Rédacteurs :
Yo-Jung Chen, Christine CHEN Yu
Selon le dernier bilan officiel publié lundi 16 août, 1.254 personnes ont péri et 490 autres sont portées disparues après d’immenses coulées de boue le 7 août.
Nouveau Siècle publié le 16 août, No. 33 2010
Converture : alerte à Zhouqu
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- Couverture Nouveau siècle
Après la catastrophe de Zhouqu, le Ministre du Territoire et des Ressources a cité 5 raisons principales qui ont conduit aux glissements de terrain, dont la plus importante est le relief terrestre très particulier de la région. Mais les facteurs humains viennent aggraver les facteurs naturels de la calamité. La déforestation depuis 1958 en est une raison importante. En 1998, le gouvernement local a remarqué la dégradation de l’environnement et a commencé le reboisement sans obtenir de résultats satisfaisants. L’accumulation des problèmes écologiques a aggravé les risques et l’ampleur des glissements de terrain. A Zhouqu, pendant une dizaine d’années, l’expansion démographique brutale et les constructions sans planification ont conduit les habitants locaux à disputer des terrains à la nature. Certaines maisons sont construites sur des fossés destinés à l’évacuation des crues. Le mécanisme d’alerte est mal entretenu à cause de la pénurie de fonds. Et du fait de la négligence face aux dangers, les habitants ignorent comment se protéger des catastrophes.
L’avenir de Zhouqu est aussi une question en suspens car, en raison de la multitude de difficultés qu’il rencontre, le gouvernement hésite entre la reconstruction sur place et la relocalisation entière de la population.
Selon les experts, Longnan, région voisine de Zhouqu risque de connaître des glissements de terrain encore plus graves. La catastrophe de Zhouqu a sonné la cloche d’alarme à cette région et d’autres zones à hauts risques.
Par rapport à la relocalisation de la population dans le but de protéger le système écologique, le déplacement des habitants pour éviter les risques de catastrophes naturelles ne bénéficie pas encore d’une attention suffisante en Chine.
Vu les catastrophes naturelles de plus en plus fréquentes et violentes, le gouvernement chinois doit établir un système national destiné à gérer les risques de désastres. A l’intérieur de ce système, il faut bien distinguer pouvoirs et responsabilités et prévoir une division du travail nette entre le gouvernement central et les collectivités locales. Il est également nécessaire de conférer des tâches concrètes aux institutions spécialisées.
Caijing Magazine publié le 16 août, No. 17 2010 fait aussi un reportage de couverture sur les glissements de terrain à Zhouqu. Il estime que c’est une catastrophe dont le risque a toujours été très présent, mais souvent négligé dans un bourg menacé par les glissements de terrain depuis un millier d’années. Cette petite ville a finalement payé le prix fort d’années d’urbanisation folle sans prévoir de mesures de préventions et d’alerte anticipées contre les risques géologiques.
Avant l’interdiction de la déforestation par le gouvernement central en 1998, 95% des recettes budgétaires du District de Zhouqu provenaient du secteur forestier. Le taux de couverture forestière est passé de 67% à 20% aujourd’hui. Récemment, la construction d’une vingtaine de centrales hydrauliques et surtout l’exploitation des mines aggravent encore une situation écologique déjà très précaire.
En fait, en Chine, le manque de crédits et de spécialistes est à ce point que, dans la plupart des régions, la prévision et la prévention des risques géologiques sont assurées par le peuple. Ce mécanisme sous-développé et inefficace ne permet pas d’exercer de recours en responsabilité.
International
Nouveau Siècle publié le 16 août, No. 33 2010
La politique d’immigration européenne glisse vers la droite
Récemment, de plus en plus d’hommes politiques appellent à contrôler plus strictement l’immigration. Mais dans ce domaine, la Grande Bretagne est en retard par rapport aux autres pays européens, qui possèdent déjà chacun un parti anti-immigration en développement.
Mme. Liz Fekete, directrice adjointe de l’Institute of Race Relations (IRR), thinktank britannique, s’est exprimée sur ce sujet. Au Royaume Uni, les controverses sur l’immigration sont basées sur l’aspect économique, mais dans l’ensemble du continent européen, les confrontations culturelles et religieuses sont plus importantes, en particulier, le sentiment anti-islamique après les attentats du 11 Septembre 2001. Fekete a peur que la récession économique empire la situation de certains groupes d’immigrants menant une vie relativement difficile à cause d’un isolement social existant depuis longtemps. Les risques d’agitations sociales ne sont pas tout à fait imaginaires.
Phoenix Weekly publié le 15 août, No. 23 2010
Le Sommet de l’Asie de l’Est élargi pour rivaliser avec la Chine
Par Wang Chong
En 2010, le 5ème sommet de l’Asie de l’Est a invité les chefs du gouvernement américain et russe et a proposé de les inviter aussi au sommet de l’ANSEA qui aura lieu en octobre. A la différence de l’APEC qui se concentre sur les coopérations économique et commerciale, le sommet de l’Asie de l’Est, de plus en plus influent, aborde des sujets d’ordre mondial, tels que le terrorisme, le changement climatique, les défis économiques ou la sécurité alimentaire. Plus important encore, l’APEC est dominée par les Etats-Unis et le Sommet de l’Asie de l’Est est attaché à l’ANSEA. L’ANSEA et les Etats-Unis sont ravis de cette rivalité qui joue le rôle de frein et de contrepoids efficace contre la Chine ; pour la partie chinoise, si elle ne gère pas bien les relations à l’intérieur du sommet, elle risque de laisser « entrer le loup ».
L’attitude américaine sur la coopération régionale en Asie de l’Est est complexe et changeante. D’un côté, ils n’acceptent pas l’apparition d’une organisation régionale puissante ; mais de l’autre, ils attendent des organisations régionales qu’elles soient capables de balancer l’influence des grands pays de la région. Pour cela, les Etats-Unis participent activement aux organisations régionales afin d’y exercer une influence importante.
Le contrepoids est un art diplomatique car les petits pays de la région cherchent toujours à équilibrer l’influence des grands pays.
Mais la participation de la Russie à ce jeu mérite réflexion. La Chine et la Russie coopèrent beaucoup dans les affaires internationales. Leurs coopérations éventuelles dans le cadre du sommet de l’Asie de l’Est joueraient aussi le rôle de frein et de contrepoids aux Etats-Unis. Bien sûr, cette coopération serait stratégique et non exclusive. Il existera au sein du sommet de l’Asie de l’Est une relation triangulaire délicate entre la Chine, la Russie et les Etats-Unis.
Sur la question de la coopération régionale en Asie, la Chine a bien reconnu le rôle central de l’ANSEA, car, dans le contexte où la Chine et le Japon n’arrivent pas à réaliser une véritable réconciliation comme celle entre la France et l’Allemagne, le choix réaliste et efficace est que les grands pays tournent autour des petits pays. Mais cela risque aussi de mettre la Chine dans une situation embarrassante, puisque parmi les participants du Sommet, le Japon et la Corée du Sud sont des alliés des Etats-Unis, la Russie entretient une amitié traditionnelle avec le Viêt-Nam, tandis que d’autres pays de l’Asie du Sud-est cherchent à plaire à tout le monde. La Chine est isolée dans cette situation.
Mais les pays membres de l’ANSEA ne sont pas encore parvenus à un consensus sur la forme d’adhésion des Etats-Unis et de la Russie, puisque, à leurs yeux, l’essentiel est de sauvegarder le rôle noyau de l’ANSEA.
Chine
Outlook Weekly publié le 16 août, No. 33 2010
Couverture : les sondages en Chine
Longtemps après la fondation de la République populaire de Chine, l’opinion du peuple restait laissée en marge lors de la prise des décisions par le gouvernement. Suite à l’approfondissement de la réforme et de l’ouverture, la société chinoise est entrée dans une période où surgissent des contradictions sociales qui se manifestent parfois de façon violente. Dans ce contexte, la démocratisation et la modernisation de la procédure de décision se développent rapidement. Le gouvernement commence à apprendre à écouter attentivement la « vox populi » en prenant l’opinion publique comme base de la gouvernance et des décisions. La société d’aujourd’hui a donc besoins de sondages.
Mais objectivement, les sondages sur les questions sociales et sur les politiques gouvernementales sont principalement réalisés par des organismes d’enquête officiels et rares sont les organisations civiles qui osent s’aventurer dans ce domaine sensible. De l’autre côté, afin de montrer les œuvres accomplies par l’administration, des résultats de sondages « embellis » surgissent de temps en temps. La Chine doit ainsi renforcer l’indépendance des organismes d’enquête et régulariser davantage le secteur des sondages.
De plus, conscientes de l’importance de leurs opinions dans la prise des décisions par le gouvernement, les masses populaires participent volontairement et activement au recueil des opinions. C’est aussi un grand progrès dans le processus de démocratisation de la Chine.
Maintenant, il y a 5 catégories d’organismes d’enquêtes en Chine :
- gouvernemental : Bureau national des Statistiques et ses bureaux locaux ;
- universitaire : Centre d’enquêtes des sciences sociales à l’Université de Beijing ou Institut d’enquêtes et de Statistiques à l’Université de Communication de Chine
- privé : Horizon Research Consultancy Group (Ling Dian), China Mainland Marketing Research Co., (Ltd. CMMR)
- étranger : Gallup, Nielsen
- média : Centres d’enquêtes de la Jeunesse de Pékin ou du site internet du Quotidien du Peuple
Dans la province du Guangdong, les sondages réalisés par une tierce partie, appelés « le baromètre de la société », servent de canaux de l’opinion publique très importants et représente un bon exemple pour d’autres régions.
72 ans après la création du premier organisme d’enquête, les sondages sont devenus une girouette de la société française. Contrôlés et surveillés par le public, le marché, le gouvernement et les corporations, l’indépendance et l’équité des organismes d’enquêtes en France sont ainsi entièrement garanties, permettant au peuple et à l’opinion publique d’accorder une pleine confiance aux résultats des sondages.
Aux Etats-Unis, les instituions de sondages fiables sont sélectionnés par le mécanisme de l’élimination par la concurrence. Mais il existe aussi des problèmes. Tout d’abord, les sondages constituent une intrusion trop fréquente dans la vie des Américains et le taux de réponses baisse progressivement. Deuxièmement, les organismes d’enquêtes américains essaient toujours d’insinuer adroitement leur position, intérêts ou valeurs à travers les sondages, surtout quand il s’agit des questions internationales. Par exemple, sur les questions chinoises, ces organismes diffusent souvent des informations négatives en collaboration avec des éléments sinophobes de la société américaine.
China Newsweek publié le 16 août, No. 30 2010
Les ONG « achetées » par le gouvernement
Récemment, sous la direction du Bureau des Affaires civiles de la Municipalité de Beijing, certains départements gouvernementaux commencent à acheter les services de bienfaisance des ONG, on estime que c’est une initiative encourageante.
D’un côté, le gouvernement peut en profiter pour redéfinir les fonctions des pouvoirs publics, simplifier les structures administratives, améliorer l’efficacité et compléter l’insuffisance des services de bien-être public ; de l’autre côté, le problème financier des ONG est plus ou moins réglé. C’est un grand pas vers l’avenir d’une « grande société et un gouvernement minimal ». Cette initiative a mobilisé la force des ONG pour les opérations de bien-être populaire qui sont hors de la sphère de compétence du gouvernement et des entreprises. Un mécanisme de soutien gouvernemental à long terme en faveur des ONG est ainsi en formation. Bien que ce ne soit qu’une forme embryonnaire d’un véritable achat des services et qu’il existe beaucoup d’aspects à perfectionner, surtout dans le domaine du régime, on est quand même optimiste pour l’avenir de cette nouvelle coopération.
China Newsweek publié le 16 août, No. 30 2010
L’avenir des hebdomadaires d’informations
Frappé par la concurrence des nouveaux médias et par la crise économique, Newsweek, deuxième hebdomadaire d’actualités américain a finalement déposé le bilan. Mais ce n’est qu’un cliché, révélateur de l’ensemble des hebdomadaires d’actualités, voire des publications en papier aux Etats-Unis, qui sont en déclin.
En revanche, dans les marchés en émergence, les magazines d’actualités sont en développement. On cite notamment la Chine comme exemple.
L’économie chinoise, beaucoup moins influencée par la crise économique, se développe rapidement ; la classe moyenne en expansion fournit plus de lecteurs ; au contraire des magazines américains, il n’existe ni une liaison étroite entre la quantité de publication et les publicités, ni une pression extérieure sur le marché des médias chinois qui demeure relativement fermé ; de plus, les coûts de production ne sont pas très élevés. Au niveau du public, puisque, théoriquement, le parti au pouvoir, le gouvernement et les lecteurs partagent tous les mêmes intérêts, il est facile de créer un média pour tout le monde.
Il est aussi intéressant de voir que « The Economist », magazine britannique, a connu un grand succès aux Etats-Unis.



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