Revue des hebdos chinois (12 au 16 juillet 2010)

Le service de presse de l’ambassade vous propose chaque semaine une synthèse en français des principaux sujets d’actualité traités par une sélection de magazines chinois. Cette semaine : Ralentissement de la croissance économique chinoise, la nouvelle industrie des sondages d’opinion publique en ligne ainsi que la position de l’Allemagne en...

Article

Revue des hebdos chinois (12 au 16 juillet 2010)

Paru le : 20 juillet 2010

Le service de presse de l’ambassade vous propose chaque semaine une synthèse en français des principaux sujets d’actualité traités par une sélection de magazines chinois. Cette semaine : Ralentissement de la croissance économique chinoise, la nouvelle industrie des sondages d’opinion publique en ligne ainsi que la position de l’Allemagne en Europe.

Rédacteurs :
Yo-Jung Chen, Christine CHEN Yu

Nouveau siècle publié le 12 juillet, No. 28 2010
Faire face au ralentissement de la croissance économique

Suite à une série de mesures économiques, la croissance commence à ralentir. Aux troisième et quatrième trimestres, la croissance diminuera des 10.5% actuels vers 8% ou 9%, puis devrait passer sous la barre des 8% début 2011. De l’avis des économistes, ce ralentissement est tout à fait naturel et il faut en profiter pour réaliser la transformation économique de la Chine. Les politiques de contrôles seront maintenues sans que davantage de rigueur financière ne soit envisagée. L’important est d’établir un nouveau mécanisme : il ne faut pas retomber dans l’ancien schéma consistant à relâcher les politiques monétaires et à augmenter les prêts pour stimuler l’économie.

Pour Mme Wu Xiaoling, vice-présidente du Comité des affaires financières et économiques de l’Assemblée Nationale Populaire, il ne faut pas avoir peur du ralentissement de la croissance. Cette année, le gouvernement central accorde la priorité à la restructuration économique et à la transition du mode de développement économique. La mise en œuvre de ces deux missions, proposées depuis une dizaine d’années, conduit nécessairement au ralentissement de la croissance économique mais ce n’est pas inquiétant car il est temps de ralentir un peu pour accorder plus d’importance à la qualité de cette croissance. Le fait que l’on s’accroche trop aux chiffres de croissance plutôt qu’à la réponse aux questions réelles, conduira à des erreurs politiques.

D’après M. Huang Yiping, économiste en chef du « Caixin Medias » et professeur à l’Institut d’études sur le développement national de l’Université de Beijing, ce ralentissement est la conséquence naturelle de la régulation gouvernementale visant à contrôler la surchauffe économique. Il montre par ailleurs que les mesures économiques adoptées ont produit les résultats attendus et contribuent à atténuer l’aggravation de certaines contradictions structurelles. Dans ce sens, le ralentissement est un changement positif et, malgré les facteurs de risques que comporte l’économie chinoise, ce n’est pas du tout le moment de « vendre la Chine à découvert ». L’auteur est cependant relativement pessimiste sur l’avenir de l’économie et du marché chinois : il estime que les véritables problèmes économiques n’éclateront probablement que dans trois ans et qu’il faut s’efforcer de régler les problèmes dès maintenant, en particulier celui du déséquilibre structurel.

Mme. Xue Lan, co-associée d’une agence de communication, estime quant-à-elle que le gouvernement doit trouver de nouvelles idées de contrôle et de régulation et que le 2e train de mesures de stimulation n’est pas adéquat.

 International

China Newsweek publié le 12 juillet, No. 25 2010
L’Allemagne trahira-t-elle l’Europe ?

Avec la crise en Europe, certaines voix s’élèvent de plus en plus fortement pour préconiser le retrait de l’Allemagne de la zone Euro. Cette idée s’exprime aussi bien chez les opposants à l’Euro Allemands que chez ceux d’autres pays européens. Les premiers refusent de se résigner à la fin du mark allemand tandis que les autres estiment que les politiques économiques et financières allemandes imposent une énorme pression aux autres pays membres de la zone Euro. Mais en réalité, le mécanisme imparfait de retrait de l’UE et l’étroitesse des liens d’intégration européenne depuis une dizaine d’années rendent pratiquement impossible une sortie de l’union.

Malgré la demande des autres pays, l’Allemagne se prépare à arrêter sa politique de stimulation économique et à mettre en œuvre à la place des mesures de rigueur financière, ce qui va conduire d’autres pays européens à l’imiter. La nouvelle politique financière allemande trouve enfin du soutien auprès de l’Union européenne, bien que les experts estiment qu’il est difficile de faire repartir la croissance économique et de sortir de la crise dans un tel contexte de rigueur financière, le risque étant que l’Europe sombre désormais dans la stagflation sur une longue période.

Lors du dernier sommet de l’UE, les pays membres ont insisté sur la nécessité d’approfondir l’intégration et se sont aussi dits prêts à partager la responsabilité de la gestion de l’union ainsi qu’à renforcer la coopération afin d’améliorer la gouvernance européenne et perfectionner le système politique européen.

Au 21ème siècle, il est inévitable que le poids de l’Allemagne augmente dans la gouvernance européenne, mais cela pose de nombreuses questions : les autres pays européens seront-ils prêts à accepter que l’Allemagne prenne plus de responsabilité dans la direction de l’Europe ? Comment assurer une direction commune avec d’autres pays alliés au sein de l’UE, tels que la France et la Grande Bretagne ?


Nan Feng Chuang du 14 au 27 juillet, No. 15 2010
Les grands changements de la diplomatie russe

Récemment, lors des violents affrontements interethniques au Kirghizistan, la Russie a refusé par deux fois de fournir l’aide militaire demandée par le gouvernement provisoire kirghize. A l’inverse du point de vue des médias occidentaux, l’auteur croit y voir un changement important de la diplomatie russe : dans la région de l’ancienne Communauté des Etats indépendants, la Russie accorde désormais plus d’importance aux influences économiques que militaires ; au niveau international, la Russie a abandonné l’attitude ferme envers l’Occident qu’elle avait affichée lors de la guerre en Géorgie et s’attache maintenant à développer les relations avec les pays développés en adoptant une attitude consultative, pragmatique et coopérative.

La Russie donne aussi la priorité au développement des relations avec les anciens pays membres de la Communauté des Etats indépendants, mais il ne s’agit plus d’intervention telles que celles qui étaient de mise du temps de l’URSS. Les relations bilatérales se normalisent et sont basées sur des bénéfices économiques réciproques et des coopérations pragmatiques.

 Chine

China Newsweek publié le 12 juillet, No. 25 2010
Construire un Parti assaini

Lors d’une conférence de presse du Département de l’Organisation du CC du PCC, un journaliste du CNN a posé une question sur la motivation d’adhésion des membres du Parti d’aujourd’hui. D’après lui, le PCC a connu une crise des vocations : certains des 80 millions de membres du PCC prenant leur statut comme un raccourci vers le profit matériel. Bien que le débat sur la crise des vocations soit ouvert depuis quelques années au PCC, le porte-parole du Département a nié l’existence d’une crise tout en reconnaissant qu’une minorité de personnes adhéraient pour des motifs incorrects. Il a aussi indiqué que, très prochainement, en plus des longues périodes de mise à l’épreuve avant l’adhésion définitive, la formation continue à l’intérieur du Parti sera aussi renforcée. De plus, il a ajouté qu’il es nécessaire d’améliorer le mécanisme d’exclusion des membres indignes du Parti afin de garantir la pureté et le caractère progressiste du PCC.


Nan Feng Chuang du 14 au 27 juillet, No. 15 2010
Lutter contre la force mafieuse de façon radicale

L’apparition de la mafia en Chine pendant la période de transition sociale, ainsi que son l’aggravation récente du phénomène, sont étroitement liées aux maux systémiques lors de cette période, et en particulier à l’absence de gouvernance par la loi. Quand la population aura plus confiance dans l’Etat de droit, elle sera convaincue que l’Etat obéira à la loi, et la force mafieuse n’aura alors plus beaucoup d’espace d’action. La construction d’un Etat de droit contribue donc à soutenir les mesures drastiques pour lutter contre la mafia.


Nan Feng Chuang du 14 au 27 juillet, No. 15 2010
Réflexion sur le mode de la campagne « Frapper Fort »

La logique d’emploi de la violence pour lutter contre la violence ne peut ni apporter la justice authentique, ni établir l’esprit du droit ou la civilisation institutionnelle. Plus qu’un terme juridique, « Frapper Fort » est en fait une expression souvent utilisée dans la politique pénale des gouverneurs, cela provoque depuis longtemps des controverses entre le milieu judiciaire et les intellectuels de la science juridique. Les experts remettent très souvent en question la légitimité et le bien-fondé de cette campagne.

Qin Deliang, expert juridique à l’Université des Nationalités du Sud-ouest, signale que la politique du « Frapper Fort » en Chine est dotée de vifs caractères politiques, militaires, administratifs et de la dictature de classe. Le « Frapper Fort » est en fait une sorte de pensée militaire qui tend à traiter la société comme si elle était en état de guerre permanente. De plus, l’application d’une telle politique est le résultat de l’accumulation de contradictions résultant de l’inaction constatée en temps ordinaire. M. Qin espère que les polices de Beijing et de Chongqing montrent le bon exemple, notamment par la purge du milieu policier.

La campagne ne doit pas viser seulement les bas-fonds de la société car les couches supérieures munies de la richesse et du pouvoir concentrent plus de problèmes et de dangers pour la société. Punir la corruption et réduire l’écart entre riches et pauvres sont donc deux aspects fondamentaux nécessaires pour garantir la stabilité sociale en Chine.


Nan Feng Chuang du 14 au 27 juillet, No. 15 2010
Rivalité mortelle derrière les produits sanguins

Suite à un assainissement radical du marché des produits sanguins en 2006, les hôpitaux en Chine ont connu une pénurie de produits sanguins encore plus grave qu’avant. Par contre, il existe maintenant une offre abondante sur le marché noir.

Les problèmes des produits sanguins ne se limitent plus aujourd’hui aux simples questions de prix élevé, d’adultération ou d’insuffisance de matière première : il existe également de vives rivalités entre une multitude de groupes d’intérêts du secteur. D’après les professionnels, la question se résume au fond à une contradiction entre les producteurs à la recherche des bénéfices, le contrôle gouvernemental et les mesures visant à faire baisser le prix des médicaments. En tenant compte d’une série de mesures, de la sécurité des patients et des différents intérêts, le gouvernement, qui a toujours les mains liées face aux intérêts en jeu, ne parvient toujours pas à remédier aux difficultés de ce marché de plus en plus déformé.


Phoenix Weekly publié le 5 juillet, No. 19 2010
La nouvelle industrie des sondages d’opinion publique en ligne

Suite à l’essor de l’Internet chinois depuis 2008, des entreprises sondant l’opinion publique en ligne ont surgi comme des champignons après la pluie. Aujourd’hui, il existe au moins une trentaine de fournisseurs de logiciel de surveillance. Bien que ce soit encore un secteur tout à fait nouveau, stimulé par une belle perspective de marché, une nouvelle chaîne industrielle s’est déjà formée : en amont, la clientèle se compose des départements gouvernementaux et de nombreuses entreprises ; au milieu, ce sont des établissements fournissant le service de surveillance ou des entreprises de consultations ; mais une industrie apparait également en aval avec des entreprises dont la spécialité est de faire disparaître des informations en ligne à la demande des clients particuliers, ou encore d‘entreprises de relations publiques en situation de crise.


Cette revue de la presse hebdomadaire chinoise est une synthèse d’articles publiés dans les magazines en Chine. Les articles présentés dans cette revue sont sélectionnés pour leur représentativité des courants et tendances dans ce pays. Ils reflètent l’avis de leurs auteurs et n’engagent en rien la position ni le point de vue de l’Ambassade de France en Chine.
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