Les enjeux du partenariat économique franco-chinois

En 2005, déj

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Les enjeux du partenariat économique franco-chinois

Paru le : 9 octobre 2006
En 2005, déj

Bien que beaucoup moins touchées que par exemple l’Allemagne ou l’Italie par le tassement global de la demande chinoise, nos exportations avaient néanmoins ralenti leur croissance (passant ainsi de +15% en 2004 à +10% en 2005). Couplé à l’augmentation de nos importations qui ont continué de croître rapidement (+26% en 2005 après +24% en 2004), ce ralentissement s’est mécaniquement traduit par un creusement de notre déficit commercial, qui est passé de 11,2 en 2004 à 15 Mds d’euros en 2005. En tenant compte de la zone administrative spéciale de Hong Kong, avec laquelle notre excédent a progressé de 1,5 à 2,1 Mds d’euros, notre déficit agrégé pour 2005 s’est limité à 13 Mds d’euros.

Les premiers chiffres pour 2006 sont sensiblement plus encourageants, avec une progression de 27,5% de nos exportations au premier semestre. Notre part de marché progresse ainsi, à 1,45%. Cette amélioration concerne principalement les domaines de l’aéronautique, l’automobile, les métaux et produits métalliques, ainsi que les produits cosmétiques et la pharmacie. Parallèlement, nos importations connaissent une croissance moins forte que nos exportations, à + 16,7%. Ces deux évolutions favorables n’empêchent toutefois pas une légère aggravation de notre déficit bilatéral, qui atteint 7,3 Mds d’euros sur les six premiers mois de l’année.

L’autre aspect de notre relation économique avec la Chine a trait à l’investissement. Si le volume d’investissements chinois en France reste encore modeste, il est appelé à se développer rapidement dans les prochaines années, avec l’émergence de champions nationaux et leur internationalisation. A l’inverse, l’investissement français en Chine est loin d’être négligeable : il se chiffre désormais en cumul à 6,8 Mds de dollars US, représentant plus de 600 entreprises et 1 400 implantations. Il apparaît en outre que le chiffre d’affaires des implantations françaises en Chine, résultant pour l’essentiel de ventes sur le marché local, dépasse assez nettement le montant de nos exportations de biens et services (une enquête récente l’estime environ au double). C’est dire si l’enjeu de l’investissement est absolument central dans nos relations économiques : se focaliser sur notre seul commerce extérieur serait une erreur d’appréciation. Or, en flux, notre investissement stagne, à un niveau annuel proche de 600 M de dollars US, soit environ 1% du total reçu par la Chine. Nos partenaires ne sont pas tous dans cette situation et, globalement, l’investissement européen s’accélère (d’environ 4 Mds de dollars US en moyenne ces dernières années à 5,7 en 2005). L’analyse montre que cette situation ne traduit en aucun cas la faiblesse de nos projets d’investissement en Chine, mais plutôt l’impact des restrictions à l’investissement étranger, qui existent - de droit ou de fait - dans bon nombre de secteurs jugés « sensibles » par les autorités chinoises. Ces secteurs correspondent en effet bien souvent à des « points forts » français, comme l’énergie, les transports, l’automobile, ou les services financiers.

C’est ainsi sur le terrain de l’investissement direct qu’apparaissent les plus grandes marges de progrès dans nos relations économiques futures, notamment dans les secteurs structurants du partenariat stratégique qui nous lie avec la Chine depuis 1997 : aéronautique, nucléaire civil et transport ferroviaire. Ces contrats pèsent traditionnellement un poids significatif dans nos exportations, sans bien sûr se substituer aux exportations de nos PME, dont l’accompagnement a été renforcé dans le cadre du Plan Cap Export, lancé il y a un an par Mme Christine Lagarde, ministre délégué au commerce extérieur. L’avenir est à la concrétisation d’alliances industrielles en Chine, permettant à la fois de répondre aux besoins immenses du marché chinois, et à terme, de partir, ensemble, à la conquête de marchés tiers.
Benjamin Dubertret
Adjoint au Ministre Conseiller pour les
affaires économiques et sociales,
Mission économique et financière de Pékin

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