Les échanges commerciaux entre la France et la Chine, 1995 - 2005

Article

Les échanges commerciaux entre la France et la Chine, 1995 - 2005

Paru le : 10 octobre 2006 / Dernière mise à jour : 9 octobre 2006



Nos échanges évoluent de manière dynamique…

n l’espace de 10 ans, la somme de nos échanges commerciaux avec la Chine a connu l’une des progressions les plus rapides parmi nos principaux partenaires : elle est passée de 9 à 30 Mds €, soit une croissance moyenne de 12% par an, à comparer avec une croissance moyenne de 6% de notre commerce extérieur total. En 10 ans, la place relative de la Chine dans notre commerce extérieur a plus que doublé, de 2,1 à 5,6%. Celle-ci reste cependant modeste, et en tout cas inférieur à la place de la Chine dans le commerce mondial (7%). Aujourd’hui 3ème puissance commerciale mondiale, la Chine n’est encore que notre 8ème partenaire commercial, derrière les Pays-Bas. Avec 8,5 Mds € d’achats en 2005, il s’agit de notre 9ème client, derrière la Suisse mais devant le Japon (1,7% de nos ventes), et avec 21,4 Mds € de ventes, elle représente notre 7ème fournisseur juste derrière le R-U et les USA (5,5% de nos achats).

…Mais ils se traduisent par un déficit croissant pour la France.

En 1995, notre commerce avec la Chine était à peu près équilibré. Nos exportations nettes de biens d’équipement compensaient nos importations de biens de consommations. Notre excédent de 2 Mds € vis-à-vis de Hong Kong compensait un déficit équivalent vis-à-vis de la Chine continentale. 10 ans plus tard, la Chine est devenue notre première source de déficit bilatéral, devant l’Allemagne avec qui nous commerçons pourtant 5 fois plus. L’excédent vis-à-vis de Hong Kong s’est maintenu autour de 2 Mds € par an, mais le déficit vis-à-vis de la Chine continentale n’a cessé de se creuser et atteignait 15 Mds € en 2005, soit au total 13 Mds €. Le tassement de la demande intérieure chinoise à la fin des années 90, dans le contexte de crise régionale, avait donné alors un coup d’arrêt à nos exportations. Celles-ci n’ont véritablement redémarré qu’à partir de 2003, suite à l’accélération de l’économie chinoise. Cependant, étant donné le creusement de notre taux de couverture, actuellement de 40%, l’enjeu est aujourd’hui de réduire notre déficit commercial

La Chine diversifie ses atouts compétitifs et se substitue à d’autres fournisseurs asiatiques

Deux évolutions majeures expliquent la formidable progression des exportations de la Chine, en France comme dans le reste du monde.

La première, c’est la diversification de sa production industrielle, vers l’électronique, certains équipements industriels, la sidérurgie et la chimie. Aujourd’hui 45% (contre 60% en 1995) de nos importations de Chine porte sur des biens de consommation manufacturés. Dans le même temps, la part des biens d’équipement est passée de 10 à 30% de nos achats.

La seconde évolution, complémentaire de la précédente, est la relocalisation de certains pans de la production asiatique en Chine, en particulier dans le secteur électronique. Ainsi, dans les biens de consommation, tandis que la part de marché de la Chine en France passait de 8 à 16% entre 1995 et 2005, celle du reste de l’Asie de l’Est reculait de 12 à 8%.

Au total, ces deux tendances de fonds produisent des changements impressionnants : entre 2003 et 2005, la part de marché de la Chine en France est par exemple passée de 15 à 21% dans la chaussure et de 13 à 21% dans les vêtements. Dans le même temps, elle a augmenté de 16 à 26% dans les ordinateurs, de 10 à 26% dans les téléphones portables.

Notre performance à l’exportation reste tributaire des évolutions de la demande chinoise

La forte progression des importations chinoises (en moyenne 18% par an sur la période 1995-2005) peut être trompeuse. Ce qui nous importe vraiment, c’est l’adéquation de la demande chinoise à notre offre, secteur par secteur. De ce point de vue, la dernière décennie nous a plutôt été défavorable. A l’exception des équipements de transport, qui représentent d’ailleurs environ 40% de nos ventes à la Chine, la majorité de la demande chinoise provient de secteurs dans lesquels la France est peu active. Concentrées dans les biens d’équipement industriel, la chimie, la sidérurgie, les composants électroniques ou encore les matières premières, ses importations ont essentiellement profité aux pays industrialisés d’Asie et aux PVD exportateurs de matières premières. A l’exception de l’Allemagne, tous les pays occidentaux ont donc vu leur présence relative reculer sur le marché chinois. Sur le moyen terme, les évolutions en cours nous permettent d’être plus optimistes.

La forte croissance de la classe moyenne chinoise, couplée à une tendance inéluctable à l’appréciation de la monnaie ne peuvent qu’être favorable à nos atouts dans les biens de consommation haut de gamme. De même l’ambitieux programme gouvernemental d’urbanisation et d’infrastructure devrait se traduire par une accélération des opportunités pour nos entreprises.

Stéphane Cieniewski
Conseiller financier,
Mission économique et financière de Pékin
 
< Art. précédent |

 Réagir à cet article Cet article en RSS Cet article en RSS Version imprimable Version imprimable
Visites : 8887

Liens externes
  • Services économiques
  • Ubifrance
  • Agence française de développement
  • Chambre de commerce et d'industrie française en Chine
  • Maison de la France
  • AFII
  • ADETEF
Auteur

Service économique régional de Pékin

Courriel