Rédacteurs : François LEGUE, Christine CHEN
Chine avenir
Nombre d’articles ont indiqué les faiblesses actuelles de la Chine pour essayer de trouver une voie possible de réforme.
Nan Feng Chuang du 1 au 13 janvier, No.1 2009
La Chine va-t-elle bientôt démarrer son 3ème tour de réforme ?
La 3ème réforme de la Chine est une réforme institutionnelle en profondeur. Le gouvernement accorde plus d’importance aux valeurs : l’égalité, la justice, l’harmonie, le développement scientifique et la « marchéisation ». Dans ce sens-là, le démarrage de la 3ème réforme signifie que la Chine est entrée dans une ère de reconstitution.
En Chine, la première étape de la réforme s’est déroulée de 1978 à 1989. Après 3 ans d’interruption due au démembrement de l’Union soviétique, la Chine a repris son deuxième tour de réforme en 1992. En 2005, la Chine a commencé à réfléchir aux défauts de la réforme. Et surtout depuis l’an 2000, certains groupes d’intérêts empêchent la réforme pour protéger leurs propres intérêts, ce fait a ralenti, voire a provoqué, des reculs dans certains domaines. En 2008, la réforme a à peine avancé, elle a besoin d’une nouvelle impulsion, mais,en Chine, on n’a pas encore de consensus sur la question de savoir d’où doit venir cette impulsion. En outre, les conséquences du ralentissement de l’économie internationale sont de plus en plus remarquables en Chine. Face à cette impasse, une restructuration complète et fondamentale est nécessaire.
Est-ce que la Chine réussira à démarrer une nouvelle phase de réformes ? Cela dépend si le gouvernement arrive à restreindre la tendance au recul dans certains domaines. La clarification du droit de propriété, le perfectionnement de l’économie de marché, le contrôle et la normalisation administrative, etc. Il existe de nombreuses tâches difficiles pour la Chine, une simple réforme de la structure économique est devenue insuffisante.
Beaucoup de problèmes se sont révélés au cours de la crise financière, la réforme actuelle manque d’une force motrice. Bien que la Chine ait appliqué plusieurs politiques pour accroitre la demande intérieure, face à une tendance de recul en général de la réforme, la stimulation de la consommation ne constituera pas une solution définitive.
Les plus grands obstacles de la réforme actuelle sont, d’abord, les grands groupes des intérêts acquis que l’on critique depuis longtemps et, ensuite, un esprit plus ouvert. Pour démarrer le troisième tour de réformes en Chine, plus de libertés d’esprit et de parole sont indispensables.
Outlook Weekly publié le 5 janvier, No. 1 2009
Reportage spéciale : 2009, une épreuve sévère pour la Chine
En dirigeant toute la nation vers un redressement, le gouvernement chinois affrontera une double épreuve : celle de la gouvernance ainsi que celle de la réforme et de l’ouverture. Des problèmes sociaux importants ont émergé : l’élargissement de l’écart des revenus, un déséquilibre important du développement social et économique ainsi que l’aggravation de la pression sur l’environnement et les ressources. Par ailleurs, 2009 est aussi une année pleine d’anniversaires : 60ème anniversaire de la fondation de la République populaire de la Chine, 30ème anniversaire de l’établissement des relations diplomatiques entre la Chine et les Etats-Unis, 50ème anniversaire de la réforme démocratique du Tibet, 90ème anniversaire du Mouvement du 4 mai, 60ème anniversaire de la Libération pacifique du Xinjiang, 10ème anniversaire du retour de Macao à la Chine, 20ème anniversaire de l’incident politique du 4 juin, 10ème anniversaire de l’interdiction de Falungong. En plus, c’est aussi un an après le Séisme de Wenchuan et les JO et un an avant l’exposition mondiale à Shanghai, etc.
Dans ce contexte complexe, accompagné d’un ralentissement économique international, les effets négatifs s’étendraient de l’économique au social, les gouvernements locaux doivent être plus sensibles aux affaires sociales et rester vigilants face aux émeutes populaires. Les intérêts du peuple seront une des priorités du Gouvernement. Mais si l’on arrive à bien accorder les relations de tous les côtés, 2009 sera aussi une opportunité pour le développement de la réforme en profondeur et de l’harmonie sociale.
Voici quelques chiffres :
Depuis le troisième semestre de 2008, les entreprises demandent moins d’ouvriers avec une baisse de 5.5% dans toute la Chine. Selon le gouvernement du Hunan, 8% d’ouvriers paysans sont retournés dans la première moitié de 2008, soit 11.45% de plus que l’année dernière. Dans le Henan, jusqu’à la fin d’octobre, le retour était de 16,2%, soit 12% de plus que l’année dernière, dont 35,7% sont dus à la crise (faillite, réduction du personnel et baisse des salaires). Selon l’Administration nationale des Statistiques, il y a déjà 10 millions d’ouvriers paysans au chômage. En 2009, 6.1 millions de jeunes diplômés vont entrer sur le marché du travail, un pic depuis des années. Les demandeurs d’emploi qui ont déclaré être au chômage au gouvernement ont dépassé 8 millions, et le chiffre continuera de s’accroitre. La situation très tendue provoque l’instabilité sociale, les émeutes populaires sont devenues fréquentes dans certains domaines. Pendant les10 premiers mois de 2008, les procès dus au conflit capital/ travail ont connu une augmentation de 93.52%. En novembre 2008, des ouvriers paysans travaillant à Beijing se sont regroupés pour demander leur salaire aux employeurs. Le total des incidents et des participants augmente respectivement de 300% et de 900% par rapport à octobre, 146% et 132% de plus par rapport au novembre de l’année dernière.
Outlook Weekly publié le 5 janvier, No. 1 2009
La crise financière rend manifestes les défauts des groupes industriels de la Chine
La plupart des groupes industriels chinois se concentrent dans l’industrie de fabrication et manquent de la capacité de lutter contre la crise financière internationale. La chaîne industrielle est brisée et la structure interne est difforme. Face aux risques de recul de certains groupes industriels, le gouvernement doit les amener sur une voie de réforme et de perfectionnement.
Nan Feng Chuang du 1 au 13 janvier, No.1 2009
Reportage spécial : de 2009 à 2020, le rêve et la réalité
« Le lendemain radieux » pour 2020 ressemble à un gâteau délicieux. Tout le monde croit qu’en 2020, voire plus tôt, la Chine sera totalement une société au niveau de vie relativement aisé (全面小康社会) et que le PIB, voire le PIB par habitant, quadrupleront. Mais en même temps, il existe pas mal de doutes sur l’avenir : les revenus disponibles, la protection sociale ainsi que l’équité et la justice. C’est pourquoi le peuple n’est pas particulièrement enthousiaste face à ce gâteau qui est chanté depuis longtemps. Comment partager ce gâteau, tel est le plus grand souci du peuple. Le gouvernent affrontera sa plus sévère épreuve, parce que le peuple est de plus en plus exigeant à son égard. La raison n’en est pas compliquée : d’après le peuple, le gouvernement possède trop. Dans la liste des objectifs pour 2020, le revenu disponible annuel par habitant dans les villes et les bourgs reste modeste. La clé du problème est de savoir comment le gouvernement partagera le revenu national avec son peuple dans le futur. Les grandes entreprises nationales et les impôts sont les facteurs centraux. L’objectif éloigné d’une société de protection sociale complète a bien montré la bonne foi du gouvernement, mais, en réalité, il existe toutes sortes de risques. Pour cela, il faut rétablir de toute urgence les valeurs qui ont été détruites pendant un temps.
Les hypothèses pour 2020
Economie
D’après un article de M. Pieter Bottelier, ex-Représentant de la Banque mondiale en Chine, la Chine fera face à bon nombre de défis pour être un leader de l’économie mondiale en 2020. « Le gouvernement chinois contrôle la terre, nombre de grandes entreprises et le système financier, en même temps, les gouvernements locaux dépendent énormément des revenus hors budget. Si ces problèmes ne peuvent pas être complètement réglés, la deuxième restructuration de l’économie chinoise ne sera pas optimale. »
Il faut modifier en urgence le système de redistribution de la richesse sociale. Le cout élevé de l’éducation supérieure, le niveau insuffisant de la couverture médicale, des logements pour les gens avec des revenus modestes, la réduction des impôts pour les individus, etc. les réformes en profondeur dans ces domaines influenceront directement les résultats du développement de l’économie chinoise au cours de la prochaine décennie. De plus, au lieu d’être des mesures de transition ou à court terme, il faut les fixer comme des lois.
Une réforme en profondeur du système d’investissement et de financement ainsi que la restructuration industrielle sont indispensables.
Environnement
2020 : nous vivrons dans le même ciel bleu ? Le développement chinois a payé un prix écologique très élevé, bien qu’elle ait déjà reconnu clairement ce problème et le prenant comme une des priorités du gouvernement, le bel avenir est encore invisible. De plus, avec les voies de développement et la capacité financière différentes entre les gouvernements locaux, au lieu du montant du PIB, la plus grande distance entre l’Est et l’Ouest de la Chine sera l’environnement. Peut-être que dans dix ans, le rêve d’un air pur et d’un ciel bleu sera enfin réalisé dans certaines villes riches de l’Est, mais est-ce que l’Ouest de la Chine s’enfoncera de plus en plus dans la pauvreté et la pollution ?
Diplomatie
Face aux contacts de plus en plus fréquents avec le monde entier, la Chine doit avoir un nouveau mode de pensée et régler les problèmes épineux actuels avec une vision du futur. La réduction des gaz à effet de serre est une mission pénible pour la Chine, mais il faut savoir que la tendance est inévitable, on est obligé de s’y adapter le plus tôt possible.
Pays voisins
Dans le futur, la péninsule coréenne, le Japon et l’Inde menaceraient la stabilité de la Chine. Une attitude froide et indifférente est inutile pour dissiper le sentiment d’hostilité, au contraire, la coopération, la compréhension ainsi que le dialogue sont des solutions idéales.
Scène internationale
D’après le gouvernement chinois, la dizaine d’années avant 2020 est une période stratégique, très importante et pleine d’opportunités. En tant que grand pays émergent, la Chine doit avoir une idée très claire sur son propre statut international ainsi que sur le monde. L’importance est d’avoir un pays de bonne gouvernance, une société et un peuple capables de surmonter les crises.
Industrie
Sortir du piège d’une industrialisation sans technique Par M. Yue Jianyong, Docteur de l’Institut des Etudes politiques et économiques de Londres
Actuellement la confiance du marché occidental est hyper-fragile, les pays occidentaux espèrent que la Chine pourra donner des impulsions à leur marché financier très faible et sauver leur industrie de haute technologie par de nombreuses commandes. La Chine peut en profiter afin de rediscuter les clauses de son adhésion à l’OMC en abandonnant définitivement tous les règles qui empêchent l’industrialisation de la Chine et sortir de la dure situation d’une industrialisation sans technologie.
D’après l’auteur, la crise financière internationale n’a pas beaucoup touché le domaine financier de la Chine, par contre, elle a rencontré une crise de l’économie réelle, c’est la crise de l’industrie de fabrication. Cela montre que l’effet positif de la globalisation, qui a stimulé la croissance de l’économie chinoise, n’existe plus ; le mode de développement à travers l’industrialisation sans technologie arrive à sa fin. Il faut d’abord se débarrasser des limites institutionnelles de la globalisation sur l’industrialisation de la Chine, et reconstituer un nouveau mode de développement.
Economie
Caijing Magazine publié le 5 janvier No.1 2009
Prévisions pour un 2009 qui ne seront pas facile
Par M. Xie Guozhong, Economiste et board member of Rosetta Stone Advisors Limited
2008 fut une année pleine de difficultés et 2009 n’est pas une année optimiste non plus. Le problème de la Chine est que le peuple ordinaire n’a pas beaucoup d’argents par contre, le gouvernement en a trop. Le projet de la stimulation financière doit s’attacher à changer cette situation. Version anglaise de cet article
Social
Caijing Magazine publié le 5 janvier No.1 2009
Réflexion sur la politique de population chinoise
Par M. LU Feng, Professeur du Centre des Recherches économiques de la Chine de l’Université de Beijing
Au bout de 30 ans, la politique de l’enfant unique de Chine commence à poser problème, il faut évaluer la faisabilité de la politique pour le 2ème enfant et rajuster le plus vite possible une politique de population s’adaptant à la réalité. Dans les années 90, nombre d’institutions nationales ou internationales ont prévu qu’en 2030, la population de la Chine dépasserait 1,6 milliard, voire 1,89 milliard en 2050 selon la Banque mondiale. Ces dernières années, ce point de vue s’est beaucoup changé, on estime que dans la période de 2030 à 2050, la population chinoise évaluera entre 1.4 et 1.5 milliard, soit 10% moins élevé. Selon les statistiques, la fécondité nationale de la Chine a beaucoup baissé pendant 40 ans. Le taux de fécondité actuel de 1,4 enfant par femme est défavorable pour le développent social et économique dans le futur.
Chine - Etats-Unis
A l’occasion du 30ème anniversaire de l’établissement des relations diplomatiques entre la Chine et les Etats-Unis, plusieurs magazines ont évoqué l’histoire et l’amitié entre les deux pays. Sanlian Lifeweek (三联生活周刊, publié le 5 janvier, No.1 2009) a fait un reportage spécial de 55 pages, composé de 7 longs articles en interviewant 13 personnes concernées importantes.



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