
L’action de votre dernier roman, « Fuir », se déroule en Chine. Pourquoi ?
C’est mon éditeur chinois qui m’a fait découvrir la Chine car il souhaitait faire traduire certains de mes ouvrages. Je souhaitais être en immersion totale. Je ne voulais pas suivre les circuits touristiques classiques et préférais me confronter à la « vraie Chine ». J’ai vécu chez l’habitant, avec des personnes ne parlant ni français ni anglais et avec lesquels je me suis lié d’amitié comme le chanteur Yang Yi. C’est de retour que j’ai commencé « Fuir ». Ce qui m’importe le plus, lors de mes voyages, ce sont les rencontres. Récemment, lors de la projection d’un de mes films à Canton, j’ai été touché de voir que sur les 400 personnes présentes, la majorité était chinoise. Des écoles avaient même fait le déplacement pour me questionner sur certains de mes ouvrages qu’ils avaient étudiés en classe.
Comment décririez-vous la société chinoise contemporaine ?
Ce que je cherche à décrire dans mes livres, c’est de rendre compte de quelque chose de vivant, de sensations, d’émotions. Je ne décris pas la Chine mais j’y ancre mes histoires. Ce qui m’a frappé lors de mon premier voyage et qui m’interpelle à chacun de mes séjours ici, est le bruit infernal, incessant : conversations, klaxons, travaux… Lors de mon séjour en 2001, après deux mois passés en Chine dont une bonne partie à Canton, j’ai éprouvé le besoin de calme, de m’isoler. Cette sonorité perpétuelle épuise.
Que pensez-vous du milieu littéraire chinois ?
J’ai lu plusieurs auteurs contemporains. Récemment, j’ai beaucoup aimé « Le journal d’un homme seul » de Gao Xingjian, prix Nobel de littérature en 2000. Je trouve également passionnants les polars de Qiu Xiaolong, chinois expatrié aux États-Unis. Ces lectures ne transparaissent pas dans mon écriture, mais je suis plus influencé par le cinéma chinois et plus particulièrement par la jeune génération.



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