I- Contexte énergétique chinois

La Chine est le premier consommateur d’énergie de la planète, sa politique énergétique doit résoudre une équation difficile.

1- Etat des lieux

Forte dépendance au charbon et au pétrole

La Chine est en 2014 le 1er consommateur d’énergie devant les États-Unis, et le 1er émetteur de gaz à effet de serre de la planète, et ce depuis 2006. Sa consommation énergétique a été multipliée par 2,5 depuis 2000 (de 1,5Mds tec à 3,8 Mds tec). Le charbon est de loin la première source d’énergie primaire (71% de la consommation en 2014), suivi par le pétrole (18% en 2014), le gaz naturel (5% en 2014), l’hydraulique (3%) et le nucléaire (0,3 % en 2014).

La politique énergétique doit résoudre une équation difficile, assurer l’approvisionnement de son économie sans compromettre sa sécurité énergétique. Elle repose donc essentiellement sur le charbon, seule ressource fossile dont elle dispose en abondance, sur l’hydraulique mais aussi de plus en plus sur les énergies renouvelables, le nucléaire étant compté parmi celles-ci par le gouvernement chinois.

Bien que la Chine soit le 5ème producteur mondial de pétrole, les importations chinoises de pétrole brut représentaient 59,6% de sa consommation en 2014 et ont plus que quadruplé entre 2000 et 2014 (de 70 à 308 millions de tonnes). De plus, la production chinoise de charbon ne couvre plus les besoins du pays depuis 2013, ainsi cette année, elle a importé 8,6% de sa consommation en charbon. Enfin, la Chine a importé 32,4% de son gaz naturel en 2014, bien qu’elle soit 7ème producteur de gaz au monde.

Production électrique

Capacité installée :

La Chine là aussi soutient un rythme d’augmentation de sa capacité installée qui suit le développement de son économie. En 2014, 109 GW de capacité de production électrique supplémentaires ont été mis en service, dont 51 GW à partir d’énergie thermique (charbon et gaz essentiellement), 22 GW à partir d’hydroélectricité, 5 GW à partir de nucléaire, 20 GW à partir de l’éolien et 11 GW à partir de solaire. Si la Chine s’oriente vers une croissance plus modérée (7-8% au lieu de 10-12% par an), la capacité supplémentaire annuelle installée diminuera proportionnellement dans les années à venir.

Production :

La Chine a produit en 2012 environ 4977 TWh d’électricité, la plaçant au premier rang mondial. Elle a aussi pris le leadership mondial en matière d’émissions de CO2. La Chine est signataire du protocole de Kyoto même si ce protocole n’est pas contraignant pour le pays. En effet la consommation par habitant est inférieure à 3000 kWh par an, ce qui est 3 fois moins qu’en France, 6 fois moins qu’aux Etats-Unis, et qui laisse donc de belles perspectives de développement au secteur électrique.

2- Problématique énergétique

La forte dépendance du pays au pétrole étranger, les préoccupations environnementales liées à l’utilisation massive du charbon et la nécessité de lutter contre le changement climatique ont orienté la stratégie énergétique chinoise vers une plus grande diversification du mix énergétique : gaz et renouvelables, le nucléaire étant compté par le gouvernement parmi les renouvelables, ainsi qu’une meilleure efficacité énergétique. Ainsi, la Chine est aujourd’hui le pays du monde où se concentrent le plus d’investissements dans les énergies renouvelables. Cependant, bien que la capacité installée en « énergies nouvelles » (renouvelables et nucléaire) croisse fortement en valeur absolue, sa part dans le mix énergétique ne représente que 13,9% de la consommation énergétique en 2014, dont 2,39% d’origine nucléaire.

En novembre 2014, les États-Unis et la Chine ont fait une déclaration commune dans laquelle cette dernière s’engage à augmenter la part des « nouvelles énergies » (énergies renouvelables et nucléaire) à 15% du mix énergétique en 2020 (dont 5% d’énergie nucléaire) et à 20% en 2030. Le 12ème plan quinquennal (2011-2015) fixe un objectif de réduction de 16% de l’intensité énergétique et introduit pour la première fois dans un plan quinquennal un objectif de réduction de l’intensité carbone (émissions de CO2 par unité de PIB) fixé à 17%. Ces objectifs devraient être atteints, la croissance économique chinoise se déplaçant vers des secteurs moins intensifs en carbone.

La Chine essaye de développer rapidement des alternatives aux énergies carbonées et compte, entre autres, sur le nucléaire pour y parvenir. C’est ainsi qu’en 2014, la Chine représente 40% des réacteurs en construction dans le monde et son programme nucléaire devrait la placer à la troisième place des plus gros pays producteur d’énergie nucléaire. En effet, selon les prévisions de l’AIE, la Chine, qui est aujourd’hui à la cinquième place, devrait dépasser la Corée du Sud et la Russie en termes de production d’électricité d’origine nucléaire d’ici la fin de l’année de 2015.

Dernière modification : 11/05/2016

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