Rédacteurs : François LEGUE, Christine CHEN
Economie
World Affairs Magazine publié le 1 février, No. 3
Euro : après le 10ème anniversaire, il faut continuer à faire des efforts
Depuis l’éruption de la crise financière, beaucoup de pays attendent une autre monnaie qui peut réparer les défauts du système monétaire international dominé par le dollar. C’était une opportunité pour l’euro, mais beaucoup de ses faiblesses se manifestent dans la crise financière en créant des obstacles : les imperfections du marché financier européen, la réaction un peu lente face à la crise financière ainsi que de nombreuses limitations de la stimulation de la croissance économique. Pour pouvoir lancer un vrai défi au statut du dollar, il faut continuer à approfondir l’intégration de l’Europe afin de changer la situation actuelle à l’intérieur de l’Europe : des discussions sans fin et la difficulté de prendre des décisions.
Relations Internationales
Xinmin Weekly du 16 au 25 janvier No. 3 2009
La protection hauturière des convois navals et les relations sino-américaines
Par He Jingjun, chercheur sur les politiques et les cultures internationales
D’un point de vue des relations sino-américaines, la première mission en haute mer de la Marine chinoise est une opportunité précieuse mais aussi un défi éprouvant l’intelligence de la Chine.
La bonne intention du gouvernement des Etats-Unis
Le gouvernement américain a eu une réaction très positive concernant l’action de la Marine chinoise :
- primo, en tant que grande puissance, les Etats-Unis ont une confiance en soi stratégique (战略自信). Ils peuvent permettre à des pays de confiance d’appliquer leurs stratégies jusqu’à un certain point (有节制地) ;
- secundo, les Etats-Unis prennent l’initiative afin de savoir si la Chine reconnaît leur statut dominant à propos de la sécurité dans le Golfe d’Aden ;
- tertio, la diplomatie militaire entre la Chine et les Etats-Unis était presque interrompue à cause des ventes d’armes à Taiwan. La protection en haute mer constitue le premier essai du rétablissement de cette relation. Tous les deux pays en profitent.
- quarto, la Marine américaine est plus expérimentée dans la lutte contre les pirates somaliens, la Chine doit prendre le modèle américaine pour référence, c’est-à-dire, utiliser prudemment les forces afin d’éviter les blessés et morts.
Le sentiment hostile des Thinktanks (智库) américains
Contrairement au Gouvernement, les Thinktanks américains non-officiels sont hostiles contre cette action chinoise. Le souci des Thinktanks américains dans le cadre de la conscience collective a montré également une certaine inquiétude subconsciente de leur gouvernement. Dans ce contexte, bien que cette action chinoise vise tout simplement à la lutte contre les pirates qui sont devenus déjà une menace non-traditionnelle, elle touche probablement les intérêts à long terme de certains pays, la Chine doit répondre à ce problème et le résoudre avec intelligence afin d’éviter les confrontations stériles.
Xinmin Weekly du 16 au 25 janvier No. 3 2009
Pourquoi le Japon envoie-t-il des troupes en Somalie ?
Depuis cette année, le parti au pouvoir et le gouvernement japonais rédigent en toute hâte une nouvelle loi pour pouvoir participer à la lutte contre les pirates dans l’espace maritime somalien. Mais son vrai but est de stimuler la révision du 9ème article de son Constitution sous prétexte d’appliquer la décision du Conseil de la Sécurité de l’ONU. Le Japon, qui n’a pas encore tiré toutes les leçons de l’Entre-Deux-Guerres, veut toujours retourner sur la voie du « pays riche et troupes puissantes » et la lutte contre les pirates en Somalie est une opportunité qu’il aimerait saisir. Ces dernières années, la politique intérieure du Japon montre une tendance conservatrice, les groupes au pouvoir profitent de toute occasion pour réviser la Constitution afin d’envoyer des troupes à l’étranger. Les pays voisins doivent être assez vigilants.
Politique
Outlook weekly publié le 26 janvier, No. 4 2009
Reportage spécial : les Thinktanks (智库) chinois, sur la route du développement
Depuis 30 ans, la Chine est entrée dans la période où l’industrie intellectuelle se développe vigoureusement. Dans ce contexte, toutes sortes de thinktanks chinois ont émergés, mais le manque de préparation institutionnelle, l’écart entre le niveau de recherche et le besoin des services parasitent les échanges entre les demandeurs (des gouvernements à tous les niveaux et des entreprises) et les fournisseurs (toutes sortes de thinktanks). De fait, les thinktanks chinois sont très nombreux mais de niveau varié. Ces dernières années, les thinktanks chinois n’ont pas joué un rôle satisfaisant dans les domaines clés, surtout face à la crise financière et au changement de la situation économique chinoise.
Mais de l’autre côté, les thinktanks chinois ont connu « un âge d’or » du développement pendant ces 20 dernières années. Selon les statistiques, depuis la fin des années 90, la Chine a vu se développer plus de 2500 institutions de recherches en sciences sociales, 35 000 professionnels et 270 000 travailleurs. Parmi ces 2500 institutions, 2000 sont de la nature de thinktank qui sert directement ou indirectement le gouvernement en étudiant les politiques. Mais selon le rapport des thinktanks mondiaux en 2008, diffusé par l’Université de Pennsylvania, parmi les 5465 thinktanks dans le monde entier, il n’y a que 74 thinktanks de la Chine continentale qui sont reconnus, et les Etats-Unis restent encore au premier rang, soit 1777 en 2008.
Selon les lois et règlements chinois, les thinktanks en Chine se distinguent en 4 catégories :
- unités institutionnelles de personne morale : l’Académie des Sciences sociales de Chine,
- entreprises consultatives : Horizon Research Consultancy Group
- organes privés sans but lucratif : Unirule Institute of Economics
- institutions subordonnées des universités : Centre des recherches économiques de l’Université de Beijing
M. Xue Lan, Président de l’Institut des Politiques publiques et du ménagement de l’Université de Tsinghua, estime que les 3 derniers types de thinktanks non-officiels se développent plus vite en Chine, surtout les subordonnés des universités. Dans le futur, les problèmes sociaux et politiques seront de plus en plus compliqués, le gouvernent accordera de plus en plus d’importance aux consultations, les thinktanks chinois joueront un rôle plus important au cours du processus de décision politique et de plus en plus d’intellectuels et d’institutions effectueront des recherches concernant les thinktanks et le processus de décision politique.
Mais au moment de transition et dans un contexte social où les couches d’intérêts sont de plus en plus évidentes, la contradiction entre les moyens de fonctionnement et l’indépendance des recherches provoque des variations et des différentiations inévitables des thinktanks.
D’après M. Jiang Yong, Directeur du Centre de Sécurité de l’Institut des Relations internationales contemporaines, un des grands problèmes pratiques est le besoin de financement, nombre de fondations d’outre-mer et d’entreprises transnationales en profitent pour entrer dans le système de fonctionnement des thinktanks chinois. Bien que cela ne signifie pas une relation de dépendance, les influences existent plus ou moins, parce que parfois les fonds apportent aussi des critères d’évaluation et des valeurs extérieures. En fait, au niveau de recherche et d’analyse sur les questions stratégiques, il n’existe pas une distance importante entre les thinktanks chinois et les plus connus à l’étranger, voire au premier rang dans quelques domaines, mais il manque toujours un environnement favorable pour l’existence et le développement des thinktanks en Chine.
M. Li Xiguang, Directeur du Centre des recherches sur les communications internationales de l’Université de Tsinghua, l’imperfection du rôle social des thinktanks a beaucoup influencé la construction de « soft power » et la publicité de l’image positive d’Etat.
M. Zhang Yuyan, Directeur de l’Institut des Recherches sur l’Asie et la Pacifique de l’Académie des Sciences sociales de Chine, a donné des propositions au développement des thinktanks en Chine. Il faut d’abord créer un environnement avantageux des concurrences saines pour que les thinktanks puissent renforcer la capacité de production et la qualité des produits ; d’autre côté, les demandeurs des produits des thinktanks doivent soutenir ou développer les thinktanks concernés dans certains domaines en tenant pleinement compte de la situation concrète de la Chine et de leurs propres besoins.
En tant que organes consultatifs suprêmes de la Chine dans le domaine scientifique et technologique, l’Académie des Sciences sociales de Chine(中国社科院)et l’Académie d’Ingénierie de Chine (中国工程院) ont fourni des soutiens intellectuels inestimables. Plusieurs experts interviewés ont dit qu’il faut promouvoir le processus de législation dans le domaine consultatif et établir un système modernisé de consultation et de décision.
Depuis 32 ans, l’Académie des Sciences sociales de Chine reste toujours le sanctuaire des sciences sociales et humaines de la Chine et le plus important atelier pour les recherches des sciences sociales et des consultations politiques.
Selon le rapport d’évaluation des thinktanks dans le monde entier fait par les Etats-Unis, elle est au premier rang en Asie et au 25ème rang parmi d’autres thinkstanks non-américains. Aujourd’hui, l’Académie possède 21 instituts, 45 centres de recherches, elle touche à peu près 300 disciplines en deuxième ou troisième catégories dont 120 disciplines clés. Quant au personnel, il y a 1676 professionnels seniors, et plus de 1200 professionnels à l’échelon intermédiaire.
Les gouvernements locaux attachent aussi une grande importance aux thinktanks. l’Institut du Développement de Chine à Shenzhen(深圳综研院-CDI) et l’Institut des réformes et du développement de Chine au Hainan (中改院-CIRD) sont deux exemplaires remarquables.
Sorthern weekend publié le 5 févier 2008
Les thinktanks chinois ne sont qu’un Hanlinyuan (翰林院)
Par WU Jiaxiang
* Hanlinyuan, académie impériale chinoise à l’antiquité réunissant les élites des intellectuels sélectionnés par les concours impériaux, dont les membres exerçaient une influence sociale énorme.
L’auteur estime que les vrais thinktanks doivent avoir deux caractères essentiels : non-officiel et indépendant. Les « thinktanks » officiels comme l’Académie des Sciences sociales ne font que des recherches conformément aux ordres du gouvernement. En raison institutionnelle, la Chine manque d’organes des recherches qui savent bien travailler avec les prospectives, cela empêche le développement des vrais thinktanks en Chine.
Xinmin Weekly du 16 au 25 janvier No. 3 2009
Pour appliquer ses engagements politiques, le gouvernement doit avoir plus de transparence d’information
Interview de M. Yan Yiming, avocat de Shanghai
Le 7 janvier, M. Yan Yiming, a soumit des « demandes sur la transparence de l’information gouvernementale » au Ministère des Finances et à l’Commission nationale du Développement et de Réforme. Dans son dossier, il a posé 5 demandes à ces deux ministères, parce que selon le 9ème article des Règlements sur la Transparence gouvernementale, ce sont des informations que le gouvernement doit communiquer volontairement.
D’après M. Yan, depuis ces derniers 30 ans, le système juridique de la Chine a connu sa première perfection, mais le laxisme dans l’observation et l’application de loi reste toujours un grand problème pratique. Les citoyens ont le devoir d’encourager le gouvernement à respecter rigoureusement la loi.
Yanhuang Chunqiu (炎黄春秋)du janvier 2009
Editorial
Le succès des 30 ans de réforme et du développement peut être résumé en une phrase : élargir les droits civils. Cela conduit à la réforme dans les campagnes ainsi qu’à l’émergence et qu’au développement des entreprises privées.
Derrière cette expérience, il existe une loi objective : la liberté venant des droits élargis stimulera le développement. Le gouvernement actuel met l’accent sur la prédominance de la personne humaine, le développement scientifique et l’établissement d’une société harmonieuse. « La personne humaine » signifie tous les citoyens chinois et tous les droits qu’ils jouissent. Le développent au tour de l’élargissement des droits civils résoudra non seulement les problèmes économiques mais aussi politiques voire morals.
Face à la crise financière, la politique essentielle est d’accroître les besoins intérieurs. Dans la pratique, il faut augmenter les revenus des travailleurs en coordonnant les relations entre les ouvriers, les paysans, les entreprises et le gouvernement, dans ce cas-là, les syndicats d’ouvriers ou de paysans ainsi que les chambres de commerces doivent jouer un rôle important pour garantir la justice sociale. Dans le domaine fiscal, il faut rendre le peuple plus riche et respecter plus leurs choix. Dans le domaine financier, il faut accorder plus de choix aux masses populaires en organisant des discussions ouvertes sur les décisions importantes concernant la vie du peuple. Au lieu de servir soi-même ou son échelon supérieur, la démocratie encourage le fonctionnaire à servir le peuple de tout son cœur.
Le noyau de la réforme institutionnelle politique est d’étendre et de protéger les droits civils, c’est-à-dire, élargir la démocratie et perfectionner le gouvernement constitutionnel. Le développement dans ce domaine sert aussi la base du rétablissement de nos valeurs.



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