Etat de l’enseignement du français en Chine

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Etat de l’enseignement du français en Chine

Paru le : 4 janvier 2006 / Dernière mise à jour : 4 novembre 2005

Rédacteur : Claire Saillard, Maître de conférence, Attachée de coopération pour le français

1. CONTEXTE

A. Statut du français

Le statut des langues étrangères en Chine est dichotomique

- D’une part, l’anglais occupe une position unique, de par son statut obligatoire dans l’enseignement secondaire et supérieur.

    • Dans le secondaire, seuls quelques établissements (Ecoles des Langues Étrangères) sont autorisés à enseigner des langues autres que l’anglais dès la première années du collège. Ces enseignements (russe, japonais, français, allemand,…) touchent cependant un nombre minime d’élèves.
    • Dans le supérieur, l’anglais est une des épreuves obligatoires au concours national d’entrée à l’université (Gaokao). De fait, les candidats maîtrisant une autre langue que l’anglais se voient forcés de s’orienter es des études de langues correspondant à leurs études secondaires.

- Parmi les autres langues étrangères, le russe et le japonais sont en tête en termes de nombre d’apprenants (bien que le russe connaisse un net recul depuis les années 80), suivis d’assez loin par le français et l’allemand. Parmi ces langues, le russe et le japonais ont été intégrés dans les épreuves optionnelles du concours national d’entrée à l’université dans la région du Nord-Est, car le nombre d’apprenants du secondaire le justifie.

B. Types d’enseignements proposés dans le supérieur

L’enseignement du français dans le supérieur peut prendre deux formes :

- Les diplômes de « spécialité français » : dispensés par les Départements de français, ils sont constitués majoritairement de cours de langue française, et de quelques cours de civilisation, de littérature, et plus rarement, de cours de français spécialisé (français des affaires, ou du tourisme…).

- L’enseignement du français comme « deuxième langue étrangère ». Ce type d’enseignement, lorsqu’il est obligatoire, est le plus souvent proposé aux étudiants anglicistes, et plus rarement intégré à des cursus d’autres spécialités (économie, gestion, tourisme, hôtellerie,…). Lorsqu’il est optionnel, il peut toucher des étudiants de toutes spécialités, mais pour des volumes horaires minimes (2 heures par semaine en troisième et quatrième années, et parfois en Master).

2. EVOLUTION DE L’ENSEIGNEMENT DU FRANCAIS EN CHINE

L’enseignement du français en Chine connaît une certaine croissance, due principalement à une demande accrue pour les études en France. Tous les établissements enseignant le français profitent de l’accroissement de cette demande, mais à des degrés divers.

A. Le secondaire

La « Filière Francophone Chine » compte 33 établissements en 2004 (voir ANNEXE), dont 7 nouveaux établissements shanghaiens. Nous avons entrepris depuis 2003 de généraliser l’expérience shanghaienne à la Chine, et espérons une forte croissance du nombre d’établissements secondaires proposant des filières francophones dans les années à venir. Les établissements visés sont en priorité ceux qui forment des scientifiques de bon niveau.

B. Le supérieur

Le français est aujourd’hui présent en Chine dans 175 universités, dont 61 classées « université d’excellence ». Dans les établissements supérieurs, on assiste à un accroissement de la demande de cours de français :

- Ce poste est régulièrement sollicité pour l’aide à la mise en place de cours de français dans des universités qui en sont privées (en particulier dans les provinces reculées : Xinjiang, Qinghai,…) ;

- Certaines universités qui proposaient jusqu’à présent des cours de français comme seconde langue étrangère ont pour ambition d’ouvrir des départements de français à la rentrée prochaine (par exemple, l’Université du Hubei et l’Université Jiaotong de Xi’an) ou à moyen terme (par exemple, l’Université Jiaotong de Beijing, l’Université Normale du Shaanxi).

- Des Département de français qui accueillaient une promotion tous les deux ans passent à une promotion par an (par exemple, le Département de français de l’Université Renmin).

- Enfin, un certain nombre de départements de français ouvrent des programmes de Master ou de Doctorat (comme l’Université des Langues Étrangères de Xi’an et l’Université Jiaotong de Xi’an). Pour ce faire, les universités ont besoin de permettre à leurs enseignants de se former en troisième cycle en France, afin de pouvoir encadrer les étudiants de Master et de Doctorat à leur retour. Ce poste contribue à la formation de ces enseignants au moyen de bourses de troisième cycle .

C. Les Alliances Françaises

Pour faire face à la demande croissante de cours de français, le réseau des Alliances de Chine s’est beaucoup développé ces dernières années. Après l’ouverture en 2003 de l’Alliance Française de Chengdu, l’année 2004 devrait voir l’ouverture de trois nouvelles Alliances dans des villes stratégiques (Xi’an, Shenzhen, Dalian), portant le nombre de ces établissements à 10.
Dans le même temps, le réseau des Alliances Françaises de Chine veut se donner les moyens d’analyser la demande et d’y répondre de façon plus professionnelle. Pour ce faire, il a répondu à la proposition du Département intitulée « Plan pluriannuel : Le français à la conquête de nouveaux publics ». Ce plan devrait permettre aux Alliances d’affiner leur offre pour mieux se positionner sur un marché plus complexe, où les cours de français de base sont de plus en plus assurés par des centres de langue privés (voir ci-dessous).

D. Les centres privés

L’instauration du TEF (Test d’Evaluation de Français) comme condition à la demande d’un visa d’études a créé une forte demande de cours de français de base, appelés « cours de 500 heures ». Dispensés au début en grande partie par les Alliances françaises, ces cours sont à présent proposés par un grand nombre de centres de langues privés ou semi-publics (dépendant des universités). Pour de nombreuses universités enseignant le français dans leurs cursus classiques, ce type de cours permet un apport financier intéressant à la fois pour l’établissement et pour les enseignants.

3. POLITIQUE DU SCAC EN MATIERE D’ENSEIGNEMENT DU FRANCAIS

L’enseignement du français, assuré par plus de 700 professeurs chinois et 167 lecteurs financés par les établissements chinois, s’adresse à plus de 50.000 apprenants.
L’augmentation récente des effectifs des apprenants de français s’explique en grande partie par la demande croissante d’études en France. Pour accompagner cette tendance, ce poste met l’accent sur :

- l’enseignement du français dans les lycées d’excellence (Filière Francophone Chine) ;

- l’enseignement du français à des spécialistes d’autres disciplines dans le cadre des cours de « seconde langue étrangère » (actions de formation continue destinées aux enseignants de français seconde langue étrangère, aide au recrutement de lecteurs, aide à la mise en place de coopérations interuniversitaires dans des spécialités autres que le français) ;

- l’identification des nouveaux publics demandeurs de cours de français (plan pluriannuel « Le français à la conquête de nouveaux publics », soutenu par le Département, en collaboration avec les Alliances Françaises) ;

- la formation continue des enseignants de français en poste dans les établissements supérieurs et secondaires chinois.

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