Les sciences du vivant à Shanghai : un siècle de coopérations scientifiques

Parmi les nombreux liens scientifiques établis entre la France et la Chine lors de la signature de l’accord intergouvernemental en octobre 1978, ceux qui existent dans le domaine des sciences du vivant à Shanghai illustrent parfaitement, par leur longue histoire, le succès des coopérations entre nos deux pays. Ce domaine, si important, s’étend de la compréhension des mécanismes fondamentaux du fonctionnement de la cellule aux problématiques de santé publique à l’échelle nationale.

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Le début du XXème siècle marque le véritable commencement de l’histoire de ces coopérations avec avec la création de la faculté de médecine francophone en 1911. Depuis lors, les liens n’ont cessé de se resserrer pour finalement donner naissance à la la filière de Formation Médicale Francophone, affiliée à l’école de médecine de l’université de Jiaotong. En sont notamment issus, le Pr. ZHU Chen, ancien ministre chinois de la santé (2007-2013) qui a beaucoup œuvré au développement de nos relations et à la mise en œuvre de la grande réforme de la santé ou bien Pr. WANG Zhenyi, académicien célèbre hématologue, et membre associé de l’Académie des sciences en France. Cette histoire s’est poursuivie grâce à l’engagement constant de personnalités qui ont su porter des projets ambitieux : citons le Pr. Jacques CAEN avec la création de
C’est aussi une histoire d’amitiés, enracinée dans des liens profonds et intimes entre des personnalités hors du commun qui ont su porter des projets sur le long terme. C’est le cas du Pr. Jacques CAEN, dans les années 1990, c’est également vrai pour le Pr. Laurent DEGOS, hématologue et académicien, qui préside actuellement la Fondation Franco-Chinoise pour la Science et ses Applications, ou bien encore le Pr. Bernard DEBRE, à l’origine de deux centres d’urologie à l’hôpital de l’Est de Pudong.

Parmi les grands défis mondiaux concernant la santé, les luttes contre le cancer et contre les maladies infectieuses sont au cœur des coopérations franco-chinoises à Shanghai.
La première, comme l’atteste la récente signature d’un accord de coopération entre les hôpitaux Henri Mondor et Xinhua, prévoit une collaboration bilatérale et le renforcement des échanges entre les services de deux hôpitaux. Depuis 2006, l’entreprise lyonnaise bioMérieux a elle aussi développé un partenariat d’excellence avec l’Hôpital du cancer de l’université de Fudan, centre de référence au niveau national. Cette coopération a donné lieu en mai 2010 à la création d’un centre de recherche conjoint : le Fudan University Shanghai Cancer Center – Institut Mérieux laboratory (FDUSCC-IM). Ce centre est consacré à la recherche en oncologie, notamment sur les outils de diagnostic précoces des cancers du sein et du côlon. La lutte contre le cancer, c’est encore l’objet du tout récent accord de coopération entre le département d’hématologie-oncologie de l’hôpital Ruijin de Shanghai et l’Institut Paoli Calmettes d’Aix Marseille, signé en novembre 2013.

Mais c’est dans le cadre d’un accord bilatéral franco-chinois en matière de prévention et de lutte contre les maladies infectieuses émergentes datant de 2004 que fut créé l’Institut Pasteur de Shanghai (IPS). Institut public de droit chinois de l’académie des sciences de Chine, il a été mis en place pour répondre aux problèmes de santé publique en Chine, et ses nouveaux locaux inaugurés en avril 2013 par le Président de la République François HOLLANDE. Disposant de son propre incubateur (Advanced Bio China) pour apporter son soutien au développement des entreprises innovantes du secteur des biotechnologies, et en pointe sur les questions des maladies infectieuses, l’Institut Pasteur de Shanghai se penche également sur l’exploration des principes actifs de médecine traditionnelle chinoise. L’intérêt pour cette médecine est d’ailleurs fort, puisque l’hôpital shanghaïen de Shuguang et celui de médecine traditionnelle chinoise du Jiangsu ont signé avec l’Assistance Publique - Hôpitaux de Paris (AP-HP) des accords de coopération prévoyant des échanges de personnels et des projets de recherche clinique.

Si cette histoire est déjà longue et riche, les perspectives d’avenir en sont d’autant plus prometteuses avec des projets innovants à l’échelle européenne comme le projet IMMUNOCAN sur les immuno-biomarqueurs en oncologie pour la médecine personnalisée, ou bien la consolidation du pôle de recherche en sciences du vivant entre l’hôpital Ruijin, le CNRS et l’INSERM. 

Face aux défis auxquels la Chine est confronté en termes de santé publique, continuer à renforcer et à enrichir la coopération dans le domaine des sciences du vivant devient stratégique pour la France. La qualité de la recherche scientifique chinoise à Shanghai dans ce domaine étant aujourd’hui au meilleur niveau international, c’est un gage d’attractivité majeur pour les institutions françaises et les chercheurs.

Dernière modification : 06/03/2015

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