Rassemblement à Canton hommage aux victimes des attentats de Paris

La communauté française de Chine du sud s’est rassemblée le 16 novembre 2015 à Canton pour observer une minute de silence à la mémoire des nombreuses victimes des attentats de Paris du 13 novembre 2015

Discours de Bertrand Furno, consul général de France à Canton :

Chers Compatriotes, Chers Amis de la France,

Je vous remercie d’être présents ce soir pour rendre hommage aux très nombreuses victimes des attentats de Paris du vendredi 13 novembre et à leurs familles.

Je voudrais d’abord vous dire que les services du Consulat général, avec l’appui de vos élus et de toutes les associations ou organisations qui nous assistent dans notre mission, sont à votre écoute et pleinement mobilisés pour veiller à la sécurité de la communauté française de Chine du Sud et lui apporter tout le soutien et l’assistance nécessaires.

C’est la seconde fois cette année que notre pays est touché par des actes de terrorisme d’une ampleur et d’une gravité sans précédents.
Le 7 janvier, ce sont des valeurs auxquelles nous sommes fondamentalement attachées, la liberté d’opinion et la liberté d’expression qui ont été directement attaquées.

Cette fois-ci, le 13 novembre, c’est à la culture et au sport, mais aussi tout simplement à notre jeunesse, à notre mode de vie, à notre convivialité, à notre art de vivre ensemble, que se sont attaqué les barbares et les lâches qui constituent notre ennemi d’aujourd’hui.

Cet ennemi représente une menace aussi grande que celle qui pesait sur l’Europe il y a 70 ans. Et je dirais même que cette menace est encore plus insidieuse, car notre ennemi d’alors, à défaut d’avoir du respect pour ses victimes, avait au moins celui de sa propre vie.
Notre génération doit donc être prête à se mobiliser pour affronter un défi considérable et se préparer à subir d’autres épreuves, avant que cet adversaire redoutable ne soit mis hors d’état de nuire.
Nous devons le faire chacun à notre place, par une vigilance de tous les instants d’abord et en apportant notre soutien, là où nous sommes, aux forces chargées de notre sécurité. Nous devons contribuer à ce combat dans le respect de nos valeurs et de l’Etat de droit, mais sans aucune faiblesse non plus, car il n’y a clairement rien à négocier ou à concilier avec un tel ennemi.

Pour reprendre la phrase souvent citée de Saint-Just, il ne doit pas y avoir de liberté pour les ennemis de la liberté. Mais notre communauté nationale ne doit pas, pour autant, se laisser gagner par les fractures et les divisions, car c’est précisément ce que cherchent ceux qui nous combattent. Chacune et chacun d’entre nous doit donc garder, autant que faire se peut, sens de la mesure, dignité et sang-froid face à de telles tragédies. Nous avons vu, au travers des images terribles de ces derniers jours, des gestes admirables de compassion et de solidarité dans les rues de Paris, qu’il s’agisse des personnels soignants, des forces de l’ordre ou encore de simples passants ou témoins anonymes venant en aide aux victimes plus ou moins gravement touchées. Nous savons que nous pouvons compter sur beaucoup d’amis dans le monde, ici en Chine, comme ailleurs. Les très nombreux témoignages de sympathie que nous avons reçus à Canton, tant de la part des autorités et du peuple chinois que de la communauté étrangère sont là pour en témoigner. Ils constituent un réconfort précieux et un encouragement à rester ce que nous sommes, un peuple libre, fier de ses valeurs et ouvert sur le monde.

Chers Compatriotes, cette épreuve doit nous amener à nous rassembler et à nous laisser guider par l’esprit qui a inspiré les générations qui nous ont précédé : celui des Soldats de Valmy et des Poilus de Verdun, celui des Cadets de Saumur et des Pêcheurs de l’Ile de Sein, celui des Résistants du Plateau des Glières, mais aussi parce que la France est plus grande que ce que voudraient faire croire nos ennemis d’aujourd’hui, celui des Légionnaires de Camerone, des Thabors du Mont Cassin et des Compagnons de Leclerc, qui ont fait avec lui le Serment de Koufra.

C’est avec ces fortes images en tête que je vous invite maintenant à observer une minute de silence, en mémoire de nos compatriotes, mais aussi de nombreux citoyens étrangers, tous victimes innocentes de cette violence abjecte.
Et si vous en êtes d’accord, nous pourrons, à l’issue de ce moment de recueillement, entonner les premiers couplets de notre hymne national, la Marseillaise.

Dernière modification : 03/05/2016

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