Le coût d’une expatriation en Chine

Si une expatriation en Chine constitue une opportunité personnelle et professionnelle à saisir, il n’en demeure pas moins qu’elle se traduit par des coûts élevés. À ce titre, il convient dès l’amont du projet de chiffrer ces coûts avec précision, afin d’éviter les mauvaises surprises. Dans cette perspective, la santé, l’éducation et le logement sont trois des postes de dépenses qui réclament une attention particulière.

Le coût de la vie en Chine

Le coût de la vie en Chine, s’agissant des biens de consommation courants disponibles localement, se révèle généralement inférieur à celui d’une ville française. Toutefois, certains postes de dépenses, notamment dans les domaines de l’éducation, de la santé ou du logement, occasionnent des frais largement supérieurs à ceux habituellement consentis en France.

L’enquête sur le coût de la vie des expatriés publiée en juin 2014 par ECA dans les 400 villes les plus chères du monde place Shanghai, Pékin et Hong Kong respectivement aux 18ème (gain de 7 places par rapport à l’enquête annuelle précédente), 20ème (+3 places) et 29ème (gain de 8 places) rangs. Dans ce même classement, Paris gagne 10 places et arrive en 28ème position. Toutefois, certains coûts, tels ceux relatifs au logement, aux transports et à la scolarisation des enfants, ne sont pas pris en compte dans cette étude. Ces postes de dépenses pouvant significativement influer sur le niveau des dépenses des expatriés résidant en Chine, il convient dès lors de privilégier d’autres enquêtes.

Selon l’enquête sur le coût de la vie publiée par le cabinet britannique Mercer en juin 2014, Shanghai occupait la 10ème place du classement des grandes villes les plus chères du monde pour les expatriés. Elle était immédiatement suivie par Pékin. L’étude, qui couvre quelque 211 métropoles prend pour référence la ville de New York et mesure les coûts comparatifs de plus de 200 articles dans chaque ville, y compris le logement, le transport, la nourriture, les vêtements, les articles ménagers et de divertissement. Dans le précédent classement annuel publié en juin 2013, Shanghai et Pékin arrivaient respectivement en 14ème et en 15ème positions. L’appréciation de la monnaie chinoise contre le USD ainsi que l’augmentation continue des loyers étaient à l’origine de ce bond dans le classement, selon Mercer. En comparaison, Paris occupait la 27ème place, dans le classement de 2014 (gain de 10 places par rapport à l’enquête précédente).

Evolution de la parité CNY/EUR :

Au 26 septembre 2014, la devise chinoise (CNY) s’était appréciée de 7,73% contre l’Euro depuis la flexibilisation du régime de change chinois intervenue en juin 2010. L’appréciation de la devise chinoise contre l’Euro s’est significativement accélérée sur la période comprise entre septembre 2013 et septembre 2014, puisque les ¾ de la hausse constatée à fin septembre 2014, se sont produites dans les 12 derniers mois.

En définitive, nombre de biens de consommation courante, notamment les vêtements, ainsi que le petit équipement ou l’électroménager par exemple, restent moins chers en Chine qu’en France. Ce constat ne vaut que pour les produits locaux, les produits importés étant aussi chers, voire plus.

La santé

La santé constitue un poste de dépenses important pour qui n’a pas ou peu recours au secteur public chinois, cas le plus fréquent chez les expatriés, les hôpitaux et médecins locaux répondant rarement à leurs attentes. La grande majorité a donc recours à des soins de santé privés où la pratique de la langue anglaise est plus fréquente. Les coûts y sont très élevés, notamment en situation d’urgence. En outre, les médicaments occidentaux reviennent plus chers en Chine qu’en Europe, du fait des frais de transport et des droits de douane.

Cette situation, ainsi que le fait qu’un expatrié ne relève plus de la Sécurité sociale française, rend impérative une affiliation volontaire à un régime d’assurance privé.

L’éducation


En matière d’éducation, le système public chinois est fermé aux enfants des ressortissants étrangers.
La scolarisation peut donc se faire :

  • dans une école française, reconnue par le ministère français de l’Education. L’Ecole française de Shanghai (de la maternelle à la terminale) est conventionnée par l’AEFE. A Pékin, le lycée français de Pékin est homologué par cette même agence. Le cursus français est également accessible via l’enseignement à distance.
  • dans le système privé international (écoles anglophones, généralement). La Chine compte aujourd’hui de nombreuses écoles internationales dont les coûts peuvent être très élevés.
  • dans le système privé d’enseignement chinois. Un tel cursus, qui peut être choisi pour l’apprentissage du Chinois, présente des spécificités : alors que l’enseignement en France tend à développer la synthèse, la compréhension et l’esprit critique, le système chinois passe davantage par l’apprentissage « par cœur » et tend à développer la mémoire plus que la capacité de synthèse. Ce scénario se révèle très vrai dans l’enseignement primaire.

Le logement


Le logement est un poste de dépenses crucial. Il nécessite de disposer d’une bonne information sur les formalités et les prix de location.
Le passage par des agences immobilières, nombreuses à Shanghai, facilite ces démarches. Les loyers ont fortement augmenté ces dernières années.

En Chine, après une augmentation particulièrement importante entre 2007 et 2008, les loyers ont baissé en 2009, puis à nouveau progressé en 2010 et 2011, mais plus modérément qu’en 2007-2008. La demande reste stimulée par l’accroissement continu de la population expatriée et les aspirations de la nouvelle classe aisée chinoise. Dans ce contexte, le prix du m2 à la location sur ce segment de marché avoisinait 190 CNY/mois au début de l’année 2014.

Le personnel de maison

Le personnel de maison constitue l’un des conforts d’une expatriation en Chine, du fait de la possibilité de disposer d’une aide-ménagère à un coût raisonnable. Quelques expatriés optent pour la passation d’un contrat aligné sur les dispositions de la loi du travail et les minima de rémunération prévus par les réglementations locales ; nombre d’entre eux privilégient toutefois l’emploi « au noir », pourtant illégal et passible de sanctions. Par ailleurs, un ressortissant étranger ne peut pas disposer de la qualité d’employeur. Les contrats conclus sur ces bases sont, en conséquence, dépourvus de fondement juridique.

Il est donc recommandé de passer par l’intermédiaire d’un établissement assermenté, qui jouera alors la fonction d’employeur ; ceci permet de respecter la réglementation, mais aussi de s’épargner le calcul des cotisations sociales.

Les transports

Le transport peut constituer une source de complications en Chine : d’une part, le prix des véhicules importés est supérieur aux prix européens. L’acquisition d’un véhicule assemblé localement se révèle moins onéreuse et ouvre les portes d’un service local d’après-vente bien distribué. D’autre part, l’importation à titre personnel d’un véhicule est contrainte – et, en pratique, rendue quasi-impossible – par la complexité des démarches et le montant des taxes.

Depuis 2012, pour combattre la pollution et les embouteillages dans la capitale, les autorités municipales de Pékin ne cessent de durcir les exigences envers les automobilistes. Pour acheter une voiture, un étranger avec une durée de résidence de plus d’un an minimum, tout comme un Pékinois, doit posséder un passeport enregistré dans la capitale, être titulaire d’un permis de conduire et confirmer qu’il ne possède pas un autre véhicule. Mais pour immatriculer sa voiture, il doit prendre part à un tirage au sort portant sur 20.000 plaques mises en loterie chaque mois.

En revanche, le prix des carburants est moins élevé qu’en France : il est maintenu à un niveau qui ne reflète pas la hausse des prix mondiaux, du fait du contrôle administratif des prix par les autorités, quitte à entraîner des pertes pour les compagnies pétrolières.

La fiscalité

En matière de fiscalité, la France et la Chine ont signé une convention de non double imposition, entrée en vigueur en 1985 ; elle permet au contribuable d’éviter de payer les impôts sur un même revenu dans les deux pays. Ainsi, les revenus professionnels ne sont, en règle générale, imposables qu’en Chine, là où s’exerce l’activité. L’impôt sur le revenu est prélevé à la source, sur une base mensuelle, contrairement à la France. C’est l’employeur qui est responsable de leur perception à la source.

Les taux d’imposition s’étagent de 5 % à 45 %, avec des tranches de revenus imposés resserrées (par exemple, 20 % au-dessus de 5 000 RMB par mois). Cette échelle est adaptée aux rémunérations chinoises, plus modestes ; elle peut en revanche se révéler plus onéreuse dans le cas de rémunérations ou de « packages » plus importants (les plafonds de déductibilité sont relativement bas).

Dernière modification : 26/01/2016

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