
Consécutivement à l’intérêt du Vice-Ministre des Eaux et de l’Electricité, M. LI Peng, pour le programme électronucléaire français, manifesté au cours de ses visites successives en France, un « Mémorandum de coopération électronucléaire » est signé à Pékin en mai 1983 à l’occasion de la visite de Mme E. Cresson, Ministre du Commerce Extérieur et de M. L. Fabius, Ministre de l’Industrie et de la Recherche ; c’est M. LI Peng, Vice-Ministre des Eaux et de l’Electricité, et Mme CHEN Muhua, Ministre des Relations Economiques et Commerciales, qui le co-signent pour le côté chinois.
Ce mémorandum prévoit la fourniture par la France de centrales nucléaires de 900 MWe, notamment dans le Guangdong, et spécifie que la France effectuera sur la base minimum de quatre tranches, les transferts de technologie correspondants.
C’est alors qu’une coopération industrielle approfondie se concrétise se développe entre la China Guangdong Nuclear Power Co (CGNPC) et l’industrie française, avec Framatome, EDF et Alsthom au travers des réalisations suivantes :
1. Centrale nucléaire de Daya Bay (2 tranches REP* 985 MW)
* Septembre 1986 : signature des contrats
* Août 1987 : début de la construction de l’unité 1
* Juillet 1993 : démarrage du réacteur de l’unité1
* Février 1994 : mise en service industriel de la tranche 1.
2. Centrale nucléaire de Ling Ao (2 tranches REP* 985 MW)
* Octobre 1995 : signature des contrats
* Mai 1997 : début de la construction de l’unité 1
* Février 2002 : démarrage du réacteur de l’unité1
* Mai 2002 : mise en service industriel de la tranche 1.
En même temps la technologie de l’îlot nucléaire (REP* 3 boucles-900 MW) est transférée aux Instituts d’ingénierie chinois et la technologie de fabrication du combustible (AFA-2G puis AFA-3G) est transférée à l’usine de la CNNC à Yibin (Sichuan) où sont désormais fabriquées les recharges de combustible de Daya Bay, Ling Ao et Qinshan II. A noter que les tranches de Ling Ao ont été réalisées avec une part de localisation significative (15%) exigée dans le cadre de la nouvelle politique gouvernementale nucléaire chinoise.
Enfin, les deux tranches de Qinshan II (2x600 MW) dont la première a été mise en service en avril 2002, ont été réalisées par CNNC avec un transfert de technologie de l’îlot nucléaire effectué par Framatome auprès des Instituts chinois ; ainsi que la fourniture et la localisation de certains équipements (internes de cuve, mécanismes des barres de contrôle).
La proposition du Comité Central du PCC concernant les orientations à prendre pour le secteur nucléaire a été reprise dans le 10ème Plan quinquennal en 2001 dans ces mêmes termes : « La Chine va continuer à développer l’électronucléaire de manière appropriée ». De plus, les acteurs du nucléaire chinois se sont accordés sur la politique à adopter, à savoir : "compter sur ses propres forces, coopérer avec l’étranger, réaliser un seul type de réacteur et promouvoir la localisation". Ce dernier point n’est pas remis en cause quand le développement nucléaire passe d’ « approprié » à « accéléré ».
Le Conseil d’Etat s’est en outre réuni le 28 janvier 2003 au sujet des questions énergétiques et a décidé la construction de 4 nouvelles tranches nucléaires (décision officialisée début août 2003, il s’agira de 4 tranches de génération 3). L’appel d’offre correspondant a été rapidement lancé et s’est terminé par la selection de l’américain Westinghouse en 2006, au détriment d’Areva et des EPR.
Néanmoins, suite à ce dénouement, l’électricien CGNPC, partenaire historique des français a été autorisé à entrer en négociation avec Areva pour deux de ces réacteurs. Cette négociation a pris fin en novembre 2007 par la signature d’un contrat de fourniture et de plusieurs accords de Joint Venture.
En plus de ces contrats commerciaux, un nouvel accord intergouvernemental a à été signé, ouvrant de nouvelles perspectives pour la coopéeration. Cet accord met l’industrie française en bonne position pour participer à au plus gros programme actuel.
En effet, la Chine prévoit de construire d’ici 2020 environ 40GW de capaciés nucléeaires nouvelles, permettant à cette échéeance de produire environ 5% de l’électricité du pays. Cet objectif, inscrit dans le plan de moyen et long terme du gouvernement chinois, a récemment été porté à 70GW nouveaux pour la même période.
En parallèle, la Chine est maintenant un membre actif du forum Génération IV, et envisage la fermeture du cycle du combustible, c’est à dire le recyclage des combustibles usés sortant des réacteurs, et la réutilisation des matières valorisables, qui constituent plus de 90% d’un élément sortant d’une centrale.
La situation chinoise >
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