Le système de santé et d’assurance maladie chinois est aujourd’hui largement insatisfaisant, reconnaissent l’ensemble des éditorialistes, reflétant ainsi à la fois l’opinion publique et les communiqués officiels. Sa réforme est l’un des grands défis du gouvernement s’il veut affermir sa légitimité.
La réforme du système de santéAvant 1978, tous les Chinois bénéficiaient d’un système de soin rudimentaire mais gratuit. Il y avait dans les campagnes ceux que l’on appelait les "médecins aux pieds nus", souvent peu formés, mais qui jouaient surtout un rôle de prévention et d’amélioration de l’hygiène.
Lorsque les réformes économiques ont commencé dans les campagnes, à partir des années 80, les paysans ont pu développer une agriculture privée et s’enrichir substantiellement, mais ils y ont perdu le système de gratuité des soins. Dans les villes, ou les règles du marché ont aussi été introduites peu après, certaines usines d’Etat non rentables ont commencé à licencier. Comme le système de santé était pris en charge par les unités de travail, les chomeurs, et les employés des nouvelles entreprises privées se sont également retrouvés en dehors de cette couverture.
Aujourd’hui, la presse estime que 20% de la population benéficie de 80% des dépenses médicales publiques. Il s’agit essentiellement de fonctionnaires et d’employés d’entreprises d’Etat.
Depuis quelques années, les médias chinois se font largement l’écho des difficultés de la réforme du système de santé. Il souffrirait de deux graves insuffisance : une couverture trop étroite et la course au profit des établissements de soin, au détriment de l’intérêt des patients. Régulièrement, des scandales sont révélés par la presse. En 2005 par exemple, l’ensemble des médias avait couvert l’affaire d’un hôpital de Harbin, qui avait extorqué plus de 5 millions de yuan (500 000 euros) à la famille d’un patient condamné, facturant notamment 94 transfusions sanguines par jour. Début 2006, c’est l’histoire d’un travailleur migrant mort dans les toilettes d’un hôpital parce qu’on refusait de le soigner qui a défrayé la chronique. Les médias et les blogs chinois relayent l’idée populaire que l’accès au soin est à la fois difficile et cher ("kan bing nan, kan bing gui"), et que dans les campagnes, la maladie est la première cause de pauvreté. 80% des paysans chinois malades et nécessitant un traitement n’ont pas accès au soin, que cela soit en raison de l’insuffisance des structures médicales ou de leur coût trop élevé.
En 2004, le ministre de la santé, Gao Qiang, a publiquement reconnu l’échec de la réforme du système de soin, et l’ensemble des acteurs, des médecins aux patients, manifestent leur insatisfaction. Les établissements médicaux sont classés en deux catégories : à but lucratif et à but non lucratif. 90% sont à but non lucratif en théorie, mais l’insuffisance des investissements de l’Etat les obligent à rechercher des sources de profit pour se financer. La panoplie des solutions à ce problème n’est pas large. Selon la presse chinoise, on ne peut ni importer le système d’Etat providence européen, parce que l’Etat ne peut pas le financer, ni le système d’assurance maladie américain, parce que les individus et les entreprises ne peuvent pas le payer.
Source d’un important mécontentement social, le système de santé doit pourtant être réformé à nouveau, selon l’ensemble des médias chinois. Un nouveau plan de mesure est en train d’être élaboré, et devrait être promulgué en juin 2006. Il prévoit l’instauration d’une couverture maladie minimale universelle, et un système complémentaire mixte : dans les villes, les employés devraient être couverts par une assurance maladie financée par les entreprises ; dans les campagnes, l’Etat, les collectivités locales et les particuliers contribueront chacun pour une part au financement (à hauteur de près de 40% pour les individus - ce système est déjà en vigueur dans quelques provinces).
Le débat sur la médecine traditionnelleLorsque les réformes économiques ont commencé dans les campagnes, à partir des années 80, les paysans ont pu développer une agriculture privée et s’enrichir substantiellement, mais ils y ont perdu le système de gratuité des soins. Dans les villes, ou les règles du marché ont aussi été introduites peu après, certaines usines d’Etat non rentables ont commencé à licencier. Comme le système de santé était pris en charge par les unités de travail, les chomeurs, et les employés des nouvelles entreprises privées se sont également retrouvés en dehors de cette couverture.
Aujourd’hui, la presse estime que 20% de la population benéficie de 80% des dépenses médicales publiques. Il s’agit essentiellement de fonctionnaires et d’employés d’entreprises d’Etat.
Depuis quelques années, les médias chinois se font largement l’écho des difficultés de la réforme du système de santé. Il souffrirait de deux graves insuffisance : une couverture trop étroite et la course au profit des établissements de soin, au détriment de l’intérêt des patients. Régulièrement, des scandales sont révélés par la presse. En 2005 par exemple, l’ensemble des médias avait couvert l’affaire d’un hôpital de Harbin, qui avait extorqué plus de 5 millions de yuan (500 000 euros) à la famille d’un patient condamné, facturant notamment 94 transfusions sanguines par jour. Début 2006, c’est l’histoire d’un travailleur migrant mort dans les toilettes d’un hôpital parce qu’on refusait de le soigner qui a défrayé la chronique. Les médias et les blogs chinois relayent l’idée populaire que l’accès au soin est à la fois difficile et cher ("kan bing nan, kan bing gui"), et que dans les campagnes, la maladie est la première cause de pauvreté. 80% des paysans chinois malades et nécessitant un traitement n’ont pas accès au soin, que cela soit en raison de l’insuffisance des structures médicales ou de leur coût trop élevé.
En 2004, le ministre de la santé, Gao Qiang, a publiquement reconnu l’échec de la réforme du système de soin, et l’ensemble des acteurs, des médecins aux patients, manifestent leur insatisfaction. Les établissements médicaux sont classés en deux catégories : à but lucratif et à but non lucratif. 90% sont à but non lucratif en théorie, mais l’insuffisance des investissements de l’Etat les obligent à rechercher des sources de profit pour se financer. La panoplie des solutions à ce problème n’est pas large. Selon la presse chinoise, on ne peut ni importer le système d’Etat providence européen, parce que l’Etat ne peut pas le financer, ni le système d’assurance maladie américain, parce que les individus et les entreprises ne peuvent pas le payer.
Source d’un important mécontentement social, le système de santé doit pourtant être réformé à nouveau, selon l’ensemble des médias chinois. Un nouveau plan de mesure est en train d’être élaboré, et devrait être promulgué en juin 2006. Il prévoit l’instauration d’une couverture maladie minimale universelle, et un système complémentaire mixte : dans les villes, les employés devraient être couverts par une assurance maladie financée par les entreprises ; dans les campagnes, l’Etat, les collectivités locales et les particuliers contribueront chacun pour une part au financement (à hauteur de près de 40% pour les individus - ce système est déjà en vigueur dans quelques provinces).
En 2006, le professeur Zhang Gongyao de l’université de Zhongnan a lancé une pétition pour demander la suppression de la médecine traditionnelle chinoise, dont il estime la démarche non scientifique et finalement dangereuse pour les patients. L’opinion publique et les médias se sont passionnés sur ce débat. Le ministère de la santé a tranché en octobre : il n’est pas question d’annihiler tout un pan de la culture et du savoir chinois.



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