La "une" des grands quotidiens chinois ouvre aujourd’hui sur le lancement de l’année de la Russie en Chine, avec les arguments laudatifs habituels et les discours sur les partenariats stratégiques.
On peut lire également certaines opinions sur l’édification de la société harmonieuse, et sur les relations entre l’Union Européenne et la Chine.
Société harmonieuse
Pour Zhang Xinmin, qui écrit dans le Quotidien du Peuple, l’édification d’une société harmonieuse ne doit pas seulement se concentrer sur les "points chauds" que tout le monde connaît, mais aussi faire attention aux "points froids" qui attirent moins l’attention, comme les enfants laissés à la campagne par les travailleurs migrants, les études pour les vieux, les questions de bien-être et de sécurité. Il affirme qu’il faut se souvenir que des "points froids" du passé, comme la question du revenu des paysans, sont devenus par la suite des problèmes très épineux.
Les propos du président de la Cour Suprème M. Xiao Yang, déjà évoqués dans notre revue de presse du 9 novembre, trouvent un nouvel écho dans le Xin Jing Bao (Beijing News), qui titre : "seules des garanties institutionnelles peuvent renforcer la justice". Le quotidien estime que les jugements injustes ou des juges corrompus peuvent "polluer la source" de la justice. L’article est un plaidoyer pour un système légal permettant aux juges d’être indépendants à la fois des autorités et des pressions des justiciables.
Relations UE-Chine
Les élections américaines vues de ChinePour le correspondant à Bruxelles du quotidien Clarté ("Guangming Ribao"), le document de la commission sur les relations avec la Chine présente cette dernière comme « le plus grand défi de la politique commerciale de l’UE ». L’auteur y voit trois raisons : le creusement du déficit commercial européen, la concurrence chinoise vis à vis de son industrie de transformation, et le renforcement de la capacité d’innovation chinoise, qui vient concurrencer l’un des avantages comparatifs essentiels de l’Europe. Le document préconise en conséquence une politique commerciale plus dure, sur le modèle américain. L’article liste les griefs de l’UE, et prévoit que la Commission accentuera ses pressions sur la protection de la propriété intellectuelle, la lutte contre la contrefaçon, l’ouverture du marché financier, etc.
D’autre part, M. Feng Zhongping, du centre de recherche sur l’Europe de l’Institut des Relations Internationales Contemporaines estime dans le Quotidien de la Jeunesse Chinoise que le nouveau document de l’UE est destiné à "mettre la pression sur la Chine" pour qu’elle ouvre son marché et protège mieux la propriété intellectuelle. Il y voit plusieurs raisons :
- la relation Chine - UE est essentiellement commerciale, et cet aspect prend de plus en plus d’importance ;
- au cours de deux dernières années, les différents commerciaux se sont faits de plus en plus nombreux ;
- il estime que l’UE est très attachée à la protection de la propriété intellectuelle, car elle souhaite acccélérer ses exportations de produits de haute technologie et ses services financiers afin de réduire son déficit commercial. Si l’attitude de l’UE devrait être plus stricte à l’avenir sur ces questions, M. Feng n’en attend pas une dégradation radicale des relations.
L’éditorialiste du Beijing News (Xin Jing Bao) estime que la nouvelle chambre des représentants démocrate sera « le nid des faucons » en matière de relations avec la Chine, tandis les relations n’avaient jamais été aussi bonnes que sous l’administration Bush. Il s’attend à ce que la chambre des représentants, présidée par Mme Pelosi qui a déjà critiqué la Chine sur les droits de l’homme et le déficit commercial, adopte des positions plus dures vis-à-vis de la Chine (NDT : on peut noter que l’on trouve la photographie de Mme Pelosi sur un site d’un dissident chinois bien connu). Il estime que si les politiques ne devraient pas varier de manière radicale, c’est au niveau du discours que les relations pourraient se tendre. Les deux pays devraient continuer à coopérer, mais passeront plus de temps pour s’expliquer.
Dans le Global Times (Huanqiu Shibao), Zhu Xiaolin, chercheur au centre de recherches en stratégie international sur le Pacifique de Shanghai s’interroge : « pourquoi n’y a t-il pas de connaisseurs de la Chine dans l’administration américaine » ? Il s’étonne que les responsables américains en charge du dialogue avec la Chine ou des pourparlers à 6 n’aient aucune expérience chinoise. Il en allait de même avec M. Zoellick, qui connaissait très mal ce pays. Ce manque de connaissance de la Chine concerne toute la haute hiérarchie du département d’Etat selon Zhu. S’il en est ainsi, c’est que l’administration considère que des non-spécialistes sont mieux à même de défendre les positions américaines, tandis que les spécialistes auraient tendance à comprendre davantage celles de la Chine.



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