Au Chemical Industry Park, des technologies avancées pour un meilleur traitement de l’eau. [中文]

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Le Shanghai Chemical Industry Park (SCIP)
Municipalité de Shanghai

La Chine ne concentre que 7% des réserves mondiales en eau pour 20% de la population mondiale. Le phénomène de pollution industrielle aggravée ne fait qu’accentuer cette pénurie d’eau, et l’absence de traitement des effluents industriels au cours de son développement rapide a considérablement aggravé la situation environnementale de la Chine : 60% de ses réserves souterraines en eau seraient polluées. Les industries chinoises ne recyclent que 25% de leurs eaux usées, contre 85% dans les pays développés, et plus de 50% des eaux usées chinoises sont rejetées dans les rivières et la mer sans avoir reçu aucun traitement.

Conscientes de cette crise aigüe, les autorités chinoises renforcent depuis une quinzaine d’années les normes environnementales de manière de plus en plus drastique. Elles ont notamment mis en place une politique de regroupement d’une grande partie des industries polluantes au sein de parcs industriels. Pour faciliter la gestion des eaux et des déchets toxiques, l’idée est de les collecter et les retraiter au sein d’une unique entité : à Shanghai, le groupe Suez Environnement est chargé de cette gestion pour le SCIP (Shanghai Chemical Industry Park), par le biais de sa filiale chinoise, Sino-French Water Development. Les activités de Suez Environnement sur le parc comprennent non seulement le traitement des eaux usées et l’approvisionnement en eau potable du site, mais couvrent aussi le traitement des déchets : une usine mettant en œuvre des technologies de pointe pour l’incinération des déchets dangereux a été inaugurée par SinoFrench au SCIP en 2007. Depuis 2006, Suez Environnement y mène également des activités de Recherche et Développement au sein de son centre R&D, le SCIP Water Research Center (SWRc). Intégré au réseau mondial de R&D de Suez, ce laboratoire fait partie de la joint-venture SCIP-SinoFrench.

Un colloque du 9 avril 2015 a regroupé 150 acteurs industriels et universitaires, reflet d’une stratégie d’innovation ouverte chère au groupe. L’entreprise a d’ailleurs noué de forts partenariats avec les universités Tongji, Jiaotong et l’Université de la Chine de l’Est en Science et Technique (ECUST). Cette réunion a permis de dresser un bilan de l’année écoulée : 20 publications scientifiques, 8 brevets déposés et un nombre de protocoles d’évaluation de traitabilité des effluents toujours en progression. Ont aussi été évoqués les défis pour l’innovation avec la nouvelle loi chinoise de protection de l’environnement (janvier 2015) et le plan d’action pour le contrôle de la pollution de l’eau qui prévoient un net renforcement des normes. Pour 2015, le développement et la mise en place de prétraitements spécifiques, les procédés de traitement spécifique par oxydation et la réutilisation des eaux usées sont quelques-uns des axes de recherche du SWRc. Les nombreux exposés ont permis de développer les aspects techniques des différents procédés (oxydation avancée, réaction de Fenton, procédés membranaires). Le colloque s’est conclu sur une visite guidée des installations du centre.

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7ème édition du colloque annuel du Shanghai Water Research Center (SWRc)

L’accélération des normes de protection environnementale en Chine est devenue particulièrement sensible depuis quelques années, en particulier dans le secteur de l’eau. À compter de fin 2016, le gouvernement interdira toute usine polluante pour les cours d’eau et les nappes phréatiques. Plusieurs projets industriels ont déjà été bloqués à cause du risque qu’ils représentent. La publication récente d’un « Plan pour l’eau en 10 points » prévoit d’ici 2020 une augmentation de 70% de la proportion d’eau de bonne qualité (niveau 3, correspondant à de l’eau potable) dans 7 bassins et cours d’eau majeurs, dont le fleuve Jaune et le Yangtze. Suivant la même directive, 93% des ressources d’eau dans les zones urbaines devront satisfaire ce niveau de qualité. Les autorités accorderont une attention particulière aux usines de taille moyenne ou petite dans la production de papier, de cuir, de colorants, d’huiles, mais aussi les usines de plaquage de composants électroniques et de produits pharmaceutiques, particulièrement polluants. Ce plan, estimé être le plus ambitieux jusqu’à présent pour la protection de l’eau, va générer de nombreuses opportunités commerciales pour les compagnies des eaux étrangères. Parmi ces dernières, Suez Environnement et Veolia sont déjà bien implantées en Chine. Leur expertise des procédés de traitement et leur engagement dans l’innovation leur permettent de se distinguer dans un marché pourtant très compétitif, où le faible coût de l’eau ne permet pas des retours sur investissement très importants. À Shanghai, les deux groupes français ont réussi à s’imposer sur des concessions de longue durée : si Suez opère la gestion du SCIP, Veolia assure la distribution et le traitement des eaux de Pudong depuis 2002. Mais c’est aussi le cas pour de très nombreuses PME innovantes comme MIXEL, dont les mixers industriels opèrent en Chine dans les stations de traitement des eaux depuis 15 ans et qui fête cette année les 10 ans de sa filiale pékinoise.

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Un cours d’eau pollué
AFP

Dernière modification : 29/04/2015

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