
Ni Hao à tous,
Dans notre première newsletter, nous étions encore à Chifeng, et bien des choses se sont passées depuis !
Actuellement, nous sommes à Hohhot, capitale de la Mongolie Intérieure. Notre départ de Chifeng s’est fait sans problème, en direction de l’ouest, vers les montagnes. Les paysages deviennent plus arides et montagneux ; les villages, plus espacés, sont riches en scènes de vie ; la plus fréquemment observée est le stockage du combustible devant les maisons (bois, feuillages, argols), car il fait encore très froid. Entre leurs vélos rafistolés, les motos avec la selle recouverte de peau de mouton, et les charrettes bricolées avec des morceaux de bois, tirées par des mulets, nous ne sommes pas seuls sur les petites routes de montagne.
Cette vie bien présente motive notre ascension.
Dans une vallée, près de Weichang, nous faisons connaissance avec notre pire ennemi pour les 3 semaines qui vont suivre : le vent !!! Avant, nous n’attachions pas d’importance à cet élément. Pendant une randonnée pédestre, Il peut être bien présent, et nous avançons tout de même, par contre en vélo ce vent violent, puissant, gêne notre progression. Nos journées s’organisent en fonction du vent ; tous les matins, nous avons la « joie » de retrouver notre compagnon d’infortune. Les températures chutent au fil de notre montée vers le plateau Mongol, — 5 C, — 10 C, voir — 20 C durant les tempêtes de neige et de sable.
Après Weichang, nous passons un col à 1 670 m (sur la fameuse montagne Sain Oula dont parlait Evariste Huc) sous une tempête de neige mémorable. Nous arrivons, finalement, dans les plaines caillouteuses de Mongolie Intérieure.
Vivre une tempête de sable en pleine journée est vraiment impressionnant, surtout quand vous êtes sur votre vélo au milieu de nulle part !
Une nuit ocre semble s’installer pour quelques heures ; dans ces moments là, les bourrasques trop fortes nous empêchent de pédaler, une seule solution : trouver un abri. Les habitants, toujours aussi accueillants et aux petits soins, se débrouillent toujours pour nous dénicher un lieu de repos et nous accueillir chaleureusement.
À Duolun, nous faisons la connaissance de deux amis ; Ji Wenli et Sun Chengwu. Nous découvrons avec eux les vieux temples bouddhistes dont parlait Evariste Huc ; nous partageons de très bons moments ensemble, comme la découverte du thé mongol (au beurre salé comme au Tibet), dans lequel nous trempons des morceaux de mouton bouilli, du fromage frais et sec, des graines de millet, et des galettes de mais, vraiment délicieux ! Les jours suivants, seuls, nous chevauchons fièrement nos montures d’acier, rougeoyant dans le soleil levant, tel Lucky Luke et son fidèle Jolly Jumper, oups ! désolé je m’égare !
Seuls avec les troupeaux au milieu du désert
Je disais donc, nous sommes seuls au milieu du désert d’herbes (encore jaunes a cette période), avec pour seuls compagnons d’immenses troupeaux de vaches, chèvres pashmina, chevaux, et moutons, qui paissent sur les pâturages naturels. Dans les quelques villages (entièrement construits de terre et d’herbes séchées), isolés au milieu des steppes, nous arrivons tout de même à nous ravitailler, tous les 3-4 jours. Le plateau mongol (à 1 500 m où nous sommes) nous offre aussi de belles tempêtes de sable, mais qu’à cela ne tienne, Hohhot n’est plus très loin.
Enfin Hohhot !
Après la traversée d’une région magnifique ou s`entremêlent lacs salés et troupeaux de chevaux en liberté, nous arrivons dans la capitale du lait en Chine (aux dires des habitants de Hohhot). Quelques jours de repos nous permettent de découvrir les charmes de Hohhot, appelée ville bleue ou verte, et son vieux quartier.
Nous nous imprégnons de l’ambiance de la ville en nous mêlant à la foule des vélos. Le printemps arrive enfin, il y a de la douceur à pédaler dans les rues de Hohhot, avant notre prochaine étape : le désert de l`Ordos.
Fanny et Jean



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