en trois ans, soit 6,4%. L’influence de l’inflation s’étend progressivement des catégories sociales défavorisées vers les couches sociales aux revenus moyens. La dégradation de la qualité de vie affaiblit aussi le sentiment de sécurité des personnes à moyens revenus, qui devaient servir de « stabilisateur de la société ».

Des experts pensent que le gouvernement doit démarrer une série d’enquêtes et de recherches sur les revenus, la situation économique ainsi que l’état mental de cette couche sociale, afin de mieux mesurer les impacts sur les « cols blancs » des politiques et des règlements récemment promulgués et d’éviter d’aggraver davantage les conditions de vie de ces personnes lors de l’élaboration et de la promulgation des prochaines politiques. Comme ces personnes jouent un rôle très actif sur la plate-forme d’internet et qu’il existe aussi certains « leaders d’opinion » parmi eux, ils sont capables d’influencer l’opinion publique. Si des mesures nécessaires ne sont pas prises tout de suite, l’accumulation de la psychologie négative et du sentiment antagoniste de la classe moyenne risque de provoquer un grand défi à la gouvernance et à la gestion du gouvernement.


Cette revue de la presse hebdomadaire chinoise est une synthèse d’articles publiés dans les magazines en Chine. Les articles présentés dans cette revue sont sélectionnés pour leur représentativité des courants et tendances dans ce pays. Ils reflètent l’avis de leurs auteurs et n’engagent en rien la position ni le point de vue de l’Ambassade de France en Chine.
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