Rédacteur :
Christine, Yu CHEN
Visite de XI Jinping aux Etats-Unis
Weekend du Sud publié le 9 février, P.A7
Un voyage de retrouvailles, de présentation et de préparation
Selon le public, les médias et les observateurs des affaires diplomatiques, le voyage de 5 jours du vice-président Chinois Xi Jinping aux Etats-Unis est la plus importante visite officielle de M. Xi avant le 18ème congrès du Parti communiste chinois. Il fera face directement aux relations bilatérales les plus compliquées et les plus importantes dans le monde, c’est aussi une opportunité pour faire connaître ses qualités politiques et ses compétences diplomatiques aux Américains.
Outre Washington et Los Angles, le Vice-président visite aussi Muscatine, une petite ville de l’Iowa, il retrouvera des gens chez qui il avait séjourné en 1985 lors de sa première visite officielle à l’étranger. La visite à Muscatine appréciée positivement par les médias et les milieux intellectuels américains est considérée comme une visite non-officielle impressionnante de la part du dirigeant chinois.
Il est évident que le voyage de Xi Jinping est une visite diplomatique tous azimuts touchant de multiples domaines. Mais il faut bien noter qu’actuellement les relations sino-américaines ne sont pas faciles. Shi Yinghong, professeur à l’Université du peuple, estime que les Américains n’attendent pas de régler tous les problèmes et divergences bilatéraux par une seule visite. Ils veulent mieux connaître ce futur dirigeant chinois en lui faisant connaître certains points de vue politiques de la partie américaine. Selon les médias et les intellectuels américains, au lieu d’enregistrer des progrès sur quelques sujets précis, la signification de la visite de Xi Jinping est de faire connaitre l’un à l’autre les points de vue essentiels et les situations respectives.
Malgré tous les problèmes des relations sino-américaines, la visite de Xi Jining aux Etats-Unis a été attentivement conçue : le vice-président est accompagné de 6 délégations commerciales, les sujets de discussion varient de la sécurité régionale aux différends commerciaux, en passant pas les questions du taux de change, des droits de l’homme, de la Mer de Chine méridionale et de la propriété intellectuelle.
Face aux relations sino-américaines compliquées et changeantes, c’est plutôt une visite préparatoire, estime Prof. Zhu Feng de l’université de Pékin.
Nan Feng Chuang du 15 au 25 février, No. 4 2012
Les significations de la visite de Xi Jinping
Interview spéciale de Ni Feng, Directeur adjoint de l’Institut d’études américaines à l’Académie chinoise des sciences sociales
Les dates de la visite de XI Jinping ont été soigneusement choisies. Actuellement, les relations sino-américaines sont caractérisées par des concurrences s’accentuant. Cette situation exercera une grave influence non seulement sur ces deux pays, mais aussi sur la région de l’Asie de l’Est voire le monde entier. L’avenir des relations sino-américaines est devenu une question de plus en plus brûlante pour les dirigeants chinois et américains. La Chine et les Etats-Unis changeront tous deux leurs équipes dirigeantes cette année. Il est évident qu’au cours de la période des élections, la politique intérieure américaine exercera une influence négative sur les relations sino-américaines. Mais en même temps, le gouvernement américain attend aussi des relations bilatérales relativement stables. Dans ce contexte, connaître le point de vue du futur dirigeant chinois sur les relations sino-américaines est très important aux yeux des Américains.
Quant à la partie chinoise, des relations sino-américaines stables constituent une condition préalable pour bien profiter de cette période pleine d’opportunités stratégiques dont le noyau est un environnement extérieur stable. Comment renforcer la confiance mutuelle sino-américaine en dissipant les doutes, c’est là une tâche importante pour la Chine. Les relations sino-américaines sont importantes et compliquées. Il existe un grand écart entre ces deux pays dans les domaines de l’idéologie, de la culture sociale et des intérêts stratégiques, il manque aussi une confiance mutuelle stratégique. D’autre part, la Chine et les Etats-Unis partagent des intérêts économiques communs sans précédent. Cette situation importante et complexe exige plus d’attention des dirigeants suprêmes des deux pays. Sans les échanges de visites de haut niveau, il y aura beaucoup plus de problèmes que maintenant.
La politique américaine envers la Chine s’est durcie depuis 2010 et cette tendance sera très difficile à changer pour quiconque sera le prochain président américain. Depuis la conférence de Copenhague sur le climat, les relations sino-américaines sont entrées dans une période de « transition instable ». La raison centrale en est le changement des rapports de force entre la Chine et les Etats-Unis, sensiblement aggravé par la crise économique. Les concurrences entre la Chine et les Etats-Unis continuent de s’intensifier, le gagnant-gagnant semble plus difficile à réaliser.
Face au déplacement vers l’est du centre d’intérêt stratégique américain, la Chine doit d’abord rester calme. Ensuite, il est nécessaire de rendre optimiste la partie américaine sur le futur des relations sino-américaines. Maintenant, il est encore trop tôt pour parler d’accord tacite ou d’entente, mais il est possible d’inventer une nouvelle mentalité favorisant la coexistence pacifique entre la Chine et les Etats-Unis dans la période « post-déplacement ».
Depuis 2010, beaucoup de problèmes entre la Chine et les Etats-Unis sont provoqués par des facteurs tiers qui étaient la base de la coopération sino-américaine et joueront probablement un rôle de plus en plus important dans les relations sino-américaines. C’est une nouvelle question à laquelle la Chine et les Etats-Unis doivent faire face conjointement.
Weekend du Sud publié le 16 février, P.F29
La Chine et les Etats-Unis doivent montrer le dessous de leurs cartes
Par Cao Xin
Au niveau des peuples, la visite de XI Jinping aux Etats-Unis est considérée comme un voyage destiné à « donner le ton » aux relations sino-américaines pour les 10 ans à venir. Selon l’auteur, l’important est de savoir comment coexistent la Chine et les Etats-Unis dans le monde. Actuellement, les relations sino-américaines pourraient facilement se développer vers le bas. Les divergences sur les questions de l’Iran et de la Syrie en sont le dernier exemple. En fait, si les Etats-Unis veulent véritablement coopérer avec la partie chinoise, la façon d’agir correcte est de 1/ garantir les intérêts légitimes actuels et à venir de la Chine dans les régions concernées ; 2/ ne pas provoquer de situation agitée ni de douleur des populations locales, c’est-à-dire ne pas créer un nouvel Iraq.
Afin de réaliser des coopérations stables, la Chine et les Etats-Unis doivent se faire comprendre et se montrer le dessous de leurs cartes.
Caijing Magazine publié le 13 février, No. 4 2012
Couverture : le « tourisme de transplantation » en Chine
Dépendante des réseaux entre les intermédiaires, des jeunes pauvres qui vendent leurs propres reins, des entrepreneurs des établissements médicaux, des docteurs recherchant des gains et des patients étrangers qui en ont besoin, une chaine complète de trafic d’organes s’est ainsi formée.
Sans compter le besoin des étrangers, chaque année, parmi les 1,5 million de patients chinois inscrits sur les listes d’attente, il n’y a que 10 000 d’entre eux qui bénéficient d’une greffe, le pourcentage s’élève à 1 pour 150. En même temps, à cause de l’absence d’un système de don d’organes, d’un contrôle médical inefficace et de lacunes juridiques, c’est « naturellement » qu’a surgi le marché au noir de la transplantation d’organes.
Chaque année, plus d’un million de patients atteints par la néphropathie survivent à l’aide de la dialyse. En 2011, il n’y a eu que 4000 greffes légales en Chine. Les profits exorbitants dus à l’écart entre l’offre et la demande ont fait naître des opérateurs du trafic de reins, qui satisfont non seulement la demande du marché intérieur, mais aussi font de la Chine la destination du « tourisme de transplantation » pour beaucoup de patients étranger. Un « donneur » de rein sera payé quelques dizaines de milliers de yuans.
Dans la chaîne du trafic de reins, l’Internet joue un rôle très important : beaucoup d’intermédiaires cherchent leurs cibles en ligne. Vue la situation grave du trafic d’organes, le gouvernement chinois promeut activement le don d’organes et la légalisation de la transplantation d’organes. La Chine est depuis longtemps embarrassée par la pénurie chronique d’organes et la pression intérieure et extérieure à l’égard de la transplantation d’organes à partir des condamnés à mort ainsi que l’achat et la vente d’organes des donneurs vivants.
Pour sortir de la pénurie grave d’organes, il est nécessaire de clarifier et de faire connaître les formalités pour le don d’organes, d’essayer d’élaborer des mesures sur le don d’organes payant visant à protéger les intérêts des donneurs et de leurs familles ainsi que de perfectionner les principes de répartition équitable des organes.
Weekend du Sud publié le 9 février, P.A6
L’évolution du système d’identification sous la véritable identité
La municipalité de Pékin a annoncé le 7 février qu’à partir du 16 mars, les micro-blogueurs chinois utilisant Sina, Sohu, Netease et Tencent, les quatre principaux portails de microblogging en Chine, devraient s’identifier avec leur véritable identité. Les internautes détenteurs d’un compte de micro-blog enregistré à Pékin sous un nom d’emprunt ne pourront bientôt plus « poster » ou « transférer » de messages. Les internautes enregistrés avec leur identité véritable peuvent continuer à utiliser leur nom d’emprunt sur les micro-blogs.
En fait, c’est la dernière campagne du système d’identification sous la véritable identité en Chine. En tant que moyen de gestion publique, ce système est largement appliqué en Chine et pénètre dans presque tous les domaines de la vie quotidienne. Du système financier au nom personnel au système d’indentification des utilisateurs des téléphones portables, en passant par les billets de train nominatifs, l’achat de bicyclettes, de porc, de couteau voire de contraceptifs dans certains endroits, chaque fois, la mise en œuvre de tout système d’enregistrement nominatif provoque de vives controverses.
Lors de la mise en œuvre de ce système, tout service administratif est animé par une logique raisonnable et une belle première intention : à l’origine, préserver la crédibilité de la société ; aujourd’hui, les bons remèdes pour maintenir la stabilité, mais les résultats de la plupart des mesures ne sont pas satisfaisants. Quand on passe en revue les systèmes d’identification successifs, peu d’entre eux ont finalement réalisé la première intention des élaborateurs, les autres, soit n’existent plus que de nom, soit se trouvent dans une impasse.
Au moment où le gouvernement chinois s’apprête à mettre en œuvre le système d’enregistrement nominatif pour internet, plusieurs incidents de divulgation des informations privées en ligne ont été exposés. En tant qu’exemple à suivre pour la Chine, la Corée du Sud, premier et seul pays dans le monde à avoir pratiqué le système d’enregistrement nominatif pour internet depuis 4 ans, a décidé de l’abandonner progressivement. Mais la détermination de la Chine n’a pas du tout changé : fin 2011, la municipalité de Pékin a répondu à la pression de l’opinion publique provoquée par les micro-blogs en mettant en application le système d’identification des microbloggeurs.
Utilisé pour régler tout problème épineux, le système d’indentification risque d’être utilisé de manière abusive. Tan Jun, secrétaire général du centre d’études sur les politiques à l’Académie des sciences sociales de Chine, indique que le système d’identification sous le vrai nom ne doit appliquer que dans les domaines relatifs à la crédibilité personnelle ou à la sécurité nationale. Dans d’autres domaines, il est nécessaire d’accorder un maximum de liberté au peuple.
Et dans la vie réelle, le système d’indentification commence à toucher la vie privée du peuple. Le 17 juillet 2010, la municipalité de Wuhan a rendu public les noms réels de quelques personnes impliquées dans une affaire de prostitution. En mars 2011, encore à Wuhan, les noms réels de 40 habitants qui avaient grillé des feux rouges ou jeter délibérément des déchets avaient été publiés dans les médias locaux.
China Newsweek publié le 13 février, No. 4 2012
Couverture : Polémique en ligne entre Han Han et Fang Zhouzi
Evidemment, la polémique entre le célèbre « flic scientifique » Fang Zhouzi et le populaire auteur Han Han est considérée comme un carnaval du cybermonde. Au bout d’une dizaines de jours, les discussions se sont progressivement concentrées sur la frontière entre la liberté d’expression et la protection du droit à la réputation des individus.
Le peuple chinois et les milieux intellectuels chinois recherchent et soignent depuis longtemps la liberté d’expression, ils sont aussi de plus en plus sensibles au droit à la réputation des individus. Bien que la liberté d’expression et le droit à la réputation soient protégés par la Constitution, à cause de diverses raisons diverses, la plupart des Chinois n’arrivent pas à distinguer clairement la frontière entre ces deux droits, certaines décisions des tribunaux sont même en conflit.
La polémique entre Han Han et Fang Zhouzi est probablement une opportunité pour approfondir ces discussions et promouvoir la clarification de la frontière entre la liberté d’expression et le droit à la réputation des individus.
Il faut bien protéger la liberté d’expression en clarifiant la frontière avec le droit à la réputation des individus, pour créer une société saine où tout le monde jouit du droit de mettre en question et ne pourra pas facilement être injustement accusé non plus.



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