Les médias chinois

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Les médias chinois

Paru le : 4 janvier 2006 / Dernière mise à jour : 29 juin 2010

1. Introduction

2.La presse écrite

3.L’audiovisuel

4. Internet

5.Législation

6.Conclusion



Introduction


L’avènement d’une presse populaire

L’avènement d’une presse populaire est le fait marquant de l’évolution récente des médias chinois, qui participent pleinement à la transition en cours d’une économie planifiée vers une économie de marché. Jusqu’à l’introduction des réformes économiques et de l’ouverture de la Chine à la fin de 1978, tous les journaux étaient officiels et relayaient principalement les informations établies par l’unique Agence nationale de presse, l’Agence Xinhua (Chine Nouvelle). A cette époque, les journaux étaient subventionnés par l’Etat et n’étaient pas autorisés à faire de la publicité.

Avec les réformes économiques engagées depuis une vingtaine d’années, le gouvernement a progressivement encouragé les journaux à devenir financièrement autonomes et orientés vers le profit. Les grands journaux ont alors commencé à créer des journaux secondaires, des éditions du soir ou du week-end, avec des noms distincts du journal principal (voir la section sur les groupes de presse). Ces publications annexes ont permis une plus grande liberté éditoriale. Pour la première fois, des journaux chinois pouvaient faire du « sensationnel » et ont commencé à aborder des sujets de société dénonçant la corruption, les abus de pouvoir, les atteintes aux droits des consommateurs et les trafics en tout genre. Dans le même temps, la publicité a été introduite. Ces nouveaux journaux sont très vite devenus populaires (voir plus bas, rubrique sur le « Phénomène des groupes de presse », l’exemple du Beijing Times du groupe du Quotidien du Peuple qui illustre parfaitement cette évolution ) .

Dans cette adaptation à la nouvelle économie de marché, les journaux locaux ont parfois mieux réussi que les journaux centraux : le Canton-Soir connaît ainsi un tirage double de celui des quotidiens nationaux, à l’exception du Quotidien du Peuple .



La presse écrite

1 L’explosion quantitative

On recense environ 2000 journaux avec quelques variations selon les sources (Par exemple, les Postes chinoises dénombrent, en 2002, environ 1400 journaux et plus de 5000 revues, en se limitant aux publications qu’elles distribuent régulièrement à des abonnés. Tandis que les « Pages jaunes des publications chinoises », voir le site correspondant http://www.kankan.net/, recensent, pour 2002, 1796 journaux – dont 1755 de journaux locaux - et 5871 revues). Parmi ce grand nombre, les quotidiens représentent environ 200 journaux, publiés en majorité en chinois mais aussi dans les langues des minorités nationales et en anglais pour l’unique quotidien national en langue étrangère, le China Daily .  

 Ces chiffres traduisent une véritable explosion depuis la fin des années 70, à partir du tournant des réformes et de l’ouverture. En 1978, on ne comptait en effet que 186 journaux mais, entre 1983 et 1988, un nouveau journal s’est créé chaque jour. Toutefois et à la suite des regroupements (voir section suivante), on constate en l’an 2000 une légère diminution par rapport à la pointe de 2202 journaux constatée en 1997.

2 Le phénomène des groupes de presse

La création d’éditions secondaires a donné naissance à de véritables groupes de presse ( baoye jituan ), qui se sont constitués autour des principaux quotidiens nationaux. A ce jour, on en dénombre une quinzaine.

Ce phénomène est récent puisque le premier groupe, celui du Quotidien de Canton , a été constitué en 1996. Mais la tendance s’accélère et la part des journaux appartenant à de tels groupes devrait représenter, d’ici 2010, près de 10% de la presse quotidienne.

Les principaux groupes répertoriés sont les suivants :

Le groupe du Quotidien du Peuple . Créé en juin 1948 et bénéficiant d’un tirage frôlant les 3 millions, le Quotidien du Peuple est, selon une présentation propre au journal :"Le journal le plus influent et la source autorisée la plus importante de Chine". Selon l’UNESCO, cité également par le journal, il figure parmi les "TopTen" mondiaux. Sous sa bannière, une dizaine de journaux dont People’s Daily Overseas Edition , East China News , South China News , Market Daily , International Financial Daily , Jiangnan Times , , Securities Times , HealthTimes , Satire and Humour et des magazines mensuels : The Earth , News Front , Listed Companies , Times Trend , People Forum ou bihebdomadaires comme Global Times, sont publiés.

Une des dernières créations du groupe a été le Jinghua Shibao ( Beijing Times ), lancé le 11 mai 2001. Ce quotidien s’est très vite vu gratifier l’appellation de « nouveau riche », xingui, autant pour la richesse de son information que pour l’ampleur de l’investissement financier qui a préfiguré à son lancement. Les annonceurs ne s’y sont pas trompés : plus d’un milliard de yuans de valeurs d’annonces publicitaires récoltés lors de sa première édition ! (selon le Quotidien de la jeunesse de Pékin du 25 mai 2001 d’où sont tirées les informations qui suivent).

L’apparition de ce journal dont le slogan à son lancement était : « Nous ne considérons pas les autres journaux comme des concurrents mais ce sont eux qui nous tiennent pour des compétiteurs », a fait l’effet d’une bombe dans le paysage de la presse pékinoise. Les autres journaux locaux de la capitale ont dû s’adapter pour tenir le choc. Ainsi, le Chen Bao a augmenté le nombre de ses pages ainsi que son tirage avec le lancement d’une campagne de promotion : « Achetez notre journal et nous vous offrons le petit déjeuner », tandis que le Quotidien de la jeunesse de Pékin a dû revoir toute sa grille tarifaire des publicités.

Le contenu du nouveau journal, qui s’est voulu d’emblée « proche de la vie quotidienne des Pékinois », a en effet porté au paroxysme la tendance des « journaux populaires » qui ont vu le jour depuis le début des années 1990. Cette démarche est d’autant plus remarquable qu’elle a émané de la rédaction du Quotidien du Peuple, l’organe officiel du P.C.C. et dont les dirigeants ont voulu se donner les moyens du succès. Pour ce faire, ils n’ont pas hésité à innover en choisissant pour le nouveau journal le statut d’entreprise privée pleinement responsable de son budget. Au contraire du journal national, le quotidien de la capitale ne bénéficie donc pas des subventions du parti. Ce fut aussi une petite révolution interne avec la mise en place d’un nouveau système de recrutement sous forme de contrat individuel basé sur les qualités professionnelles, en lieu et place du traditionnel système d’évolution de la carrière administrative. « Place au mérite, au jugement des lecteurs et à la jeunesse », souligne le Quotidien de la Jeunesse de Pékin , qui ne tarit pas d’éloges pour son confrère pourtant rival. La « jeunesse » est bien la marque de la direction du journal dont la moyenne d’âge est exceptionnellement basse : entre 33 et 38 ans. Le directeur adjoint, de son côté, n’a que 28 ans. Il s’occupait auparavant de l’édition outremer du Quotidien du Peuple et deux de ses collaborateurs n’ont pas plus de 25 ans ( Le quotidien est distribué à 250 000 exemplaires avec une progression annuelle programmée en fonction des ventes).

• Le groupe du Quotidien de Canton
(1996), qui a absorbé une dizaine de petits journaux et comprend trois magazines et une maison d’édition, aurait atteint un tirage global de plus de 1,2 million d’exemplaires, drainant un revenu annuel de deux milliards de yuan. Au 1er janvier 2000, les éditions spéciales de 200 pages du groupe auraient atteint le chiffre record de 400 millions d’exemplaires.

•Le groupe du Quotidien de Pékin constitué le 28 mars 2000. Il comprend le Quotidien de Pékin , le Pékin-Soir , le Pékin-Matin , le Quotidien de la Banlieue de Pékin , le Pékin-Economie ainsi que la Maison d’édition Tongxin . Le tirage de l’ensemble des quotidiens du groupe atteindrait deux millions d’exemplaires, soit plus de 60% de la presse quotidienne de la capitale. 

Les autres groupes, de moindre importance, sont :

• Au Sud : le groupe du Quotidien de Nanfang, celui du Yangcheng Wanbao (Canton-Soir) [ces deux derniers créés en 1998] et également le groupe du Zhejiangribao baoyejituan , fondé en juin 2000, qui rassemble six quotidiens, dont le Quotidien du Zhejiang , et deux périodiques dont " Le membre du Parti communiste", et qui comporte un site internet. L’annonce de la fondation de ce nouveau groupe s’est accompagnée de changements notables dans son fleuron : le Quotidien du Zhejiang par exemple a introduit les photos en couleur et a augmenté le nombre de ses pages.

• Au Nord (créés en juin 1998) : le groupe du Quotidien Clarté et celui du Quotidien de l’Economie.

• A Shanghai : le groupe Wenhui-Xinmin , créé en juillet 1998 par fusion entre ces deux quotidiens.

• A Shenzhen : le groupe du Quotidien de la zone économique spéciale fondé en novembre 1999.

Enfin, un des derniers en date a été le groupe de presse du Quotidien de la province du Hubei  : « Hubei Ribao Baoye Jituan », fondé en juillet 2001. Il comprend 6 journaux et 2 revues (dont le Quotidien du Hubei , le Chutian Shibao, le Nongcun Xinbao , le Shichang Zhinan Bao , le Tiyu Zhoubao , le WangluoBao , le Xinwen Qianxiao et le Tebie Guanzhu )

Enfin, selon l’administration du Bureau de la Presse et des Publications , le Quotidien de l’Armée Populaire de Libération , le Quotidien du Sichuan, celui du Shandong (Dazhong Ribao), du Liaoning, de Shenyang et de Harbin se seraient déjà (ou seraient en passe pour certains) érigés en groupe.

3 La distribution, tirage et prix

Le recours aux statistiques de la poste pour dénombrer les journaux démontre l’importance des abonnements comme mode de distribution. En effet, la plupart des grands journaux nationaux sont essentiellement vendus par abonnement plutôt que dans les kiosques. Les autres (journaux locaux) sont vendus directement dans les kiosques qui se multiplient en Chine jusque dans les stations du métro de la capitale. Quelques journaux ont commencé à créer leurs propres réseaux de distribution. C’est le cas du quotidien le plus populaire de la capitale, le Quotidien de la Jeunesse de Pékin, qui distribue aussi d’autres journaux comme l’important Nouvelles de la Zone économique spéciale de Shenzhen . A Pékin, à l’intérieur du 3ème périphérique (environ 6 kms depuis le centre de la ville), la poste livre les journaux trois fois par jour : avant 9h, vers 10h30 puis aux environs de 16h. Au-delà de cette limite, il n’y a que deux livraisons journalières, la première arrivant rarement avant 11h . Les journaux en provenance des autres provinces arrivent à Pékin par le train, ce qui peut prendre parfois plusieurs jours voire plus de dix jours pour des journaux de provinces éloignées comme le quotidien de la région autonome du Tibet.

Pour les tirages, nous proposons les chiffres officiels d’après l’édition 2000 du Chinese Press Yearbook

Tirages des principaux journaux (Source : Chinese Press Yearbook, 2000)

Noms

Tirages 

Noms

Tirages

Quotidien de l’agriculture

193 000

Xinmin Wanbao

1 401 000

Quotidien du Peuple

1 925 000

Quotidien de Xinhua

420 000

Qdp, Outre-mer

76 000

Quotidien du Zhejiang

404 000

Clarté

324 000

Quotidien de l’Anhui

199 500

Quotidien de l’Ouvrier

566 000

Quotidien du Fujian

220 000

Quotidien de l’Economie

513 000

Quotidien du Jiangxi

201 000

China Daily

100 000

Quotidien du Shandong

400 000

Informations de référence

2 799 700

Quotidien du Henan

340 000

Journal des Femmes de Chine

155 000

Quotidien du Hubei

300 000

Journal de l’APL

480 000

Quotidien du Hunan

293 000

Quotidien des Sciences et techniques

78 000

Quotidien du Sud

730 000

Journal des adolescents de Chine

1 147 000

Canton-Soir

1 300 000

Journal de la jeunesse de Chine

643 000

Quotidien du Guangxi

163 000

Quotidien de Pékin

318 000

Quotidien de Hainan

145 000

Pékin-Soir

716 000

Quotidien du Sichuan

318 000

Quotidien de Tianjin

418 000

Quotidien de Chongqing

76 000

Journal du Soir

(Jinwan Bao) 

600 000

Quotidien du Guizhou

124 000

Quotidien du Hebei

415 000

Quotidien du Yunnan

166 000

Quotidien du Shanxi

176 000

Quotidien du Tibet (Xizang)

20 000

Quotidien de Mongolie intérieure

85 000

Quotidien du Shaanxi

182 000

Quotidien du Liaoning

228 000

Quotidien du Gansu

170 000

Quotidien du Jilin

120 000

Quotidien du Qinghai

50 000

Quotidien du Heilongjiang

163 000

Quotidien du Ningxia

63 000

Quotidien de la Libération

421 000

Quotidien du Xinjiang

90 000

Wenhui Bao

386 000

   

  
Selon d’autres sources, il peut y avoir des variations souvent à la hausse, parfois même considérables. Par exemple , le Quotidien du Peuple, principal journal national et organe officiel du Parti, est parfois, aujourd’hui, crédité d’un tirage de 2,7 millions d’exemplaires. Pour Clarté , on trouve également le chiffre de 600 000 exemplaires ou 300 000 pour le China Daily (soit le double de ceux présentés dans le tableau) etc.. Ce tableau fait apparaître qu’au niveau de la province, les tirages des journaux officiels vont de 20 000 ( Quotidien du Tibet en langue chinoise) jusqu’à plus de 400 000 ( Quotidiens du Hebei ou du Zhejiang ). Au niveau des grandes villes, les quotidiens officiels des municipalités (ceux de Pékin ou de Tianjin par exemple) atteignent un tirage équivalent aux journaux provinciaux. Mais, de façon très caractéristique, nous voyons que les journaux dits locaux ou populaires ont des tirages supérieurs aux journaux plus officiels. C’est le cas du Canton-Soir ( yangcheng wanbao ) qui tire à 1,3 million d’exemplaires. Il est vrai que ce journal, bien que local (Canton) est diffusé non seulement dans toute la province du Guangdong mais même au delà, dans les principales villes de Chine jusqu’à Pékin où il est reçu le lendemain matin (avec une réimpression locale). C’est également le cas du Quotidien de la Jeunesse de Pékin (non inclus dans le Yearbook) qui se crédite lui-même d’un tirage de 600 000 exemplaires.

Les prix dépassent rarement 1 yuan (l’hebdomadaire Global Times à 1,5Y est un des plus chers) et s’échelonnent entre 0,4 et 0,8 Y(soit entre 5 à 10 centimes d’Euro). Par exemple l’unique quotidien de langue anglaise, le China Daily , coûte 1 yuan (au numéro ou 0,8Y sur abonnement), le Quotidien du Peuple (par abonnement) 0,8Y. Cependant, la plupart des journaux officiels sont commandés et payés directement par les établissements employeurs (publics ou privés) et mis à la disposition des personnes. De même il est de règle de faire circuler largement les exemplaires dans les quartiers d’habitation. En ville ou sur les places des villages, des panneaux vitrés exposent les principales pages des grands journaux, souvent à proximité des stations de bus.

4 Agences de presse
.

La principale agence chinoise de presse à caractère national et officiel est l’agence Xinhua (Chine-Nouvelle). L’agence Xinhua , créée le 7 novembre 1931 (elle était alors un outil important pour le Parti communiste chinois dans la lutte de résistance aux forces d’invasion japonaises), est devenue, après la fondation de la République populaire de Chine en 1949, l’agence de presse nationale et représente le point de vue quasi-officiel du gouvernement chinois. Son réseau de collecte et de traitement des informations, le plus grand du genre dans le pays, diffuse 24 heures sur 24 des informations en sept langues qui sont le chinois, l’anglais, le français, l’espagnol, le russe, l’arabe et le portugais. L’agence Xinhua a ouvert 31 bureaux, un dans chacune des provinces, régions autonomes et municipalités de Chine ainsi que dans les régions administratives spéciales de Hong Kong et de Macao. Elle a également envoyé des correspondants permanents sur l’île de Taiwan. A l’étranger, elle est présente dans 105 pays et régions et a installé 8 bureaux régionaux, outre Hong Kong, New-York, Mexico, Nairobi, Le Caire, Paris, Moscou et Rio Janeiro. Elle diffuse quotidiennement plus de 1 100 dépêches, dont 800 d’actualité internationale et 300 d’actualité intérieure. Enfin, le site internet en français de l’agence de presse Xinhua a été ouvert en janvier 2000 (il existe en version française : http://www.french.xinhuanet.com/). Il combine plusieurs rubriques, dont les actualités, les nouvelles du jour et des reportages spéciaux. On peut aussi trouver sur ce site les documents sur la Chine, tels que "Aperçu sur la Chine", "Investir en Chine", "Chine en chiffres" et "Voyage en Chine".

La deuxième (et dernière) agence de ce type est l’agence « Nouvelles de Chine » (zhongguo xinwen she) . Cette agence a été créée le 14 septembre 1952 à Pékin autour de personnalités du monde du journalisme de Chine mais aussi, à l’époque, de l’extérieur (de Hong Kong et de Macao notamment). De ce fait, sa vocation affichée est l’ouverture vers le monde chinois en général et elle accorde une place importante aux nouvelles venant de ces régions. L’agence dispose de 23 antennes à travers tout le pays (au niveau des provinces, régions autonomes, municipalités) mais aussi à Macao, Hong Kong, et à l’étranger (France, Japon, Australie, Thaïlande). 500 personnes y travaillent. Selon sa propre présentation, elle serait située parmi les cinq premières agences mondiales (sur les 174 prise en compte dans des statistiques publiées par l’UNESCO). Toujours selon ses dires, elle serait le premier média de langue chinoise en Asie à avoir ouvert, en 1995 à Hong Kong, un site internet (www.chinanews.com). Le 1er janvier 1999, l’agence a également crée à Pékin son réseau internet pour la Chine : http://www.chinanews.com.cn/ qui comporte à ce jour 13 rubriques ou canaux. Son réseau est relayé au travers de 19 sites locaux comme à Shanghaï, Hong Kong, Chongqing, Fujian, Jiangsu ou Xinjiang et aussi un à Tokyo. L’agence « Nouvelles de Chine » a fondé en septembre 1999 son organe de presse , l’hebdomadaire Xinwen Zhoukan (en anglais « China Newsweek ») dont le lancement officiel a été fixé au 1er janvier 2000. Cette revue d’actualité, est très prisée en Chine pour sa capacité, parfois, à passer outre les tabous (elle fut par exemple la première publication officielle à sortir, en mars 2001, une interview du cinéaste chinois indépendant, Wang Xiaoshuai, qui avait reçu le Grand Prix du Jury (Ours d’argent) pour son film « La bicyclette » au 51e Festival de Berlin. Or ce film, à l’époque, n’avait pas eu l’autorisation des autorités chinoise lesquelles l’avaient alors mis à l’index, tandis que la presse officielle avait passé son prix prestigieux sous silence).



L’audiovisuel

1 Généralités

L’audiovisuel chinois est en pleine restructuration. Dès 2000, il a été question d’un regroupement massif des différents médias. Les quelque 2000 chaînes de télévision sont ainsi en phase de se réunir en quatre grandes organisations et l’ensemble des radios devraient ne plus former à terme que deux entités. C’est ainsi qu’en décembre 2001, la télévision centrale, CCTV, a fusionné avec la Radio nationale et internationale pour former le plus grand groupe audiovisuel de Chine "China Radio Film and Television Group" tandis qu’en province, les chaînes câblées ont progressivement fusionné avec leurs homologues hertziennes. Autre exemple de regroupement a été la fusion en mai 2001, à Pékin, de dix institutions d’Etat (contrôlées jusqu’ici par le Bureau de la Radio, du Cinéma et de la Télévision de la municipalité de Pékin) dont la station de télévision de Pékin, et de cinq entreprises privées avec la formation du nouveau groupe « Beijing Broadcasting, Film and Television Group Corporation (B.B.F.T.C.) ».  

Cette nouvelle orientation a été confiée à M. Xu Guangchun nommé en juillet 2000 à la tête du Bureau d’Etat de la Radio, du cinéma et de la télévision. M. Xu est également (depuis août 1995) directeur adjoint du Département de la propagande du Parti et membre du comité central du P.C.C. depuis le XVIè Congrès de novembre 2002.

Ces réformes, planifiées sur plusieurs années, sont destinées, tel que l’expliquent les responsables chinois, à réaliser des économies d’échelle mais surtout à préparer le secteur au « défi de l’adhésion de la Chine à l’O.M.C. ». La Chine n’aurait en effet pas l’intention d’ouvrir ses réseaux câblés et satellitaires aux investissements étrangers. Ce secteur fait toujours partie de la liste des activités qui resteront fermées.

2 La télévision

S elon la Commission d’Etat pour la planification, on recensait, à la fin de l’année 1999, 368 stations de télévision de niveau national et provincial. Le livre publié en mai 2000 commémorant 50 années d’histoire des médias en Chine (China Mass Media in the Past Fifty Years, C.M.P.F.Y.), présente, lui, le chiffre de 374 stations ( non compris les territoires de Hong Kong et Macao) et annonce, au niveau des districts, le chiffre de 1273 stations (auxquelles il faudrait ajouter 234 télévisions par câble). L’ensemble de la couverture télévisuelle est assuré par un réseau terrestre de près de 40 000 émetteurs et transmetteurs et par près de 180 000 stations terrestres satellitaires (antennes satellites). Au-delà de la diffusion hertzienne, les télévisions recourent de plus en plus au signal satellitaire retransmis localement sur le câble. Selon le C.M.P.F.Y., il y avait, en l’an 2000, 320 millions de téléviseurs en Chine, un milliard de téléspectateurs et plus de 80 millions de foyers câblés. Selon le site internet du Quotidien du Peuple qui citait une enquête menée par AC Nielsen, la proportion des foyers câblés en octobre 2000 atteignait 85,3% dans les grandes villes de la partie continentale de la Chine (contre 81% à Taiwan et 20% à Hong Kong). L’enquête révélait notamment que les résidents des villes comme Pékin, Shanghai ou Fuzhou pouvaient capter en moyenne jusqu’à 38 chaînes câblées. Ce développement est qualifié dans cette étude de "remarquable" après seulement dix années depuis l’introduction du réseau câblé en Chine.

Le principal diffuseur national est la télévision centrale chinoise (C.C.T.V.) qui possède 11 chaînes (dont une chaîne de langue anglaise créée en septembre 2000 - CCTV9 - diffusée également sur le réseau international et disponible dans les hôtels internationaux de Chine). Toutes chaînes confondues, C.C.T.V. diffuse 9 grandes catégories de programmes ( société, économie, cinéma, fiction, sport, art, musique etc.). Au niveau des provinces, la station locale de C.C.T.V. diffuse entre 2 et 3 programmes, 1 ou 2 au niveau des villes et 1 seul au niveau des préfectures. Le journal national de 19h00 de CCTV1 est repris en direct sur l’ensemble du réseau des télévisions régionales. Le réseau C.C.T.V. retransmet à lui seul 147,6 heures de programmes en moyenne par jour. Sur l’ensemble des stations de télévision de Chine, il y aurait 1007 programmes représentant plus de 60 000 heures hebdomadaires.

Le ministère de l’éducation émet également sur toute la Chine grâce à ses chaînes éducatives C.E.T.V.. Ces dernières sont diffusées par satellite puis reprises sur le câble et sont reçues par 200 millions de personnes.

3 La radio

Selon le C.M.P.F.Y. il y avait, à la fin de 1998, 1602 stations de radios, réparties comme suit : 2 au niveau central, 36 au niveau de la province, 260 au niveau des préfectures (diqu) et 1304 au niveau des districts (les stations de télévision et de radiodiffusion sont confondues à ce niveau où elles partagent les mêmes locaux et équipements). Avec un parc de postes de radio estimé à 500 millions, le taux de couverture de la population atteindrait 88,26%. 1645 programmes sont diffusés par l’ensemble des stations de radio, ce qui représente 16 752 heures par jour.

La Radio Centrale de Chine est , comme C.C.T.V. pour les télévisions, la seule à émettre sur l’ensemble du territoire. Elle comprend actuellement 7 programmes. Les actualités représentent 21% de la programmation et occupent 160 journalistes répartis sur 39 bases à travers tout le pays.

Les programmes de Radio Chine sont essentiellement en chinois (langue commune) mais sont diffusés également en langues de cinq minorités nationales (mongol, tibétain, ouïgour, kazakh et coréen). Depuis août 1999, les programmes en langues minoritaires ont commencé à couvrir la région de Pékin. En ce qui concerne les langues étrangères, les programmes musicaux de Radio chine incluent des émissions musicales en anglais ou des cours de langues étrangères.



Internet

1 Généralités

Selon les dernières statistiques publiées tous les six mois par le C.N.N.I.C. (China Internet Network Information Center, organisme national assurant une veille internet, adresse web : http://www.cnnic.net.cn/), la Chine comptait à la date du 30 juin 2002, 45.8 millions d’internautes dont 9.46 millions (soit 21%) qui utilisent des lignes spécialisées et 26.82 millions (soit 58%) des connections téléphoniques ordinaires (cette dernière enquête estime également à 3.15 millions les utilisateurs d’ ISDN et à 2 millions les utilisateurs de large bande). Ce nombre des internautes représente une augmentation de 12,1 millions au cours des six mois précédant la date de l’enquête soit, en pourcentage, une augmentation de 35,9%

Selon les statistiques régulières publiées par cet organisme, on avait constaté tous les six mois entre juillet 1998 et juillet 2000 (16,9 millions), une progression moyenne d’environ 50% ( Cette progression, bien qu’importante, restait toutefois loin des prévisions gouvernementales chinoises qui donnaient un doublement de la population d’internautes en Chine tous les six mois). Cette tendance à la hausse a connu son pic en janvier 2001 ( 22,5 millions) mais a commencé à s’infléchir puis à s’inverser à partir de janvier 2002.

Avec, aujourd’hui, près de 3,6% de la population chinoise connectée à Internet ( à comparer avec les 620 000 utilisateurs internet recencés lors de la première enquête du CCNIT en octobre 1997), la progression de l’internet en Chine a été rapide. Réservé, jusqu’en 1994 aux scientifiques, le réseau est désormais ouvert au grand public. Ce sont les citadins des grandes villes qui seraient, de loin, les plus actifs. Ainsi, selon le Quotidien de Pékin du 17 juin 2000 qui donnait les résultats du premier sondage national sur les industries d’information, 11,1% des Pékinois utiliseraient le réseau internet et 31,4% des familles de la capitale posséderaient un micro-ordinateur. Cela représenterait, selon le journal, environ le double de la moyenne des grandes villes. Le rapport de janvier 2001 du C.N.N.I.C. traduisait cependant une tendance à la baisse relative de l’utilisation d’internet dans les grandes villes au profit des petites ou moyennes (en six mois, Pékin ne représenterait plus que 12,3% des internautes chinois au lieu de 18,7%), signe, sans doute, d’une expansion géographique de l’usage d’internet.

2 Les principaux « portails »

Selon un classement des sites chinois publié par le C.N.N.I.C., les sites web les plus visités en Chine sont, dans cet ordre, les suivants :

(Les sociétés en question peuvent être soit des « I.S.P. » (Internet Service provider), les fournisseurs de services internet comme l’accès au réseau ou les messageries, soit des « I.C.P. » (Internet Content Provider) qui fournissent du contenu internet sous forme de sites web. La plupart offrent en réalité ces deux types de prestations)

1 http://www.sina.com.cn/. Le site de Sina.com.cn, en chinois xinlang « nouvelle vague », est actuellement le plus important portail internet de langue chinoise à caractère international. Cette entreprise fut créée à la fin de 1998, résultat de la fusion de deux sociétés d’informatique : l’une chinoise, S itong Lifang , basée à Pékin, fondée en 1993 par Wang Zhidong , l’inventeur de la version chinoise de Windows et Yan Yuanchao , le créateur du CCDOS. Cette société s’est distinguée en 1994 avec la sortie du logiciel RichWin compatible avec les versions successives de Windows. L’autre partenaire est la société américaine SinaNet, créée en avril 1995 par trois étudiants chercheurs américains d’origine chinoise de l’université de Stanford. SinaNet est un portail internet parmi les plus prisés de la diaspora chinoise. En août 1996, SinaNet a créé une branche taiwanaise et a lancé en novembre 1998 un site basé à Taipei, devenu, après la fusion avec Sitong Lifang , le site taiwanais de Sina.com. L’ancien site internethttp://www.srsnet.com/ du partenaire chinois (qui s’était fait remarquer pour la qualité de sa couverture de la coupe du monde de football de 1998) a changé de nom le 1er décembre 1998 pour s’appeler : sina.com.cn (avec l’extension .cn propre, mais pas exclusive, aux sites chinois). Ce dernier site comprend des forums de discussion et de nombreuses rubriques : actualités, sports, loisirs, prévisions météorologiques ou programmes de télévision….

2 http://www.sohu.com/  Depuis son acquisition de ChinaRen.com – voir plus bas- en septembre 2000, Sohu.com – en anglais « The Search Fox » - est devenu l’un des plus grands portails de Chine et pèserait, à l’en croire, 18 millions d’abonnés. La maison-mère est d’origine étrangère (avec des partenaires financiers prestigieux comme Intel, Dow Jones, Legend, Hiraki) mais une filiale ( Beijing Sohu), de droit chinois, a été créée à Pékin par Charles Zhang , le fondateur de Sohu. com, revenu en Chine en 1995 après l’obtention d’un PH.D. au MIT et qui est l’un des pionniers de la révolution internet en Chine. M. Zhang détient 80% des parts de la filiale pékinoise et les 20% restant sont détenus par Mme He Jinmei , une employée de Pékin ITC. Beijing Sohu est structurée comme un « I.C.P. » (Internet Content Provider) et a obtenu l’approbation du Ministère de l’industrie d’information (M.I.I.) pour ouvrir des services d’informations internet.

3 http://www.163.com/ La société propriétaire de ce site, NetEase, wangyi en chinois, a été créée par William Ding, également un pionnier de l’internet en Chine, le premier à conceptualiser pour la Chine l’E-mail, la « communauté virtuelle », le E-commerce et l’accueil gratuit de pages web personnelles. Le site Web offre 16 canaux d’informations internationales et locales. En mars 2001, NetEase annonçait 18 millions d’abonnés, 739 000 pages web personnelles et 45 000 participants simultanés dans ses différents forums de discussion.

4 http://www.yahoo.com/ (international)

5 http://www.263.net/&nbsp ; Cette société, connue aussi sous le nom de Capital-online.com.cn, basée à Changping près de Pékin, a été créée en décembre 2000 et bénéficie d’une licence I.C.P. jusqu’en 2009. Elle offre aussi des services I.S.P..

6 http://cn.yahoo.com Branche chinoise de yahoo.com, créée en 1999. Sa première licence octroyée par le M.I.I. a été valable jusqu’en 2002 ( renouvelée depuis). Le Bureau de gestion du site web est basé à Pékin et la société est enregistrée comme hongkongaise.

7 http://www.163.net/ Connue aussi sous le nom de Tom.com depuis son rachat par cette dernière société, 163.net est basée à Canton et possède une licence d’exploitation de dix ans valable jusqu’en 2009.

8 http://www.21cn.com/ Créée en février 2001 à Canton. Elle a obtenu une licence valable 5 ans.

9 http://www.china.com/ Société shanghaienne à capitaux mixtes créée en 1997. Elle a obtenu une licence valable douze années jusqu’en 2009. Entrée au Nasdaq en 1999, elle pesait alors plus d’un milliard de USD. L’Agence Xinhua en est l’actionnaire principal.

10 http://www.chinaren.com/&nbsp ; Jusqu’à son rachat par Sohu.com, ChinaRen.com était le site favori de la jeunesse chinoise internationale. Fondée en 1999 à Frémont par trois étudiants chinois de Stanford (surnommés les trois mousquetaires : Joseph Chen , MBA de Stanford, collaborateur du prix Nobel Dudley Herschbach, natif de Wuhan ; Zhou Yunfan , Master’s Degree de Stanford, connu pour avoir unifié les associations d’étudiants chinois de plus de 40 universités américaines, natif de Pékin et Nick Yang , Master’s Degree de Stanford, ancien chercheur au Laboratoire de la technologie de la parole de Motorola, natif du Henan ),la société a dès août 1999 investi en Chine en créant un site web sur Cernet. Elle s’est distinguée par ses manifestations publiques (notamment le grand rassemblement dans la « Bar Street » de Pékin le 16 juillet 2000 qui a réuni près de 5000 étudiants) et son association « online » des anciens élèves d’Amérique lancée lors d’une conférence de presse au Hard Rock Café de Pékin en juin 2000. Enfin, son moteur de recherche intelligent de langue chinoise lancé en juin 2000 : « The Monkey King » a contribué à son succès. La société d’investissement Goldman Sachs est son principal bailleur de fonds. Les internautes chinois s’interrogent sur la pérennité de ChinaRen qui risque de perdre sa spécificité après son rachat par Sohu.com.

11  http://www.hotmail.com/ (international)

12 http://www.yesky.com/ Cette société ( Tianjiwang ) a obtenu en 2000 une licence I.C.P. valable 30 ans. Elle est basée à Chongqing dans le Sichuan et est plutôt spécialisée dans les informations d’ordre économique.Elle se déclare être le plus important portail de Chine et le CNNIT l’a rangée 5 fois de suite dans les "Top Ten". Sous sa bannière, on y trouve également le site http://www.chinabyte.com/ orienté IT et commerce ainsi que le site http://www.hoyodo.com/, spécialisé dans les technologies de l’information.

13 http://www.online.sh.cn/ La compagnie Shanghai OnLine est une émanation de l’administration des Postes et Télécommunications de Shanghai. Elle constitue le pivot central du projet « Shanghai Information Port », le futur « Net Hub » qui regroupera à terme tous les réseaux publics et privés de la grande métropole. C’est actuellement le plus grand I.S.P. et I.C.P. local (mais aussi national selon la propre présentation de la société) et, sur le plan de l’information, met à disposition de grandes bases de données comme l’annuaire téléphonique de Shanghai, le « China Shipping » ou le « Stock Star ».

14 http://www.fm365.com/
Créée en mars 2000, cette société, basée à Pékin, a obtenu une licence d’exploitation jusqu’en 2020. Elle propose de nombreux canaux internet (avec des adresses distinctes) selon les domaines (bourse365.com, game365.com, news365.com, school365.com.cn …).

En dehors de ces portails généralistes, de nombreux journaux possèdent leurs propres sites internet. D’après des statistiques publiées en 2000, cela concernerait près de trois cent d’entre eux soit un septième de la presse chinoise. Les autres ont généralement établi des pages web abritées par d’autres sites. Dans ce domaine, c’est la presse de la province du Guangdong qui est, à ce jour, la plus représentée sur le web.

3 Les forums de discussion

La plupart des portails présentés plus haut proposent des forums de discussion mais la messagerie du site internet du journal officiel du parti communiste (le Quotidien du Peuple ) semble bien être, à ce jour, la plus importante du réseau internet en langue chinoise ou tout au moins, par son impact politique, la plus suivie par les observateurs étrangers. Le Forum du Quotidien du Peuple aurait pris naissance en réaction au bombardement de l’ambassade chinoise de Belgrade par l’O.T.A.N. en mai 1999, d’où le nom initial :"Forum de la protestation". Puis le forum s’est appelé "Forum pour renforcer le pays" ( qiangguo ). Pour désengorger le forum principal, des forums d’approfondissement des questions débattues ainsi qu’un forum spécialisé sur la politique nationale sont apparus. A la fin de 1999, en réaction aux tendances révisionnistes du Japon refusant de reconnaître le massacre de Nankin, un forum sur la relation Chine-Japon a été ouvert. Enfin, les forums se sont enrichis avec des rubriques plus badines (forum de la vie quotidienne ou celui des « amours de fin de semaine ») ou plus spécialisées (celui du monde de l’informatique ou celui consacré aux consommateurs, ou encore celui dédié aux entreprises). Pour couronner le tout, un "China Forum" est disponible pour les messages écrits en langue étrangère (essentiellement l’anglais).

4 Les réseaux

Le gouvernement chinois a joué un rôle moteur dans le développement de ces nouvelles technologies depuis 1995. Il a ainsi regroupé le Ministère des postes et télécommunications et le Ministère de l’information afin de créer le Ministère de l’industrie de l’information. Le principal opérateur de réseau internet est Chinanet, filiale de China telecom, qui a achevé son infrastructure en janvier 1996 pour fournir ses services à travers tout le pays . Les fournisseurs chinois de services internet (I.S.P.) pour le grand public, sont ainsi contraints de louer leurs lignes auprès de cette structure. Il existe trois autres réseaux internet en Chine, le CSTnet (Chinese Science and Technology Network contrôlé par le Ministère des sciences et techniques), le CERnet (China Education and Research Network sous l’égide du Ministère de l’éducation) et le China Golden Bridge Network créé par l’ancien ministère de l’industrie électronique. Mais ces trois réseaux sont réservés à la recherche ou, pour le dernier, à la transmission de données à haut débit, et ne sont pas accessibles au grand public. Cependant, en 1997, Chinanet a été interconnecté à ces trois réseaux, ce qui permet à certains utilisateurs d’accéder aux réseaux éducatifs ou scientifiques à grande vitesse depuis leur domicile. Les particuliers accèdent donc à internet par l’intermédiaire des fournisseurs de services Internet (Internet Service Provider, I.S.P.) qui offrent toutes les modalités habituelles (carte d’accès de crédit, abonnement etc.). Le remplissage de formulaires (comme pour la téléphonie mobile) n’est obligatoire que pour les abonnements sur factures reçues à domicile. Il en coûte aujourd’hui 4 yuans de l’heure depuis un décret d’octobre 1999 du Ministère de l’industrie de l’information, auxquels il faut ajouter le prix des appels locaux (coupé en deux depuis ce même décret). Toutefois, l’extension des forfaits réduit considérablement les coûts.



La législation

1 Rôle des journalistes et finalité des médias

Nous donnons ci-dessous quelques citations des personnalités politiques chinoises sur le sujet :

Pour le président Jiang Zemin, lors d’une interview accordée à la chaîne de télévision américaine C.B.S. le 15 août 2000, la liberté de la presse , en Chine : "se doit d’être subordonnée aux objectifs consistant à servir et à défendre les intérêts de la nation et du public".  

Pour M. Ding Guan’gen, alors chef de la propagande du Parti communiste chinois, s’exprimant lors d’un discours à la première Fête des journalistes en novembre 2000, les journalistes chinois « doivent adhérer aux principes de base du Parti et servir de guide à l’opinion publique ».

2 La législation

Reflétant les principes doctrinaux des dirigeants chinois, plusieurs réglementations ont été promulguées de septembre à décembre 2000 fixant les limites et les modalités de la diffusion de l’information sur les réseaux (télécommunications et internet).

Les « Mesures pour l’administration des services internet d’information » ont été approuvées par le gouvernement (Conseil d’Etat) le 25 septembre 2000. Elles concernent les fournisseurs de contenu internet (I.C.P., Internet Content Providers) et non les fournisseurs de services internet (I.S.P.) lesquels permettent seulement l’accès au réseau. En voici les deux mesures principales :

Les « I.C.P. » doivent obtenir l’approbation préalable des autorités nationales responsables du ou des domaines qu’ils veulent couvrir en information (actualités, éducation, médecine, santé, publications, pharmacopée etc.) avant de présenter leur demande de licence d’exploitation auprès du ministère de l’industrie de l’information (M.I.I., ancien ministère des postes et télécommunications) ou d’une de ses branches locales au niveau provincial. Le numéro de la licence doit être affiché de façon ostensible sur la page initiale (home page) de leurs sites web.

Les « I.C.P. » sont obligés de surveiller leurs sites webs afin d’en retirer tout contenu « nuisible » ou « pernicieux ». Cette catégorie de contenu est définie dans le texte de façon très approximative. Cette mesure ne fait que réitérer toute une série de restrictions du contenu circulant sur internet élaborées par différents ministères au cours des dernières années (voir plus bas).

Le texte des « Règlements provisoires pour l’administration des sites web en matière de services de diffusion d’actualités » a été approuvé en octobre 2000 par le Bureau de l’information du Conseil d’Etat et le M.I.I.. Selon ce document, les sites web établis par des organisations qui ne sont pas des médias d’actualités en titre, peuvent diffuser des informations en provenance de « certaines » agences de presse officielles si et seulement si elles répondent aux conditions de l’article 9 de ce règlement (voir ci-dessous) et ils ne peuvent en aucun cas produire des informations qui leur soient propres ou qui proviennent d’autres sources.

 Les conditions de l’article 9 en question sont les suivantes :

Ces sites web doivent avoir un projet ou un programme en accord avec les lois et règlements

Ils doivent avoir un ou des départements nécessaires à l’édition d’actualités pourvus de fonds,d’équipements et de locaux

Ils doivent avoir un personnel professionnel en charge de l’édition qui a l’expérience du journalisme et qui serait qualifié pour assurer des fonctions techniques d’un niveau moyen ou élevé dans le domaine du journalisme classique.

Ils doivent avoir des sources d’informations comme les agences de presse de l’Etat, des bureaux d’information des Départements placés sous le Conseil d’Etat ou des agences de presse du niveau des provinces, des régions autonomes ou des municipalités administrées directement.
Ces règlements imposent enfin aux sites web qui ne sont pas des médias en titre de signer des accords avec les médias ou organismes officiels sus-mentionnés et de soumettre des copies de ces accords aux autorités compétentes.

Enfin, plusieurs textes officiels approuvés depuis le début des années 1990 définissent le champ de la censure, du secret d’Etat et de la sécurité de l’information (comme « La loi de la RPC sur la préservation des secrets d’Etat de 1988 et ses modalités d’application de 1990 ou « Les règlements administratifs pour la protection du secret sur les systèmes d’information informatisés en connexion avec les réseaux internationaux » de 1999 ou encore la « Décision du comité permanent de l’ANP concernant la sauvegarde de la sécurité d’Internet » de 2000).

Au travers de tous ces textes, l’usage de l’infrastructure d’internet est prohibé s’il résulte en une « atteinte à la sécurité publique », en un « contenu socialement déstabilisant » ou en la « divulgation de secrets d’Etat ».

[Selon ces textes, est considérée comme « socialement déstabilisante », toute action « qui incite à la défiance ou à la violation des lois chinoises ; qui incite à la subversion du pouvoir et au renversement du système socialiste ; qui fabrique ou déforme la vérité, répand des rumeurs et interrompt l’ordre social ; qui répand des superstitions féodales ; qui implique des obscénités, la pornographie, les jeux d’argent, la violence, le meurtre, des actes horribles ou incite à des actes criminels »]



Conclusion

Les bons résultats commerciaux de certains journaux (et cela est vrai pour d’autres médias) comme le Quotidien de la Jeunesse de Pékin , émanation de la très officielle Ligue de la jeunesse communiste de la capitale, ont démontré que l’approche « marketing », en cherchant à fidéliser un public de plus en plus large, a entraîné une presse nouvelle qui reflète davantage les multiples facettes d’une société complexe.

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Bibliographie

Paru le : 4 janvier 2006


Liens externes
  • Atout France
  • Radio France International
  • China.com
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Service de presse de l’ambassade

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