Bilan du premier symposium "Enseignement supérieur, recherche, innovation – La coopération chinoise en mouvement" [中文]

Une forte mobilisation des acteurs et des échanges riches

Événement inscrit dans le cadre de la célébration du cinquantième anniversaire de l’établissement des relations diplomatiques entre la France et la Chine et soutenu par le comité des mécènes de France-Chine 50, le symposium "Enseignement supérieur, recherche, innovation – La coopération chinoise en mouvement" s’est tenu les 19 et 20 juin 2014 à Pékin.

Pour cette édition fortement renouvelée, ce symposium s’est enrichi du volet « enseignement supérieur », avec en outre un élargissement des thématiques aux domaines du nucléaire et des sciences humaines et sociales.

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Mme Sylvie Bermann, Ambassadeur de France en Chine
(c) Matjaz Tancic

Une forte mobilisation des acteurs

Quelque 200 personnes ont pris part à ce symposium, avec notamment une participation importante des entreprises françaises ayant des activités de R&D&I en Chine, et de manière générale une grande mobilisation des acteurs en dehors de Pékin, aussi bien de Chine que de France. Des institutions gouvernementales et de recherche françaises et chinoises, des parcs technologiques et la Délégation de l’Union européenne étaient également représentées.

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(c) Matjaz Tancic

Quatre sessions de présentations institutionnelles

Les différentes sessions ont permis de présenter les systèmes, outils et stratégies de recherche et de coopération des deux pays.

Les ministères français de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche (MENESR) et de l’économie, du redressement productif et du numérique (MERPN) ont présenté le système et la stratégie français en matière de recherche et d’innovation, le MERPN se concentrant sur la coopération franco-chinoise en matière de R&D&I.

Le CNRS a détaillé sa présence en Chine et ses outils de coopération internationale, tels que les groupements de recherche internationaux (GDRI), les unités mixtes internationales (UMI), les laboratoires internationaux associés (LIA) ou encore les projets internationaux de coopération scientifique (PICS).

L’Académie des sciences de Chine (CAS) et l’Académie des sciences sociales de Chine (CASS) ont présenté leurs structures, leurs domaines d’activité et leurs politiques, en se focalisant sur la coopération internationale et en particulier la coopération franco-chinoise en matière de recherche.

La Fondation des sciences naturelles de Chine (NSFC), le China Scholarship Council (CSC) et la Délégation de l’Union européenne ont présenté leurs programmes de recherche et de mobilité pour les chercheurs et doctorants. Le Conseil européen de la recherche (ERC) a également présenté une vidéo sur le même thème, enregistrée spécialement pour l’occasion par son président Jean-Pierre Bourguignon.

Le ministère chinois pour la Science et la Technologie (MOST) a mis l’accent sur la politique de promotion des incubateurs d’entreprises par le gouvernement chinois afin d’encourager les jeunes talents chinois et internationaux à créer leur entreprise et de favoriser l’innovation en assurant des transferts de technologie depuis les centres de recherche.

Le ministère chinois de l’Education (MOE) s’est félicité de la création du dialogue de haut niveau sur les échanges humains qu’il pilotera pour la partie chinoise et du nombre croissant d’étudiants échanges entre nos deux pays (35 000 étudiants chinois en France et près de 10 000 étudiants français en Chine).

Partant du postulat que l’enseignement classique chinois limite le potentiel de créativité des étudiants, le vice-président de l’université Tsinghua a présenté un projet éducatif novateur transdisciplinaire (centre XIN), fortement lié à la recherche et aux questions de société et permettant de former des étudiants plus curieux, plus innovants, capables de réaliser des transferts de technologies vers le monde industriel, et de manière générale plus à même de répondre aux problèmes de la société à venir. Le vice-président a également présenté le projet Open FIESTA (Faculté pour l’innovation, l’éducation, la science, la technologie et l’art) auquel est associé le professeur François Taddéi, fondateur et directeur du CRI (Centre de recherches interdisciplinaires).

Le conseiller pour la science et la technologie a effectué une présentation synthétique de la cinquantaine de laboratoires ou réseaux conjoints de recherche. Constituées à plus de 40 % en structures du CNRS (GDRI, UMI, LIA), ces structures conjointes impliquent près de 2 900 chercheurs français ou chinois, au sein de 600 unités de recherche réparties dans les deux pays. Depuis 2004, il se crée en moyenne 4 structures conjointes chaque année.

Le conseiller de coopération et d’action culturelle a effectué une présentation générale des instituts franco-chinois de coopération universitaire - désormais au nombre de six - en mettant l’accent sur ce qui les différencie des autres structures de coopération universitaire sino-étrangères.

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Mme Sylvie Bermann, Ambassadeur de France en Chine, et M. Norbert Paluch, conseiller pour la science et la technologie, devant un des panneaux présentant les thématiques de travail
(c) Matjaz Tancic

Des tables rondes riches en échanges

Le monde comme terrain d’expérimentation

Intervenants  : des représentants des structures conjointes de recherche en manipulation quantique d’atomes et de photons (GDRI QMAP), physique des particules (LIA FCPPL), dynamique de transport de la matière et des paysages (LIA SALADYN) et de la mission archéologique au Xinjiang.

Cette table ronde a permis de mettre en avant la coopération de longue date de ces laboratoires. Lors du débat, l’historique très ancien de la coopération en mathématiques (datant des années 1970) a également été rappelé. Les échanges ont en particulier mis en évidence que la constitution d’équipes franco-chinoises très nombreuses, travaillant souvent avec des grands équipements (comme le grand collisionneur de hadrons du CERN), permettait de mener des recherche du meilleur niveau mondial.

La transdisciplinarité pour relever les défis sociétaux

Intervenants  : université Beihang, structures conjointes de recherche Complexcity et JoRISS, L’Oréal Chine, instituts franco-chinois UTSEUS et Renmin.

Cette table ronde a fait ressortir la nécessité de développer la transdisciplinarité, aussi bien en recherche fondamentale et appliquée qu’en R&D&I et au niveau de la formation, pour faire face aux nouveaux enjeux de la société contemporaine. De façon générale, la prise en compte des caractéristiques (tels que besoins, habitudes et désirs) des usagers ou consommateurs des produits développés par la R&D&I, notamment à travers des études intégrant les sciences sociales, permet de construire une innovation plus durable, qui porte en soi sa propre capacité d’évolution et de renouvellement. Le cloisonnement étant par ailleurs plus fort en Chine entre les sciences exactes et les sciences humaines et sociales, les coopérations franco-chinoises ont également permis d’ouvrir un dialogue entre les disciplines.

Enjeux des interactions entre la formation, la recherche et le monde industriel dans un environnement multiculturel

Intervenants  : SKEMA Business School, école centrale de Pékin, école d’ingénieur Shanghai Jiaotong-ParisTech, université d’aviation civile de Chine et laboratoire sino-européen LIAMA.

Une des grandes questions soulevées par cette table ronde a été l’exportation de la singularité française en matière d’éducation, d’un certain modèle constituant une force (les grandes écoles), tout en restant cohérent avec le système et l’environnement chinois. L’importance donnée à la recherche et à l’industrie par les stages (peu courants en Chine) au sein de l’enseignement supérieur a été notamment soulignée. Les intervenants ont également mis l’accent sur les échanges d’expériences entre établissements et sur l’entretien du réseau des anciens élèves, qui contribuent à promouvoir le modèle.

Hautes technologies françaises en Chine : modalités et opportunités de coopération

Intervenants  : Chambre de commerce et d’industrie française en Chine, Total Chine, Air Liquide, Orange Labs, Arkema.

Cette table ronde a mis en exergue les modèles spécifiques développés par chaque entreprise française dans sa relation avec le monde chinois de la recherche et de l’enseignement supérieur.

Dernière modification : 14/04/2016

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