Entretien avec Fabien Chareix, attaché pour la coopération universitaire au Consulat général de France à Shanghai

Fabien Chareix a pris ses fonctions au consulat général de France à Shanghai le 1er septembre 2016, succédant à Amaëlle Mayer, au poste d’Attaché pour la Coopération universitaire.

La Lettre de Shanghai : Pouvez-vous nous présenter votre parcours ?

Je suis au service de l’Etat depuis 25 ans. Après une scolarité secondaire à l’île de la Réunion puis au lycée militaire de Saint-Cyr, j’ai intégré l’Ecole normale supérieure de Fontenay/Saint-Cloud en 1991. J’y ai suivi la formation d’un élève fonctionnaire stagiaire tout en progressant dans mon parcours universitaire jusqu’à l’obtention d’un DEA. J’ai passé les épreuves de l’agrégation de philosophie avec succès en 1993. Entre 1996 et 1999 j’ai préparé et soutenu une thèse d’histoire et de philosophie des sciences. J’ai d’abord obtenu un poste à l’université des sciences et technologies de Lille (USTL – Lille 1, UFR de Physique) puis j’ai rejoint mon poste principal actuel au sein de l’UFR de Philosophie de l’université Paris-Sorbonne. Reconnaissant envers ce système si particulier qu’est l’enseignement supérieur en France, j’ai été membre de jurys de concours (ENS, agrégation), de comités nationaux (Conseil national des universités), et je n’ai jamais hésité à prendre ma part dans l’administration de l’enseignement supérieur et de la recherche, tout en maintenant un service complet et en poursuivant mon activité de chercheur par des publications de livres ou d’articles.

La Lettre de Shanghai : Quand et comment avez-vous découvert la Chine ?

Ainsi que je l’ai dit, j’ai grandi à La Réunion. Mon premier contact avec la Chine s’est fait il y a très longtemps, auprès de mes nombreux amis de la communauté chinoise de l’île ! Mais plus sérieusement, ce fut une découverte progressive. J’ai travaillé à Paris dès 2008 dans l’administration de l’université Paris-Sorbonne (en conservant mon enseignement et ma recherche), et ces nouvelles perspectives m’ont conduit vers un poste aux Emirats arabes unis, pour le compte de la Sorbonne, à Abu Dhabi. J’y ai dirigé, au sein de la Sorbonne d’Abu Dhabi, les opérations académiques, ce qui m’a mis en contact avec de nombreuses délégations venues d’Asie, dont une qui venait de Shanghai (université Fudan). Par la suite, j’ai continué à travailler, pour le compte de mon université puis de la COMUE « Sorbonne Universités » , au développement des accords de coopération internationale. Dans ce cadre, j’ai effectué une mission d’un an à Singapour, où, travaillant sur un poste de professeur invité à Yale-NUS College, j’ai pu représenter la COMUE. Là, j’ai eu l’occasion de renforcer les liens entre Sorbonne Universités et Singapour, tout en découvrant l’Asie à travers les cultures chinoise, indienne et malaisienne. Ce fut une expérience unique, très riche, et un premier pied en Extrême-Orient.

La Lettre de Shanghai : les échanges humains font l’objet d’un dialogue de haut niveau entre la France et la Chine depuis mars 2014. Quelle place y occupe selon vous la coopération universitaire et l’éducation au sens large ?

Le socle de ce dialogue repose entièrement sur la qualité des engagements que chacun des pays en présence démontre dans le domaine de l’éducation, de la formation et de la recherche. Les seuls pays capables d’un dialogue authentique sont d’ordinaire ceux qui ont réussi à établir et maintenir des échanges de coopération qui mettent en jeu leurs savoirs et qui, pour ainsi dire, les exposent et ne les opposent pas. Dans d’autres domaines les accords sont simplement un moyen – temporaire – de rendre la compétition vivable (économie et industrie, finance, défense). Si on met à part l’existence d’une réelle compétition (et donc d’un enjeu financier) dans la recherche de pointe appliquée aux technologies, la coopération universitaire et scientifique, éducative ou culturelle, me semble celle qui peut être la plus libre et la plus gratifiante. Chacun peut en attendre des bénéfices à long terme et des succès immédiats. Elle est aussi très exigeante car elle révèle beaucoup de l’état d’un pays : son dynamisme comme ses pesanteurs s’y révèlent sans ambivalence.

Dernière modification : 24/10/2016

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