La physicienne Michèle Leduc a donné une conférence sur l’éthique dans la recherche [中文]

Le mercredi 22 octobre 2014, la physicienne Michèle Leduc a tenu une conférence au Centre international des sciences et des technologies du Guangdong sur le thème de l’éthique dans le monde de la recherche.

Mme Michèle Leduc, invitée en tant que présidente du Comité d’éthique du Centre national de la recherche scientifique (CNRS), a tenu une conférence au Centre international des sciences et des technologies du Guangdong (GDST). Intitulée « La pratique de la recherche doit être intègre et responsable », cette allocution s’adressait à des étudiants et à des chercheurs de toutes disciplines. Michèle Leduc a commencé par souligner l’importance de l’intégrité au sein des activités de recherche et a rappelé, pour illustrer son propos, des cas de fraudes et de falsifications avérées (le cas Hwang Woo-suk et le cas Jan Hendrik Schön). Elle a également fait référence à une étude publiée dans Nature en 2005 mettant en avant le fait qu’un tiers des chercheurs américains ont reconnu avoir triché au cours de leur carrière.

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Michèle Leduc, physicienne et présidente du Comité d’éthique du CNRS
GDST

Parmi les causes de ces dérives : l’attrait de la célébrité bien-sûr, mais aussi les mutations du monde de la recherche, de plus en plus exposé à la compétition internationale.

La physicienne a ensuite abordé les problématiques liées à la publication, qu’elle soit traditionnelle ou « open access ». Elle s’est également exprimée sur les modalités d’évaluation actuelles des chercheurs – basée sur le nombre de leurs publications et de leurs citations – qu’elle juge pénalisantes, et ce particulièrement pour les jeunes chercheurs. Après le discours, l’évènement s’est poursuivi par une table ronde entre Mme Leduc et trois professeurs invités : Mme Xuemei WANG (王雪梅), du département des sciences de l’environnement de l’université Sun Yat-sen (SYSU), M. Gangfeng OUYANG (欧阳钢锋), du département de chimie de SYSU et Mme Yanyu ZANG (藏艳雨), du département de droit et de politique de l’université technologique du Guangdong. Cette table ronde, animée par M. Minbin YU (余敏斌), vice-président de SYSU, fut l’occasion d’aborder la nécessité de développer davantage la sensibilisation des étudiants chinois aux questions d’éthique et de déontologie ainsi que les trop fortes pressions qui s’exercent parfois sur les doctorants.

La conférence de Mme Leduc a été introduite par le Consul Général de Canton, M. Bertrand Furno ainsi que par le directeur général adjoint du bureau des sciences et des technologies de la province du Guangdong, M. Guoping GONG (龚国平).

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M. Bertrand Furno a rappelé les liens qui unissaient le physicien Alfred Kaslter à la Chine.
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Organisée par le service de l’Ambassade de France, avec le soutien du comité des mécènes de la célébration du cinquantenaire de l’établissement des relations diplomatiques entre le France et la Chine, la conférence s’inscrit dans un cycle de conférences scientifiques de haut niveau.

Qui est Michèle Leduc ?

Physicienne française de grand renom, récompensée par de nombreuses distinctions, Mme Michèle Leduc est directrice de recherche émérite du Centre national de la recherche scientifique (CNRS, 1er organisme européen de recherche publique) au laboratoire Kastler-Brossel.

Directrice de l’institut francilien de recherche sur les atomes froids (Ifraf), elle s’intéresse aux condensats dans les réseaux optiques et travaille au développement d’une nouvelle technique d’imagerie IRM des poumons à l’aide de gaz hyperpolarisés, prometteuse de diagnostics médicaux.

Outre de nombreuses fonctions de conseil et de pilotage de la recherche, son intérêt pour l’édition a été constant pendant toute sa carrière. Elle a de longue date été préoccupée par la promotion de la physique et de l’image de la science, qu’elle a pu faire valoir alors qu’elle présidait la Société française de physique de 2007 à 2010 par exemple. Elle est également membre fondatrice de l’association « Femmes & sciences ».

Présidente du Comité d’éthique du CNRS depuis 2012, son action est guidée par les mêmes préoccupations. Crée en 1994, avec 12 membres représentant toutes les disciplines, le Comité prépare en toute indépendance des avis comportant des recommandations destinées à la direction du CNRS.

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Minbin YU (à gauche), vice-président de l’université Sun Yat-Sen, présente les invités de la table ronde : Xuemei Wang, Michèle Leduc, Gangfeng Ouyang et Yanyu Zang.
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Dernière modification : 03/05/2016

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