II- Le développement du nucléaire en Chine

L’électronucléaire chinois représente moins de 2% de la production totale d’électricité en Chine et n’a pas pour ambition de se substituer à d’autres formes d’énergie en particulier le charbon. Compte tenu de sa demande croissante en énergie, la Chine a recours à toutes les sources énergétiques possibles et développe donc non seulement le nucléaire mais également les énergies renouvelables (éolienne, solaire, biomasse). Le nucléaire a trouvé sa place en priorité dans les régions à forte croissance économique et participe à l’effort de diversification du mix énergétique du pays.

Les débuts de l’électronucléaire chinois

Comme toutes les puissances atomiques, la Chine a commencé son programme nucléaire dès les années cinquante, par des recherches sur les applications militaires de la fission nucléaire. Celles-ci ont été grandement facilitées par l’accord de coopération nucléaire signé le 27 avril 1955 entre la Chine et l’Union Soviétique. Très rapidement en mai 1956, la construction du premier réacteur expérimental à eau lourde a débuté à l’Institut CIAE proche de Pékin, suivie par la création du « Ministère de l’Industrie Mécanique N°2 », chargé du développement de l’énergie atomique, tourné essentiellement vers des fins militaires.

C’est ainsi qu’ont été lancés simultanément les projets d’une usine d’enrichissement de l’uranium (par diffusion gazeuse) à Lanzhou (Gansu), d’une usine de retraitement à Diwopu (Gansu), de recherches minières de l’uranium dans le Jiangxi et d’une usine de conversion du fluorure d’uranium à Baotou (Mongolie Intérieure).

Malgré la rupture des relations sino-soviétiques en juillet 1960, le programme nucléaire militaire chinois a abouti le 16 octobre 1964 à l’explosion de la première bombe à fission nucléaire, suivie le 16 juin 1967 par le premier essai de bombe à hydrogène. La coopération nucléaire civile entre la Chine et la Russie s’est néanmoins poursuivie et la Chine a entrepris avec le soutien technique russe la construction de plusieurs installations nucléaires (sites d’enrichissement d’uranium, centrales nucléaire VVER, atelier pilote de retraitement…).

Le lancement d’un programme civil et la construction des premières centrales

C’est en février 1970 que le Premier Ministre ZHOU Enlai a lancé l’idée d’un programme électronucléaire civil, mais les errements de la révolution culturelle vont retarder la réalisation d’une première centrale nucléaire de conception et de fabrication chinoise décidée dès 1974 par la Commission d’Etat au Plan.

En mai 1982 le « Ministère de l’Industrie Mécanique N°2 » devient le « Ministère de l’Industrie Nucléaire » qui prendra la responsabilité du programme nucléaire chinois en 1986 attribué entre temps au « Ministère des ressources en eau et de l’électricité », dont la première décision sera de construire une centrale chinoise de 300 MW à Qinshan en novembre 1982. Ce ne sera cependant qu’en 1985, au moment des réformes de DENG Xiaoping, que la construction de Qinshan 1 commencera réellement pour être mise en service en 1991. Entre temps en 1984, la « National Nuclear Safety Administration » NNSA est créée par le Conseil des Affaires d’État. En septembre 1988 la « China National Nuclear Coporation » CNNC est créée sur la base de l’ancien « Ministère de l’Industrie Nucléaire ».

L’énergie nucléaire aujourd’hui

Le parc nucléaire chinois est aujourd’hui composé de 25 réacteurs en exploitation, représentant une puissance installée de 23 570 MWe. Au 1er semestre de l’année 2015, trois tranches ont été mises en service : la tranche 2 de Fangjiashan en février 2015 (M310+), la tranche 2 de Yangjiang (CPR1000) et la tranche 3 de Ningde (CPR1000), en juin dernier.

Ces six premiers mois de l’année, la production d’électricité s’est élevée à 2709,05 TWh, dont 75,37 TWh issu des centrales nucléaires, soit 2,78% de la production. La production d’électricité d’origine nucléaire au 1er semestre 2015 a augmenté de 34,38% par rapport à la même période l’année dernière. L’électricité nucléaire fournie au réseau s’est élevée à 70,61 TWh, soit une augmentation de 33,92% comparée à la même période de l’année en 2014.

La production d’origine nucléaire a permis d’éviter la consommation de 23,971 millions de tonnes de charbon et le rejet de 62,804 millions de tonnes de CO2, 203 800 tonnes de dioxyde de soufre et 177 400 mille tonnes d’oxydes d’azote.

Le parc nucléaire devrait être doté de 58GW de puissance installée en 2020, plus 30GW en construction.

Dernière modification : 11/05/2016

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