Rédacteur :
Christine Chen Yu
Phoenix Weekly, publié le 5 juillet, No. 19 2011
Couverture : la renaissance de Kashgar
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- Couverture Phoenix Weekly
Kashgar est le seul endroit du monde où la physionomie originale d’une ville islamique du 17ème siècle est complètement conservée. Mais en même temps, cette ancienne ville est aussi menacée par les séismes. Dans ce contexte, le gouvernement chinois a annoncé, à plusieurs reprises depuis 2001, la démolition et la reconstruction de Kashgar, mais il y avait eu peu d’avancement et ce projet avait progressivement attiré l’attention du monde entier.
Depuis l’été 2010, un nouveau projet de reconstruction a démarré dans le calme à Kashgar et avance très vite grâce à la confiance des habitants. Parce que cette fois-ci, les cadres locaux font des enquêtes porte-à-porte pour préparer des plans de reconstruction en fonction de la situation réelle de chaque famille.
Selon les intellectuels ouïgours, le chemin du salut pour l’ethnie est la transition d’une société agricole et artisanale vers une société industrielle et commerciale. A l’issue de la reconstruction réussie de l’ancienne ville de Kashgar, l’autre mission très difficile à long terme est de modifier la conception et le mode de vie des Ouïgours pour les aider à entrer dans une société moderne. La reconstruction n’est que le début de la renaissance ouïgoure.
Aux yeux du magazine, les émeutes du 5 juillet 2009 à Urumqi marquent aussi un tournant des politiques du gouvernement central envers la province du Xinjiang. Après la conférence sur le développement du Xinjiang qui s’est tenue en mai 2010, la priorité s’est déplacée de la lutte anti-sécession vers le développent économique. La province du Xinjiang, longtemps attachée au maintien de la stabilité, entrera probablement dans une période de transition pleine de possibilités.
China Newsweek publié le 11 juillet, No. 25 2011
Couverture : Donnez-moi votre argent
« Rembourser les prêts pour la construction des autoroutes grâce aux péages » a permis le développement des réseaux routiers chinois au cours des 30 dernières années. Mais aujourd’hui, les plaintes montent contre cette politique, parce qu’il semble que la perception de cette taxe se poursuive ad vitam aeternam.
Le 20 juin, cinq ministères chinois, dont la Commission nationale du développement et de la réforme et le Ministère des finances, ont déployé conjointement une campagne nationale visant à déceler les cas de perception arbitraire des frais routiers, tels que le péage au-delà de la période fixée, le tarif très élevé ou la perception injuste. Malgré les louanges faites à cette mesure, son efficacité est mise en question.
En fait, les rivalités d’intérêts entre plusieurs parties, administrations et provinces ont rendu très compliqué le problème des péages routiers en Chine. Bien que le gouvernement central ait répété ses ordres à maintes reprises, il est difficile pour les gouvernements locaux de prendre des mesures efficaces, parce que, tout en étant bénéficiaires des péages routiers, ils assurent aussi la responsabilité directe de la lutte contre les perceptions arbitraires. L’opacité des informations sur les péages routiers empêche l’intervention et la surveillance effectuées par le public et les médias. Les investissements financiers insuffisants des gouvernements central et locaux, la réforme incomplète des taxes sur l’essence ainsi que les lacunes dans les lois et règlements concernés ont kidnappé les intérêts communs en négligeant le caractère public des routes.
Au fond, il faut modifier l’actuel mode de développement routier en le transformant d’outil du développement économique en instrument d’utilité publique, afin de régler le problème très compliqué des péages par des mesures institutionnelles et faire bénéficier les dividendes de la réforme à l’ensemble de la société.
Phoenix Weekly, publié le 5 juillet, No. 19 2011, interprète le nouveau dynamisme des médias nationaux d’une vision différente que l’autre article dans le magazine du 25 juin, intitulé « Réflexion sur la surveillance des médias nationaux chinois »
Edito : le Quotidien du Peuple a retrouvé le chemin correct pour reconstruire la crédibilité du gouvernement
Depuis quelques mois, le Quotidien du Peuple, organe de presse officiel, a publié toute une série de commentaires intéressants, dont le ton diffère grandement de celui qu’il avait jusque-là. Ce changement est considéré comme un test par le gouvernement dans le but de rétablir sa crédibilité. Les reportages beaucoup plus libres de CCTV témoignent aussi de cette tendance, surtout pour ce qui est de l’actualité diffusée par le canal anglophone (CCTV9).
Pendant une période, la crédibilité du gouvernement chinois, surtout au niveau des gouvernements locaux, a été préoccupante. Quand surgissent des incidents liés aux conflits d’intérêts, les décisions et explications du gouvernement sont tout de suite remises en question par le public. Plus le gouvernement dément, plus largement se répandent les rumeurs. Ainsi surgit également une crise de gouvernance. Actuellement, l’honnêteté sociale et la crédibilité du gouvernement constituent les plus grands obstacles au développement de la société chinoise, y compris pour les médias d’ « organe officiel » qui se trouvent dans une situation embarrassante. Parce qu’en appuyant les actions du gouvernement, la plupart des médias officiels ne peuvent rester ni objectifs ni neutres. La crise de confiance surgit aussi dans ce domaine.
Afin de sauvegarder la sécurité nationale et la stabilité sociale, il est nécessaire de modifier cette situation. En réalité, le gouvernement chinois s’efforce depuis longtemps de rétablir la crédibilité de tout le système au pouvoir dont les médias officiels, mais, à part les commentaires récents du Quotidien du Peuple, le bon chemin n’a pas encore été trouvé. Cette fois-ci, au lieu de demander au peuple de rester calme, stable, raisonnable et retenu, le journal exprime souvent ses vues en partant de la position du peuple. Le gouvernement doit abandonner la pensée selon laquelle « la divergence de vues signifie l’hostilité ». Il doit écouter autant que possible les voix des divers milieux de la société, répondre sans délai aux doutes exprimés par le peuple et adopter une attitude juste à l’égard de la volonté du peuple. Il est nécessaire de mettre en place des mécanismes efficaces destinés à concilier au mieux les intérêts des uns et des autres, d’exprimer des plaintes et revendications, de régler les désaccords et de protéger les droits et intérêts.
De plus, un espace d’opinion publique sain a aussi besoin de voix différentes, outre la page des commentaires du Quotidien du Peuple et la chaîne anglaise de CCTV, d’autres journaux officiels ainsi que les journaux locaux représentés par ceux du Nanfang Médias groupe, doivent aussi suivre cette tendance pour jouer un rôle important dans ce moment crucial de la réforme où s’intensifient les contradictions sociales et les conflits entre le gouvernement et le peuple.
Cette semaine, Taïwan est aussi un sujet brûlant dans les magazines chinois. Phoenix Weekly, publié le 5 juillet, No. 19 2011 publie trois articles sur ce sujet.
Face aux tensions en Mer de Chine méridionale, le gouvernement de MA Yingjiu a durci son attitude depuis mi-mai en soulignant à plusieurs reprises la souveraineté de la « République de Chine » sur les îles (Spratleys) Dongsha et les îles (Paracel) Nansha. A Taiwan, on discute même de la possibilité de faire stationner à nouveau des troupes en Mer de Chine méridionale.
Le 15 juin, lors d’une conférence de presse du Bureau des affaires taïwanaises du Conseil des affaires d’Etat chinois, le porte-parole YANG Yi a affirmé que la défense de la souveraineté des îles Nansha et de la zone maritime voisine relève de la responsabilité commune des Chinois habitant de part et d’autre du détroit de Taïwan. C’est la première fois dans histoire que le gouvernement chinois exprime une telle attitude. Certains estiment que Pékin est en train de faire signe à Taipei de mener une coopération pour défendre les îles contestées. Est-ce que Taiwan répondra positivement à la proposition du gouvernement chinois ?
FU Kuncheng, expert taïwanais en droit maritime, rappelle que depuis 60 ans, la position taïwanaise sur le problème de la Mer de Chine méridionale n’a jamais changé. En apparence, c’est une bonne occasion de coopération et de défense du territoire de la nation chinoise. Mais à l’heure actuelle, cet objectif ne pourra pas se réaliser facilement, parce qu’à l’approche des élections présidentielles taïwanaises, MA Yingjiu, le président sortant, restera circonspect en évitant toute action radicale susceptible de favoriser les attaques de son adversaire, le parti démocrate-progressiste. Mais de toute façon, Taiwan et les relations entre les deux rives du détroit sont en train de connaître de très grands changements, et il est très possible que ladite coopération se réalise dans un proche avenir.
Et aux yeux des intellectuels chinois, Taiwan constitue un facteur non négligeable dans le règlement du problème de la Mer de Chine méridionale.
La législation taïwanaise favorisant l’asile politique des personnes de Chine continentale
Début juin, Taïwan a révisé la réglementation sur les relations entre les deux rives du détroit de Taiwan dans le but de favoriser le développement du voyage individuel des habitants de Chine continentale à Taïwan. En même temps, les personnes à la recherche de l’asile politique à Taiwan bénéficieront de cette révision qui a assoupli les restrictions en matière d’immigration légale en provenance de la Chine continentale pour des raisons politiques.
Depuis des années, parmi les demandeurs d’asile politique en provenance de Chine continentale, les fonctionnaires soupçonnés de corruption et les voyageurs quittant le groupe touristique de leur propre chef sont tous rapatriés par la partie taïwanaise, et il n’y a qu’une partie des dissidents qui ont obtenu le droit de résidence à Taiwan. Et parmi les soi-disant réfugiés de Chine continentale actuellement à Taiwan, la plupart sont des séparatistes du Tibet, soit environ 300 personnes. Ces personnes constituent un danger latent pour la société taïwanaise, parce que beaucoup d’entre eux proviennent de Dharamsala (Inde), comptant parmi eux des réfugiés indiens et népalais.
Mais malgré tout, LAI Xingyuan, responsable des affaires continentales de Taiwan ne pense pas que la situation soit très grave. D’après elle, suite à la mise en place du voyage individuel libre à Taiwan, le gouvernement chinois installera aussi un mécanisme d’examen.
Le gouvernement chinois sanctionne efficacement les marchands de canons taïwanais
Depuis quelques années, la situation du détroit de Taiwan se développe calmement et pacifiquement, les relations entre les deux rives sont de plus en plus étroites. Mais la Chine continentale n’a jamais abandonné la lutte contre la mise au point de nouvelles technologies militaires et l’acquisition des armes à l’étranger par Taiwan. Selon les médias taïwanais, tous les hommes d’affaires impliqués dans les affaires du secteur militaire risquent d’être punis par le gouvernement chinois lors qu’ils font des affaires avec la Chine continentale.
D’après certains commentateurs avertis, malgré la situation pacifique du détroit de Taiwan, la Chine continentale ne relâche ni les préparatifs militaires envers Taïwan ni la lutte contre les acquisitions « inconvenantes » d’armes par Taiwan. D’ailleurs, la ligne de l’édification de l’armée taïwanaise est toujours sur la base de « l’hostilité envers la Chine continentale et le refus de la réunification ».



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