I : Les acteurs de la recherche chinoise
Le Ministère de la science et de la technologie (MOST) définit et met en œuvre les priorités de la politique scientifique chinoise. Grâce aux nombreux programmes qu’il pilote, le MOST est la plus grande agence de financement de la recherche du pays. Aucun personnel de recherche ni laboratoire ne lui est directement rattaché. Il a pour mission de gérer les programmes désignés comme prioritaires :
- le programme 973, programme de soutien à la recherche fondamentale ; 1,35 milliard de yuans en 2006 (en augmentation de 35% par rapport à 2005).
- le programme 863, pour la promotion de la recherche appliquée et le développement des hautes technologies ; 3,8 milliards de yuans en 2006.
- le programme de recherche et de développement des technologies-clefs, technologies jugées indispensables au développement et à la modernisation de l’industrie ; 3 milliards de yuans en 2006 (1,47 milliards en 2005).
- le programme TORCH, destiné à soutenir l’industrialisation des produits de haute technologie, doté de 1,3 milliard de yuans en 2008 (70 millions en 2005), et complété par le programme Innofund (1,6 milliard de yuans en 2008) destiné aux petites et moyennes entreprises.
Le MOST dispose d’un pouvoir de « labellisation » et de financement en ce qui concerne les laboratoires-clefs d’Etat (State Key Laboratory), au nombre de 195 en 2006, situés pour environ les deux tiers dans les universités, environ un tiers à l’Académie des Sciences (CAS) et un petit nombre dans différentes institutions dépendant d’autres ministères.
Le MOST a aussi compétence dans de nombreux domaines réglementaires liés aux nouvelles technologies ainsi que pour les autorisations d’utilisation des équipements de haute sécurité dans les domaines de la biologie et des sciences du vivant.
Le MOST supervise en partie la coopération scientifique internationale de la Chine. Il est notre interlocuteur pour de nombreux programmes tels que ceux sur le métagénome ou les véhicules électriques. Il est le point de contact chinois pour le programme ITER, et l’interlocuteur de la Commission européenne pour le 7ème programme cadre de recherche et développement (7ème PC), ainsi que pour le projet Galileo.
L’Académie des sciences de Chine (CAS) est l’institution académique la plus importante du pays. Elle joue un rôle primordial dans la recherche fondamentale de haut niveau, dans l’innovation technologique et le transfert vers l’industrie. Directement placée sous la tutelle du Conseil des affaires d’état, elle était dotée en 2005 d’un budget de près de 13 milliards de yuans (environ 1,3 milliards d’euros). Contrairement à une idée reçue, elle n’est pas similaire au CNRS : elle n’a que des laboratoires propres, contrairement au CNRS pour lequel les laboratoires sont très majoritairement mixtes avec d’autres institutions, les sciences humaines et sociales n’y sont pas représentées, elle délivre seule des mastères et des doctorats et surtout elle possède une activité de valorisation de la recherche plus intense. Outre les laboratoires propres de la CAS, l’Université des Sciences et Technologies de Chine (USTC), située à Hefei (dans la province de Anhui) est la seule université à dépendre de l’Académie. Elle est classée dans les 10 premières de Chine.
Comme l’ensemble du dispositif de recherche chinois, la CAS s’est engagée depuis 1998 dans une réforme de fond. Elle est ainsi passée de 119 instituts en 1998 à 90 en 2005, suite à des regroupements et des fermetures, avant de créer de nouveaux instituts, notamment en sciences du vivant. Dans le même temps, ses effectifs sont passés de 65 000 à 43 000 personnes en 2005, notamment par la transformation de laboratoires en entreprises, indépendantes institutionnellement et fonctionnellement de la CAS. C’est de cette façon qu’est né Lenovo, qui est devenu un des géants de l’informatique mondiale après avoir racheté la division PC d’IBM.
La Fondation des sciences naturelles de Chine (NSFC), créée en 1986, est placée directement sous la tutelle du Conseil des Affaires d’Etat. Elle gère les fonds nationaux pour les sciences naturelles (NNSF) mis en place pour développer la recherche fondamentale, principalement dans les laboratoires de l’Académie des sciences de Chine (CAS) et des universités. Fortement inspiré du modèle de la National Science Foundation (NSF) américaine, le mode de fonctionnement de la NSFC est une innovation au sein de l’administration chinoise notamment par la pratique d’une évaluation scientifique par des pairs et l’application de critères d’excellence très stricts.
Les fonds proviennent principalement de l’Etat. Avec 80 millions de yuans en 1986, le budget a connu depuis une croissance régulière de 20% par an pour atteindre 3,62 milliards en 2006 (environ 360 millions d’euros, à comparer à 260 millions d’euros en 2005).
Les Universités sont pour leur grande majorité sous la tutelle du Ministère de l’Education. On compte plus de 2000 établissements d’enseignement supérieur. Deux programmes, intitulés 211 et 985, ont permis d’opérer une sélection et un classement des universités chinoises.
Lancé en 1995, le programme 211 vise à transformer une centaine d’universités réparties sur l’ensemble du territoire chinois, c’est-à-dire moins de 10 % des universités chinoises, en établissements d’excellence dans le domaine de la formation et de la recherche. Les établissements, présélectionnés par le Ministère chinois de l’éducation dès 1995, ont été évalués par la Commission au plan avant d’intégrer ce programme. Ces évaluations, qui se sont échelonnées sur plusieurs années, ont permis d’identifier 602 thèmes prioritaires d’enseignement et de recherche couvrant tous les domaines. Des regroupements d’établissements ont été effectués dans de nombreuses villes afin que les universités atteignent une taille suffisante pour rationaliser la gestion des établissements et les politiques de formation et de recherche. Cette vague de fusion est désormais, pour l’essentiel, achevée. En 2007, 95 universités « 211 » figuraient sur le site Internet du Ministère de L’Education. Le projet 211 a permis de dresser une carte universitaire des disciplines-clefs enseignées, de rénover et agrandir de nombreux campus, de développer un réseau informatique universitaire haut débit et une bibliothèque numérique nationale.
Le programme 985 vise à favoriser le développement de disciplines-clefs dans les universités en les subventionnant conjointement avec les gouvernements provinciaux. Ce programme a accéléré la fusion des universités, le recrutement de professeurs de haut niveau ou d’experts étrangers renommés. Il a permis la réforme du système du personnel enseignant, le renforcement de la recherche, l’association entre universités, centres d’études et entreprises et le renforcement de la coopération internationale. Une trentaine d’universités ont été sélectionnées pour ce programme qui n’est pas largement diffusé ni porté à la connaissance du grand public.
Seule la centaine d’universités du Programme 211 joue vraiment un rôle en recherche. Tout comme les instituts de l’Académie des sciences, les laboratoires de recherche universitaires peuvent bénéficier des programmes de financement du MOST et de la NSFC.
On compte évidemment de nombreux autres acteurs importants mais avec des compétences spécialisées, tels que le Ministère de l’industrie de l’Information (MII), le Ministère de la Protection Environnementale (MEP), l’Administration d’Etat pour la Science, la Technologie et l’Industrie de la Défense Nationale (SASTIND), la Corporation pour la Science et la Technologie Aérospatiales Chinoises (CASC), sous la tutelle de la SASTIND, les Administrations chinoises pour l’Espace (CNSA), les océans (SOA), et l’énergie atomique (CAEA), l’Académie d’ingénierie (CAE), l’Académie des sciences médicales (CAMS), l’Académie des sciences environnementales (CRAES) ou encore l’Académie des sciences agricoles (CAAS). Il convient de noter que la Commission Nationale de la Réforme et du Développement (NDRC) exerce une tutelle stratégique sur de nombreuses questions scientifiques.
II : Les objectifs généraux chinois en matière de recherche et développement
Pour le gouvernement chinois, les progrès en science et technologie contribueront à la croissance économique et au développement social. L’innovation est notamment considérée comme un objectif prioritaire. Le dernier plan quinquennal et le plan à moyen et long terme publiés en 2006 ont défini les objectifs et les grands axes de la politique scientifique chinoise pour les prochaines années :
- l’énergie, les ressources naturelles, l’environnement ;
- les techniques de production industrielle et les technologies de l’information ;
- les biotechnologies ;
- les nanotechnologies ;
- les technologies spatiales et maritimes (ressources bio marines, exploitation des fonds marins, et techniques en mers profondes).
8 objectifs de développement ont été définis dans le « programme pour le développement scientifique et technologique à moyen et long terme (2006 à 2020) » publié en février 2005 par le Conseil des Affaires d’Etat chinois.
- Maîtriser les technologies et le niveau de productivité de l’industrie d’équipement, et la technologie de l’industrie de l’information.
- Promouvoir la productivité de l’agriculture de synthèse, sauvegarder efficacement la sécurité nationale en ce qui concerne la nourriture.
- Promouvoir le développement de nouvelles énergies, les technologies d’économie d’énergie et d’énergie propre.
- Instituer un modèle de développement technologique d’économie de circulation dans les villes-clefs, veiller au respect de l’environnement pour la communauté
- Perfectionner la prévention et le traitement des maladies graves ; contenir le SIDA, l’hépatite ainsi que les autres maladies graves, créer de nouveaux médicaments et développer des instruments médicaux.
- Promouvoir la science et la technologie pour la défense nationale : développement d’armements modernes et indépendants.
- Multiplier le nombre de scientifiques et d’équipes de recherche de niveau mondial, favoriser les technologies avancées dans le domaine de l’information, de la biologie, des matériaux et de l’astronautique.
- Établir des instituts scientifiques de recherche et des universités de premier rang au niveau mondial ainsi que des établissements de recherche et développement attachés aux entreprises.
Le président Hu Jintao a ajouté une 9ème priorité qui est la recherche fondamentale, l’objectif étant « d’amener le pays au meilleur niveau mondial dans tous les principaux domaines de la science et de la technologie ».
Le rôle des entreprises et la nécessité de partenariats entre tous les acteurs ont été soulignés avec insistance. Des mécanismes incitatifs vont être renforcés ou mis en place pour sélectionner les chercheurs les plus talentueux et faire revenir en Chine les diplômés chinois installés à l’étranger. Les instituts de recherche et les universités sont encouragés à créer des jeunes pousses. Les chercheurs chinois sont encouragés à rejoindre les organisations scientifiques internationales. Des moyens spécifiques sont donnés aux équipes chinoises associées aux grands projets internationaux comme ITER, GALILEO, le 7ème programme cadre européen, et aux expériences sur les grandes infrastructures internationales, telles que le CERN pour l’Europe.
III : Les objectifs chinois en matière de coopération internationale
Les discussions menées avec des responsables institutionnels ou avec les chercheurs en charge des laboratoires montrent que la demande chinoise pour la coopération internationale est d’abord une demande de formation des jeunes chercheurs. Un autre souhait récurrent est la coopération pour développer des applications industrielles de la recherche scientifique. Enfin, la demande de transfert de technologie est une constante dans les projets de coopération internationale scientifique et technologique.
Tous les domaines cités dans les objectifs généraux sont concernés par la coopération internationale, mais plus particulièrement, les sciences de l’environnement et de l’énergie, les sciences de l’ingénieur, la médecine traditionnelle chinoise ou encore les sciences de l’information et de la communication.
Une forte demande de coopération en recherche médicale est perceptible. Celle-ci repose encore insuffisamment sur les deux piliers de la recherche fondamentale et de la recherche clinique. Tous les grands hôpitaux liés aux universités ou à l’Académie des sciences médicales chinoise ont cependant d’importants projets dans ce domaine. Les autres objectifs chinois en matière de coopération internationale sont actuellement l’environnement, les nouvelles énergies (dont l’ingénierie nucléaire), la médecine traditionnelle chinoise, les sciences de la communication et de l’information.
L’exigence d’excellence est dominante. De très nombreux chercheurs chinois ont été formés dans les meilleures universités étrangères et ils connaissent parfaitement la cartographie des meilleurs laboratoires étrangers dans les différents domaines de la recherche. Le niveau et la qualité des équipes est une exigence constante pour la coopération internationale chinoise. La coopération en recherche fondamentale n’intéresse vraiment la partie chinoise que lorsqu’elle peut se faire avec des équipes de rang mondial. La France est cependant un partenaire historique et privilégié dans ce domaine.
Il faut noter la volonté de la Chine de participer aux grands projets internationaux : décodage du génome humain (la Chine en a réalisé 1%), volonté d’accéder au statut d’état observateur du CERN (au même titre que les USA, la Russie ou Israël), ITER, Galileo, GIEC. C’est ainsi que le président Hu Jintao a souligné que « la Chine encourage les chercheurs à participer, voire jouer un rôle majeur, dans les grands projets scientifiques régionaux et internationaux, et à rejoindre les organisations scientifiques internationales ».
IV : le budget chinois en R & D
L’entrée de la Chine dans le onzième plan quinquennal (2006-2010) a été l’occasion de réaffirmer au plus haut niveau de l’état chinois la priorité du pays pour l’effort à faire en Science et Technologie.
Le budget en R et D de la Chine est passé de 0,57 pour cent du PIB en 1995 à 1,34% en 2005 contre. 0,57 % en 1995. Avec 300 milliards de yuans en 2006 (30 milliards d’euros) le budget total a été multiplié par 7 en 10 ans (236 milliards en 2005, 197 en 2004, 154 en 2003 ; 128 en 2002 et 104 en 2001). L’objectif affiché est d’investir 2% du PIB chinois en 2010 et 2,5% à l’horizon 2020. Pour comparaison, en 2006, le Royaume Uni a consacré à la R et D 1,8 % de son PIB, la France 2,1%, l’Allemagne 2,5 %, les USA 2,6 % et le Japon 3,3 %.
L’investissement provient aussi bien du gouvernement central que des gouvernements locaux dont la progression est équivalente. En 2005, le gouvernement central investissait 80 milliards de yuans, les gouvernements locaux, pris dans leur ensemble, investissaient quant à eux 52,7 milliards de yuans, la différence par rapport au budget total étant assurée par les entreprises (chinoises et étrangères sur le sol chinois). Quatre provinces côtières (Jiangsu, Zhejiang, Shandong, Guangdong) rassemblent plus de 35% de l’investissement en R & D chinoise.
En 2006, cet effort est très largement destiné au développement des technologies (78%), puis à la recherche appliquée (17%), seules 5 % des dépenses sont affectées à la recherche fondamentale . Les entreprises financent près des deux-tiers de la R & D faite en Chine alors que les institutions de recherche comptent pour environ un quart des dépenses effectuées dans ce secteur et les universités environ 10%. En augmentant la part d’investissement industriel en R & D, la Chine rejoint ainsi le profil de grandes puissances occidentales.
V : les facteurs humains mis en place par le gouvernement chinois afin de soutenir la recherche et le développement
Les établissements d’enseignement supérieur chinois comptaient, en 2006, 25 millions d’étudiants, soit quatre fois plus qu’en 1998. Il y a aujourd’hui le même nombre d’étudiants en Chine qu’en Europe ou aux Etats-Unis. L’engouement pour les études scientifiques est relativement important comparé au reste du monde mais le nombre d’inscrits en sciences fondamentales est en baisse depuis 2000 et surtout, celui des diplômés en second ou troisième cycle de sciences fondamentales (100 000 diplômés du second cycle en 2006) ou en sciences de l’ingénieur (1,2 millions diplômés du second cycle en 2006).
Environ 110 000 étudiants étaient en formation à l’étranger en 2005 (chiffre donné par le gouvernement chinois à comparer à celui de 340 000 donné par les autorités de l’ensemble des pays d’accueil). La destination européenne est en progression très nette ces dernières années, et son attractivité rattrapait en 2006 l’attractivité américaine (devant le Japon, l’Australie et la Nouvelle Zélande). Il est à noter que la France est le second pays d’accueil des étudiants chinois en Europe après le Royaume Uni.
Moins d’un quart des chinois étudiant à l’étranger sont revenus en Chine en 2005, même si plus de 150 000 personnes sont rentrées dans les 20 dernières années parmi lesquelles un nombre croissant de chercheurs de haut niveau encouragés par les programmes étatiques d’aide au retour (dont le programme dit des 100 talents de l’académie des sciences de Chine).
Malgré cette tendance, le gouvernement chinois a décidé de maintenir et même de renforcer son programme de bourses et d’aide à la formation à l’étranger. Le Ministère de l’Education annonce la possibilité de financer 15 000 bourses en 2008 (5000 en 2006). L’engagement de l’étudiant de rentrer en Chine à l’issue de sa formation est maintenant requis lors de l’acte de candidature à l’obtention de la bourse.
Environ 1.5 million de chercheurs et personnels rattachés (techniciens, étudiants en post-doctorat) travaillent en Chine dans le domaine de la R et D. Ce chiffre rattrape ceux des Etats-Unis ou de l’Europe, qui eux, cependant ne comprennent que les chercheurs statutaires à l’exclusion des techniciens même supérieurs.
Enfin, il faut souligner le caractère très compétitif de la recherche en Chine pour obtenir des financements. L’obtention du label national de State Key Laboratory est à cet égard très avantageuse, mais dépend d’un grand nombre de critères difficiles à satisfaire, d’autant plus que l’évaluation est reconduite 3 années de suite avant l’attribution du label sur le long terme.
VI : les résultats chinois en R & D
La Chine continentale (hors Hong Kong) est au seizième rang mondial et gagne deux places dans le classement 2007 des 510 universités dit « de Shanghai », en classant 14 universités, contre 9 en 2006. La première université chinoise est Qinghua à Pékin (151ème), suivie de celles de Nanjing, Beijing, Jiaotong (Shanghai) et USTC (CAS, Hefei). L’institution de recherche la plus prestigieuse reste cependant l’Académie des Sciences, avec le taux de publications le plus important de Chine et un taux de citation honorable aux alentours de 1,8. A noter le facteur d’impact très faible de l’université de Qinghua (0,8) ou celui de meilleure qualité de l’université des sciences et technologies de Chine (USTC) supérieur à 3,6 (à titre d’exemple, le département des sciences de la vie du CEA affiche un indice aux alentours de 5).
En nombre total de publications en 2008, la Chine (y compris Hong Kong) se plaçait au troisième rang mondial en part de publications avec 7% des publications mondiales (rapport bisannuel de l’OST). Sa progression est spectaculaire (gain de trois places par rapport à 2001), et continue de croître de façon exponentielle.
Cependant, lorsqu’on prend en compte le facteur d’impact « citation impact score » des publications chinoises, celui-ci s’établissait en 2006 à 0,73 pour une moyenne mondiale à 1 ; toutefois, ce score approche de 1 en sciences des matériaux et en nanotechnologies. La qualité de la production scientifique fondamentale et appliquée reste donc modeste en moyenne, amenant la Chine à la 15ème place dans le monde (la France étant 9ème, la Suisse puis les Etats-Unis occupant respectivement la première et la seconde place).
En termes de co-publications avec des scientifiques chinois, la France occupait en 2007 la 7ème place après les Etats-Unis, le Japon, l’Allemagne, le Royaume-Uni, le Canada et l’Australie.
Les nanotechnologies sont un des domaines d’excellence de la recherche chinoise puisque, selon les classements, elle arrive en seconde ou troisième position, derrière les Etats-Unis et/ou le Japon. La répartition de la recherche chinoise dans ce domaine concernerait pour 70 % les nanomatériaux, 10 % les nanocomposants, 10 % la nanoélectronique, et pour moins de 5 % la nanobiologie ou la nanomédecine. La physique, la chimie, l’astronomie, les sciences de l’espace, les sciences des matériaux, l’optique, les mathématiques sont aussi des domaines de qualité en Chine, au contraire de la médecine, des sciences de la vie, des biotechnologies, des sciences nucléaires ou de celles appliquées à l’environnement.
Un des grands handicaps de la Chine dans le développement est sa très faible part dans la propriété intellectuelle mondiale : seulement 0,2 %. Ainsi, 1707 brevets avaient été déposés par la Chine auprès de la WIPO en 2004 (world intellectual property organisation), soit 1,4 % du total mondial. En nombre absolu, le pays se compare à la Finlande (1672) ou à l’Australie (1838). Cependant, là aussi, le nombre croît de façon spectaculaire, même si une part de ces brevets déposés en Chine sont le fait de structures impliquant les entreprises étrangères, qui restent la principale source d’innovation en Chine. Malgré cela, on constate que le nombre total de brevets accordés aux acteurs chinois a doublé ces dernières années, même s’il ne fait toujours pas la meilleure part aux brevets d’invention.
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