La pollution de l’air à Wuhan

Pour comprendre la situation sur la qualité de l’air dans l’agglomération de Wuhan, informez-vous des nouvelles normes de qualité de l’air publiées, par le bureau municipal de l’environnement, en novembre 2012.

Qu’est-ce que la pollution atmosphérique ?

Notre atmosphère se compose à 78% d’azote, à 21% d’oxygène et à 1% de gaz dits rares (argon, néon et hélium notamment). A ces gaz s’ajoutent d’autres composés (gaz et particules) considérés comme des polluants lorsqu’ils présentent une gêne ou un risque pour la santé humaine et pour l’environnement. La pollution de l’air, à l’intérieur comme à l’extérieur des locaux, est un problème majeur de santé environnementale touchant aussi bien les pays développés que ceux en développement. En effet, lorsque l’air que nous respirons transporte des agents polluants, ceux-ci sont à l’origine de nombreux symptômes tels que :
• gêne respiratoire,

• toux et maux de gorge,

• maux de tête,

• irritation des yeux.

La pollution atmosphérique peut aussi déclencher des crises d’asthme (chez les asthmatiques) ou diminuer la capacité respiratoire chez l’enfant. Les effets sanitaires indésirables de la pollution atmosphérique s’exercent à court ou à long terme  ; Ils peuvent être immédiats ou retardés. Les manifestations varient selon :
• la nature et la concentration des polluants,

• la durée d’exposition, et

• la sensibilité de chaque individu.

Ainsi, les enfants et les personnes âgées, de même que les personnes souffrant de maladies respiratoires ou cardio-vasculaires sont plus sensibles à la pollution atmosphérique. On connaît moins bien les effets de la pollution à long terme (10-20 ans). Cependant, de nombreuses études épidémiologiques concordent sur l’existence d’un facteur de risque dû à la pollution urbaine respirée au quotidien sur des durées d’exposition longues, qui se manifesterait par une augmentation du risque de mortalité cardio-vasculaire, une diminution de la fonction respiratoire, une perte d’espérance de vie et une augmentation du risque de cancer.

Pour approfondir : http://www.who.int/mediacentre/factsheets/fs313/fr/
Sources : Document réalisé avec l’aide de M. Benjamin Guinot, chercheur au CNRS, spécialiste de la pollution atmosphérique. Février 2011.

La pollution atmosphérique à Wuhan

Comme la plupart des grandes villes du monde, l’air à Wuhan est pollué et ceci, principalement à cause des activités humaines (industries, transports, etc.). On constate qu’il y a deux polluants principaux : les micro-particules de taille inférieure à 2,5μm (communément appelées PM 2.5, ces particules sont particulièrement nocives et peuvent se loger dans les ramifications les plus profondes des voies respiratoires) en automne et en hiver, et l’ozone.

De nouvelles normes en matière de qualité de l’air en vigueur depuis janvier 2013

A la suite de la décision du gouvernement chinois en mars 2012 d’adopter des normes plus strictes concernant la mesure de la qualité de l’air ambiant, Wuhan a inauguré début janvier 2013 un nouveau site internet d’information sur la qualité de l’air de la ville. La qualité de l’air est désormais fournie par un indice AQI (Air Quality Index) qui s’inspire des normes américaines, en lieu et place de l’ancien indice API (Air Pollution Index) utilisé par les agences chinoises jusqu’à présent. Le nouvel indice prend en compte six polluants (au lieu de trois pour l’API), en particulier les PM 2.5 et l’ozone, et affiche une grille de calcul plus stricte que la précédente (i.e. pour une même concentration l’indice de qualité de l’AQI pourra afficher un niveau de qualité inférieur à celui de l’API).

Depuis le 1er janvier 2013, le bureau de protection de l’environnement de Wuhan publie sur son site (www.whepb.gov.cn ) les valeurs de l’indice de la qualité de l’air mesurées sur 11 stations réparties sur le territoire de la ville pour les 6 polluants suivants : SO2, NO2, PM2,5, CO, O3, PM10.

Les relevés affichés sur le site du bureau de protection de l’environnement de Wuhan sont mis à jour quotidiennement à minuit (la valeur indiquée à partir de cette heure concerne la journée écoulée). On peut suivre pour chaque station le détail et l’historique sur un mois des mesures de l’ensemble des polluants. A ce jour, seule la version chinoise du site est disponible.

Pour accéder aux données depuis la page d’accueil :

  • dans l’encadré intitulé环境质量公告(annonce de la qualité environnementale) situé à droite de l’écran, cliquer sur l’onglet "空气质量" (qualité de l’air, l’autre onglet étant consacré à la qualité de l’eau)
  • dans la deuxième fenêtre qui s’ouvre alors, on trouve les informations détaillées sur la qualité de l’air décrites ci-après.

Remarque : deux sous-onglets -日报 (actuelle) et 预报 (prévision) se trouvent sous l’onglet空气质量" (qualité de l’air). La prévision est communiquée chaque jour à 17h et vaut pour les prochaines 24h.

a) la carte des 11 stations de mesure :

• 东湖梨园 (Donghu Liyuan), Wuchang

• 汉阳月湖 (Hanyang Yuehu), Hanyang

• 汉口花桥 (Hankou Huaqiao), Hankou

• 武昌紫阳 (Wuchang Ziyang), Wuchang

• 青山钢花 (Qingshan Ganghua), Wuchang

• 沌口新区 (Dunkou Xinqu), Hanyang

• 汉口江滩 (Hankou Jiangnan), Hankou

• 东湖高新 (Donghu Gaoxin), Wuchang

• 吴家山 (Wujiashan), Hankou

• 沉湖七壕 (Chenhu Qihao), Hanyang

• 城 区(Chenqu), ville centrale.

b) dans un nouvel encadré situé à droite de cette carte, on trouve les valeurs des indices de qualité correspondant aux différents polluants / paramètres mesurés :

• SO2 二氧化硫

• NO2 二氧化氮

• PM10 可吸入颗粒物

• CO 一氧化碳

• O3臭氧

• PM25 细颗粒物

suivies d’une série de carrés de couleur comportant l’historique sur les 7 derniers jours écoulés, (cf. le tableau ci-dessous pour le code-couleur correspondant à la catégorie de l’indice).

Sous la carte, un graphique à 11 onglets - pour chaque station de mesure - montre l’évolution de ces paramètres au cours des 30 derniers jours.
En dessous du graphique, un tableau donne l’historique des valeurs durant la dernière semaine.

En cliquant sur la zone "(武汉市环境空气质量实时发布系统)" située juste en dessous de l’encadré de la page d’accueil du bureau de la protection de l’environnement , on ouvre une nouvelle page dans laquelle figurent, pour chacun des 6 polluants principaux, les données réactualisées toutes les heures, pour chacun des 11 sites de mesure de la ville :

NB : il arrive que certains navigateurs ou systèmes d’exploitation refusent d’ouvrir cette page dont l’URL est : http://ft.whepb.gov.cn:8090/Default.aspx

- une valeur de concentration (en unité de masse / m3) sur 1 heure, la dernière écoulée
- une valeur de concentration (en unité de masse / m3) moyennée sur les dernières 24 heures
- une valeur d’indice de qualité de l’air AQI correspondant à la concentration moyennée sur les dernières 24h.

Remarque : il existe un site optimisé pour la consultation depuis un téléphone portable (http://wap.whepb.gov.fr) qui donne des informations simplifiées.

Vers une information plus complète et plus transparente

Le tableau 1 ci-dessous permet de comparer la nouvelle norme chinoise AQI avec les standards internationaux (France, Europe et Etats-Unis d’Amérique). On constate que si la conversion des concentrations de PM10 en indice AQI est identique pour les indices chinois et américains, il n’en va pas de même pour les PM 2.5, en particulier pour les indices inférieurs à 200 (couleurs vertes, jaune, orange et rouge).

Tableau 1 : comparaison des indices de l’air pour la France, l’Union européenne, la Chine et les Etats-Unis d’Amérique
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*concentration en µg/m3
***concentrations en mg/m3
***ND = non disponible

Tableau 2 : descriptif des indices pour les Etats-Unis d’Amérique et la Chine

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Pour télécharger le document, cliquez ici

En pratique, si l’on souhaite connaître les concentrations - en unité de masse/ unité de volume - à partir des indices – sans dimension - de qualité de l’air publiés sur Internet, il faut employer une formule du type :

C = Cinf + (Csup-Cinf) . [ (I-Iinf)/(Isup-Iinf) ]

où :
C est la concentration recherchée
I est l’indice publié
Iinf et Isup les bornes inférieures et supérieures de l’intervalle dans lequel se situe I
Cinf et Csup les bornes inférieures et supérieures correspondantes à cet intervalle (cf. tableau)

Prenons l’exemple suivant : quelle est la concentration en PM2.5 correspondant à un indice de 182 ?
Dans ce cas, le tableau nous donne Iinf=151 et Isup=200, auxquels correspondent Cinf=116 µg/m3 et Csup=150 µg/m3, ce qui conduit par application de la formule ci-dessus à C= 137,5 µg/m3.

Comment limiter son exposition en cas de pic de pollution ?

En cas d’épisode de pollution, il est recommandé :
• d’éviter les efforts physiques soutenus en plein air (endurance),

• de suivre scrupuleusement son traitement (asthmatique, cardiaque...), et de ne pas hésiter à consulter son médecin en cas de problèmes respiratoires ou de malaise,

• d’éviter d’aggraver les effets de la pollution par des facteurs irritants (tabac, utilisation de peinture, solvants, colles…),

• de ne pas modifier ses pratiques habituelles d’aération et de ventilation de son habitation,

• dans la mesure du possible, d’éviter d’utiliser son véhicule.
En cas de pollution due à l’ozone, il est préférable de limiter ses sorties durant les heures les plus chaudes de la journée, lorsque les concentrations de ce polluant sont les plus élevées.

Pourquoi vaut-il mieux éviter les activités physiques en cas de pic de pollution ?

La quantité d’air que nous respirons est d’autant plus importante que l’on pratique une activité physique intensive. Ainsi, un individu qui marche inhale 15 litres d’air par minute, 40 litres s’il monte un escalier et jusqu’à 100 litres pour des activités d’endurance. Si cet air est pollué, la quantité de pollution inhalée sera donc plus importante.

Le long d’un grand axe de circulation, où suis-je le plus exposé ?
Une étude menée par le laboratoire d’hygiène de la ville de Paris (LHVP) a montré qu’entre un automobiliste, un cycliste et un piéton, c’est dans son véhicule que l’on est le plus exposé à la pollution. En cas d’embouteillage, vous serez moins exposé à la pollution si vous vous déplacez à pied ou à vélo que confortablement assis dans votre véhicule à attendre de pouvoir circuler.

Où et quand vaut-il mieux éviter de faire son jogging ?
Mieux vaut s’abstenir de toute pratique d’exercices physiques pendant les heures de pointe, à proximité d’un axe routier (concentration la plus importante de dioxyde d’azote) et, en été, au moment de la journée où il fait le plus chaud (concentrations maximales d’ozone).

Quelle est l’efficacité des masques pour se protéger de la pollution ?
Aucun masque ne peut retenir grâce à ses filtres les nombreux gaz polluants, ni les particules ultra-fines qui sont susceptibles de pénétrer le plus profondément dans l’appareil respiratoire. En revanche, les masques permettent de stopper les particules les plus grosses, et donc de limiter l’irritation des voies respiratoires supérieures, à l’instar – mais avec certes une meilleure efficacité – des masques chirurgicaux et autres foulards. Notons que nos voies respiratoires filtrent et évacuent naturellement ces particules plus grossières. En conclusion, porter un masque permet de limiter l’encombrement des voies respiratoires supérieures mais n’assure pas une protection complète contre tous les éléments polluants présents dans l’atmosphère.

Quelles sont les personnes les plus fragiles face à la pollution atmosphérique ?
• les enfants, car leurs poumons continuent de se former jusqu’à l’âge de 8 ans, ;

• les femmes enceintes, qui transmettent une partie des polluants respirés à leurs enfants,

• les personnes âgées, car la capacité respiratoire diminue dès l’âge de 30 ans,

• les asthmatiques, que leur maladie rend plus sensibles au pouvoir irritant des polluants,

• les insuffisants respiratoires et cardiaques, dont la santé est fragilisée,

• les fumeurs, dont l’appareil respiratoire est déjà irrité par l’usage du tabac.

Quelques règles simples à suivre pour lutter contre la pollution atmosphérique

• Préférer les transports en commun, le vélo ou la marche, c’est préserver sa santé et agir pour la qualité de l’air,

• Au volant, adopter une conduite calme. Evitez les freinages et accélérations brusques qui multiplient l’émission des polluants,

• Faire effectuer régulièrement le contrôle antipollution de son véhicule, surtout s’il est ancien,

• Pratiquer autant que possible le covoiturage,

• Laisser le moins possible le moteur de son véhicule tourner à l’arrêt,

• Éviter de faire le plein de son véhicule aux heures chaudes de la journée, pour limiter les vapeurs d’essence.

Sources :
-  Ministère de la Santé
(http://www.sante.gouv.fr/effets-sur-la-sante-de-la-pollution-de-l-air.html)

Pour plus d’informations :
-  Ministère de l’environnement, du développement durable et de l’énergie
(http://www.developpement-durable.gouv.fr/-Air-et-pollution-atmospherique,495-.html )
-  Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME)
(http://www2.ademe.fr/servlet/KBaseShow?sort=-1&cid=96&m=3&catid=12617)

Dernière modification : 03/05/2016

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