COP21 - Publication de la contribution nationale chinoise

"Le fait que la Chine ait rendu publique sa contribution lors du voyage du Premier ministre à Paris signifie à quel point nous préparons la COP21 ensemble, la Chine et la France côte à côte."

Réponse du porte-parole du ministère des Affaires étrangères et du Développement international à une question (Paris, 10 juillet 2015)

Q – La contribution nationale de la Chine au dérèglement climatique a été publiée lors de la visite du Premier ministre chinois en France. Avez-vous quelques mots à dire à ce sujet ?

Nous avons été très heureux que cette annonce se fasse à Paris, où se tiendra la COP21, à l’occasion de cette visite du Premier ministre chinois, qui a été un vrai succès. Nous espérons que cela aura un effet d’entraînement sur les Etats qui n’ont pas encore fait cette annonce. M. Laurent Fabius a le jour même salué publiquement cette annonce importante qui montre combien la France et la Chine préparent la COP21 côte-à-côte et qui confirme l’engagement de la Chine à lutter contre le dérèglement climatique.

Déclaration à la presse de M. Laurent Fabius, ministre des affaires étrangères et du développement international, président de la COP21 (Paris, 30 juin 2015)

[...]

La Chine, qui est le premier émetteur de gaz à effet de serre au monde, soit le premier responsable du CO2, a décidé de rendre public, à Paris, sa contribution nationale. J’ai étudié cette contribution puisque je vais présider la COP21, elle est très importante puisque la Chine s’engage à ce que ses émissions de gaz à effet de serre connaissent un pic avant de redescendre en 2030 au maximum. D’autres dispositions sont très positives, par exemple, il y a ce que l’on appelle une afforestation c’est-à-dire de nouveaux territoires ouverts aux forêts pour 40 millions d’hectares ; il y a la perspective de l’organisation d’un marché national du carbone, ce qui est une initiative très positive, en 2016 ou 2017.

C’est très important parce que cela veut dire que la Chine confirme son engagement pour lutter contre le dérèglement climatique.

Le fait que la Chine ait rendu publique sa contribution lors du voyage du Premier ministre à Paris signifie à quel point nous préparons la COP21 ensemble, la Chine et la France côte à côte.

Outre tous les contrats qui seront signés, cette décision rendue publique à Paris est un excellent signe pour la préparation de la COP21.

Q - Est-ce une confirmation de l’engagement pris par la Chine avec les États-Unis en 2014 ?

R - Oui, c’est une confirmation. C’est vrai il y avait déjà eu des annonces faites avec les États-Unis mais un certain nombre de précisions ne figuraient pas dans cet accord, notamment concernant la forêt et le charbon. C’est donc un pas en avant.

Contribution nationale de la République Populaire de Chine aux négociations climatiques

Le Premier ministre chinois, Li Keqiang, a présenté la contribution de la Chine dans les négociations internationales sur le changement climatique au cours de sa visite en France, le 30 juin 2015. La Chine devient ainsi le 42e pays à avoir transmis son INDC (Intended National Determined Contribution), dans le cadre de la préparation de la COP21 qui aura lieu à Paris du 30 novembre au 11 décembre prochain. Cette annonce intervient le lendemain de la déclaration conjointe entre la Chine et l’Union Européenne sur le climat, qui a clôturé le 17ème sommet bilatéral UE-Chine.

Dans sa contribution, la Chine rappelle les efforts qu’elle a déjà entrepris depuis le sommet de Copenhague en 2009 et les engagements pris, notamment lors de la déclaration commune entre les Etats-Unis et la Chine sur le changement climatique en 2014. En effet, à Copenhague, la Chine s’était engagée à réduire l’intensité de ses émissions de dioxyde de carbone par unité de PIB de 40% à 45% d’ici 2020 par rapport à 2005. Pour y parvenir, la Chine a publié en 2014 un Plan national sur le changement climatique (2014-2020) qui comprend un ensemble d’objectifs pour améliorer l’efficacité énergétique, développer les énergies renouvelables afin de porter la part des énergies non-fossiles à 15% de la consommation primaire d’énergie à l’horizon 2020 et faciliter l’adaptation au changement climatique, notamment par l’augmentation des volumes forestiers de 1,3 milliards de mètres cubes entre 2005 et 2020. Dans le prolongement de la déclaration sino-américaine, elle a réaffirmé son intention d’atteindre un pic de ses émissions de gaz à effet de serre vers 2030, de tout faire pour que ce pic intervienne plus tôt, et que la part des énergies non fossiles à l’horizon 2030 représente 20% de sa consommation primaire d’énergie.

La contribution chinoise, dans un document très détaillé, présente de nouveaux engagements d’ici 2030. Parmi les objectifs, la diminution de l’intensité carbone de 60% à 65% d’ici 2030 par rapport à 2005 montre que la Chine continuerait donc à réduire ses émissions de gaz à effet de serre en intensité sur un rythme proche de celui des années précédentes. Pour y parvenir, la Chine prévoit un ensemble de mesures sectorielles et détaille de nombreux objectifs. L’énergie occupe une part importante de la déclaration chinoise avec une modification en profondeur du mix énergétique (augmentation de la capacité installée d’énergie solaire et éolienne, développement du nucléaire et de la géothermie, augmentation de la part du gaz naturel dans la consommation primaire d’énergie à 10% d’ici 2020). Dans les secteurs du transport et du bâtiment, l’accent est mis sur l’efficacité énergétique et la promotion de modes de vie bas carbone. Enfin est annoncée la mise en place d’un marché national carbone et de projets pilotes en recherche et développement.

En outre, la Chine annonce des mesures pour faciliter l’adaptation au changement climatique notamment pour augmenter de 4,5 milliards de mètres cubes le volume forestier par rapport à 2005 d’ici à 2030, en poursuivant l’augmentation déjà réalisée entre 2005 et 2014 de 2,1 milliards de mètres cubes du stock forestier. Cet objectif intervient dans une stratégie globale d’utilisation des forêts et des zones humides comme puits de carbone.

La Chine entend aussi bénéficier de la collaboration internationale pour lutter contre le dérèglement climatique et ses effets. Ainsi, la Chine et l’Union Européenne réaffirment leur engagement de travailler lors de la COP21 à un accord ambitieux, applicable à tous, et juridiquement contraignant, conscientes de l’objectif de rester sous les 2°C d’augmentation de température par rapport à l’ère préindustrielle. Les deux Parties annoncent en outre de nombreuses collaborations pour lutter contre le dérèglement climatique.

Dernière modification : 14/04/2016

Haut de page