Depuis l’origine de la vie, voici 3,8 milliards d’années, la Terre a connu plusieurs crises d’extinction dont la dernière – actuellement en cours - est liée à l’expansion de l’espèce humaine. L’étendue de cette crise est illustrée et médiatisée par les listes de l’UICN (Union internationale de conservation de la nature) qui dressent l’état des espèces en danger et vulnérables de par le monde.
Cependant, avant d’arriver à la disparition complète d’une espèce, les populations s’érodent plus ou moins lentement. Les scientifiques tentent de cerner ce phénomène complexe d’érosion, de le quantifier objectivement, voire de le modéliser afin de prévoir s’il sera ou non irréversible. Pour cela, ils évaluent la perte de biodiversité en s’appuyant sur des indicateurs particuliers.
La perte de la biodiversité résulte d’une surexploitation des populations, de pollutions diverses, de la destruction d’habitats spécifiques à certaines espèces, ou encore d’introduction d’espèces concurrentes ou prédatrices… Il existe actuellement un indicateur emblématique - l’empreinte écologique - qui tente de représenter ces interactions société-nature et les impacts de nos modes de vie sur le monde qui nous entoure donc sur la biodiversité.
Les conséquences de cette « érosion » ne se réduisent pas seulement à une liste d’espèces malmenées puisqu’elles entraînent aussi la dégradation des écosystèmes, des fonctions que ces derniers exercent dans le système vivant - la biosphère - et donc des services qu’ils rendent à l’humanité.
Les Terriens sont désormais conscients de l’érosion et de la disparition de nombreuses espèces. Mais ils ne perçoivent pas bien les relations qui existent tous azimuts entre gènes et protéines dans chaque organisme vivant, entre les espèces (des bactéries aux grands mammifères en passant par l’espèce humaine), et entre les espèces et leurs milieux (du plus petit écosystème à la biosphère). Et ils ne perçoivent pas que la disparition d’une espèce peut avoir des effets en chaîne, donc un impact considérable sur tout l’environnement.
Pourquoi ? Parce que les espèces menacées d’extinction vont, dans un premier temps, voir leurs effectifs se réduire. Et comme elles ne vivent pas côte à côte mais bien en interaction les unes avec les autres et avec leurs milieux, cette baisse d’effectif ou la disparition d’une seule risque d’avoir un impact sur les autres espèces et les écosystèmes avoisinants, ce qui modifiera les différentes interactions : chaîne alimentaire, parasitisme, prédation, compétition, coopération, etc. C’est bien tout le fonctionnement des écosystèmes qui se trouve perturbé, affectant ainsi la qualité des services qu’ils rendent aux populations humaines concernées.
Il est donc indispensable de stopper l’érosion de la biodiversité. Pour cela, il devient crucial de comprendre – c’est le rôle des chercheurs notamment - comment préserver les processus qui garantissent la stabilité des écosystèmes, leur résistance aux agressions extérieures et leur capacité d’évolution face aux changements globaux. En effet, la préservation de la biodiversité a pour but le maintien du potentiel évolutif de la planète et de la vie sur terre. Pas moins !
Source d’informations : Le site sagascience Biodiversité ! www.cnrs.fr/biodiv




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