"Hydraulique et société en Chine du Nord"
Ce programme porte sur l’histoire locale dans les provinces du Shaanxi et du Shanxi. Les recherches se sont déroulées dans les sous-préfectures de Jingyang, Sanyuan (Shaanxi) et Hongdong (Shanxi), où plusieurs enquêtes ont été menées depuis novembre 1996. Ce programme, qui a reçu l’appui d’une fondation privée, repose sur la conviction que la gestion technique de l’eau, barrage, irrigation et drainage, est un puissant facteur d’organisation. Quatre volumes thématiques viennent d’être publiés par la Zhonghua shuju et un colloque international s’est tenu à Paris en juin 2004.
"Taoïsme et société locale. Les structures liturgiques du centre du Hunan"
La double découverte, dans le Centre du Hunan, d’une culture matérielle unique (dont témoigne une collection de plus de 600 statues de divinités en bois polychrome) et d’un très grand nombre de maîtres taoïstes en activité (le seul district de Xinhua en compte, officiellement, un millier) montre que toute cette région, à ce jour méconnue aussi bien des chercheurs chinois qu’étrangers, est l’épicentre d’une tradition taoïste très ancienne, dont plusieurs missions préliminaires ont partiellement révélé l’importance, l’étendue et le caractère singulier.
La statuaire du Hunan, dont les plus anciennes pièces datent de la fin des Ming et les plus récents des années 60, a comme particularité de représenter des maîtres taoïstes, auxquels on rend un culte sur les autels domestiques, à côté des ancêtres et des divinités du panthéon. La canonisation de maîtres taoïstes, sous cette forme et à cette echelle, n’existe nulle part ailleurs en Chine, mais ce qui fait l’intérêt supplémentaire de ces statues est qu’elles contiennent des certificats de consécration (yizhi) très détaillés, qui permettent de les identifier, de les dater, de connaître l’adresse de l’autel où elles ont été installées, les raisons pour lesquelles elles ont été faites et par qui. Ces certificats, qui sont placés à l’intérieur de la statue au moment de sa consécration, constituent une source documentaire d’un grand intérêt, qui, complétée par les monographies et les archives locales, les stèles, les livres généalogiques, et par des enquêtes de terrain, permettront de faire l’histoire locale de cette société dans laquelle le taoïsme occupe une place centrale. En effet, à côté des maîtres taoïstes, un grand nombre de personnages (médecins, herboristes, ancêtres, shamans, sages-femmes, guerriers, etc.) sont aussi représentés en taoïste, avec dans une main le " baton de commandement des cinq tonnerres " et dans l’autre le bol d’eau lustrale, ce qui signifie qu’à des dégrés divers ils sont aussi considérés comme des " initiés " taoïstes. Il s’agit en quelque sorte d’une " taoïsation " du culte des ancêtres, phénomène aussi remarquable que méconnu.




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