Après une forte croissance, la demande chinoise pour les études à l’étranger se stabilise.
Ce phénomène peut s’expliquer par une amélioration qualitative des cursus chinois (voir encart sur le programme 211). En effet, l’enseignement supérieur chinois s’est largement transformé ces dernières années, et l’accès à l’université s’est ouvert très rapidement depuis 1998 : le nombre d’inscriptions en premier cycle du supérieur a explosé entre 1998 et 2003 (+ 300%). En 2005, vingt millions d’étudiants sont en cours de formation dans les universités chinoises. Le taux de scolarisation pour les études supérieures est désormais de 10% pour une tranche d’âge avec un objectif affiché de 15% en 2010 pour le Ministère chinois de l’éducation.
Un marché de l’emploi difficile pour les plus diplômés.
Par ailleurs, les titulaires d’un diplôme étranger commencent à revenir en Chine pour y trouver un emploi (même si tous ne rentrent pas avec un diplôme), mais ils sont confrontés à un marché de l’emploi difficile et souvent inadapté à leur niveau de formation, la plupart d’entre eux n’ayant pas pu valider leur formation par une expérience professionnelle à l’étranger, de plus en plus recherchée par les employeurs chinois. Les salaires et les fonctions qui leur sont proposés ne sont pas en adéquation avec les attentes et souvent sans commune mesure avec l’investissement matériel et immatériel qu’ils ont consenti pour étudier à l’étranger. La croissance chinoise créant relativement peu d’emplois qualifiés, l’insertion professionnelle de ces jeunes diplômés est souvent difficile. Il en résulte un fort taux de chômage (40%) chez les jeunes diplômés de l’enseignement supérieur (plus de 2 millions en 2004).

Le prestige des universités anglo-saxonnes demeure inégalé.
Pour les candidats aux études à l’étranger, les Etats-Unis demeurent la première destination. Le prestige des établissements anglo-saxons et l’omniprésence de l’anglais dans les activités économiques internationales confèrent à ce pays une sorte de rente naturelle . La forte présence chinoise dans les universités japonaises (70 000 étudiants) s’inscrit dans la longue tradition d’échanges intellectuels entre les deux pays et s’explique par la proximité géographique et culturelle et le niveau de développement économique du Japon. La région autonome spéciale de Hongkong devient également une destination d’étude de premier choix, car elle a le mérite d’associer une formation en anglais et une forte proximité géographique et culturelle.
La fermeture des frontières américaines au lendemain des attentats du 11 septembre 2001 (procédure Visa Mantis) a pesé de façon décisive sur les flux d’étudiants chinois en provoquent une redistribution à un moment où la demande pour les études à l’étranger était à son apogée. En 2004, les Etats-Unis enregistraient encore un recul de 45% dans les programmes de deuxième cycle, à tel point que cette situation a mis un certain nombre d’établissements américains en difficulté financière.
Cette nouvelle donne a profité aux pays européens et à la Grande-Bretagne en premier lieu. Celle-ci a vu le nombre d’étudiants chinois bondir de 70% en 2002. L’Australie et le Canada ont également été des destinations de substitution aux Etats-Unis, ces deux pays enregistrant une hausse de 50% des étudiants chinois en 2002.
Les étudiants chinois en France : vers un tassement des demandes ?
La proportion des étudiants étrangers présents sur les campus hexagonaux est aujourd’hui de 11%, dans les 3e cycles universitaires, la part des étudiants étrangers s’élève à 25%. La France se place désormais en 4e position des pays d’accueil. Si 50% des étudiants étrangers viennent du continent africain, les étudiants en provenance d’Asie et notamment de Chine sont de plus en plus nombreux.
Toutes nationalités confondues, la France accueille plus de 200 000 étudiants étrangers par an et notre pays a délivré 6 020 visas aux étudiants chinois. D’après les statistiques du CELA, le profil de ces étudiants est le suivant : 40% de titulaires d’un Benke (bac+4), 30% de titulaires d’un Dazhuan (Bac+2 ou bac+3), 30% de bacheliers ou bac+1.
En termes de filières, 43% des étudiants chinois ont opté pour un cursus en économie ou en gestion, 23% pour un cursus scientifique, les autres se répartissant entre les langues étrangères et les sciences humaines (34%).
Dans un contexte d’érosion relative de la demande chinoise pour les études à l’étranger, la France résiste plutôt mieux que les autres pays sur le plan quantitatif. Dans l’hypothèse d’une stabilisation de la demande chinoise, la France devra augmenter sa part de marché si elle espère accueillir plus d’étudiants chinois en poursuivant dans le sens d’une offre de service d’excellence aux étudiants étrangers.


Réagir à cet article
Cet article en RSS
Version imprimable


