L’école chinoise pour un enfant français : un choix pédagogique

Les parents choisissent parfois d’inscrire leurs enfants dans des écoles d’autres représentations étrangères, mais parfois également dans un établissement du pays d’accueil temporaire. La Chine n’échappe pas

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L’école chinoise pour un enfant français : un choix pédagogique

Paru le : 1er avril 2006 / Dernière mise à jour : 30 mars 2006
Les parents choisissent parfois d’inscrire leurs enfants dans des écoles d’autres représentations étrangères, mais parfois également dans un établissement du pays d’accueil temporaire. La Chine n’échappe pas

« les élèves sont plus gentils qu’en France… mais les professeurs sont plus stricts »

Anaïs a huit ans. Elle est arrivée à Pékin fin septembre 2005 en provenance de Paris. Quelques semaines après, elle était déjà inscrite dans son école… chinoise  ! Depuis, Anaïs s’en sort plutôt bien, elle fait de gros progrès dans l’apprentissage de la langue de Confucius. Premier constat, d’après elle, les élèves sont plus gentils qu’en France… mais les professeurs sont plus stricts. « Les filles de ma classe sont venues naturellement vers moi, explique Anaïs, pour m’aider et m’accompagner dans mon intégration. Par contre, les garçons, eux, font comme si je n’étais pas là. Mais ils restent toujours un peu curieux  : avoir une étrangère dans la classe, ça leur fait tout de même bizarre  ! »

Un programme, des horaires et des vacances très différents de l’emploi du temps de ses autres camarades français.

Dans les écoles chinoises, les enfants étudient de 8h à 16 h – avec simplement de courtes pauses -, mais ils ont sur l‘ensemble de l’année trois mois de vacances  : les mois de juillet et août, ainsi qu’un autre mois pour le Nouvel an chinois. Les sorties aussi semblent bien différentes  : visites de sites militaires ou cueillette de pommes  ! Quant aux matières enseignées, elles sont également très différentes des programmes de l’Éducation nationale française  : aux Classiques viennent s’ajouter l’anglais dès le plus jeune âge mais aussi la découverte de la médecine chinoise traditionnelle… tout ceci dans une classe de 33 élèves et en suivant un emploi du temps très précis.
Pas facile pour Yan Jie, l’institutrice, de tenir ce petit monde. Un monde qu’elle connaît pourtant parfaitement puisque les institutrices gardent la même classe pendant six ans. Un bon moyen pour suivre les progrès des élèves de la classe d’Anaïs, plus connue sous le nom de « classe de l’aigle ». Car, dans chaque école primaire, les classes ont des noms  : les quatre éléments (eau, feu, fer, air) ou des noms d’animaux.

Une véritable expérience pédagogique

Pour les parents d’Anaïs, le choix de mettre leur fille dans une école locale est avant tout pédagogique. « Nous voulions que notre fille profite de cette opportunité, explique Olivier, son père. Apprendre la langue, partager la culture… toutes ces choses qui lui seront sans aucun doute très utiles plus tard quand elle sera grande. Une expérience comme celle-là, il faut vraiment en profiter. » Et Anaïs, justement, elle en profite  : « ma meilleure amie, Du Jiao, est dans ma classe, elle est chinoise. » L’expérience pédagogique est, elle aussi, un succès puisque, après six mois, Anaïs commence à s’exprimer naturellement en chinois même si elle est en classe avec des enfants de son âge, évidemment bien plus avancés qu’elle dans cette langue. Son institutrice avoue d’ailleurs que la petite a fourni de très gros efforts et a presque rattrapé son retard. « D’habitude, les élèves étrangers qui arrivent dans notre école savent parler un peu chinois, ce qui n’était pas le cas d’Anaïs, explique Yan Jie, mais elle s’est vite mise à niveau. »

Cette expérience n’est pas unique puisque, actuellement, d’autres enfants étrangers, des enfants de nationalité australienne par exemple, suivent des cours dans cette école. Avec, à chaque fois, le soutien total de leurs camarades chinois. Attentifs à l’intégration des étrangers, ils font ainsi l’effort de parler plus lentement pour que leurs nouveaux camarades ne soient pas totalement perdus dès le premier jour  !

Un choix renouvelé dans l’avenir  ?

Expérience toute différente pour Héléna, aujourd’hui âgée de dix-sept ans, qui a fait ses premiers pas d’écolière en étant la seule étrangère de son école maternelle chinoise. « J’avais plein de copines chinoises et leurs mères m’adoraient parce que j’étais étrangère » se souvient-elle. « Il n’y avait aucune différence entre elles et moi. Je garde le souvenir d’une très grande intégration et une entente profonde. » Il est cependant un peu difficile de retourner ensuite dans le système scolaire français. Héléna avoue avoir un peu oublié sa langue maternelle à l’époque. Une expérience que pourtant elle ne regrette absolument pas puisqu’elle imagine tout à fait la renouveler un jour avec ses propres enfants si cette chance lui est donnée. « Partager la vie quotidienne d’enfants dans un pays en constante évolution et en plein développement comme la Chine est incroyable. » Un avis évidemment partagé par son père, François, qui souhaitait à l’époque que sa fille apprenne le chinois dès son plus jeune âge. En outre, le système scolaire chinois avait un autre point fort pour Helena  : la multitude d’activités, même pour une élève de maternelle. « Bien sûr, le lundi matin, nous avions droit au levé du drapeau par un des élèves… mais aussi à de vraies activités, très variées et à des sorties nombreuses et très formatrices. Au final, des bons souvenirs  ! ».

Amy Derimais
Lycéenne au lycée français de Pékin
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