La Chine, déjà 2ème consommatrice d’énergie au monde, est en passe de devenir le premier émetteur de CO² devant les Etats-Unis. Cette performance peu envieuse est d’autant plus critique que la Chine a manqué l’an dernier le double objectif d’une consommation énergétique mieux maîtrisée et d’une réduction des émissions de GES associées. Bien que l’effort entrepris en faveur de la revalorisation des énergies propres et renouvelables dans le bilan énergétique chinois soit perceptible, il ne devrait pas fondamentalement remettre en cause la prédominance du charbon. Abondant et économique mais de mauvaise qualité, il compte aujourd’hui encore pour près de 70% du mix énergétique et devrait rester la ressource dominante pour les décennies à venir. Dans ce contexte, la Chine a choisi de s’engager progressivement dans la voie des énergies propres et renouvelables. Elles représentent seulement 5% de sa consommation (hors hydraulique) aujourd’hui. Les projets se multiplient dans les domaines de la biomasse, de l’énergie solaire, mais surtout dans l’éolien.
A la fin de l’année 2004, on dénombrait 43 parcs éoliens en activité à travers le pays, dotés d’un total de 1 291 turbines représentant une puissance installée cumulée de 764 MW. Mais c’est à compter de 2006 que le programme a subi une nette accélération : 83 fermes éoliennes de 50 à 3 100 MW étaient recensées, dont 60 raccordées au réseau pour une puissance cumulée de 1 260 MW.
Les régions du Liaoning, du Xinjiang et du Guangdong, notamment, ont connu un développement rapide en rapport avec l’importance de leurs gisements exploitables ; ces trois régions représentent à elles seules 60% de la puissance installée en Chine. Les autorités chinoises souhaitent également faire des provinces du Jiangsu (au Nord de Shanghai), du Hebei (autour de Pékin) et de la Mongolie intérieure, les nouvelles bases de la production éolienne chinoise : chacune de ces 3 provinces accueillera à terme un parc supérieur à 10 000 MW. D’ici 2010, une trentaine de nouveaux projets devrait voir le jour dans les régions notamment propices à l’implantation d’installations offshore, comme les façades maritimes des provinces du Fujian, du Zhejiang, du Shandong et du Liaoning. Selon les dernières évaluations disponibles, le potentiel techniquement exploitable serait d’1 million de MW, dont 300 GW localisés sur la terre ferme.
La Chine est aujourd’hui le 6 ème producteur mondial d’énergie éolienne et devrait dépasser l’Allemagne d’ici 2020. Le parc chinois s’est accru de 30% par an en moyenne de 2000 à 2005, passant de 0,34 à 1,26 GW. La production d’énergie éolienne chinoise pourrait atteindre 5 GW dès 2008 et 30 GW en 2020.
La Chine constitue l’un des plus importants marchés au monde pour l’éolien, même si, pour l’heure, les turbines comptent pour moins d’1% du total des installations de production électrique. L’intérêt soudain pour ce secteur est attesté par le nombre des équipementiers qui y établissent leurs opérations : les fabricants de turbines sont passés de 32 à 58 depuis la fin de l’année 2006, signe avant-coureur d’un renforcement de la concurrence dans ce secteur. Dans certaines régions, la commande de turbines de puissance significative occasionne désormais des délais de livraison supérieurs à un an.
Le développement de l’énergie éolienne bénéficie par ailleurs d’un cadre réglementaire plus favorable avec l’entrée en vigueur de la Loi sur l’énergie renouvelable en janvier 2006. Ce texte pose des principes fondateurs comme celui de l’obligation d’enlèvement d’électricité issue d’ENR par les réseaux moyennant le bénéfice de subventions publiques. A la marge, les électriciens exploitant des parcs d’une puissance supérieure à 5 000 MW seront tenus de dédier 3% de leur puissance aux ENR dés la fin 2008 et 8% en 2020.
Le Delta du Yangzi, favorisé par l’étendue de ses côtes, recèle un fort potentiel. Shanghai est aujourd’hui équipée de trois parcs éoliens, dans les districts côtiers de Fengxian, Nanhui et dans le comté de Chongming (puissance cumulée de 24,4MW). Ces 2 derniers projets évalués à 80 M€ bénéficient d’un soutien de la Banque Mondiale. Conjointement porté par Shanghai Environment Group et Shanghai Huadian Electric Power Development, ils comprendront 15 turbines éoliennes d’une capacité unitaire de 1,5 MW.
La première phase de ce projet devrait être terminée d’ici la fin 2007. Le plan de développement de la ville de Shanghai prévoit d’accroître la capacité éolienne à 1 GW d’ici 2020, ce qui représenterait alors 4% de la puissance installée de la municipalité. Seul le manque d’espace pourrait affecter cette dynamique.
Shanghai envisage également la construction d’une ferme éolienne offshore d’une capacité de 100 MW d’ici 2009/2010 (projet Donghai).
Les provinces du Jiangsu et du Zhejiang ne sont pas en reste. Dans le Jiangsu, à Dongtai, une ferme éolienne de 200 MW est en construction. La 1ère phase du projet (4 turbines de 1,5 MW, installées en juillet 2007) sera prochainement connectée au réseau régional. Ce projet, dont l’investissement total se chiffre à 182 M€, est développé par le groupe Shenhua et doit être achevé d’ici la fin 2008. A Rudong également, dans le Jiangsu, la 1ère phase de la ferme éolienne la plus importante de Chine a commencé à fonctionner en juillet 2007. Situé en bordure maritime, ce parc éolien rassemble aujourd’hui 67 turbines culminant à 120 mètres. Avec une capacité installée supérieure à 100 MW, le site prévoit dès 2007, une production annuelle d’électricité propre représentant une économie d’environ 300 000 tonnes de charbon. A l’achèvement du projet, le Jiangsu comptera sur son territoire 1/5 de la capacité totale chinoise prévue en 2010. Enfin la province de Zhejiang, gênée par sa géographie montagneuse, planifie la construction d’un parc éolien offshore au large de Zhoushan (200 MW).
Laurent Martin
www. missioneco.org/shanghai
Paru le : 17 mai 2012 Paru le : 8 février 2012 Paru le : 23 septembre 2011Avis aux gourmands : la Fête du pain continue dans les magasins de la ville !
Résultats de l’enquête sur l’accident ferroviaire de Wenzhou du 23 juillet 2011
Bilan 2010 des investissements étrangers créateurs d’emploi en France




