- Quel était votre niveau d’étude avant de partir en France et Pourquoi avez-vous décidé de poursuivre vos études en France et pas dans un autre pays européen ?
Avant de partir faire mes études en France j’avais déjà obtenu un diplôme de licence en urbanisme à la South China University of Techonology (SCUT) à Canton. Je voulais partir à l’étranger pour bénéficier d’un enseignement différent de celui que j’avais eu en Chine. De plus, dans ma spécialité c’est important de s’ouvrir à d’autres cultures et de découvrir d’autres modes de développement ; c’est pourquoi j’ai choisi d’aller en Europe, qui est caractérisée par son multiculturalisme. Après avoir comparé les frais et les programmes d’études des divers pays j’ai finalement choisi la France qui m’était chaudement recommandée par mes amis. Le Français est une composante de la culture française et j’étais très excitée à l’idée d’apprendre une nouvelle langue.
- Après cinq années d’études en Chine était-il possible d’obtenir une équivalence en France ? Quel diplôme avez-vous obtenu en France ?
Après une première sélection sur dossier et un entretien, j’ai été admise en quatrième année à L’Institut d’architecture de Paris. Ce choix a également était fait en considération de mon niveau de français. J’ai donc suivi les cours de l’Institut de la quatrième à la sixième année, avant d’obtenir un diplôme d’architecte reconnu par l’Etat français (DPLG). D’après ce que je sais, les étudiants dont le niveau de français est suffisant peuvent obtenir une équivalence avec leur niveau d’étude dans leur pays d’origine.
- Comment avez-vous surmonté les difficultés linguistiques et quel niveau de langue était exigé pour pouvoir poursuivre vos études en France ? Au bout de combien de temps avez-vous eu le sentiment de vous être adaptée à l’environnement linguistique ?
La langue était mon principal problème lorsque j’étais en France. L’Institut d’architecture exige une note minimum de 350 points au TCF (Test de connaissance du français) pour être admis. C’est un examen écrit et l’entretien est une étape essentielle pour l’admission. J’ai eu la chance que l’enseignant qui m’a fait passer l’entretien accepte que j’utilise un peu d’anglais pour présenter mon projet.
En arrivant en France j’avais des bases de français suffisantes pour faire face aux nécessités de la vie quotidienne, mais en cours c’était une autre histoire.
Il m’a fallu entre 6 mois et 1 an pour m’adapter, comprendre et m’intégrer à mon nouvel environnement d’études. Les lettres étant un moyen de communication très utilisé en France, mes échanges de lettres avec différentes personnes mais aussi avec certaines structures étatiques m’ont permis de progresser beaucoup en français.
- Quelles sont selon les principales différences dans les méthodes d’enseignement de l’urbanisme en France et en Chine ? Avez-vous éprouvé des difficultés à vous adapter à cette nouvelle méthode d’enseignement ?
Je pense que la principale différence entre l’enseignement en France et en Chine se manifeste dans le degré de liberté accordé en France. En Chine l’enseignement se repose sur les instructions données par les professeurs, en France il s’agit plus de conseils ; le degré de liberté dans le choix des cours est très large. De plus, le fait de côtoyer des étudiants de pays différents m’a permis de découvrir d’autres horizons en termes d’architecture et d’urbanisme. Cette nouvelle méthode d’enseignement a renforcé mon intérêt pour les études. Les projets d’études en commun m’ont donné l’occasion d’échanger avec ces étudiants d’autres pays et de diminuer ma charge de travail.
- Les équipements proposés par l’Ecole d’Architecture de Paris vous ont-ils semblé satisfaisants ?
L’Institut d’architecture de Paris ne s’étend pas sur une grande surface, pourtant il offre un ensemble très complet d’équipements et d’installations, ce qui n’est pas nécessairement le cas en Chine. Par exemple, une salle de photocopieuses, un atelier pour réaliser les maquettes, une riche bibliothèque et une salle de création multimédia (principalement pour la vidéo). Ces équipements sont très utiles dans notre domaine et m’ont laissé un très bon souvenir de mes études en France
- Au cours de vos études ou après vos études, avez-vous eu l’opportunité d’obtenir une expérience professionnelle en France ?
J’ai débuté mon expérience de stagiaire en France dès la deuxième année. De plus, en troisième année, l’Institut m’a aidé à trouver un emploi à mi-temps dans mon domaine de spécialisation. Ce stage et ce travail m’ont permis d’acquérir une expérience riche et des connaissances techniques. Cela a été un atout dans mon cursus universitaire mais aussi dans mon parcours professionnel.
- Dans votre vie quotidienne (logement, administration, habitudes alimentaires, etc.) quelles sont les principales difficultés que vous avez rencontrées en France ?
Les difficultés rencontrées en France sont pour la plupart liées aux problèmes linguistiques. Par ailleurs, la procédure de renouvellement de la carte de séjour est également très pesante. Si on a de la chance, il faut faire la queue depuis cinq heure du matin jusqu’à midi. Si les documents à présenter ne sont pas complets, il faut recommencer le lendemain. Le logement est également une difficulté à laquelle doive faire face la plupart des étudiants chinois. Ne pas avoir de garants limite les choix. Le prix des loyers à Paris étant très élevé, l’aide au logement offerte par le gouvernement français est très appréciable.
- Après votre retour en Chine, vous a t’-il semblé difficile de trouver un travail ? Votre parcours universitaire en France et votre expérience professionnelle vous-ont-ils aidés ? Pouvez-vous nous dire où vous travaillez aujourd’hui ?
J’ai trouvé un travail un mois après mon retour en Chine, mon expérience en France m’a beaucoup aidé. Depuis que je suis revenue j’ai toujours travaillé dans la même entreprise : AECOM. Dans notre entreprise, beaucoup d’employés ont fait leurs études à l’étranger ou sont originaires d’autres pays. Cette mixité des cultures nous permet d’être très créatifs.
- Vous parlez très bien français, avez-vous l’occasion d’utiliser le français dans votre travail ?
Je suis rentré depuis maintenant 2 ans, mon français a beaucoup régressé depuis. J’ai des collègues français ou francophone dans certaines succursales de notre entreprise et nous parlons donc français pour travailler sur des projets communs. Par ailleurs, nous avons des projets dans certains pays francophones et tous les collègues parlant français sont généralement invités à ce joindre à ces projets, ce qui me donne l’occasion de parler français.
- Vous êtes membre de Club France depuis 2008, quels sont, selon vous, les avantages d’un tel réseau social ?
Club France a été inauguré quand je venais de rentrer à Canton. J’ai été heureuse d’être invitée à devenir membre de ce réseau. A travers ce réseau j’ai pu rencontrer beaucoup d’amis ayant une expérience universitaire en France similaire à la mienne, j’ai même pu revoir des amis rencontrés en France que je n’avais pas revus depuis plusieurs années. Sur le plan professionnel, ce réseau permet d’augmenter les opportunités d’emplois, c’est également une opportunité pour ce faire des amis et échanger des informations ou s’aider mutuellement. Par ailleurs, certaines publications me permettent de me tenir informée sur les études en France pour éventuellement poursuivre mes études. J’espère également que les activités de Club France permettent de diffuser des informations auprès des étudiants souhaitant aller en France et leur apportent ainsi une aide. Club France pourrait être aussi une plateforme pour diffuser des informations à destination des étudiants français en Chine et les aider. Bien sûr, j’apprécie beaucoup les offres spéciales offertes par les sponsors.




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