Rédacteur :
Christine CHEN Yu
Nan Feng Chuang du 7 au 20 septembre, No. 19 2011
Couverture : les gouvernements en panne
La dette souveraine américaine risque de toucher le plafond ; la reconversion du modèle de développement chinois fait face à de nombreuses difficultés ; plongée dans la crise des dettes souveraines, l’avenir de l’Europe est plein d’incertitudes ; le Japon lutte désespérément dans la récession… Le monde est malade. Il semble que la crise financière, surgie en 2008, ne s’est jamais écartée et l’économie mondiale est menacée actuellement par le risque de « double creux ». Au début, on ne s’inquiétait que de voir les grandes entreprises puissantes tomber en faillite l’une après l’autre et le taux de chômage augmenter sensiblement. Mais avec l’expansion de la crise, le problème des dettes souveraines dans les pays importants est devenu insupportable. Quand les entreprises fonctionnent mal, les gouvernements donnent un coup de main, mais qui peut sauver des gouvernements en panne ? On a enfin remarqué qu’au fond, la crise économique est due à un gouvernement qui fonctionne mal.
La dernière crise financière a mis fin au mythe du marché libre. Lorsque la plupart des économies tombent dans la récession, les relations entre le gouvernement et l’économie, souvent modifiées par les crises économiques pendant plus d’un siècle, sont enfin remises en question. Ainsi du modèle américain. Ou du modèle chinois, qui n’est plus brillant, du modèle de l’Europe du Nord caractérisé par l’Etat-providence, qui n’est plus durable, et du modèle allemand, dans une situation incertaine. Il est nécessaire de retrouver la frontière raisonnable entre le gouvernement et le marché.
Le gouvernement ne peut pas laisser le champ libre au marché, ni détruire les mécanismes du marché par des interventions directes. Une solution idéale serait que le gouvernement mette en place un système d’orientation général et donne au marché le pouvoir de décision sur les activités microéconomiques. Il ne faut pas prendre le modèle anglo-saxon de laisser-faire, ni le modèle d’Etat-Providence déficitaire en Europe. Mais le modèle chinois n’est pas pour autant le meilleur choix non plus.
International
Nouveau siècle publié le 12 septembre, No. 36 2011
L’économie américaine, le prochain Japon ?
Récemment, tout le monde veut savoir si l’économie américaine connaîtra vraiment un « double creux », parce que les perspectives macroéconomiques inquiétantes, les activités microéconomiques maussades ainsi que les turbulences des marchés financiers montrent bien que la reprise économique des Etats-Unis est à la fois lente et fragile. On craint que les Etats-Unis soient en train de sombrer dans une « décennie perdue » comme le Japon.
Selon l’auteur, à long terme, des facteurs négatifs et positifs coexistent dans l’économie américaine. Bien que les dettes américaines et la récession pèsent lourdement sur la reprise économique, la capacité d’innovation des entreprises, la supériorité financière ainsi que la profitabilité globale des Etats-Unis fourniront une force motrice à long terme.
Et dans un proche avenir, le cercle vicieux de la société américaine provoqué par l’interaction des problèmes du logement, de la consommation et de l’emploi, les chocs intérieurs et extérieurs ainsi que les risques politiques liés aux prochaines élections présidentielles font gravement obstacle à la reprise économique. Mais malgré tout, les Etats-Unis possèdent encore une certaine marge pour des politiques financière et économique ainsi qu’une force motrice pour stimuler des réformes structurelles, notamment dans le domaine financier. Dans ce contexte, l’objectif de la politique économique américaine est de retrouver un équilibre délicat entre la stimulation de la reprise économique et la prévention de politiques non durables.
In fine, les politiques économiques américaines exercent aussi une influence sur le reste du monde.
D’abord, certaines politiques américaines risquent d’embarrasser d’autres pays. Par exemple, la dévaluation du dollar favorisant les exportations des Etats-Unis et la réduction des dettes risquent d’exercer une forte pression à la réévaluation sur d’autres pays.
Deuxièmement, le soutien des autres pays est indispensable. Les Etats-Unis accueillent activement les réserves de devises des autres pays pour financer leurs emprunts d’Etat à un prix de revient très bas.
Troisièmement, en tant qu’émetteur de la monnaie de réserve muni d’un marché financier très développé, les Etats-Unis profiteront de ces deux supériorités uniques pour sortir de la crise des dettes.
Phoenix Weekly publié le 15 septembre, No. 26 2011
La peur de l’espionnage chinois en Allemagne
Récemment, la peur de l’espionnage chinois en Allemagne a commencé à toucher les Allemands ayant épousé des Chinois. En fait depuis 2005, des turbulences ont surgi non seulement dans les relations sino-allemandes, mais aussi dans les relations sino-européennes. Les conflits d’intérêt entre la Chine en émergence et les pays industrialisés européens se sont multipliés. Les tapages autour de l’espionnage chinois sont une variante de la théorie de la « menace chinoise ».
Depuis la crise financière en 2008, la Chine occupe une place de plus en plus importante dans l’économie mondiale, la montée en gamme industrielle de la Chine intensifie les concurrences entre la Chine et l’Allemagne dans plusieurs domaines, surtout les activités commerciales avec les pays ou les régions d’Afrique.
De plus, l’intégration imparfaite des Chinois d’outre-mer dans les pays d’accueil suscite aussi des émotions antichinoises.
En tant que nouvel arrivé du système international, il est tout à fait naturel de faire face aux doutes et à l’inquiétude des grands pays qui sont déjà dans le système depuis longtemps. Et cette situation ne changera qu’après l’établissement d’un nouvel échiquier international. Le gouvernement chinois doit répondre aux propos peu amicaux d’une manière ouverte et active, afin d’éliminer les doutes et les inquiétudes venant de toutes les parties. Et il est aussi souhaitable que les Chinois d’outre-mer puissent contribuer à établir une image internationale plus saine de la Chine par des actions concrètes.
Chine
Nan Feng Chuang du 7 au 20 septembre, No. 19 2011
La révision du code de procédure pénale : jeu entre le pouvoir et les droits
Depuis quelques jours, la deuxième révision importante du code de procédure pénale chinois était très attendue parce que cette loi touche directement à la répartition des pouvoirs publics et à la protection des droits privés. Et la communauté internationale la considère, depuis longtemps, comme un indice important pour évaluer la société chinoise. Mais le projet de révision du code de procédure pénale, rendu public le 30 août pour recueillir les opinions, a déçu nombre de professionnels. Malgré quelques progrès importants en faveur de la protection des droits de l’homme ainsi que l’inclusion partielle de l’esprit des « droits Miranda » (qui consistent à avertir un individu lors de son arrestation, qu’il a droit de garder le silence et de bénéficier de l’assistance d’un avocat), certaines clauses sur la façon de mener des enquêtes policières sont mises en question.
A la différence des pays développés où le système policier est un corps administratif, celui de la Chine relève de l’organe judiciaire. La révision du code de procédure pénale visant, à l’origine, à limiter le pouvoir de la police, s’est soldée en fin de compte en un succès total pour la police. Les médias des organes de la sécurité publique en font l’éloge tandis que les professionnels la considèrent comme un recul évident. En fait, les vives controverses entre les experts du milieu juridique, des avocats, des médias ainsi que des organes de la sécurité publique se concentrent sur les rivalités entre la lutte contre le crime et la protection des droits de l’homme.
Actuellement, le problème particulier de la législation chinoise est celui des échanges insuffisants entre le milieu judiciaire et les masses populaires ainsi qu’au sein du milieu judiciaire. Et par rapport aux pouvoirs publics, les voix non-gouvernementales n’ont aucun effet. L’urgent pour les législateurs est de mettre toutes les parties impliquées sur une plate-forme d’égalité.
Malgré tout cela, le plus grand progrès est le fait que la révision du code permet à tout le monde de s’exprimer. Dans le futur, toutes les couches sociales, les services compétents ainsi que les experts joueront un certain rôle dans l’élaboration de la législation, parce que la loi est depuis le début le résultat des compromis entre des parties différentes.
Phoenix Weekly publié le 15 septembre, No. 26 2011
Xi Jinping aux yeux des Américains
Lors de sa dernière visite en Chine, le vice-président américain Joe Biden a rencontré cinq fois son homologue chinois Xi Jinping en une semaine. Le conseiller à la sécurité nationale de Joe Biden a franchement indiqué qu’un des objectifs de la visite était de faire connaissance avec le futur dirigeant chinois. En un mot, les Américains sont en train d’investir dans les futures relations sino-américaines.
D’après les membres de la délégation de M. Biden, M. Xi a une pensée très claire et s’intéresse beaucoup à la politique américaine. M. Biden suppose que Xi Jinping, à la fois fort et pragmatique, tente d’éviter tout inattendu dans les relations sino-américaines.
En tenant compte du statut politique particulier du vice-président dans la partie continentale de la Chine et du fait que le vice-président américain joue un rôle de plus en plus important dans son pays, les rencontres fréquentes entre ces deux vice-présidents pendant une semaine montrent clairement que ce n’est pas du tout une visite banale.
Outre les rencontres à Pékin, Xi Jinping a aussi accompagné Biden à Du Jiangyan, dans le Sichuan, les médias étrangers considèrent cela comme une décision bien réfléchie du parti communiste chinois pour mieux faire connaître Xi Jinping.
Phoenix Weekly publié le 15 septembre, No. 26 2011
Couverture : les écoles militaires chinoises
Nées dans les rivalités entre les grandes puissances européennes, les écoles militaires servent de base très importante pour l’aptitude au combat de l’armée. A l’époque contemporaine, les expériences et les traditions jouent un rôle plus important que le personnel et les équipements, notamment pour les armes de haute technologie et des équipements très avancés. En retraçant l’histoire militaire, il est évident que les armées les plus puissantes possèdent les meilleures écoles militaires du monde : école navale royale à Greenwich, école spéciale militaire de Saint-Cyr, école militaire de Berlin ou académie militaire de West Point. Dans un certain sens, le caractère et l’image des armées sont formés dans les écoles militaires.
Actuellement, il existe un trop grand écart entre l’armée chinoise et celle des grandes puissances militaires mondiales, notamment dans les domaines des équipements, des concepts et des expériences. L’entraînement et la formation des officiers chinois sont aussi en retard. Ayant longtemps copié le modèle militaire de l’URSS qui n’était que de second rang, la construction de l’armée chinoise est restée écartée de la professionnalisation et de la modernisation. Aujourd’hui, l’obligation pressante de l’APL est de rattraper les pays militaires de premier rang dans les meilleurs délais.
Dans ce contexte, une nouvelle réorganisation des écoles militaires de Chine continentale sera prochainement déployée, et l’orientation et le plan de cette troisième grande transition de l’éducation militaire chinoise sont beaucoup plus clairs qu’avant : apprendre les expériences avancées des Etats-Unis. Outre la suppression des établissements en doublon, la nouvelle réforme s’attache aussi à développer davantage d’autres armées que l’armée de terre, à mieux former les sous-officiers et à mettre en œuvre des entrainements spéciaux pour les missions spéciales.
Un éditeur en chef d’un magazine militaire de Taiwan indique qu’une tâche très importante de la réforme de l’APL est de cultiver davantage la qualité humaine des officiers chinois.



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