Les transports alimentés en combustibles fossiles (Essence, diesel, GPL…) sont parmi les principaux émetteurs de ces gaz. C’est toute l’idée des biocarburants de limiter ces émissions, dont la première génération, issue de colza, du tournesol ou encore de la canne à sucre, font déjà tourner le moteur de nos automobiles. Mais ils n’ont pas bonne presse, car trop souvent issus de cultures pouvant être utilisées à des fins alimentaires et entrainant une pollution des sols due aux pesticides.
Si bien que les scientifiques planchent déjà sur une deuxième génération, à l’horizon 2020, qui présenterait notamment un meilleur bilan concernant les gaz à effets de serre. Contrairement à la génération précédente, les futurs biocarburants pourront être élaborés grâce à l’intégralité de la plante. Avantage : la possibilité d’utiliser un large panel de cultures, praticables sur des sols qui ne requièrent pas les mêmes exigences que ceux utilisés pour la première génération, et n’entrant pas en compétition avec les productions alimentaires. Ces biocarburants de deuxième génération pourront être produits à partir de déchets végétaux. Une avancée possible, par exemple, grâce au récent séquençage du génome du champignon filamenteux Trichoderma reesei, par des chercheurs américains et français du Laboratoire « Architecture et fonction des macromolécules biologiques » (AFMB)11, à Marseille. De fait, « les enzymes de ce champignon transforment les végétaux en sucres simples, dont il se nourrit. Ces sucres fermentent ensuite, ce qui facilite leur transformation en éthanol, un biocarburant utilisable dans un moteur à essence », explique Bernard Henrissat, responsable de l’équipe française.
Enfin, une autre possibilité est de produire des biocarburants non plus sur terre ferme, mais à partir d’organismes marins. Comment ? Grâce à des micro algues. « Elles ont une bonne plasticité génétique, ne nécessitant aucun pesticide, et leur culture n’entre pas en compétition avec les surfaces agricoles » explique Antoine Sciandra, au laboratoire d’océanographie de Villefranche, qui participe au projet Shamash, financé par l’ANR (Agence Nationale de la Recherche). Le projet est à mi parcours et les pétroliers se montrent aujourd’hui intéressés par le concept. « Un autre intérêt, poursuit le chercheur, c’est le bilan carbone en principe nul. Le dioxyde de carbone qui serait émis par la combustion du biocarburant issu de micro algues aura été absorbé par celle-ci dans l’atmosphère durant sa croissance peu de temps avant. »
Source : Le journal du CNRS N°226, extraits d’articles avec autorisation de l’auteur.

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