L’aéronautique civile est un des derniers secteurs où l’industrie chinoise n’est pas présente, mais ce manque ne va pas durer : le C919, le premier moyen courrier chinois, devrait être opérationnel dans huit ans.
Avec une demande estimée par Boeing à 3.710 appareils, soit 390 milliards de dollars, sur les 20 prochaines années, l’aviation civile chinoise est en pleine expansion ; et le gouvernement chinois n’entend pas laisser ce marché lucratif à Airbus et Boeing. Il a donc créé en mai dernier la Comac (中国商用飞机公司, société chinoise d’aviation civile), une entreprise d’état qui a l’ambition de devenir le premier avionneur en Chine, et d’obtenir à terme une envergure mondiale.
La Comac a déjà produit l’ARJ21, un petit avion civil de 70 places. Sans avoir été une grande réussite commerciale, ce projet s’est déroulé sans encombre et a donné à la Comac de l’expérience et de la confiance pour ses futures activités. L’actuel projet C919 est beaucoup plus ambitieux : il s’agit de dessiner et de construire un moyen courrier mono-couloir de 150 à 180 places, avec un prix environ 10% inférieur à celui de ses concurrents directs, l’A320 et le Boeing 737. La Comac espère vendre 2400 C919 entre 2016 et 2035, soit obtenir 10% des parts de marché.
La Comac a d’ores et déjà annoncé qu’elle ferait appel à des fournisseurs étrangers pour certaines pièces cruciales, comme les réacteurs ou les trains d’atterrissage. Si Airbus peut craindre l’avènement d’un nouveau concurrent, les fabricants de pièces détachées, dont un certain nombre d’entreprises françaises, ne peuvent que se réjouir du projet C 919.

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